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The Hate U Give : au nom de tous les siens


4 out of 5 stars (4 / 5)

The Hate U Give n’est pas un film sur une bavure policière.
Ce n’est pas un film sur la condition des Noirs aux États-Unis, et notamment des femmes noires.
 
Ce n’est pas un film sur les enfants du ghetto et les ados d’un collège de riches.
 
The Hate U Give est tout cela à la fois. Mais surtout, ce film nous raconte comment une ado devient une jeune fille engagée.
 

La nouvelle Starr

 
Starr est une ado. Ça veut dire qu’elle ne parvient pas à trouver sa place. Parce qu’elle est née dans le ghetto, elle a d’autant plus de mal à trouver sa place dans le collège bourgeois qu’elle fréquente. Sa mère l’y a inscrite, elle et son frère, pour leur sécurité et leur avenir.
 
Starr en uniforme du collège dans The Hate U Give, de George Tillman Jr.

Starr (Amandla Stenberg) en uniforme du collège dans The Hate U Give, de George Tillman Jr. (2019)

 
Starr dans le collège, c’est un peu Jodie dans Daria : l’étudiante noire modèle. Discrète, bonne élève, elle s’intègre parmi les étudiants au point d’avoir un petit ami blanc et une bonne copine blonde.
 
Mais un autre garçon lui fait battre le cœur. C’est Khalil, gosse du ghetto lui aussi.
 
Khalil (Algee Smith) dans The Hate U Give

Khalil (Algee Smith) dans The Hate U Give

 
Starr le connaît depuis qu’elle est gosse. Entre eux c’est l’amour sans qu’ils osent se l’avouer.
 
Quand Khalil se fait tuer par un flic sans raison, Starr devient autre. On assiste à sa mutation depuis la petite fille sage jusqu’à la jeune femme qui va réclamer justice haut et fort.
 

The Hate U Give : un discours nuancé (attention Spoilers)

 
Pourtant, le discours de The Hate U Give est plus nuancé qu’il n’y paraît. La conversation de Starr avec son oncle policier est l’un des meilleurs passages du film. L’oncle expose la difficulté d’être flic dans les quartiers, et le droit (voire la nécessité de se défendre) si l’on se sent menacé.
 
La famille de Starr dans The Hate U Give

La famille de Starr dans The Hate U Give

 
Dans la saison 7 de American Horror Story, l’héroïne, Ally, tire sur un homme mexicain. En réalité, l’homme venait juste lui apporter un dîner. Elle est acquittée car la justice américaine considère qu’elle se sentait menacée, donc en état de légitime défense. C’est d’une injustice criante, bien sûr, et nul doute que si les couleurs de peau étaient inversées, le verdict eût été différent (admirez l’usage du subjonctif imparfait dans cette phrase merveilleuse.) Cette injustice provoque naturellement un tollé dans le quartier bourgeois d’Ally.  Elle sera visée par maintes menaces et insultes.
 
L’ironie de The Hate U Give est que « l’arme » de Khalil s’avérait être… une brosse à cheveux.
 
Au fond, si Khalil eût été blanc, il serait toujours en vie. Il aurait eu droit au fameux « Mains en l’air » avant le coup de feu. Mais ce que le film ne montre pas, c’est que si Khalil eût été blanc, il n’aurait pas été arrêté en premier lieu.
 

Starr, digne héritière de Martin Luther King

 
Starr s’érige en digne héritière de Malcolm X, Martin Luther King et James Baldwin. Si son père l’initie aux devises des Black Panthers très tôt dans son enfance, son discours pacifiste rejoint davantage celui du pasteur qui changea le monde.
 
 
C’est surtout l’actrice, Amandla Stenberg, que l’on retiendra de The Hate U Give. En effet, elle a une force épatante pour son jeune âge. Son combat à la mémoire de Khalil se révèle bouleversant dans les dernières scènes.
 
The Hate U Give, comme tous les films récents sur l’oppression des Afro- Américains, résonne douloureusement avec l’actualité récente. Difficile, comme dans BlacKkKlansman, de ne pas penser aux événements récents de Ferguson et aux violences policières en général.
 
Bien sûr, un film comme American History X était meilleur pour dénoncer la spirale de la violence, mais il n’avait pas la même ambition.
 

The Hate U Give : un titre, une devise

The Hate U Give, ce sont les paroles de Tupac, rappeur resté une légende et une référence pour la jeunesse.
 
The Hate You Gave Little Infants Fucks Everybody.
 
La haine que vous imposez aux petits enfants fout tout le monde dans la merde.
 
L’acronyme de l’expression, c’est THUG LIFE, « vie de voyou ». 
 

 
L’univers du ghetto, envahi par la drogue et la corruption, rappellera aussi aux sériephiles l’excellente série The Wire. Hélas, il n’y a ici point de Omar pour sauver la mise.
 
L’univers du collège de riches, lui, est empli de racisme ordinaire – on l’aurait deviné. Mais il est aussi empli d’une condescendance sociale qui est finalement très peu montrée dans le cinéma américain.
 
The Hate U Give a surtout le mérite de nous faire découvrir Starr qui, sous nos yeux, prend enfin conscience d’elle-même.
 

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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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