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Weird City : le futur a de l’avenir

1 out of 5 stars (1 / 5)
 
 
C’est l’histoire d’un type qui a été traumatisé par Black Mirror, et qui a décidé d’en faire une comédie.
 
Vous savez quoi ? C’est raté.
 

Peele électrique

 
Jordan Peele s’est fait connaître grâce à son film d’horreur et satire politique Get Out. Depuis, il a créé une bizarrerie appelée Weird City. Quand je dis dans mon titre que le futur a de l’avenir, je pense à toutes ces dystopies qui ont poussé comme des champignons au cinéma, à la télévision et sur Netflix. Le pessimisme est apparemment vendeur. On ne compte plus le nombre de futurs alternatifs cauchemardesques que la fiction nous a proposés ces dernières années. 
 
Jordan Peele aurait tort de ne pas surfer sur la vague. Manque de bol, quand on connaît bien les dystopies et surtout Black Mirror, Weird City apparaît dans ses six épisodes comme une pâle copie de ses aînés. 
 
Prenez le premier épisode par exemple. Non, vraiment, prenez-le. Je n’en peux plus.
 
 
Si vous avez vu l’excellent épisode de Black Mirror « Hang the DJ », le pilote de Weird City va vous sembler étrangement familier.

 

Weird City : un pilote aux airs de déjà vu

 
Et si on inventait une machine qui nous permettait de trouver l’âme sœur ? Cette question se pose également dans la future série d’Arte Osmosis. Cette question, apparemment, est dans l’air du temps. 
 
Seulement voilà, Weird City n’apporte rien de neuf à cette idée qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. Comme pour « Hang The DJ », « The One » est un épisode en happy end. La seule petite originalité de l’épisode, c’est qu’il s’agit d’un couple homosexuel.
 
L’ordinateur de La Nuit des temps de Barjavel dans les années 60 trouvait déjà l’âme sœur de ses utilisateurs.
 
 
 
 
 
Le vendeur blond de l’appli dans « The One » et son enthousiasme effrayant rappelle l’esthétique de Mr Nobody, où un présentateur télé se réjouit de la mort prochaine de l’homme le plus vieux du monde. Il ressemble aux autres présentateurs hystériques de dystopie, notamment la nana survoltée de Battle royale.
 
 

Weird City aimerait imiter l’ironie publicitaire de Six Feet Under, mais là encore, c’est raté.
 
 

 
Quant aux « therapy vendor machines », sortes de psy en libre service, ils sont directement inspirés de THX 1138, premier film de George Lucas, sorti en 1971.
 

 
Dans ce pilote de Weird City, quel ennui ! On s’attache vaguement au couple mais sans y croire réellement. On attend paresseusement la fin de l’épisode en espérant que le deuxième nous offre une trame plus intéressante.
 

Famille, je vous hais 

 
Que nenni. Et pourtant, dieu sait que je suis fan de Michael Cera depuis Juno. Dans l’épisode « A Family » qui devrait nous proposer une réflexion intéressante sur la solitude dans notre société hyper connectée, on découvre Michael Cera en nerd solitaire.
 
Pour se faire des amis à tout prix, il s’inscrit dans une salle de sport où personne ne veut de lui.
 
 
Et c’est à peu près tout. L’épisode vire très vite au burlesque, ou plutôt au grotesque.
 

Une série forte en emojis

 
Moi, en bonne fan de dystopie, j’ai voulu aller plus loin. L’épisode 3, « Go to College », hélas, est tout simplement consternant.
 
Vous saviez qu’on pouvait faire un bébé en envoyant un emoji par texto ? Cet épisode palpitant de Weird City vous dira comment.
 
 
Trêve de bla-bla. Ne pas baiser, en dystopie, on connaît bien. Dans 1984, Orwell nous dit carrément que le sexe est l’ennemi du pouvoir en place.
 
 
Dans la fac futuriste de « Go to College », l’héroïne tombe sur des machines récalcitrantes qui ne comprennent rien à ce qu’elle demande. Ce passage peut être rapproché de « Rm9sbG93ZXJz », l’épisode muet de X-Files, où Mulder et Scully se retrouvent aux prises avec des machines en pleine révolte.
 
 

 
Le quatrième épisode de Weird City présente justement une maison un peu trop intelligente pour ses habitantes (admirez la fluidité de la transition.)
 

 

Smart House, une maison qui vous veut du mal

Dans Smart House, donc, un gentil couple de lesbiennes se retrouve victime d’une maison connectée qui se vexe facilement. 
 
Tout le long de l’épisode, j’ai pensé à un épisode amusant – l’un des rares, justement, à être humoristique – dans la série légendaire La Quatrième dimension. Dans cet épisode, un homme était poursuivi par ses appareils ménagers. Il s’agissait d’une variante sympathique de La Révolte des robots d’Isaac Asimov.
 

Mais Smart House ne va pas plus loin que son idée de départ.

 

Adopte un pauvre

Jordan Peele ne se contente pas de nous parler machines. Une dystopie parle avant tout des hommes et des femmes qui, bien souvent, se révèlent impuissants dans une société qui les dépasse… Ah non, ça c’est Brooker qui en parle dans Black Mirror.
 
Dans ce cas, est-ce que Jordan Peele nous parle société ? À peine.
 
Souvent, en dystopie, le fossé riches-pauvres est flagrant. C’est le cas dans Hunger Games, où les riches du Capitole mangent plus qu’il n’en faut, tandis que les pauvres meurent de faim dans les districts. Idem dans Weird City. Riches et pauvres sont séparés par une frontière appelée « The Line. » Au-dessus de la ligne vivent les riches, et en-dessous, les pauvres.
 
Dans l’épisode 5 de Weird City, une bande de zigotos décide d’adopter un pauvre. Parce que c’est bien, d’adopter un pauvre.
 
Peele pourrait en faire quelque chose d’instructif ? Pas du tout. Pourquoi se prendre la tête quand toutes les dystopies sont si regardées ? À quoi bon faire le moindre effort pour écrire un scénario intelligent, ou qui tienne seulement la route ?
 
Je me contente du pitch de cet épisode car la fin s’avère sans conséquences. Contrairement à la fin des épisodes de Black Mirror, marquantes au point de traumatiser le spectateur, la fin des épisodes de Weird City est vite vue et vite oubliée.
 

 

On peut éviter Weird City

 
Le dernier épisode ne fait pas exception. Même si la réflexion méta fait sourire dans les premières minutes, ces deux personnages, encore une fois, n’ont rien de mémorable. Malgré les références appuyées à d’autres séries bien meilleures comme La Quatrième dimension ou Hôpital St Elsewhere, Jordan Peele n’arrive pas à la cheville de ses modèles. Et ce n’est pas la première fois.
 
Bref, vous pouvez largement éviter cette mauvaise série qui se contente de surfer sur la mode des dystopies en ne proposant rien d’original. 
 
Le pire, c’est que Jordan Peele s’occupe du reboot de La Quatrième dimension. Et maintenant j’ai peur.
 
 
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