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WHILE WE’RE YOUNG: TROP VIEUX POUR MOURIR JEUNES

Faut pas faire du Woody Allen quand on n’a pas son talent. Voilà, en une phrase, comment on pourrait résumer While We’re Young, comédie complaisante sur le milieu intellectuel new-yorkais.
Josh est un documentariste raté. Il donne des cours à la fac, et c’est là qu’il rencontre Jamie, étudiant passionné par son oeuvre.
Josh est en couple avec Cornelia. Ils vivent la pression sociale habituelle des couples de leur âge: cernés de couples avec enfant, on leur rappelle quotidiennement qu’ils n’en ont pas.
Jamie est en couple avec Darby: ils sont jeunes, libres, et rappellent au « vieux couple » ce qu’ils ont perdu.

Du vide interstellaire

Au cinéma, nous sommes envahis de trentenaires qui veulent retrouver leur jeunesse. Que nous apporte While We’re Young ? Du creux. Un vide interstellaire d’une heure quarante, une série de clichés sur les new-yorkais qui meurent d’ennui, et nous invitent à s’ennuyer avec eux.
Greenberg, où sévissait déjà Ben Stiller, était une imposture du même ordre. 

« C’est l’histoire d’un type qui ne fait rien. » À partir de ce pitch d’un suspense insoutenable, on avait déjà droit à une heure et demie de vacuité complète.

Toutes les plaisanteries de While We’re Young tombent à plat. Des titres de documentaires risibles à la dénonciation des « first world problems » (où est mon iPhone, ma séance de yoga a été annulée, mon chien n’est plus à la mode) rien n’est drôle, tout semble à côté de la plaque.
Contrairement à Woody Allen, Josh est parano sans être drôle, nerveux sans être touchant. Les répliques pseudo-spirituelles sont consternantes, et Baumbach aurait pu se passer de cette caricature des documentaristes américains, qui n’ont pas besoin de ça.

Rien de neuf depuis Sex and the City

Noah Baumbach tente montrer l’ennui existentiel de ces couples aisés. Fort bien. Mais tout ce qu’il évoque (l’obsession des enfants, les bobos excentriques et leur cours de méditation, la pression sociale exercée sur un couple de 30/40 ans, les amis plan-plan dans le Connecticut) était déjà dénoncé, et avec bien plus de drôlerie, dans la série Sex and The City, qui date des années 90.
Qu’obtient-on 20 ans plus tard ? Rien de neuf, rien qui vaille la peine d’être soulevé, comme si Carrie et ses amies avaient déjà tout raconté des excentricités new-yorkaises.

Caricature de la crise de la quarantaine

Pire: on assiste dans While We’re Young à une séance d’ayahuasca, sorte de cours de méditation douteux où l’on boit un breuvage dégueu censé nous révéler le sens de la vie. La scène de Noah Baumbach tombe carrément dans le scatologique: il s’agit de « vomir » ses douleurs lors de cette étrange thérapie de groupe. La scène est grotesque, n’apporte rien.
Oui, l’intention est louable de montrer un couple qui ne se sent pas à sa place dans le monde dit adulte des cours d’éveil musical pour nourrissons, et des fêtes où l’on s’ennuie avec politesse.
Le spectateur s’ennuie lui aussi, avec politesse ou non (au cinéma, on peut quitter la salle.) Le film donne une furieuse envie de mettre avance rapide, ou de rentrer chez soi et se retaper un épisode de Sex and the City.

Il n’y a guère que la conversation sincère entre Josh et l’un de ses amis sur le mensonge du bonheur parental pour respirer un peu.
Caricature, encore, de la crise de la quarantaine, dans un film nombriliste qui se regarde (mal) fonctionner.

Ben Stiller chantant au volant de sa voiture apparaît comme une pâle copie de Kevin Spacey qui scande « American Woman » pour se défouler dans le fameux film de Sam Mendes.

Le film me rappelle le spectacle du comique irlandais, Billy Connolly, au titre savoureux.

While We’re Young: atrocement long et à l’humour raté

Josh et Cornelia entonnent un rap débile pour se donner l’illusion d’être encore jeunes. Jamie l’étudiant cool a une housse de portable en forme de cassette vintage, Amanda Seyfried est jolie et inutile. Quant à Naomi Watts, elle vaut franchement mieux que ça (il est loin le temps de Funny Games.)
While We’re Young propose un humour bobo new yorkais qui se veut allenien, mais sonne creux. Broadway Therapy, de ce point de vue était beaucoup plus réussi. Le film de Baumbach est empli de réflexions sans intérêt sur les mœurs d’aujourd’hui. Il est atrocement long, du cours de fac soporifique à la chanson ronflante « Golden Years » du générique de fin. L’épiphanie de Josh, qui hurle « I am old » face à Jamie, est tout bonnement ridicule.

D’accord, pas d’accord avec l’article ? Dites-le en commentaire !
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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

3 commentaires pour l’instant

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AnonymePublié le 7:09 - Août 11, 2015

Bonsoir,
J'en sors et je partage intégralement votre avis 😉
Edith

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AnonymePublié le 10:52 - Août 14, 2015

Bonjour,

Je trouve ce film déprimant ! simple et bourré de clichés. Comme d'habitude, on navigue en plein dans la croyance américaine bobo et débile :

"Quand on a passé la quarantaine,on est idéaliste et mal dans sa peau"
"Quand on fait pas comme les autres, on est rejeté et ridicule"
"Quand on est jeune, on est TOUS de vilains arrivistes sans aucune éthique et c'est normal"
"Quand on arrive à la quarantaine, on est séduit par n'importe quelle connerie du moment que ça fait jeune"
"Quand on s'intéresse à la spiritualité, on est ridicule et pitoyable"
"Quand on veut décrire la réalité, on est chiant, rien ne vaut Walt Disney"

Bref, je pourrais continuer longtemps comme ça… Et je passe le rêve américain (le syndrome Rollex) qui surgit dans presque tous les films : quand on a pas d'argent à quarante ans, on a raté sa vie. En résumé, la vie est un peau de merde à enchanter et toute éthique est décalée voire inutile.

Heureusement que le cinéma américain est excellent dans les effets spéciaux et le fantastique. Pour les sentiments humains, ils devraient s'abstenir ou au moins laisser la place à Woody Hallen qui arrive au moins à être cynique et drôle. Objectifs non atteint par cette comédie grotesque.

Je ne voudrais pas paraître franchouillard de base, mais je trouve que pour décrire la finesse et la complexité des sentiments humains, le cinéma français est nettement meilleurs. Dans le genre "comédie dramatique" allez voir "Le goût des autres" réalisé par Agnès Jaoui et vous verrez une VRAIE histoire d'une autre pointure.

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