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THE ANGRIEST MAN IN BROOKLYN: ROBIN WILLIAMS EN MONSIEUR SCROOGE

Ce qui est bien, avec The Angriest Man in Brooklyn, c’est qu’on peut se contenter de la bande annonce.
Tout est dit en 2 minutes 45, alors pourquoi aller voir un film d’heure et demie? On n’y voit qu’un homme en colère, des gens qui crient, et des gags qui tombent à plat. 12% de votes favorables seulement sur Rotten Tomatoes, de mauvaises critiques dans la presse américaine, The Angriest Man in Brooklyn est l’un des films les plus mal notés sorti en salles ces dernières années.

Robin Williams à contre-emploi

Robin Williams joue généralement les types attachants, ou les grands enfants, parfois au sens littéral.
Depuis son rôle-phare dans Le Cercle des poètes disparus, il est toujours cantonné aux rôles de gentils, à part dans Photo Obsession (2002) où il joue un psychopathe convaincant, même si le scénario restait caricatural. Dans le film de Mark Romanek, il rappelait George Williams, pharmacien inquiétant de Desperate Housewives.

Dans The Face of Love, Robin Williams joue un homme effacé et triste avec talent. En somme, il sait convaincre dans un rôle à contre-emploi.

Un énième Monsieur Scrooge

Mais dans The Angriest Man in Brooklyn, il tient un rôle-archétype au cinéma: celui d’un Monsieur Scrooge. 

Jim Carrey dans Le Drôle de Noël de Scrooge (2009)


Vous le remettez ? Ce vieil avare qui revient sur grand et petit écran à chaque Noël, et à toutes les sauces ?
Reginald Owen en Scrooge dans la version de Edwin L. Marin (1938)


Scrooge McDuff, alias Picsou, dans le court-métrage de Disney, Le Noël de Mickey (1983)


Michael Caine dans le sympathique Noël chez les Muppets, de Brian Henson, fils de Jim (1992)
Nous en parlions même pour Bill Murray dans Un Jour sans fin. Mais on va pas tous les citer: on ne compte plus les Monsieur Scrooge au cinéma
Ce succès date de… 1843.
Depuis la fin du 19ème, les fantômes de Dickens hantent nos maisons à chaque Réveillon pour qu’un vieil avare devienne un brave type.
Dans un roman victorien, on a deux possibilités: le méchant qui devient gentil (Scrooge) ou le gentil qui devient méchant. C’est le cas de Dorian Gray dans le roman d’Oscar Wilde.

Comédie ratée

L’idée de départ du film sent donc le déjà vu à plein nez: Henry, quinqua acariâtre, apprend qu’il est mourant et décide de s’amender. Scrooge avait une nuit. Henry Altmann a une demi-heure.
Tout ça parce que Shannon Gill jeune médecin (ravissante Mila Kunis) excédée face à son patient colérique, lui annonce qu’il lui reste 90 minutes à vivre.
Cela aurait pu donner lieu à une course effrénée et jubilatoire dans New York City.
Hélas, au lieu d’être rythmé, le film est brouillon et irritant. Il n’y a guère qu’une ou deux blagues juives et Peter Dinklage (inoubliable Tyrion Lannister dans Game of Thrones) pour nous consoler d’avoir payé dix euros la place.
Henry Altmann, dans le film, est son propre narrateur. Le point de vue change de temps à autre, et l’on entend aussi Mila Kunis raconter sa propre histoire, dans une réalisation balourde.
Truffaut utilisait aussi une voix narrative en off, et Pascale Ferran a repris le principe dans son charmant Bird People. Mais ici, on est loin de Truffaut. On se rapproche davantage d’une autre comédie ratée, L’Incroyable destin de Harold Crick. Dans le film de Mark Forster, la voix narrative est celle d’Emma Thompson, et Harold est une autre variante de Monsieur Scrooge. 
Scrooge apprend la générosité, Harold Crick à aimer une femme, et Henry Altmann à se réconcilier avec son fils. 
Attention, suspense: va-t-il réussir ?
D’accord, pas d’accord avec l’article ? Dites-le en commentaire !

À lire aussi: ROBIN WILLIAMS: L’ADIEU AU CAPITAINE

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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

2 commentaires pour l’instant

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LourinkiPublié le 9:14 - Oct 5, 2014

Si tu considères que Harold Crick est une comédie ratée, j'ai des chances d'aimer The angriest man… parce que j'avais beaucoup aimé Harold Crick 🙂 Mais en fait je n'irai pas voir ce film étant donné son pitch, trop proche de l'actualité réelle de Robin Williams… Rien que l'échange avec sa femme dans la bande-annonce, quelque chose comme "J'aimerais que tu sois mort !" / "Tu vas bientôt être contente" (si j'ai bien compris), ça me déprimerait plutôt pour la journée… Bad timing, comme disent les Américains !

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    AnonymePublié le 12:02 - Juin 19, 2015

    Certains disent que ces répliques étaient des messages cachés de la part de Robin. D'ailleurs, dans World's Greatest Dad, on voit la manière dont il s'est ôté la vie…

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