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STAR WARS VIII, LES DERNIERS JEDI : LUKE SKYWALKER FAIT UN RETOUR EN FORCE

3 out of 5 stars (3 / 5)
Par Clément
Alors que le Premier Ordre étend son ombre dans toute la galaxie, La Résistance continue de lutter. Rassemblée dans le vaisseau de son amirale Leia Organa (Carrie Fisher), elle tente d’échapper au Général Hux (Domhnall Gleeson). Hux possède un traqueur qui permet de poursuivre la Résistance partout. Piloté par Leia et sa vice-amirale Holdo (Laura Dern), le vaisseau sera à court de carburant tôt ou tard, synonyme de destruction sous le feu du Suprême Leader Snoke (Andy Serkis).
L'Empereur Snoke (Andy Serkis) dans Star Wars 8, Les Derniers Jedi, de Rian Johnson (2017)
Le Suprême Leader Snoke (Andy Serkis) dans Star Wars 8, Les Derniers Jedi, de Rian Johnson (2017)
Sur une idée du bouillant commandant Poe (Oscar Isaac), Finn (John Boyega), une technicienne du nom de Rose (Kelly Marie Tran), et BB8, partent en mission pour désactiver le traqueur.
Pendant ce temps, Rey (Daisy Ridley) se heurte au refus de Luke Skywalker (Mark Hamill) de l’entraîner, ce dernier ne voulant plus entendre parler des Jedi. Mais le temps presse, et Kylo Ren (Adam Driver) tente d’attirer Rey en pensée vers le côté obscur…

Un Star Wars qui porte la trace de son réalisateur

Quand on travaille pour LucasFilm et Disney, votre marge de manœuvre est limitée. Mais à regarder la filmographie de Rian Johnson, on comprend le choix de la productrice Kathleen Kennedy.

Rian Johnson, scénariste et réalisateur de Star Wars 8, Les Derniers Jedi
Rian Johnson, scénariste et réalisateur de Star Wars 8, Les Derniers Jedi

Brick, le premier film de Rian Johnson, s’amusait à reprendre les codes des romans noirs des années 40 et 50. Sur ces bases anciennes, Johnson dynamisait son propos par une mise en scène habile et fastueuse. Dans Looper, il traitait simplement la boucle causale, sujet très rebattu du voyage temporel depuis La Jetée de Chris Marker et son faux remake L’armée des 12 singes (Terry Gilliam). Mais c’est grâce au lien entre le héros et son double vieilli, et une réalisation très riche, que le film marchait.

Bruce Willis et Joseph Gordon-Levitt dans Looper de Rian Johnson (2012)
Bruce Willis et Joseph Gordon-Levitt dans Looper de Rian Johnson (2012)

Dans Breaking Bad, il transformait un médiocre huis clos (La mouche, 3.10) en démonstration de virtuosité. Et avec le culte Ozymandias (5.13), il élevait à des hauteurs vertigineuses un script qui reprenait les codes de la tragédie antique, scènes-chocs en sus.

Extrait de l’épisode Ozymandias (5.13) de la série Breaking Bad, réalisé par Rian Johnson (2013)

Scénario sans complexités, codes rehaussés par une mise en scène virtuose, attachement aux personnages plus qu’à l’histoire… Rian Johnson était un réalisateur rêvé pour Star Wars 8, les derniers jedi. L’action chez lui s’appuie plus sur les personnages que le scénario.

Star Wars : l’impossible dépassement du mythe

Claude Levi-Strauss, dans La Structure des Mythes, avait démontré qu’il n’existe pas de « bonne » version de mythe, mais que toutes ses versions se valent. Peu importe les différences entre les versions, un mythe donne toujours naissance à des versions similaires dans le fond et la forme. Nous touchons là à la force et la limite de la saga de Lucas, condamnée à chaque trilogie à adopter le même schéma mythologique, car c’est ainsi qu’un mythe se créé et se conserve.

George Lucas, créateur de la saga Star Wars
La première trilogie est une version d’un mythe connu, le récit initiatique de héros imparfaits en quête de pureté. Lucas s’est nourri des lectures de Joseph Campbell et son fameux Héros aux mille visages. La prélogie, bien qu’imparfaite, avait l’idée de raconter un récit d’initiation perverti. Un padawan faible mais pur (l’innocent enfant Anakin) cheminait vers son accomplissement ténébreux (Dark Vador). Mais cela restait le même schéma.
Alors, pourquoi s’étonner que la troisième trilogie reprenne les mêmes codes que les deux suivantes ? Le principal changement réside dans le budget et les avancées technologiques. Ce sera sûrement le cas lors de la quatrième trilogie.
Star Wars X
Est-ce vraiment une bonne nouvelle ?

Un héritage écrasant

Le talent d’auteur de Johnson, pour respecter le mythe, est étouffé par les trilogies précédentes. Pour que le mythe Star Wars perdure, il doit rester fidèle à la même histoire. Si le VII confirmait les thèses de Levi-Strauss en étant une copie conforme du IV, Star Wars 8, les derniers jedi persiste en étant un condensé des histoires du V (l’entraînement padawan-maître sur une planète perdue), du VI (le duel à trois Rey-Kylo-Snoke reprend le duel Luke-Vador-Palpatine), mais aussi de la prélogie avec Kylo, qui suit la même progression qu’Anakin. Snoke et Palpatine sont semblables, la force non maîtrisée de Rey est celle de Luke dans le V…

Rey (Daisy Ridley) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Rey (Daisy Ridley) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Rogue One était parvenu à se dégager de cet héritage. Son statut de spin-off, et surtout de film de guerre, plus rude et sombre que la saga originale, en faisait une pleine réussite. Émulé par ce succès, Johnson décide donc de reprendre les codes du film de guerre… mais ce n’est pas ce qu’est la saga principale. La création de George Lucas est épique, mais ne s’inscrit pas dans la tonalité plus noire du film de guerre. Cette volonté de Johnson est battue en brèche par la mise en scène qui vient constamment nous rappeler la vraie identité de la saga, d’où un entre-deux frustrant. Pourtant, Poe le commandant rebelle et l’inflexible Hondo sont de bonnes figures guerrières.

La vice-amirale Amilyn Holdo (Laura Dern) dans Star Wars 8, les derniers jedi
La vice-amirale Amilyn Holdo (Laura Dern) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Johnson n’a aucune chance d’échapper au prévisible, les trois quarts du film se devinent à l’avance. Jusqu’à un dernier acte, mis sur orbite par trois twists consécutifs (d’une manière très similaire à l’écriture de J.J.Abrams, période Alias), plus un quatrième plus loin. Là, nous voyons enfin la touche personnelle de Johnson dans le scénario. La com’ autour de l’humour du film, soi-disant le plus drôle de la saga, me paraît toutefois exagérée. Par contre, Williams retrouve des couleurs après sa BO assez atone dans le VII.


Le crépuscule d’une idole ?

Si Rey était notre guide dans le VII, Star Wars 8, les derniers jedi est l’heure de gloire de Luke Skywalker. Certes, on l’aime d’amour depuis le IV, mais Luke, héros pur, incarné par un acteur loin d’être marquant, n’était pas la figure la plus intéressante de la saga.

uke Skywalker (Mark Hamill) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Luke Skywalker (Mark Hamill) dans Star Wars 8, les derniers jedi

C’est donc avec une audace époustouflante que Johnson va révéler la part obscure de Luke. Son pêché d’orgueil, son désir de destruction du passé, se reflètent ironiquement dans le comportement de Kylo dans ce film. La confrontation finale est sans doute l’une des plus grandes scènes de la saga, pas en termes d’action mais d’émotion, où Mark Hamill nous sort le grand jeu. Ce zénith émotionnel n’est qu’un des morceaux de bravoure du film. Luke est bien l’atout maître de Star Wars 8, les derniers jedi.

Rey (Daisy Ridley) et Luke Skywalker (Mark Hamill) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Rey (Daisy Ridley) et Luke Skywalker (Mark Hamill) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Un épisode plus centré sur les personnages

Rey est logiquement en retrait (Daisy Ridley n’est d’ailleurs pas aussi marquante que dans le VII). Adam Driver, comédien de cinéma d’auteur, avait des difficultés dans le VII à rentrer dans le costume trop grand de Kylo. L’écriture plus « character-driven » de Johnson lui permet de mieux exprimer les tourments intérieurs de Kylo. Star Wars 8, les derniers jedi développe plus le suspense concernant les actions de Kylo. Il ne réalise qu’au fur et à mesure son destin, en même temps que le spectateur, qui guette ses réactions. Quand Vador était un génie du mal, Kylo est porté par un nihilisme absolu et semble-t-il sans espoir.

Kylo Ren (Adam Driver) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Kylo Ren (Adam Driver) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Bien sûr, on ne peut oublier l’immortelle Leia, et la fabuleuse Carrie Fisher, qui nous a quittés fin 2016. Leia nous émeut et nous ravit toujours dans Star Wars 8, les derniers jedi. Elle manquera dans le IX. Le générique de fin lui rend hommage.

La Princesse Leia Organa (Carrie Fisher) dans Star Wars 8, les derniers jedi
La Princesse Leia Organa (Carrie Fisher) dans Star Wars 8, les derniers jedi

BB8 est fidèle au poste, donnant de sa personne comme jamais. Les mignons Porg sont bien partis pour être les successeurs des Ewoks, mais demeurent à la périphérie. Leurs apparitions, soigneusement calculées, provoquent rire et attendrissement. On les a comparés aux Totoros de Mon voisin Totoro de Miyazaki. Ils m’ont surtout rappellé le Chat Potté de Shrek dans leur manière d’ouvrir des grands yeux à faire fondre le coeur de n’importe qui.

Porg dans Star Wars 8
T’as de beaux yeux, tu sais ?
Côté fan service, quelques figures tutélaires apparaissent, sans parasiter le récit. Souvent avec humour.

Morceaux de bravoure

Si le Rian Johnson scénariste ne peut grand-chose, le réalisateur vient à la rescousse, mais pas de la manière attendue. Star Wars 8, les derniers jedi est sans doute le plus sobre des Star Wars côté action. Les combats sont peu présents, tout se joue sur le suspense des trois arcs principaux. Sa réalisation toute en fluidité, son montage tranquille, sont à rebours de la débauche visuelle parfois vaine du VII et de la prélogie, au risque d’être dans l’excès inverse.

Finn (John Boyega) et Captain Phasma (Gwendoline Christie) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Certains plans sont superbes, comme le travelling compensé du gouffre du côté obscur, venant du Vertigo d’Hitchcock, le travelling avant dans la scène du casino, qui rejoint ceux de Panic Room de Fincher, ou les reflets infinis de Rey dans la caverne de l’île. Rian Johnson est un redoutable technicien, aussi virtuose qu’Abrams, tout en renonçant à son emphase visuelle, parfois creuse.

Quand il faut faire des courses-poursuites un poil fêlées ou des missions-suicides, il fait le job. On retiendra certaines séquences-chocs qui sont comme autant de coups d’échecs : coup de desperado, sacrifice de déviation, gambit, voire un swindle en deux temps de Luke (qui a déclenché un immense éclat de rire dans la salle, suivi de deux salves d’applaudissements)… Sur l’échiquier galactique, chaque coup fait pencher la balance. Star Wars 8, les derniers jedi est autant un récit épique qu’un film à suspense, rejoignant les premiers essais de Johnson.

Finn (John Boyega) et Rose Tico (Kelly Marie Tran) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Finn (John Boyega) et Rose Tico (Kelly Marie Tran) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Un huitième volet digne

Star Wars 8, les derniers jedi frappe de plein fouet les limites narratives de la saga. Mais en lui-même, ce blockbuster sobre et en tension constante, est une superbe réussite technique et émotionnelle. Certes loin de la première trilogie, il marque une amélioration évidente par rapport au Réveil de la Force.

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ROGUE ONE, A STAR WARS STORY : L’ARMÉE DES OMBRES

Par Clément
À quoi reconnaît-on une bonne série dérivée ? Elle explore le même univers que la série originale, mais elle le fait avec un ton, un style, une écriture bien à elle. Les sept films sortis à ce jour de la franchise Star Wars, malgré une qualité fluctuante, impriment une tonalité épique extraordinaire, que George Lucas a acquise en bon lecteur de Joseph Campbell (grand mythologue, auteur du classique Héros aux mille et un visages.)
Globalement, l’épopée s’inscrit dans une tradition optimiste de l’héroïsme : Luke Skywalker et Leia Organa sont des héros positifs, Han Solo dépasse son statut d’antihéros pour devenir héros tout court, quant à Jar Jar Binks… 
Mais je m’égare. Si Anakin trouble le tableau dans la prélogie car du côté obscur il tombe, les héros du bon côté de la Force (Obi-Wan Kenobi, Yoda, Mace Windu…) restent des justes.

Un côté plus obscur de Star Wars

Ce qui étonne dans Rogue One (et c’est sans doute la clé de son succès) c’est sa tonalité, bien plus sombre. Ce film se déroule entre les épisodes III et IV, et narre comment la Rébellion entra en possession des plans de l’Étoile de la Mort, comme le générique du IV le décrivait. 
Voici les héros du jour : une délinquante, un mercenaire, un assassin, un guerrier spirituel ange exterminateur, un pilote couard, et un rebelle. Voici la Résistance : un amas de factions se tirant dans les pattes, incapables de s’unir, sabotant leurs propres efforts. La scène où Jyn échoue à convaincre l’Alliance est révélatrice de ces impasses politiques. Comme si, avant de parvenir à une certaine harmonie, l’Alliance avait dû traverser de longues périodes de doutes et de défiance.
Felicity Jones est Jyn Erso dans Rogue One, a Star Wars Story
Felicity Jones est Jyn Erso dans Rogue One, a Star Wars Story
Cette image d’une Résistance amère rappelle L’armée des ombres (1969), chef-d’œuvre noir réalisé par Jean-Pierre Melville qui démythifiait l’image rassurante d’une Résistance idéalisée. Ces hommes et ces femmes employaient des méthodes peu glorieuses, et se trouvaient souvent en désaccord. La peur, l’ennui, la mort et la trahison régnaient. Rogue One est étonnamment noir pour un blockbuster, estampillé « Disney. »

Rogue One évoque aussi L’Invasion secrète de Roger Corman (1964) pour ses antihéros devenus acteurs de la guerre. Ce thème sera repris trois ans plus tard dans Les Douze salopards d’Aldrich.

Le sacrifice de l’Alliance peut aussi rappeler Les 7 Samouraïs de Kurosawa.
Les 7 samouraïs, de Kurosawa
En effet, les personnages de Rogue One acceptent une mission-suicide, attachés qu’ils sont à une cause perdue. 

Gareth Edwards sur le pied de guerre

Certes, Disney a eu son mot à dire, et la violence des héros de Rogue One est finalement édulcorée, l’un des défauts du film étant une psychologie assez rudimentaire. On salue néanmoins l’effort de Gareth Edwards qui voulait un film de guerre. Ce sont des hommes et femmes ordinaires, bien moins puissants que les Jedi (rigoureusement absents ici.)
Dark Vador fait une apparition dans Rogue One, a Star Wars Story
Dark Vador fait une apparition dans Rogue One, a Star Wars Story
Ce ton grave est parfois allégé par les plaisanteries récurrentes de K-2SO, héritier de C3PO. 
K-2SO, le robot, pardon, l'androïde, dans Rogue One, a Star Wars Story, de  Gareth Edwards (2016)
K-2SO, le robot, pardon, l’androïde, dans Rogue One, a Star Wars Story, de  Gareth Edwards (2016)

K-2SO est plus extrême dans le sens où il n’ouvre la bouche que pour lâcher, pince-sans-rire, des prévisions pessimistes : sa manie de toujours voir le pire scénario possible le rattache à Marvin, le célèbre androïde maniaco-dépressif d’H2G2 : Le guide du voyageur galactique (2005) réalisé par Garth Jennings d’après la pentalogie loufoque de Douglas Adams.
Beaucoup ont regretté la ressemblance entre Jyn Erso et Rey de Star Wars VII : dans les deux cas, le film est conduit par une jeune fille pugnace, marquée par le souvenir d’un père écrasant. Mais là où Rey possède une fougue lumineuse, celle de Jyn est plus ténébreuse : sa mission est beaucoup plus risquée. Jyn est le miroir de Rey, en plus sombre.
La mission-suicide a de l’avenir au cinéma, comme en témoigne le succès de Suicide Squad

Un film trépidant

Gareth Edwards, dont c’est seulement le troisième long métrage, parvient à imprimer un rythme trépidant à Rogue One. Les quelques faiblesses de tempo de l’exposition, laborieuse, sont compensés par plusieurs déflagrations d’action qui retiennent l’attention. La récompense arrive lors de la grande bataille de Scarif, qui rejoint les moments les plus épiques de la saga originale: les batailles aériennes, les fusillades nourries, les héros et stormtroopers tombant par grappes, les péripéties à grande vitesse, le suspense cravaché… Tout cela est luxueusement filmé, et admirablement monté. Edwards n’a rien à envier, question technique, à J.J.Abrams ou George Lucas. On trouve bien quelques « américanismes, » comme le discours de l’héroïne pour galvaniser ses troupes, ou les sacrifices à la pelle, mais l’ensemble reste convaincant.

Le retour de deux méchants mémorables

Rogue One réussit ses « innovations »: il s’appuie sur les fondamentaux, en convoquant deux des méchants les plus mémorables de la saga. 
Edwards utilise finement le budget octroyé pour « ressusciter » Peter Cushing, le Grand Moff Tarkin, grâce à des CGI de qualité.
Peter Cushing dans le rôle du Grand Moff Tarkin
Peter Cushing dans le rôle du Grand Moff Tarkin
C’est un plaisir de retrouver ce méchant redoutable qui avait tant apporté à Star Wars IV. Émotion surtout de retrouver Dark Vador, avec son sadisme froid sous son calme olympien, sa voix terrifiante (même si James Earl Jones n’est plus tout jeune.) Il demeure à la fois tête pensante et impitoyable nettoyeur (petite larme à l’œil quand il dégaine son fameux sabre rouge, comme au bon vieux temps – effet nostalgie assuré). 

Un antagoniste trop faible 

Là encore, le film balance habilement entre individuation et hommages. Le revers est que, écrasé par ces personnages d’anthologie, le vilain créé pour le film, Orson Krennic, paraît bien pâle. Il est représentatif du défaut du film : une faible caractérisation. Cela dit, Ben Mendelsohn met tant de conviction dans son rôle qu’il parvient à le rendre efficace. Cela ne l’empêche pas de tomber dans un cliché raillé dès 1966 par Sergio Leone dans son Le bon, la brute, et le truand : le fameux « Quand on tire, on raconte pas sa vie ! ». 
Ben Mendelsohn en Orson Krennic dans Rogue One, a Star Wars Story
Ben Mendelsohn en Orson Krennic dans Rogue One, a Star Wars Story
En tous cas, il s’en sort mieux que le succédané de Dark Vador dans Star Wars VII (défendu difficilement par Adam Driver, peut-être plus à l’aise à la télévision qu’au cinéma).
Un autre écueil évité est le refus d’une histoire d’amour. Dans les deux premières trilogies, Star Wars mettait en scène un couple charismatique (Han et Leia, Anakin et Padmé). Ici, Jyn et Cassian sont des compagnons au sens premier du terme : sans influence amoureuse, ils se soutiennent, se relaient, s’étreignent (chastement) pour faire face au danger. Malheureusement, la sécheresse des personnages, et le manque de liens entre eux, atténuent cette réussite. Même si la galerie de portraits est diversifiée, il y a peu de chances que l’on s’identifie à eux avec la même force que pour les héros de la trilogie originale. Même Mads Mikkelsen, dans un rôle-clé, n’a pas grand-chose à défendre.
Mads Mikkelsen en Galen Erso dans Rogue One, a Star Wars Story
Mads Mikkelsen en Galen Erso dans Rogue One, a Star Wars Story

Carrie Fisher, éternelle Leia

Rogue One offre aussi un fan service régulier, mais jamais envahissant. Gareth Edwards parvient à trouver un juste équilibre entre individuation de ce spin-off les clins-d’œil à la série originale. 
Quelques citations cultes se font entendre. Parmi les personnages les plus connus, C3PO et R2D2 font un caméo. Surtout, les dernières images de Rogue One montrent la princesse Leia en images de synthèse. Carrie Fisher, qui vient de disparaître, restera pour toujours le courageux général d’une des sagas les plus aimées au monde, l’un des premiers personnages féminins de films de SF à briller par son courage et sa détermination. 
Leia, la princesse qui devint générale des armées
Leia, la princesse qui devint générale des armées
Leia a en effet été l’inpiration d’autres héroïnes courageuses : Rey et Jyn, cela va de soi, mais aussi d’autres héroïnes de grandes sagas récentes, notamment Katniss dans The Hunger Games.

Rogue One remplit le contrat Star Wars, mais fait du neuf avec du vieux

Michael Giacchino, l’un des meilleurs compositeurs contemporains, réussit le difficile exploit de se réapproprier le style de John Williams : entre plusieurs références au maître, il fait entendre une musique très riche en mélodies, aux grands tutti cuivrés, au tempo dionysiaque, bien plus dynamique que la BO du VII, où Williams s’était montré singulièrement atone.
En dépit de personnages trop mécaniques, Rogue One : A Star Wars Story remplit son contrat : avec son parti pris sombre, Gareth Edwards pose un regard neuf sur l’univers de George Lucas, au moment même où le futur de la franchise reste douteux. Le septième épisode était en effet apparu comme un remake pâlot du quatrième. Rian Johnson, scénariste/réalisateur de Star Wars VIII, (qui apparaît d’ailleurs dans le film comme l’un des stormtroopers) s’inspirera-t-il de ce qui pourrait résumer le succès de Rogue One : faire du neuf avec du vieux ?
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