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Veronica Mars, saison 4 : Et ça repart !

4 out of 5 stars (4 / 5)

La saison 4 de Veronica Mars est diffusée sur la plateforme Hulu. Elle arrive 12 ans après la fin de la saison 3, et 6 ans après le film. Revival très attendu par ses fans (qui se surnomment « Marshmallows »), la série a-t-elle réussi son retour ? On en parle dans cette vidéo (transcript ci-dessous)

 

Transcript :

Dans cette saison 4, Veronica Mars enquête sur une série d’explosions criminelles. Sans jeu de mots, cette saison, c’est de la bombe !

Ça fait 12 ans que tous les marshmallows de la planète l’attendaient : les 8 épisodes de la saison 4 de Veronica Mars sont enfin sortis sur Hulu. 

6 ans après les événements du film, Veronica Mars et son père Keith sont toujours aux riches de Neptune ce que Christian Clavier est à la comédie française : son pire cauchemar. Logan et Veronica sont toujours ensemble. Quand plusieurs bombes explosent durant le spring break, les Mars traquent le poseur de bombes, dévoilant au passage les plus horribles secrets de la ville de Neptune.

J’adore Veronica Mars, une des séries les plus futées des années 2000. Veronica est forte et complexe, les scénarios sont très malins, les seconds rôles solides, les dialogues claquent. Mais à l’orée de cette nouvelle saison, on pouvait se poser quelques questions.

 

L’ADN de Veronica Mars

Le succès de Veronica Mars tient à son mélange de série ado et de film noir. Mais en 2019, Veronica a 36 ans, donc le côté ado on peut l’oublier.

Ensuite, Veronica Mars a toujours suivi une structure modulaire, c’est-à-dire : 1 épisode = 1 enquête bouclée. En même temps, il y a un feuilleton qui court sur plusieurs épisodes, voire toute une saison. Là, la saison 4 est un pur feuilleton, avec 8 épisodes qui s’enchaînent pour former une seule enquête. Donc, cette saison 4, elle vaut vraiment le coup ?

Davantage que le côté ado, le principal intérêt de Veronica Mars est de proposer une héroïne en guerre contre une ville symbolisant toutes les tares : la corruption, les violences sexuelles, le mépris de classe. Les 64 épisodes des 3 premières saisons décrivaient Neptune comme un microcosme négatif de notre monde. Veronica Mars reprend un procédé qu’on a déjà vu dans Young Americans, le spin-off de Dawson : prendre un adolescent middle-class et le projeter dans la caste des riches. C’était d’ailleurs aussi le procédé de Newport Beach.

 

Saison 4 de Veronica Mars : plus virulente que jamais

The CW diffusa Veronica Mars à la même période que The Wire sur HBO. Veronica Mars partage avec The Wire une vision pessimiste de notre monde via la description une ville. Bon, le traitement est très différent mais la démarche est la même.

Et côté pourritures, cette saison 4 en regorge de vertes et des pas mûres. Dès la première scène, Veronica gère une cliente qui symbolise tout le mépris de classe des riches. Ensuite des stars qui aiment un peu trop les mineures, les yuppies coincés qui veulent être cool et qui sont juste pathétiques, des ordures nationalistes, les violences faites aux femmes, sujet omniprésent depuis le début de la série, Weevil, qu’on avait quitté dans le film heureux et stable, a tout perdu à cause du racisme purulent dont il a été victime, l’occasion pour Thomas de se la jouer Pierre Bourdieu. Avec tout un discours sur la reproduction des élites, qui sont presque toujours des WASP,  des blancs, et rarement des minorités. Parler des laissés-pour-compte d’un milieu est un thème récurrent chez Rob Thomas. C’était même le sujet de sa série Party Down.

Non, en saison 4, Neptune est plus pourri que jamais, et les Mars n’y peuvent rien. La seule amélioration est qu’après les infâmes Lamb, on a enfin une cheffe de la police compétente, mais un peu dépassée.

Beaucoup de revivals se cassent le nez en ce moment. Mais la base de Veronica Mars est intemporelle. 12 ans après, cela fonctionne toujours autant.

 

Veronica Mars : une saison 4 plus sombre

Ensuite, l’histoire. Est-ce qu’elle vaut le coup ? Bon Dieu, OUI ! L’enquête est superbe. Cette saison 4 et surtout les deux derniers épisodes, nous canonnent de twists incroyables. On retrouve aussi les dialogues piquants, la critique sociale, le fan service amusant et jamais lourd. Cette saison est très réussie. Mais elle surprend par une plus grande noirceur.

On se souvient de Veronica Mars comme une série maligne, légère, très ado… et on oublie que les trauma d’adolescente de Veronica, plus la fréquentation d’une ville pourrie de partout l’ont rendue plus dure, plus misanthrope. C’était déjà le cas dans les premières saisons, mais ici, elle atteint des sommets de cynisme.

Beaucoup de fans se plaignent de ne plus reconnaître leur « Veronica », mais bon sang. Veronica vit dans une ville pourrie jusqu’à la moelle, vous vous attendiez à ce qu’elle soit plus apaisée, plus sympa ? Quand vous vivez longtemps dans un lieu à désespérer de l’humanité, oui, on devient amer, aigri. On peut ne pas aimer cette orientation du personnage, mais elle est logique. Dans les trois premières saisons, Veronica était déjà un personnage amer.

Et c’est là que j’en viens au point le plus délicat : la fin de la saison. Je ne vais pas vous la spoiler, mais je vais vous dire pourquoi contrairement aux fans, je suis plus mitigé que furieux.

 

Le retour du syndrome Bonanza

Le problème de la fin est qu’elle tombe dans un vieux cliché de scénariste qui existe depuis 60 ans, et que pas mal d’auteurs aujourd’hui ne sont toujours pas foutus d’éviter. C’est ce qu’on appelle le « syndrome Bonanza ».  Pour faire court, le syndrome Bonanza repose sur la croyance qu’un héros fort ne peut pas être heureux. Et ça, c’est du bullshit, du caca de taureau. Pourtant, il existe plein d’hommes et de femmes fortes qui vivent une vie heureuse. Rob Thomas l’a même avoué dans une interview récente, il pense que rendre ses personnages heureux ne ferait pas de bien à l’histoire. Oui cette fin joue trop la surenchère dans la noirceur, mais elle est quand même logique.

Dans l’univers de Veronica Mars, le bien ne triomphe pas toujours. Rappelez-vous des Fitzpatrick, les mafiosi irlandais de Neptune. Veronica a tenté plusieurs fois de les arrêter, y compris dans le finale de la saison 3, mais elle n’y est jamais arrivée. Surtout, on a vu que Neptune devenait de pire en pire alors même que Veronica enchaînait les victoires. Et dans un monde aussi pourri, amer, que celui de Veronica Mars, cette fin est logique.

Ce qui est problématique, c’est que Rob Thomas fait cette fin pour des mauvaises raisons : de croire que ses personnages n’ont pas le droit d’être heureux. Pour un écrivain aussi doué que lui, c’est une erreur difficile à avaler.

 

Une nouvelle saison palpitante

Dans la saison 4 de Veronica Mars, on retrouve tout ce qui fait le charme de la série, avec une enquête palpitante. Mais attendez-vous à plus de noirceur. Après tout, cette saison est dans la droite ligne des trois précédentes. C’est l’histoire de personnages qui ont vu leurs illusions brisées par un monde cruel, et qui ne s’en sont jamais vraiment remis. Et ça, c’est quelque chose que l’on peut comprendre à tout âge.

 

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