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OSCARS 2017 : MES FAVORIS ET PRONOSTICS

Ah, la statuette dorée ! Une foule de gens va se presser aux Oscars dans cette nuit américaine pour savoir qui parmi eux repartiront avec le bonhomme de métal, et auront la chance de le faire trôner dans leurs toilettes.

Pour lire l’analyse complète des films, cliquez sur les affiches !

Meilleur film

Je suis très emmerdée : la plupart des films nommés ne me plaisent pas du tout. Il y en a un que j’ai encensé, et heureusement : c’est Lion.

Je vous préviens tout de suite, je me plante chaque année pour les pronostics. Maintenant que vous le savez, je vais pouvoir me planter en toute confiance, avec bonheur, et vous faire part de mes choix complètement subjectifs.

Pour le meilleur film, donc, c’est Lion. Fences et Manchester by the sea sont méga chiants. Premier Contact a été encensé par les copains blogueurs, mais à titre personnel, je n’ai jamais été convaincue par Denis Villeneuve. Surtout, la fan de comédies musicales que je suis est restée perplexe devant La La Land.
Quant aux Figures de l’ombre, même si je suis ravie de connaître l’histoire de ces trois femmes noires qui ont envoyé John Glenn dans l’espace, le film m’est apparu patriotique jusqu’à l’écœurement, et beaucoup trop long.

Je prie donc pour Lion, qui retrace l’histoire vraie d’un jeune Indien qui a traversé le continent en train avant de se retrouver à Calcutta, loin de sa famille, et sans parler la langue.

 
MON FAVORI :                            MON PRONOSTIC :
                                               

Meilleur réalisateur

Pour la réalisation, même si, je le répète, je n’aime pas Villeneuve, je dois dire que Premier Contact est étonnamment bien tourné et mis en scène.

MON FAVORI :                            MON PRONOSTIC :

                                                

Meilleur acteur

Pour le meilleur acteur, pas de doute, mon favori est Viggo Mortensen dans Captain Fantastic. C’est une composition formidable, et le film vaut vraiment le détour. Pour le pari, je ne sais pas trop. Je verrais bien Casey Affleck repartir avec la statuette. L’académie et des Oscars adore les films intellos chiants.

MON FAVORI :                       MON PRONOSTIC :

                                       


Meilleure actrice

Un seul mot : Isabelle.


MA FAVORITE ET MON PRONOSTIC :

 

Meilleur acteur dans un second rôle

Je l’avais déjà beaucoup aimé dans House of Cards, et je suis ravie de l’avoir vu récemment au cinéma : je pense non seulement que Mahershala Ali va gagner, mais en plus, il s’agit de mon favori. Hourra.


MON FAVORI ET PRONOSTIC :

Meilleur actrice dans un second rôle

Toujours côté séries, je décernerais déjà l’Oscar à Viola Davis pour How to Get Away with Murder. Alors pensez donc, la voir sur grand écran, ça fait vraiment plaisir. Petit problème : Octavia Spencer est également remarquable dans le rôle de Dorothy pour Les Figures de l’ombre (elle est à sur l’affiche).

Alors qu’est-ce qu’on fait ? Parions sur les deux.

MES FAVORITES ET PRONOSTICS :

   

Meilleur scénario original

Pour le scénario original pas d’hésitation côté coup de cœur : c’est le homard que j’aime, et pas seulement parce que c’est le plat le plus cher du menu.

Pour le pronostic, facile, c’est la La La Land, qui force l’admiration, tant Damien Chazelle s’est battu pour en faire un film.

MON FAVORI :                    MON PRONOSTIC :

                     

Meilleur scénario adapté

Pour le meilleur scénario adapté, je vous ai dit que j’étais fan de Lion ?


MON FAVORI ET MON PRONOSTIC :

Meilleurs décors et costumes

   

Meilleure photo

MON FAVORI :            MON PRONOSTIC :

                      

Meilleur effets visuels 

MES FAVORIS :

   

MON PRONOSTIC :



Meilleure chanson originale

Deux chansons de La La Land : coup de coeur pour l’Audition (« The Fools Who Dream ») mais je parie sur « City of Stars. »


MA FAVORITE :

MON PRONOSTIC :

 

Meilleure musique

 

En réalité, j’ai eu un coup de cœur pour la BO de Nocturnal Animals. Soupir.



MA FAVORITE ET MON PRONOSTIC

Meilleur film étranger 

Je parie sur Le Client, puisque Donald Trump est assez dingue pour avoir empêché différents citoyens de pays musulmans d’accéder au territoire américain. Cela inclut le réalisateur iranien Asghar Farhadi. Hollywood, ouvertement démocrate et anti-Trump, décernera sans doute le prix suprême à ce réalisateur qui regardera, comme nous, la cérémonie de son salon. Il faut dire que, depuis la loi délirante, il a décidé de boycotter la soirée.

MON FAVORI ET PRONOSTIC :

Meilleur film d’animation

Mon cœur balance.

 

MES FAVORIS ET PRONOSTICS :

   

Et vous, quels sont vos favoris et pronostics ? Dites-le en commentaire !

LION, AVEC DEV PATEL : IL ÉTAIT UNE FOIS EN INDE

Pour une fois, la comparaison avec Slumdog Millionnaire est justifiée. Pour une fois, un film est nommé aux Oscars, et je me dis qu’il mérite le prix.

Lion raconte l’histoire d’un petit garçon qui attend son frère a la gare. Il s’endort sur un banc, et à son réveil, son frère est introuvable. Il le cherche dans un train vide, sans succès.

Puis le train démarre. Enfermé, Saroo n’a pas d’autre choix que de faire le voyage. Né dans un petit village perdu de l’est de l’Inde, Saroo débarque à l’autre bout du continent, à Calcutta. Tout petit, fluet, âgé de cinq ans, il devra lutter pour sa survie dans l’une des villes les plus pauvres du monde. Misère, faux amis, orphelinat, traversée du globe, le destin Saroo est extraordinaire.

Le jeune acteur, Sunny Pawar, est remarquable. Il est aussi merveilleusement dirigé.

Sunny Pawar joue Saroo, âgé de cinq ans, dans Lion de Garth Davis
Sunny Pawar joue Saroo, âgé de cinq ans, dans Lion de Garth Davis
Le jeune acteur rappelle, avec ses grands yeux noirs et son regard triste, le petit garçon de La Vie est belle de Roberto Benigni, film qui fête ses 20 ans cette année. 
Giosuè dans la vie est belle de Roberto Begnini (1997)
Giosuè dans La Vie est belle de Roberto Begnini (1997)
Tout et bouleversant dans Lion, des premières images de l’enfant perdu aux dernières images de Saroo dans l’âge d’homme. L’interprétation est remarquable, c’est toujours un plaisir de retrouver Dev Patel, Nicole Kidman et Rooney Mara à l’écran.

Dev Patel joue Saroo à l'âge adulte dans Lion, de Garth Davis (2017)
Dev Patel joue Saroo à l’âge adulte dans Lion, de Garth Davis (2017)

Seul bémol : le personnage du frère adoptif aurait pu être plus creusé, et offrir à Saroo un véritable antagoniste.

Lion est très bien réalisé et monté, aucun plan n’est tourné au hasard. C’est d’autant plus remarquable qu’il s’agit du premier film de Garth Davis. Lion est à mettre au même niveau que La Couleur pourpre, par la recherche des origines et une fin bouleversante. 

Les deux sœurs dans La Couleur pourpre
Les deux sœurs dans La Couleur pourpre
Tout se suit avec passion, et la bande originale est magnifique. L’histoire est d’autant plus poignante qu’elle est basée sur des faits réels. 
Les deux acteurs de Lion et le vrai Saroo
Les deux acteurs de Lion et le vrai Saroo

Comme pour les meilleurs films, je ne peux tout raconter. Il vaut mieux éviter la bande-annonce, qui, comme souvent, en dit trop. Il faut découvrir Lion en salle. Ne manquez pas l’un des meilleurs films de l’année, qui mérite, à mon sens, l’Oscar du meilleur film 2017.

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Moonlight : deux gosses à Miami

 
3 out of 5 stars (3 / 5)
 

Dans l’un de ses sketchs, Coluche avait lancé « Dieu a dit : il y aura des hommes blancs, il y aura des hommes noirs, il y aura des hommes grands, il y aura des hommes petits, il y aura des hommes beaux et il y aura des hommes moches, et tous seront égaux ; mais ça sera pas facile… et puis il a ajouté : il y en aura même qui seront noirs, petits et moches et pour eux, ce sera très dur ! » 

Qu’en est-il des Noirs gays, timides, et pauvres ? C’est le thème du film Moonlight.

Chiron est élevé dans un quartier défavorisé de Miami, par une mère plus soucieuse de ses amants et de son shit que de lui. Mutique, introverti, peut-être homo, il subit le harcèlement de ses camarades. Il trouve un mentor en la personne de Juan, dealer de drogue, pourtant très humain. C’est un plaisir de retrouver Mahershala Ali dans ce rôle, Remy dans House of Cards.

Alex R. Hibbert (Little) et Mahershala Ali (Juan) dans Moonlight

Nous allons suivre Chiron dans sa vie d’enfant, jusqu’à l’âge d’homme.

Chacun cherche son soi

 

Ce procédé existe déjà en littérature : le coup d’essai de Tolstoï et son autobiographie en trois volumes écrite alors qu’il n’avait pas trente ans (Enfance, Adolescence, Jeunesse). Mais on le trouve aussi dans le septième art : dans l’une des plus magnifiques sagas du cinéma, Satyajit Ray filmait l’émouvant Apu dans ces trois stages de la vie dans La trilogie d’Apu (1955-1959).

Sharmila Tagore et Soumitra Chatterjee dans Le Monde d'Apu (1959) de Satyajit Ray
Sharmila Tagore et Soumitra Chatterjee dans Le Monde d’Apu (1959) de Satyajit Ray  
 

Plus extrême, Boyhood est tourné pendant douze ans et suit l’évolution d’un enfant vers l’âge adulte (ce qui, de la part du réalisateur de la « Before Trilogy » tournée en 19 ans avec les mêmes acteurs, n’est pas étonnant).

 

Être noir et gay au cinéma et dans les séries

 

Dans Moonlight, le format est plus conventionnel, mais ce qui compte pour le réalisateur Barry Jenkins tout comme ses prédécesseurs, c’est de suivre un homme qui cherche son identité, dans une société où il est quatre fois paria. Pariah avait d’ailleurs donné le titre d’un autre film sur un ado afro-américain homosexuel.

Vous connaissez beaucoup de héros noirs gays de fiction ? J’en ai trouvé quelques-uns de magnifiques dans certaines séries : Omar de The Wire, Keith de Six Feet Under, Jamal dans Empire… mais ils sont nettement sous-représentés à l’écran. Dans le cas d’Omar, nous avions enfin un personnage noir et gay très écrit, passionnant, dont les amours étaient l’un des moteurs de l’intrigue (son amour pour Brandon, entre autres). 

 
Omar Little (incarné par Michael K. Williams) de la série The Wire (2002-2008)
Omar Little (incarné par Michael K. Williams) de la série The Wire (2002-2008)

On voyait également dans The Wire une femme flic homosexuelle, incarnée par la splendide Sonja Sohn.

Sonja Sohn dans The Wire
Sonja Sohn dans The Wire

Tout récemment, dans la troisième saison de Black Mirror, un couple de femmes était mis à l’honneur dans San Junipero. Kelly, bisexuelle, dit avec humour aimer les hommes et les femmes au nom de l’égalité des droits.

 
Kelly et Yorkie dans San Junirpero, épisode de Black Mirror, saison 3, épisode 4
Kelly et Yorkie dans San Junirpero, épisode de Black Mirror, saison 3, épisode 4
 
Il n’y a guère que le Huffington Post pour parler de films LGBT mettant en scène des héros et héroïnes noirs.

Sweet sixteen ?


Lorsque l’on est exclu du groupe, trouver un modèle est d’autant plus vital. Chiron est surnommé Little quand il est petit ; Or, Little est le nom de famille d’Omar de The Wire, mais aussi de Malcolm X. Chiron aussi renie son surnom de Little une fois ado. 

 
Ashton Sanders (Chiron) dans Moonlight (2017) de Barry Jenkins
Ashton Sanders (Chiron) dans Moonlight (2017) de Barry Jenkins

Moonlight se rapproche également de Divines : tout comme Dounia, Chiron ne veut plus rester emprisonné dans une banlieue où un seul destin est possible si l’on veut survivre : le deal.

 
Les trois actrices de Divines (2016) de Houda Benyamina
Les trois actrices de Divines (2016) de Houda Benyamina
 

Si la Rebecca de Divines est un tyran, Juan traite Chiron comme son fils, et est honteux quand l’enfant le confronte à son statut de caïd. La mère de Chiron (Naomie Harris, la Moneypenny des 007 de Craig) devrait le maintenir sur le droit chemin ; en fait, elle carbure au chantage affectif, exige obéissance et service de son fils, mais ne lui donne aucun amour.

Recherche modèle désespérément

 

Chiron érige un dealer en modèle à suivre, tout comme le Henry Hill des Affranchis de Scorsese avait pour seul modèle la famille mafieuse du coin. 

Henry Hill dans Les Affranchis de Scorsese (1990)
Henry Hill dans Les Affranchis de Scorsese (1990)

Barry Jenkins trouble ainsi les frontières du bien et du mal : c’est un chef de gang (puis sa femme) qui donne de l’amour à Chiron. C’est le premier à le déculpabiliser d’aimer les garçons. En effet, l’homophobie est là, latente, puis explose au centre de l’unique scène de violence du film, révoltante par sa gratuité et le sadisme des cogneurs.

Le temps d’aimer

Les conventions sociales sont sans appel : à l’école comme ailleurs, il ne fait pas bon traîner avec des « losers », il vaut mieux rallier les plus forts pour éviter de devenir à son tour paria. Cela m’a rappelé ce magnifique épisode de Dr. House (Joy to the world, 5.11) où une adolescente est victime de racisme anti-gros. Son unique allié dans l’école se sent obligé de hurler avec la meute.

Chiron va devenir Black : le nom est évident, il se fond dans la masse des autres noirs pour éviter qu’on le repère. Pourtant qu’a-t-il à craindre ? N’est-il pas devenu quelqu’un qui a réussi envers et contre tout ? Il est devenu un dur, amateur de bling-bling. Mais le Little timoré et timide est-il vraiment parti ?

 
Trevante Rhodes (Black) dans Moonlight
Trevante Rhodes (Black) dans Moonlight

Ce soir magnifique avec Kevin, qui aurait pu changer leur vie à tous deux, est révolu, et seuls les regrets subsistent.

Jharrel Jerome (Kevin) et Ashton Sanders (Chiron) dans Moonlight
Jharrel Jerome (Kevin) et Ashton Sanders (Chiron) dans Moonlight
 
Dans le monde réel, d’autres Chiron existent : le Régis de Swagger partage sa mélancolie.

Petit budget, grande émotion


Moonlight n’a finalement pas grand-chose à dire : ni pamphlet contre l’homophobie, ni peinture sociale, ni parcours initiatique, Jenkins ne fait que filmer l’histoire d’une vie (c’est le titre québecois). Sa mise en scène est souvent douteuse : cadrages maladroits, plans flous par endroits, caméra à la main trop agitée… 

Le minimalisme du scénario et les silences qui s’éternisent rendent le film statique (la troisième partie, par exemple, est bien trop longue). Il manque à Moonlight l’universalité qu’elle recherche, mais ne trouve pas par manque d’ambition. Contrairement à d’autres chroniques intimistes s’abimant dans l’ennui, les personnages sont magnifiquement dessinés et interprétés (Trevante Rhodes en faux dur, Mahershala Ali en mentor aimant, les jeunes acteurs). L’émotion ne quitte jamais l’écran.

Cette chronique d’un cœur simple vous touchera sûrement.

 
 
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Jackie, avec Natalie Portman : la première dame était en noir


4 out of 5 stars (4 / 5)

Jackie de Pablo Larrain pose une question essentielle, encore jamais traitée au cinéma : après la mort de John Fitzgerald Kennedy, qu’est devenue son épouse ? Après tant d’espoirs placés en un seul homme, tant d’admiration portée à ce couple, que se passe-t-il le 24 novembre 63, quand la veuve de Kennedy rentre chez elle, son tailleur Chanel taché du sang de son mari ?


Natalie Portman en Jackie Kennedy dans le film de Pablo Lorrain (2016)

Natalie Portman en Jackie Kennedy dans le film de Pablo Lorrain (2016)




On s’y croirait

Le film de Pablo Larrain est particulièrement bien réalisé. Les plans, notamment en plongée, sont magnifiques. La photographie, qui reprend les couleurs acidulées des années 60, est très soignée. On s’y croirait. On ne sait plus bien s’il s’agit d’une histoire-fiction ou d’images d’archives.

JFK n’aura passé que deux ans au pouvoir. Deux ans où il aura imposé un style (dont ce sont inspirés les Obama et même le couple Cécilia / Nicolas Sarkozy) et une ligne démocrate qui émeut les nostalgiques. Ce dont on se souvient, ce sont les Peace Corps, le début de la conquête spatiale, la formule « Je suis Berlinois », les missiles de Cuba et sa gestion de guerre froide, son soutien de la lutte des droits civils et sa conscience sociale.


Kennedy par Norman Rockwell (1960)
Kennedy par Norman Rockwell (1960)

La phrase-clé du film vient de Bob Kennedy (Peter Sarsgaard) :

« Qu’avons-nous accompli ? »

Peu de temps au pouvoir et pourtant tant de choses amorcées, concrétisées par d’autres parfois.


Jackie : de merveilleux acteurs

Et puis il y a John Hurt dans l’un de ses derniers rôles : il entend la confession de Jackie Kennedy, et sa sagesse de prêtre recèle une dimension prémonitoire. Les derniers mots qu’il adresse à la première dame sur le deuil et le besoin d’avancer est à la fois simple et profond.

Surtout, Natalie Portman joue à la perfection cette femme restée digne dans le chagrin, brisée mais élégante. On croit voir, surtout dans les premières images, la vraie Jackie à l’écran.


Jackie Kennedy et Natalie Portman

Jackie Kennedy et Natalie Portman


La scène du traumatisme est très bien rendue, et Natalie Portman et déchirante. Elle a beaucoup bossé son rôle : port de tête, démarche, posture, voix, tout y est, et dans la retenue. Un vrai rôle à Oscar, sans en faire trop.C’est aussi un plaisir de retrouver Billy Crudup, fils d’Edward Bloom dans Big Fish, en journaliste tentant de percer le mystère de Jacqueline Kennedy.

Les fans de Mad Men seront aussi servis : Jackie fume clope sur clope, les costumes et la photo rappellent beaucoup la série de Matthew Weiner.



L’un des meilleurs films du moment

Jackie, film élégant et d’une grande profondeur, apparaît en mélodrame réussi d’une Histoire inachevée.

Le montage subtil entre l’après-Dallas et l’émission de télévision où Jackie Kennedy incarnait la parfaite hôtesse de la Maison Blanche permet de mettre en lumière le factice de la fonction de première dame, et la fascination qu’elle provoque.

Jackie est l’un des meilleurs films du moment, c’est un privilège de le découvrir sur grand écran.


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Les Figures de l’ombre : trois femmes derrière John Glenn

2 out of 5 stars (2 / 5)
Vous saviez que trois Afro-Américaines avaient aidé à envoyer le premier Américain dans l’espace ?
Je ne le savais pas non plus avant de voir Les Figures de l’ombre. Hidden Figures en anglais, fait jeu de mots entre les chiffres cachés et les silhouettes (« Figures ») que l’on ne soupçonne pas derrière la conquête spatiale.

Trois femmes dans les coulisses de l’Histoire

On peut saluer les affiches américaine et française du film, qui pour une fois ne mettent pas en lumière l’acteur blanc célèbre qui fera venir les foules (dans le cas des Figures de l’ombre, Kevin Costner) mais trois actrices noires, véritables héroïnes de ce biopic.


Ce procédé me rappelle le film 20 Feet from Stardom, film musical qui braquait le projecteur, non pas sur les stars habituelles de la chanson, mais sur les choristes, essentielles à la réussite d’un morceau, mais qui restent les grandes oubliées du showbiz.


Les Figures de l’ombre : une belle peinture de la société américaine

Qu’ont-elles de spécial, ces trois femmes derrière John Glenn ?
Elles sont pauvres, brillantes, et noires, dans le contexte politique de 1961 aux Etats-Unis. Le film de Theodore Melfi montre à merveille les enjeux de l’époque : la lutte pour les droits civiques de tous et la conquête spatiale.
En pleine guerre froide, il s’agit pour Kennedy de doubler les Russes dans la course aux étoiles. Nous sommes trois ans avant le Civil Rights Act, et sur la terre ferme, les Noirs boivent encore à des fontaines réservées aux Noirs, s’assoient encore dans des bus où les Blancs ne s’assoient pas.
La scène où Katherine Johnson (Taraji P. Henson) pousse un coup de gueule de devoir traverser le campus de la NASA pour aller aux toilettes est l’un des moments forts du film.
Simone de Beauvoir disait « la condition des Noirs, la condition des femmes, c’est pas si différent. » Qu’en est-il de la condition des femmes noires ? Les femmes étaient rarissimes à la NASA dans les années 60. Les Figures de l’ombre peut évoquer, en cela, le biopic de Thatcher où la jeune Margaret Roberts se retrouvait seule à Oxford, entourée de messieurs.


Une belle interprétation

Dans le film de Theodore Melfi rend hommage à Mary Jackson (superbe Janelle Monáe), première afro-américaine devenue ingénieure en aéronautique. Dorothy Vaughan se retrouve quant à elle aux prises avec sa hiérarchie (Kirsten Dunst, vieillie et méconnaissable.) Octavia Spencer décrochera peut-être l’Oscar pour ce joli rôle.
Ces trois mathématiciennes de génie vont participer activement au voyage de John Glenn dans l’espace. Il est intéressant de découvrir ce film quand nous avons perdu John Glenn en décembre dernier.

L'astronaute John Glenn
L’astronaute John Glenn

Trop long et moralisateur

Si l’interprétation du film est remarquable, les sujets forts qu’il aborde ne sont traités qu’en surface, et c’est bien dommage. Les Figures de l’ombre pâtit des mêmes défauts que de nombreux biopics américains : patriotisme affiché et presque écœurant, moralisation, clichés en pagaille. Le film s’avère également trop long, des scènes entières auraient pu être coupées au montage, notamment sur le couple de Katherine Johnson, qui apporte peu à l’intrigue, même si c’est un plaisir de retrouver Mahershala Ali, Remy Danton dans House of Cards, qui semble faire une belle percée au cinéma, car il est actuellement à l’affiche de Moonlight, aussi nominé aux Oscars.

Taraji P. Henson et Ali Mahershala (Katherine et Jim Johnson) dans Les Figures de l'ombre, de Theodore Melfi (2016)
Taraji P. Henson et Ali Mahershala (Katherine et Jim Johnson) dans Les Figures de l’ombre, de Theodore Melfi (2016)

Ces défauts font peut-être le succès du film outre-Atlantique, qui a dépassé le nombre d’entrées en salles de Star Wars, Rogue One. Les Figures de l’ombre est en effet calibré pour les Oscars, notamment pour ses grands rôles féminins. Il est également agréable de voir que le scandale « Oscars so white » de l’an dernier laisse place, en 2017, à des nominations où des talents afro-américains sont à l’honneur.


Les femmes dans l’espace

Le film apparaît aussi comme un spot publicitaire de plus de deux heures à la gloire de la NASA. L’occasion de faire un petit tour d’horizon des femmes qui ont participé à la conquête spatiale.
Si Les Figures de l’ombre est très patriote, il ne faut pas oublier que ce sont les Russes qui ont envoyé le premier homme dans l’espace. Il s’agissait de Youri Gagarine, le 12 avril 1961. Ce n’est que deux ans plus tard qu’ils enverront la première femme dans l’espace, Valentina Terechkova.

Valentina Terechkova, première femme dans l'espace
Valentina Terechkova, première femme dans l’espace

Il faudra attendre vingt ans de plus pour que les Américains envoient à leur tour une astronaute dans l’espace.

Sally Ride, première astronaute américaine
Sally Ride, première astronaute américaine

Il faudra attendre 1996 en France pour voir une femme dans les étoiles.

Claudie Haigneré en 1996
Claudie Haigneré en 1996

Quid des femmes noires dans l’espace ?

En 1967, Robert Lawrence était le premier noir nommé astronaute. Mais il fallut attendre 1995 pour que le premier homme noir marche dans l’espace.

Bernard Harris, premier astronaute afro-américain
Bernard Harris, premier afro-américain dans l’espace

Côté féminin, c’est Mae Jemina qui partira en mission spatiale en 1992.

Mae Jemina
Mae Jemina

Surtout, il faudra attendre… 2018, pour envoyer la première femme noire à bord de la Station Spatiale Internationale.

Jeanette Epps sera la première Afro-Américaine pour un long séjour à bord de l'ISS en 2018
Jeanette Epps sera la première Afro-Américaine à partir en mission pour un long séjour à bord de l’ISS en 2018

Tout cela me laisse perplexe. Les choses avancent, bien sûr, mais si lentement. Pour avoir été prof en école d’ingénieurs, je voyais souvent deux filles pour vingt garçons. Peggy Whitson, actuellement à bord de l’ISS avec Thomas Pesquet et Oleg Novitski, me faisait rêver gamine.

Peggy Whitson entourée de Oleg Novitski et Thomas Pesquet avant leur départ pour l'ISS
Peggy Whitson entourée de Oleg Novitski et Thomas Pesquet avant leur départ pour l’ISS

Le biopic Les Figures de l’ombre, s’il est bourré de défauts, a le mérite d’exister. J’espère que Mary Jackson, Katherine Johnson et Dorothy Vaughan, ainsi que les femmes astronautes, inspireront des petites filles à prendre la voie des sciences, et que je les retrouverai, brillantes et pleines d’espoir, sur les bancs de la faculté.

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