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Us, de Jordan Peele : analyse du film et explication de la fin (Spoilers)

3 out of 5 stars (3 / 5)
 
C’est l’histoire d’une petite fille qui se perd dans une fête foraine. Jordan Peele, en bon fan de La Quatrième Dimension, connaît l’aspect effrayant de la fête foraine.
 
Adélaïde se perd donc dans ce que l’on appelle un palais des glaces.
 
 
 
 
L’occasion pour Jordan Peele d’introduire à sa manière le thème du miroir, et donc du double.
 

À travers le miroir

 
Dans une scène très bien filmée (c’est un tour de force que de filmer des dizaines de miroir sans que l’on voit jamais la caméra se refléter dans l’Inde) Adélaïde se voit en plusieurs exemplaires jusqu’à tomber sur une autre petite fille qui est son portrait parfait. Cette petite fille n’est pas un reflet.
 
Jordan Peele coupe à ce moment.
 
Adélaïde retrouve ensuite ses parents, traumatisée. Ses proches s’inquiètent. Elle ne parvient pas à verbaliser son étrange expérience dans le palais des glaces.
 
Une fois adulte, Adélaïde est devenu une jolie femme. Elle a épousé un homme et a eu deux enfants, une fille et un garçon.
 
Elle confie à son homme qu’elle est encore traumatisée par son expérience d’enfant. Elle n’est pas très à l’aise avec leur lieu de vacances qui lui rappelle de mauvais souvenirs. 
 
Dès les premières images, Jordan qu’il joue sur les références à l’horreur. Adélaïde, dans la première scène, porte un t-shirt thriller de Michael Jackson. Son fils, des années plus tard, portera un T-shirt Les Dents de la mer. Sur une plage, cela ne manquera pas de rappeler aux cinéphiles la présence sous-jacente d’un danger.
 
 
 
Voilà les vacances ordinaires d’une famille américaine de la classe moyenne.
 

Tu es mon autre (Attention Spoilers)

 
Le soir venu, la famille d’Adélaïde est réunie dans la maison. Jusqu’à ce que le père remarque à la fenêtre des membres d’une autre famille se tenant la main, immobiles.
 
 
Cette famille est le double de la famille Wilson. Il s’agit du jumeau maléfique de chacun d’entre eux.
 
S’ensuit un survival movie inspiré du Funny Games de Haneke, déjà une inspiration de Get Out de Jordan Peele.
 
La famille maléfique va ainsi envahir la maison des « gentils. » Chacun des membres de la famille Wilson va devoir fuir son double avant de lui faire face.
 
Surtout, la mère de famille va devoir affronter son démon au sens littéral.
 
 
Elle retrouve en effet à l’âge adulte le double qu’elle avait croisé petite fille. Il faudra qu’Adelaide comprenne ce que veut son double –nommé Red – pour saisir la vérité sur son passé.
 

God blesse America

 
Quand Adélaïde demande à Red qui elle est, elle répond, en parlant de sa famille :
 
Nous sommes américains.
 
 
Le titre US peut donc être pris au sens de United States. Red tiens alors un discours sur l’enfance défavorisée qu’elle a vécue dans les égouts de la ville. Pourquoi Adélaïde aurait-il eu une vie privilégiée, tandis qu’ elle, son double, s’est vu imposer une vie atroce et souterraine ?
 
Cette famille de doubles maléfiques vient donc clamer son droit à une vie normale, et va tout faire pour remplacer les Wilson dans leur jolie maison.
 
Le film continue avec la course poursuite attendue : les doubles maléfiques poursuivent les gentils. Les gentils trouvent des astuces pour tuer leurs jumeaux malfaisants. 
 
Mais d’autres double maléfiques sont apparemment sortis des égouts. Peu à peu, la ville est envahie de monstres de forme humaine habillés en rouge, tous des doubles maléfiques des gens ordinaires.
 
La famille d’Adélaïde combat courageusement tous les doubles qu’elle croise.
 

Us : explication de la fin

 
À la fin, on croit la famille tirée d’affaire, mais on se trompe. Adélaïde, au volant de sa voiture, commence à avoir des flash-back.
 
On se rend compte que ce n’est pas Adélaide que l’on voit. En effet, celle que l’on a suivie comme « la gentille » depuis son retour de la fête foraine dans l’enfance n’est pas celle qu’on croit. En réalité, Adélaïde, dans le palais des glaces, s’est faite remplacer par son double, Red.
 
 
Adélaïde a été emmenée de force dans les égouts, et Red a pris sa place auprès de ses parents aimants.
 
C’est donc Red que nous voyons au volant de la voiture dans la dernière scène de Us. Le « nous » apparaît alors comme trompeur. Le spectateur croit dur comme fer jusqu’à la dernière scène que le pronom désigne la gentille famille, quand il réfère en fait à la famille d’usurpateurs.
 

Us : la satire sociale de Jordan Peele

 
J’ai dit « Usurpateurs » ? Pas si sûr. Cette fin à la Shyamalan permet à Jordan Peele de nous proposer une satire sociale.
 
Si l’on considère que le peuple des égouts représente les pauvres d’Amérique, Et que la famille d’Adélaïde représente la classe moyenne, Us nous présente le renversement réussi du système. L’une des dernières images montrant tous les doubles maléfiques habillés de rouge formant une chaîne humaine symbolise la victoire de la classe ouvrière sur les privilégiés.
 
Jordan Peele nous propose donc avec Us une satire politique sous forme de film d’horreur. Après Get Out, il n’oublie pas le propos politique, même s’il est moins bien explicité dans ce dernier opus.
 

Le twist final de Us : un happy end ?

 
Lors des derniers plans, on croit à un happy end. Eh bien, tout dépend de quel côté on se place. Tout le long du film, Adélaïde, devenue monstrueuse de par son enfance dans les égouts, tentait juste, en menaçant Red, de récupérer sa place légitime. Quand elle meurt, cela veut simplement dire que son double maléfique a gagné.
 
Le fils de Red dans le dernier plan est le premier à saisir la vérité : sa mère appartient au côté obscur et, du même coup, lui aussi. Voilà pourquoi il remet son masque de manière menaçante.
 
Avec Us, Jordan Peele évite soigneusement le film de série B grâce à des plans impressionnants, toujours sur la thématique du miroir. Le jumeau maléfique a beau être un cliché du cinéma d’horreur, Peele parvient à le réinventer et nous offrir quelque chose de neuf. Son film d’horreur maté de politique nous fait réfléchir, via la thématique du double, sur la légitimité de la classe moyenne et la possibilité d’une révolution.
 
 
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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

2 commentaires pour l’instant

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Syrine SenoussaouiPublié le 9:05 - Avr 7, 2019

mais moi je pensais qu’a la fin Adélaide (donc la fausse échangée en enfance) tuais le corps de red. Et l’âme de red (donc la gentille retourna dans le corps de la méchante) et donc Adélaide reviens normalement du monde upside, car au debut il parlait d’âmes
voila bisous.

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NadimPublié le 11:21 - Juin 13, 2019

Au final Red a apprécier sortir de la misère sous terraine et cela tellement que elle est prête à exterminer ses anciens alliés pour conserver sa place dans le  » beau » monde.
C’est aussi symbolique de tous les gens en bas de l’échelle qui une fois la tête hors de l’eau oublient d’ou ils viennent et méprisant ceux avec qui ils ont grandi et vécu des moments compliqués. Le confort et le matérialisme tuant la raison et poussant à legocentrisme extreme.

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