Slider

Titre

Autem vel eum iriure dolor in hendrerit in vulputate velit esse molestie consequat, vel illum dolore eu feugiat nulla facilisis at vero eros et dolore feugait

UNDER THE SILVER LAKE : LA NUIT AMÉRICAINE

Par Sidonie Malaussène

La femme d’à côté

Sam (Andrew Garfield), jeune homme désœuvré, épie et rencontre Sarah (Riley Keough) sa jolie voisine. Ils se donnent rendez-vous le lendemain. Or elle disparait et son appartement a été vidé. Le jeune homme commence alors son enquête.

Sam (Andrew Garfield) enquête dans la Cité des Anges dans Under the Silver Lake de David Robert Mitchell (2018)
Sam (Andrew Garfield) enquête dans la Cité des Anges dans Under the Silver Lake de David Robert Mitchell (2018)

Under the Silver Lake est un prétexte à une balade dans une ville symbole de la pop culture. Le début est un hommage appuyé à Hitchcock. La réapparition d’une femme de Vertigo, l’utilisation de la musique, la curiosité dévorante, le soupçon, le crime supposé… et l’intime conviction qu’il se passe quelque chose en face.

Comme dans le cinéma du Maître, nous sommes emportés par la sensation. Rien ne s’est passé et nous sommes déjà pris dans une fiction envoûtante. Les mouvements de caméra, le voyeurisme avant l’enquête troublante, les jumelles du héros de Under the Silver Lake rappellent celles de Fenêtre sur cour.

 Lisa (Grace Kelly) et Jeff (James Stewart) de Fenêtre sur cour, réalisé par Alfred Hitchcock (1954). Sam est-il leur fils spirituel ?
 Lisa (Grace Kelly) et Jeff (James Stewart) de Fenêtre sur cour, réalisé par Alfred Hitchcock (1954). Sam est-il leur fils spirituel ?

Dans Under the Silver Lake, référencé à outrance, il est difficile de trouver une scène neutre d’associations visuelles ou intellectuelles. L’univers associé à David Lynch (tendance Lost Highway) sert d’écrin à ces péripéties faite d’investigation, de hasard, de perception altérée, rencontres improbables et délire complotiste. 

Los Angeles : usine à rêves désaffectée

Ce qui frappe dans Under the Silver Lake, étrange voyage entre rêve, réalité et imaginaire, c’est la masse d’informations visuelles : un L.A. de fantasme habité uniquement par d’étranges personnes. pêle-mêle des lieux évocateurs de mystère : chapelle, manoir, souterrain, lacs, appartement, grandes demeures kitsch, monuments officiels, soirées privées et clubs venus de l’imaginaire des films.

Vision déstabilisante dans Under the Silver Lake
Vision déstabilisante dans Under the Silver Lake

L’évocation de « L’affaire Manson » est très présente et ajoute au trouble de l’ensemble. L’alliance des jeunes filles « pures » et d’un gourou épris d’argent évoque l’affaire qui signa la fin du mouvement hippie et de ses illusions. Sauf pour le héros et certainement pour une partie de la société qui a fait sienne cette culture show business.


Un passé omni-présent

Même les morts d’Under the Silver Lake sont traités avec le manque de réalisme propre au cinéma et à la pop culture. Une jeune femme meurt filmée comme un cliché de Playboy. Un manager est assassiné à la manière des films gore. Un personnage à la Terry Gilliam guide le héros dans sa quête. 

Sam (Andrew Garfield) et Sarah (Riley Keough) dans Under the Silver Lake
Sam (Andrew Garfield) et Sarah (Riley Keough) dans Under the Silver Lake

La décadence plutôt que l’ennui

La quête du sens, dans Under the Silver Lake, est aussi très orientée pop culture. Les choses ne sauraient être simples, le film est saturé de signes. C’est en substance ce que dit Spielberg dans son récent Ready Player One, autre film carburant aux références pop.

Les deux principaux comédiens sont parfaits : Andrew Garfield en geek détaché des contingences matérielles, semi-éveillé entre enquête, stupéfiants et visions. Riley Keough ressuscite plusieurs mythes et nous offre les plus beaux moments d’Under the Silver Lake. La scène de la piscine, notamment, est majestueuse.

Sarah (Riley Keough) actualise l'image iconique de Marilyn Monroe dans Under the Silver Lake
Sarah (Riley Keough) reprend l’image iconique de Marilyn Monroe dans Under the Silver Lake
Image de tournage de Something's got to give, film inachevé de Georges Cukor (1962) avec Marilyn Monroe
Image de tournage de Something’s got to give, film inachevé de Georges Cukor (1962) avec Marilyn Monroe

Under the Silver Lake est une grande balade sensuelle, élégante, étrange et cinéphile. On retrouve le mythe de la cité qui a façonné notre imaginaire et hante nos mémoires. D’où la difficulté de faire coïncider le réel avec nos représentations. Dans cet univers factice qui exalte des pulsions à satisfaire absolument, la plupart des personnages croisés incarnent le refus de la banalité, tout comme David Robert Mitchell après sa tentative de donner un coup de fouet au film d’horreur dans It Follows.

David Robert Mitchell, scénariste et réalisateur d'Under the Silver Lake
David Robert Mitchell, scénariste et réalisateur d’Under the Silver Lake

Under the Silver Lake est un film sexy et souvent drôle mais exaltant une pulsion de mort.

L’émotion du héros est palpable. La beauté de l’image est saisissante dans son concentré d’ »American dream » . Comme le disait François Truffaut 

« La vie est plus belle au cinéma »

Un avis, une réaction ? Dites-le commentaire !
Ça peut vous plaire :



  

@page { margin: 2cm }
p { margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; line-height: 120%; text-align: left; orphans: 2; widows: 2 }
a:link { color: #000000; text-decoration: none }

Avatar
Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

Laisser un commentaire

shares
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial