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Affiche de Bonding, série Netflix original (2019)

Bonding : l’anti 50 Nuances de Grey

4 out of 5 stars (4 / 5)

Bonding, sortie sur Netflix, est une épatante série. Bien loin des délires douteux de 50 Nuances de Grey, elle se sert du BDSM pour raconter avant tout une belle histoire d’amitié. Découvrez pourquoi il faut regarder cette série très courte (7×15 minutes, soit la durée d’un long-métrage) mais très réussie (transcript ci-dessous).

 

Transcript :

Bonjour les addicts ! Aujourd’hui, on va parler de fouets qui claquent, de tenues de cuir très cuir et autres joyeusetés coquines. Aujourd’hui on va parler de la nouvelle série Netflix : Bonding.


Bonding est une comédie dramatique en 7 épisodes de 15 minutes. Elle a été créée par l’américain Rightor Doyle. Et elle est disponible sur Netflix. Elle se binge-watch donc très facilement en moins de deux heures.

Bonding raconte comment Pete, un jeune gay, retrouve une amie d’enfance, Tiffany, dite Tiff. Comme il est au chômage, Tiff lui propose de devenir son assistant, mais un assistant bien particulier. Car si Tiff est étudiante en psychologie le jour, elle est une dominatrice la nuit. Ensemble, ils vont faire un sacré voyage, professionnel et personnel.

 

Le sexe dans les séries : prétexte à des sujets plus sérieux

Si je vous parle de cette série Netflix, c’est parce que Bonding me permet de parler d’un thème qui m’est assez cher. C’est comment les séries utilisent un thème sexuel pour pouvoir en fait parler de tout autre chose. Pour prendre la référence en la matière, Sex and the City est par exemple davantage un traité sur les relations d’amitié et d’amour qu’une série sur le sexe. La sitcom Six Sexy parle davantage de questionnements personnels, sur sa propre identité, sur son propre couple, que de sexe. Bonding ne fait pas autre chose, elle prend le sujet du BDSM, pour parler de quelque chose de bien plus intéressant. Et pour cette raison, je remercie Netflix pour avoir produit Bonding.

Déjà Bonding met un point d’honneur à réhabiliter une pratique qui a été maltraitée par le best-seller 50 nuances de Grey. En effet, dans les romans comme dans les films, le BDSM est vu comme une pratique d’un esprit pervers, obsédé sexuel, bref malsaine, opposé au sexe plus conventionnel. Or, le BDSM est une pratique sexuelle comme une autre, faite par deux personnes consentantes saines de corps et d’esprit. Tiffany n’a pas eu traumatisme à la con, ses clients non plus.

La minisérie Submission qui dépeint des pratiques plus réalistes et positives du BDSM avait aussi été produite en réponse à l’imposture de 50 Nuances de Grey. Bon, Submission n’était pas géniale, mais ça valait le coup d’essayer.

 

Bonding : contre la masculinité toxique


Surtout, cela va au-delà des coups de fouet et de la douleur. Dès 1975, avec son film Maîtresse, le réalisateur Barbet Schroeder rappelait la dimension quasi thérapeutique du BDSM. Le fait que Rightor Doyle se soit inspiré de son passé, quand il était un jeune comédien gay assistant d’une dominatrice ; ben, ça donne un cachet réaliste à l’ensemble [N.B. Bonding n’est toutefois pas fondamentalement exacte, plusieurs dominateurs et dominatrices professionnelles ont publiquement désavoué les erreurs de la série ; Bonding semble davantage une évocation qu’une peinture du milieu).

Nombre de clients qui viennent chez Tiff sont prisonniers d’une masculinité toxique. Vous savez, celle qui demande toujours plus de performances, toujours plus d’efficacité, et qui interdit l’émotion, parce que c’est censé être un truc de « femmelette ». Soumis, les clients de Tiff obtiennent une catharsis, une libération de leur vie infernale. Quand Tiff dit que la domination n’est pas faire honte, mais libère la honte, elle exprime toute l’essence du BDSM que 50 Nuances de Grey n’a jamais été capable de comprendre.

Dans un clin d’oeil très acide, il y a aussi mis en scène un quasi clone de Christian Grey qui s’imagine que le BDSM, ben c’est comme dans 50 Nuances de Grey. La violence de la scène est une réponse claire du créateur aux lubies de E.L.James, l’autrice de 50 Nuances. On peut trouver hypocrite que Netflix diffuse à la fois 50 Nuances de Grey et son antidote, mais comme Netflix vise le plus large possible public, ben, c’est un peu logique.

 

Bonding : Entre humour et discours social fort


Bonding a également une qualité que 50 Nuances de Grey n’a pas : l’humour. Bonding est hilarant, il y a des gags de vaudeville, du stand-up… après Bonding, vous n’entendrez plus la chanson « Happy Birthday to You » comme avant.

Bien sûr, Bonding ne s’arrête pas là, elle parle également d’un fléau qui est souvent tu, mais qui est pourtant très présent, qui est la misère affective voire sexuelle. Et là, Bonding trouve des accents d’une autre série très olé olé, qui est Californication. Californication est une fameuse comédie noire
sur le côté destructeur du sexe, et sur la solitude affective derrière les nuits d’orgie. La phrase de Tiff « Le sexe ruine tout », certes à replacer dans le contexte, pourrait être la devise de Californication.

Bonding brandit fièrement son féminisme, que ce soit pour défendre le métier de Tiff, ou pour appeler à une tolérance zéro envers les gros harceleurs. Au point que Bonding fait parfois penser à Sweet/Vicious, une autre série avec des femmes justicières qui règlent leur compte aux
gros harceleurs.

 

L’influence de Journal intime d’une call-girl

Mais la raison pour laquelle Bonding fonctionne très bien, c’est qu’elle marche sur les traces d’une des meilleures séries sexuelles jamais faites : Journal Intime d’une call-girl.

Journal Intime d’une call-girl est aussi une série qui se sert du sexe pour tenir entre autres un discours d’une virulence assez étonnante sur nos vies modelées par le capitalisme et le patriarcat. Les similitudes entre les deux séries sont troublantes. On retrouve une travailleuse du sexe avec son meilleur ami, leur lien, très fort, très affectueux, mais pas sans orage, fait penser au lien entre les deux héros de Journal Intime. Tiff est obligée de cacher son métier comme l’héroïne de Journal Intime d’une call-girl. Le dernier point commun entre Journal Intime d’une call-girl et Bonding, c’est son écriture parfaite du duo central.

Tiff et Pete sont adorables, ils sont mignons comme tout. Tiff, c’est une dominatrice qui a laissé son attitude control freak la dominer. Tandis que Pete est un garçon gentil, tendre, mais qui laisse sa timidité lui dicter sa vie. Ensemble, ils vont donc s’épauler, se soutenir mutuellement, et essayer d’affronter leurs propres insécurités.

 

Bonding : une série brève mais dense


Bonding ne dure qu’1h45, mais le voyage intérieur de Tiff et Pete est très dense. De plus, elle a la même morale que Journal Intime d’une call-girl : d’accepter nos différentes personnalités, essayer de n’être qu’un avec soi-même. Alors, regardez Bonding, c’est une des meilleures séries du moment, ça se binge-watch super vite, c’est drôle, c’est émouvant, et c’est un éloge à l’amitié, à la sexualité libérée, à la réconciliation avec soi-même.

 

Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

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otis asa butterfield et maeve emma mackey dans Sex Education

Sex Education : parlons peu, parlons cul

4 out of 5 stars (4 / 5)
 
Les bonnes séries adolescentes sont rares. Sex Education est de celles-là. En effet, même si je suis ravie du succès de 13 Reasons Why, qui  a sensibilisé toute une génération au sujet du harcèlement scolaire, j’ai été très peu convaincue par la réalisation de la série et le jeu des acteurs.


Côté bonnes séries ados, je n’ai découvert Angela, 15 ans que très récemment, et c’est sans doute l’une des meilleures. Cependant, elle reste très prude.
 
Sex Education a un point de départ original est amusant : Otis, 16 ans, est timide est assez mal dans sa peau. Vous me direz que c’est le cas de tous les ados, et c’est assez vrai. Mais Otis a une particularité : il vit seule avec sa mère, qui n’est autre que… sexologue.
 
Les fans de série seront servis, car la mère épatante d’Otis est incarnée par… Roulement de tambour… Gillian Anderson ! On est loin de son rôle tout en beauté froide de Scully dans X-files. Cette mère faussement délurée lui vaut un rôle magnifique.

Gillian Anderson joue Jean, la mère sexologue d'Otis dans Sex Education

Gillian Anderson joue Jean, la mère sexologue d’Otis dans Sex Education


Un précédent dans Sex and the City

 
La dernière fois que j’avais vu un tel tandem mère-fils dans une série, c’était un épisode de Sex and the City appelé « Shortcomings ».

Carrie Bradshaw (Sarah-Jessica Parker) accompagnée de Vaughn Wysel (Justin Theroux) dans l'épisode "Shortcomings de Sex and the City (1999)

Carrie Bradshaw (Sarah-Jessica Parker) accompagnée de Vaughn Wysel (Justin Theroux) dans l’épisode « Shortcomings de Sex and the City (1999)


Dans cet épisode, le compagnon de Carrie du moment, Vaughn, était écrivain, et avait une mère étonnante qui parlait sexe comme parle météo. L’homme en question, lui, en était très gêné. Connaître le nom de ses parties génitales dès que l’on sait parler ? Parler sexe à table comme on parle de sa journée de boulot ? D’aucuns diraient que c’est la preuve d’une famille ouverte d’esprit et saine. Je le crois moi-même, car je pense à ma mère à moi, qui me dit encore lorsqu’elle parle de l’acte d’amour « Faire à dada. »


C’est drôle comme les parents ont toujours du mal à parler sexe, quand c’est la chose la plus naturelle au monde. 
 
Otis est comme Vaughn dans Sex and the City, il est embarrassé par sa mère un peu trop loquace sur la chose. Mais il va en faire une force.

 Le sexe, un peu. Le couple, beaucoup

 
Quand lui et son ami Maeve se rendent compte que leurs copains de lycée ne sont pas seulement obsédés par le sexe, mais ont un besoin impérieux d’en parler, ils décident de monter une clinique clandestine où Otis prodiguerait des conseils. Il apporte son « expertise » en matière de sexe, il est vrai, mais surtout en matière de relations amoureuses. A bien y regarder, Sex and the City parlait surtout de cela : les relations de couple.
 

Otis (Asa Butterfield) est le héros de Sex Education


On verra bien-sûr dans Sex Education tous les passages obligés d’une série du genre : le bal du lycée, l’amour non rendu, la difficulté d’être gay. Mais la série va plus loin : elle transcende les clichés.
 
Tout y passe, un peu comme un traité sociologique sur la sexualité des adolescents : avortement, lesbianisme, homosexualité refoulée, problème de bandaison et d’éjaculation, et même vaginisme. La première saison de Sex Education est prometteuse. Elle est pédagogique, mais pas dans le sens mega chiant du terme. Elle va vous faire rire et vous émouvoir. Les héros ont de vrais défauts, ils sont crédibles et attachants.

Acteurs étonnants, B.O. détonnante 

Asa Butterfield s’était surtout illustré au cinéma jusqu’ici, mais c’est le rôle d’Otis dans cette nouvelle série Netflix qui, je pense, va le révéler.
 
Ajoutez à cela une bande originale fabuleuse qui va vous faire découvrir des arcanes insoupçonnées du rock. J’ai branché mon équivalent de Shazam tout le long de la série.

 

L’interprète de Maeve, est également fantastique. Emma Mackey, d’ailleurs d’origine française, crève l’écran.

Maeve (Emma Mackey) dans Sex Education

Maeve (Emma Mackey) dans Sex Education


Les seconds rôles (la brute de l’école, l’obsédée sexuelle) dépassent les archétypes à mesure que la trame avance, à part peut-être les figures de peste – Aimee en tête – qui restent très sommaires.

Une série décomplexante

 
Je ne suis plus une ado depuis un moment, mais je sens que Sex Education a le mérite de décomplexer le spectateur ou la spectatrice adolescent.e en montrant que le sexe à cet âge, c’est surtout maladroit. Comme le dit le héros de Lord of War au début du film :
 
On a aucune idée de ce qu’on fait, et de toute façon ça se termine bien trop vite.
 
Après tout, les ados font tout un fromage de leur première fois, et quand ils y sont, ils regrettent surtout de ne pas avoir mis de caleçon ou de soutien-gorge plus joli. Sex Education a le talent de remettre les choses à leur place. Sans atteindre le désenchantement du film Une Education, où l’héroïne était carrément déçu de sa première expérience sexuelle, la série montre le meilleur comme le pire.

L’Éducation sentimentale

 
Sex Education, malgré son titre tapageur, appelle surtout à la réflexion et aurait pu s’intituler L’Éducation sentimentale.
 
Alors, n’hésitez pas, regardez la série qui vous fera aimer le sexe pour de nouvelles raisons, vous faire découvrir des chansons dont vous ne connaissiez pas l’existence, et, comble de l’exploit : elle vous fera aimer ces adolescents que vous aviez envie de gifler sur les bancs du lycée.
 
Et vous, que pensez-vous de la série ? Dites-le en commentaire !

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