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Love Simon : l’amour au pied de la lettre


3 out of 5 stars (3 / 5)

Cher Simon,

Je viens de voir ton film, Love Simon, et je me dis que je n’avais pas vu plus joli sur l’adolescence depuis Juno, dont Greg Berlanti s’est sans doute inspiré (esthétique BD, BO péchue et Jennifer Garner qui se rêve en mère parfaite.)

Je voulais te dire une chose toute simple :

Gay, c’est ce que tu es, ce n’est pas qui tu es.

Tu es plein d’autres choses. Tu es le garçon sensible que les jeunes filles regretteront de ne pas avoir comme petit ami. Tu es le frère qui encourage sa soeur à cuisiner même si sa cuisine est décourageante. Tu es le lycéen sympa avec le proviseur qui en fait trop pour être aimé. Tu es le petit Américain qui, avec son sweater gris et sa bonne tête, passe inaperçu mais vaut vraiment le coup.

Tu es le type que j’aimerais croiser sur une grande roue, pour discuter et sans baiser final. Tu es mon pote. Moi aussi je me balade en pleine comédie musicale quand je suis de bonne humeur. C’est un running gag dans les rom-com.

Y compris celles qui foutent la honte.
 
 

Perso, c’est « I Feel Pretty » qui me trotte dans la tête quand je suis amoureuse.



Tu es celui à qui j’aurais aimé dire, à 17 ans, qu’une certaine Diana, en m’embrassant sur la joue, m’avait fait imaginer tout autre chose. Que je suis devenue prof, puis communicante, quand vraiment je ne sais et n’aime faire qu’une seule chose : écrire.

Love as well,

Marla

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DADDY COOL : PAPA EST EN HAUT

 
Par Clément

Serial squatteur

Adrien (Vincent Elbaz), 42 ans, est un éternel ado qui vit aux crochets de son épouse Maude (Laurence Arné), dessinatrice de BD à succès mais en panne d’inspiration. Fatiguée par son immaturité et sa paresse, Maude quitte Adrien. Persuadé qu’elle est la femme de sa vie, Adrien refuse de signer les papiers du divorce et de quitter leur appartement, même quand elle y invite Renaud, son nouveau mec (Gregory Fitoussi).
Adrien (Vincent Elbaz) dans Daddy Cool de Maxime Govare (2017)
Adrien (Vincent Elbaz) dans Daddy Cool de Maxime Govare (2017)
Pour éviter l’expulsion et les ennuis judiciaires, Adrien n’a toutefois pas le choix : dégainant un inattendu diplôme de puériculteur obtenu des années auparavant et une astuce juridique, il devient baby-sitter de cinq enfants… chez Maude, qui ne peut maintenant plus légalement le chasser. 
Commence une guerre d’usure entre les deux… 

Les enfants vont bien

Dans le très bon Papa ou Maman, un couple de divorcés se déchirait à cause de leurs enfants : comment les refourguer à l’autre ? Daddy Cool de Maxime Govare renverse le postulat : comment se servir des enfants des autres pour reconquérir (et en passant emmerder) votre ex ? 

 

La fin de la virilité ?


Skyfall, le 23e James Bond, m’a frappé par une remise en cause inédite du meilleur agent du MI6 au cinéma. Le film est un vrai procès en obsolescence d’un héros, hier macho, séducteur, invincible, viril, et aujourd’hui déconnecté de son monde. Bond, sous les traits de Craig, devient plus fragile, sensible, moins misogyne, évolution qui perdure dans Spectre.
 

Un James Bond fatigué (Daniel Craig) dans Skyfall, réalisé par Sam Mendes (2012)
Un James Bond fatigué (Daniel Craig) dans Skyfall, réalisé par Sam Mendes (2012)
Le film participe à une tendance très actuelle : la remise en question du héros de cinéma masculin viril, et sa conséquence, la minorisation des rôles féminins. 
De plus en plus de films déconstruisent pourtant le mythe de la virilité.
L’homme viril ne disparaît pas, mais doit maintenant cohabiter avec des hommes laissant davantage leur féminité s’exprimer, ouvrant la voie à d’autres modèles masculins. L’enjeu est de taille car nos modèles de vie, ne sont-ils pas souvent inspirés par nos héros et héroïnes de fiction ?
Maude (Laurence Arné) dans Daddy Cool
Maude (Laurence Arné) dans Daddy Cool

Instinct paternel


Un film comme Daddy cool a le mérite de déconstruire le mythe de l’instinct maternel, en faisant du mari la nounou de service. 
Le problème du film est qu’il vient tard, après l’indigeste Demain tout commence et surtout des films comme L’École paternelle (et sa suite), Baby-sitter, Pour un garçon… comédies potaches, genre dans lequel s’inscrit Daddy cool
Le sommet des films sur les papas improvisés reste sans doute le film de Colline Serreau Trois hommes et un couffin, auquel on pense souvent face à Daddy cool.
Michel Boujenah, Roland Giraud et André Dussolier dans Trois Hommes et un couffin (1985)
Michel Boujenah, Roland Giraud et André Dussolier dans Trois Hommes et un couffin, réalisé par Coline Serreau (1985)
Les séries Modern family et Baby Daddy (faux remake du film de Serreau) ont aussi représenté des hommes assumant la charge exclusive des enfants.


Quintette à claques


Daddy Cool a du mal à décoller : blagues plus ou moins scato, prévisibilité de la guéguerre des ex, répliques « enfantines » cinglantes… 
En plus d’exploiter un thème déjà très repris, la forme est paresseuse. L’humour du film est gentillet et tourne surtout autour des mésaventures d’Adrien face à son quintette à claques. Blagues mille fois vues et revues, prévisibilité des situations, rien de neuf sous le soleil de Daddy Cool.
Adrien (Vincent Elbaz) dans Daddy Cool
Adrien (Vincent Elbaz) et ses petites terreurs dans Daddy Cool
La pilule passe grâce au dévouement de Vincent Elbaz et Laurence Arné (aussi déchaînée que dans son rôle de nymphomane dans WorkinGirls). Le rythme des gags est effréné pour une comédie française, dynamisée par un montage rapide, on se rapproche de l’efficacité anglo-saxonne. Avec un humour moins facile, Daddy Cool aurait été une très bonne comédie.

Daddy is the new sexy


Daddy Cool adopte un arc plus romcom, voyant Adrien tenter de séduire de nouveau sa compagne. Sur ce point, le film participe à un genre peu abordé depuis les films américains des années 30 et 40 : la comédie du remariage. Un couple autrefois marié passe tout le film à se ressouder, avec souvent un.e amant.e qui perturbe leur réconciliation. Généralement, c’est la femme qui dirige les événements, comme dans Mon épouse favorite
 

Cary Grant, Irene Dunne, et Randolph Scott dans Mon épouse favorite de Garson Kanin (1940)
Cary Grant, Irene Dunne, et Randolph Scott dans Mon épouse favorite de Garson Kanin (1940)

 

Adrien est immature, Maude est une adulte, Renaud incarne l’homme plus adulte. Il manque à Renaud et Maude le grain de folie indispensable à un couple heureux. Les clichés sociaux sont renversés : c’est l’homme qui doit garder les enfants, et c’est la femme qui est créative. Dans un jeu classique de vases communicants, Maude prend conscience de son embourgeoisement ennuyeux, et réapprend d’Adrien la spontanéité qui fertilise l’énergie du couple et booste l’inspiration.
Maude (Laurence Arné) dans Daddy Cool
Maude (Laurence Arné) dans Daddy Cool
Daddy cool reflète le monde d’aujourd’hui, où davantage d’hommes assument les tâches familiales longtemps dévolues à leur épouse. Dommage que dans la forme, il soit si déficient.

Autre point positif : un touchant anniversaire de mariage parental où Michel Leeb chante « La chanson des vieux amants » de Jacques Brel, vibrant manifeste à la pérennité amoureuse. Il instille une belle scène d’émotion dans un film trop modeste. Plutôt fan de la youtubeuse Andy, j’ai été ravi de ses apparitions.

 

Nadège Dabrowski alias Andy
Nadège Dabrowski alias Andy

Essai non transformé

Malgré d’intéressantes thématiques et son tempo rapide, Daddy cool est trop anodin pour être mémorable, parvenant rarement à égaler ses modèles. Dans le cinéma français d’aujourd’hui, il semble que l’humour qui fonctionne le mieux soit grinçant, loin de cette tentative gentillette. 
D’accord, pas d’accord avec l’article ? Dites-le en commentaire !

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Bridget Jones Baby : neuf mois ferme


1 out of 5 stars (1 / 5)

Ça vous étonne, un homme qui lit Bridget Jones ?

Je me rappelle quand j’ai commencé à lire Le journal de Bridget Jones dans le métro ; les gens me regardaient bizarrement à chaque fou rire (il faut dire que mon rire ferait fuir un phoque hilare) puis se penchaient pour lire le titre, regardaient de nouveau le jeune homme que je suis, et je percevais pendant une seconde  l’ironie ou l’incrédulité dans leur regard.

Mec dans le métro qui m'a vu lire Bridget Jones
Mec dans le métro qui m’a vu lire Bridget Jones

Les livres valent le détour

Bref, qu’un gars de 25 piges se divertisse d’un roman girly les surprenait. Pourtant, les romans d’Helen Fielding sont davantage que des comédies romantiques. Ils sont avant tout un hymne à l’amitié féminine, et aux femmes occidentales de classe moyenne face à leurs tracas : leur manque de confiance et leur perfectionnisme vont jusqu’à leur rendre la vie impossible. L’échelle sociale leur est plus périlleuse à monter que pour les hommes, tant la société se trouve engoncée dans les carcans patriarcaux. Les romans abordent aussi leur relation conflictuelle avec le corps. Celles qui ont le malheur d’être célibataires passée la trentaine (la quarantaine pour le 3ème livre), découvrent pitié et condescendance dans les yeux des « honnêtes gens ». C’est le cas de Carrie Bradshaw dans Sex and the city.

Carrie Bradshaw, célibattante dans Sex and the City (1998-2004)
Carrie Bradshaw, célibattante dans Sex and the City (1998-2004)

Les histoires d’amour de Bridget ne sont qu’une partie des romans, et non le sujet principal. Elles sont d’ailleurs une transposition avouée du mordant Orgueil et Préjugés de Jane Austen, jusqu’à reprendre le nom du « bon prétendant, » Darcy. Colin Firth campait le rôle dans la série de 1995, et joue une nouvelle Darcy dans cette version 2.0.

Bridget Jones au cinéma : et pour quelques rom-com de plus

Les livres sont écrits avec un irrésistible sens de l’absurde et de l’autodérision, humour à l’opposé du sarcasme spirituel de Mrs Austen. Oui mais voilà, les films trahissent terriblement des livres : éclipser les volets « amitiés », « professionnel » et « quotidien » pour ne garder que l’aspect comédie romantique.
L’originalité des livres est broyée par la machinerie cinématographique, et Bridget n’est plus que l’héroïne d’énièmes rom-com. Mais après tout, la comédie romantique est un genre noble, qui a produit de très bons films : le premier Bridget Jones l’était, le deuxième un peu moins.

Le trio de Bridget Jones's Baby: Patrick Dempsey, Renee Zellweger et Colin Firth
Le trio de Bridget Jones’s Baby: Patrick Dempsey, Renee Zellweger et Colin Firth

Dans cet épisode, Hugh Grant a baissé pavillon (l’occasion de quelques clins d’œil ironiques), et se retrouve remplacé par un ersatz : un beau gosse tout propret, vaguement con, un peu manipulateur (Patrick Dempsey.)

Je suis ton père

Ce clone indigeste des pires avatars Hollywoodiens part pourtant d’un amusant vaudeville, où l’héroïne couche avec deux amants à une semaine d’intervalle, tombe enceinte pour cause de préservatifs-dauphins périmés (sic !)… et ignore donc qui est le père.
Le sujet n’est toutefois pas nouveau, c’était celui de l’agréable Métisse (1993) de Matthieu Kassovitz, mais aussi celui de la saison 4 de la série Clair de Lune (1988). On peut même remonter à la comédie musicale Mamma Mia ! d’ABBA, devenue un film en 2008, et où l’un des trois pères possibles est joué par… Colin Firth., encore lui.

Le trio de Bridget Jones's Baby: Patrick Dempsey, Renee Zellweger et Colin Firth
Le trio de Métisse, film de Mathieu Kassovitz (1993)

Mais le bébé et la grossesse n’apportent rien au récit de Bridget Jones Baby : le film n’est bel et bien qu’une version sans inventivité du triangle amoureux, celui-là même dans lequel Patrick Dempsey s’était abîmé dans Le témoin amoureux (2008). Qui Bridget va-t-elle choisir ? Question rhétorique puisque une seule réponse n’est possible pour les fans et pour les amateurs de rom-com.

Un air de déjà vu

Malheureusement, les chevaliers servants de Bridget ne se montrent pas plus enthousiasmants qu’elle : Colin Firth refait son numéro de psychorigide, et l’on sature. Patrick Dempsey n’est pas dépaysé non plus, et pour cause, il ne fait que répéter son lourdingue personnage de Dr.Mamour qu’il a joué 11 ans dans Grey’s Anatomy : le beau prince charmant, souvent chaleureux, parfois froid, doté d’un gros ego ; bref, il est sexy et chiant, mais surtout chiant.
Et c’est bien là le problème : qu’ont d’intéressant les amants mignons, gentils, attentionnés ? Surtout, toute comédie romantique s’appuie sur l’opposition de caractères entre la fille et le garçon, si différents que leur conflit génère tension et humour. Or les prétendants de Bridget lui ressemblent trop : d’où l’échec des gags, de la romance et du suspense.

Qui Bridget Jones va-t-elle choisir ? Le suspense est insoutenable
Qui Bridget Jones va-t-elle choisir ? Le suspense est insoutenable

Bridget Jones Baby : où est passée Helen Fielding ?

 
Dans le troisième roman, Bridget finissait en couple, mais Fielding nous faisait comprendre que son personnage ne plaçait plus son bonheur entre les mains d’un homme. J’ai caressé un moment l’espoir que Bridget choisisse d’être mère célibataire, le film envisageant même la possibilité. Mais non, on aura droit au prince charmant, à la robe blanche, avec une Bridget enfin épanouie : normal, puisque dans ce film, une femme ne saurait être heureuse hors du mariage.
La propension de la romancière, qui a écrit pour ce troisième opus un scénario original, à se renier, fut la cause de mon incrédulité catastrophée durant la séance. Plus criminel encore, la Bridget des romans est active, et ce sont ses touchantes erreurs qui provoquent le rire ; mais celle du film reste majoritairement passive, l’action étant constituée avant tout du combat de coqs entre ses deux amants.

Helen Fielding, auteure de Bridget Jones
Helen Fielding, auteure de Bridget Jones

On ne reconnaît absolument pas la patte féministe de Fielding dans sa propre adaptation où l’héroïne reste inféodée à ses partenaires masculins. En plus, elle se montre gourde : la Bridget des romans n’est certes pas une lumière, mais elle n’est pas la bêta de son avatar filmique, refusant l’examen qui pourrait lui dire, dès le premier tiers du film, l’identité du père. Pourquoi ? Elle a peur de l’aiguille de la gyneco. On a trouvé des rustines de scénariste qui faisaient davantage illusion. Les dialogues ne pétillent pas. L’équilibre comédie/romance est déséquilibré et favorise le second. le film en devient trop sérieux et niais, le fléau-type des mauvaises comédies romantiques.

Bridget Jones Baby : quelques passages réussis

Pourtant, il existe des moments réussis dans le film, notamment avec l’obstétricienne jouée par Emma Thompson (co-auteure du film et accessoirement héroïne d’un autre Jane Austen : le Raison et sentiments de 1995), qui délivre quelques pointes ironiques sur la gestion de l’événement par le trio central.

Emma Thompson en obstétricienne dans Bridget Jones's Baby
Emma Thompson en obstétricienne dans Bridget Jones’s Baby

Le rire se concentre majoritairement dans les scènes où Bridget, productrice, dirige les interviews de la présentatrice de son émission d’actualité ; c’est uniquement là que les fous rires, dont le mien, ont fusé dans la salle. Paradoxalement, c’est dans son versant journalistique, soit un versant tertiaire du scénario, que le film crépite, avec de mémorables gaffes de Bridget, résolument rapportées par l’hilarante présentatrice, jouée par Sarah Solemani, pompière du film.

Vous voulez pas regarder une série, plutôt ?

Le film reprend un thème cher à l’excellente série The Newsroom (2012-2014), avec la production d’une émission d’actualités menacée par l’arrivée d’une nouvelle direction. Pour tirer le public jeune, elle massacre les fondements de l’émission : sujets racoleurs, interviews vulgaires, recherche du spectaculaire à tout prix, sans oublier qu’à l’heure du triomphe des écrans et des réseaux sociaux, n’importe qui peut s’improviser journaliste en communiquant scoops ou reportages « originaux » à une chaîne.
Le film acquiert alors une âme, mais reste écrasé par son modèle : le thème n’est pas aussi richement traité que chez le génial Aaron Sorkin, tandis qu’en productrice exécutive, Bridget Jones reste bien en-dessous de Mackenzie McHale.

The Newsroom, excellente série d'Aaron Sorkin
The Newsroom, excellente série d’Aaron Sorkin (2012-2014)

Les bonnes rom-com sont rares

Bridget Jones’s Baby rappelle que les bonnes rom-com sont rares, et qu’un film peut facilement vider de sa substance le livre dont il s’inspire. Si vous voulez suivre le destin de Bridget Jones, si attachante, tenez-vous en aux romans, troisième volet inclus, qui offre, lui, une fin digne du personnage.
Les fans d’Orgueil et Préjugés qui n’ont pas trouvé en Bridget l’Elizabeth du XXIe siècle se consoleront avec la websérie The Lizzie Bennet diaries (2012-2013) adaptation contemporaine très maligne du chef-d’œuvre d’Austen.


Et vous, que pensez-vous du film ? Dites-le en commentaire !

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