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PIRE SOIRÉE : 50 NUANCES DE GRAS

Par Clément

Pire Soirée : navet sociologique ?

J’ai une grande affection pour le générique de True Blood. En une minute trente, il nous parle des thèmes de la série. Si l’on y regarde de plus près, il résume les tares de l’Amérique : regard ambigu sur le sexe, goût pour le sang et la violence, racisme, religion dévoyée, obsession de l’expiation et de la purification, et j’en passe.


Navet gras, Pire soirée étale généreusement sa vulgarité pendant 1h40, mais involontairement, se montre révélateur sur la décadence des valeurs américaines.

Jessica Thayer (Scarlett Johansson), est candidate à la Chambre des Congrès des États-Unis. Avant de se marier avec Peter (Paul W. Downs, co-scénariste du film), elle part à Miami pour son enterrement de vie de jeune fille. Elle est accompagnée de ses amies Alice (Jillian Bell), à l’amitié « collante », Pippa (Kate McKinnon), australienne allumée, Frankie (Ilana Glazer) et Blair (Zoë Kravitz, vue récemment dans Big Little Lies), deux ex qui se regardent en chiens de faïence.

À peine arrivées dans la grande maison que Jess a louée, Alice tue accidentellement un strip-teaseur/prostitué qu’elles avaient invité. 

C’est le début d’une nuit de cauchemar…

Scotty (Colton Haynes) et Blair (Zoë Kravitz) dans Pire soirée de Lucia Aniello (2017)
Scotty (Colton Haynes) et Blair (Zoë Kravitz) dans Pire soirée de Lucia Aniello (2017)

Girls just want to have fun

Le synopsis vous dit quelque chose ? Il est presque identique à celui de Going to Brazil, soit l’un des pires navets français de cette année. On y retrouve les mêmes défauts : platitude des dialogues et surenchère vulgaire, gags putassiers, hystérie des personnages, surjeu des actrices, scénario insensé, BO assourdissante, histoire et personnages faussement transgressifs.

Extrait de Going to Brazil de Patrick Mille (2017)
La bande de Going to Brazil de Patrick Mille (2017)
Le meurtre accidentel d’un.e prostitué.e dans une bachelor(ette) party était déjà le sujet de Very bad things de Peter Berg, pas grandiose, mais bien moins écœurant. Autant dire qu’on est loin de l’originalité.
Le cadavre encombrant était traité avec plus de drôlerie dans Mais qui a tué Harry ? réalisé par Hitchcock (sans parler de l’excellent épisode de Clair de Lune : Le mort récalcitrant).
Philip Truex, John Forsythe, et Edmund Gwenn dans Mais qui a tué Harry ? réalisé par Sir Alfred Hitchcock (1955)
Philip Truex, John Forsythe, et Edmund Gwenn dans Mais qui a tué Harry ? réalisé par Sir Alfred Hitchcock (1955)

Les enterrements de vie de jeune fille les plus fun au cinéma

Pourtant, il est possible de raconter de bonnes histoires d’enterrement de vie de jeune fille (ou de garçon). Sans aller chercher le bijou sombre qu’est La nuit des maris, pièce magistrale du scénariste Paddy Chayefsky (auteur de Network) qui devint un film, Very bad trip était suffisamment malin. Il ne se concentrait pas sur la fête elle-même, mais sur ses conséquences, avec un puzzle hilarant à reconstituer. Dans le genre trash, Bachelorette était le plus audacieux, donnant raison à la phrase de Francis Poulenc « La vulgarité n’est bonne que si elle est bien trouvée. »

Lizzy Caplan, Kirsten Dunst, et Isla Fisher dans Bachelorette de Leslye Headland (2012)
Lizzy Caplan, Kirsten Dunst, et Isla Fisher dans Bachelorette de Leslye Headland (2012)
Le trash de Bachelorette fonctionnait car c’est par lui que les femmes du film oubliaient leurs frustrations, en détruisant les interdits sociaux d’une société hypocrite. Pour ces raisons, Bad Moms, film certes pas exempt de défauts, tenait son pari en montrant des femmes se révolter par l’outrance contre les carcans sociaux. La vulgarité ne marche jamais mieux que quand elle dénonce par la satire. Livrée à elle-même, elle n’est que lourdeur, et c’est malheureusement le cas de Pire soirée.

Blair (Zoë Kravitz), Alice (Jillian Bell), Jess (Scarlett Johansson), Frankie (Ilana Glazer), et Pippa (Kate McKinnon) dans Pire soirée
Blair (Zoë Kravitz), Alice (Jillian Bell), Jess (Scarlett Johansson), Frankie (Ilana Glazer), et Pippa (Kate McKinnon) dans Pire soirée

Une Amérique schizophrène

Pire soirée dénonce sans le vouloir le double discours de l’Amérique sur la violence et le sexe. Le dégoût de bon aloi devant les mares de sang se mue en extase. Dès lors qu’un méchant baigne dans son sang, c’est du beau spectacle. Se servir d’un revolver au-delà de la légitime défense devient carrément fun.

S’il n’y a aucune honte à s’être défendue en ôtant la vie d’un bad guy, en tirer fierté, en composer une chanson comique, être élevée au rang d’Héroïne avec un grand H résume bien le goût des Américains pour la violence. 

Cela m’a rappelé cette scène d’anthologie du Justicier de New York, nanar de la saga Death Wish où Paul Kersey se fait applaudir par toute la rue après avoir descendu un voleur minable (et en oubliant de récupérer son bien).

On a du mal à imaginer que tuer quelqu’un de sang-froid, si abject soit-il, ne laisse aucune séquelle psychologique lorsqu’on n’est pas « entraîné », a fortiori quand vous êtes une gentille middle-class workingirl, c’est pourtant ce qui arrive. Michael Cimino, comme tant d’autres, avait lancé que l’Amérique s’était construite sur la violence. Même cette comédie lourdingue lui donne raison.

Un discours hypocrite

La posture hypocrite de Pire soirée sur le sexe n’est pas moins désolante (que le film soit dirigé et co-écrit par une femme n’y change rien). 

Alice est travaillée par sa libido ; on est content qu’elle aime le sexe, mais cette obsession du pénis – elle sature les décors et les discussions de verges ou de tout autre ersatz qui vibre, jusqu’à la caricature – c’est la seule caractéristique du personnage. 

Traduction : si une femme aime le sexe elle est définie exclusivement ainsi. La Katie de Bachelorette était aussi très « demandeuse », mais ce n’était qu’une facette de sa personnalité, tout comme la Abbie de 20th Century Women, dans un registre plus subtil.

Pippa (Kate McKinnon) et Alice (Jillian Bell) dans Pire soirée
Pippa (Kate McKinnon) et Alice (Jillian Bell) dans Pire soirée
Ah, si, on peut considérer l’amitié « collante » d’Alice pour Jess, qui découle de sa solitude, et comme le film l’énonce implicitement… de son manque de sexe. On n’en sort pas. 

Aux USA, la sexualité des femmes les plus « actives » à l’écran continue de poser problème : quand elle n’est pas un alibi sexiste, elle appelle le châtiment, comme ici vu que c’est l’appétit sexuel d’Alice qui cause leur nuit de terreur (si, si). 

Jess (Scarlett Johansson), Alice (Jillian Bell), Frankie (Ilana Glazer), et Blair (Zoë Kravitz) dans Pire soirée
Jess (Scarlett Johansson), Alice (Jillian Bell), Frankie (Ilana Glazer), et Blair (Zoë Kravitz) dans Pire soirée


Du faux progressisme

J’avais reproché à Going to Brazil de réhabiliter à sa manière les thèses misogynes de l’hystérie, maladie soi-disant féminine. Pire soirée va dans la même direction, avec une étonnante transposition du « syndrome Trinity », popularisé par Matrix. Trinity, femme d’action choc, est en réalité exclusivement vue sous le prisme amoureux du héros. Derrière son côté badass, il s’agit d’un personnage féminin à la remorque du masculin, sans autonomie. 


Même principe dans Pire soirée :  ce n’est pas parce qu’une femme est forte en gueule qu’elle est libre.

Blair (Zoë Kravitz), Frankie (Ilana Glazer), Jess (Scarlett Johansson), et Alice (Jillian Bell) dans Pire soirée
Blair (Zoë Kravitz), Frankie (Ilana Glazer), Jess (Scarlett Johansson), et Alice (Jillian Bell) dans Pire soirée

Le couple lesbien et mixte se veut moderne, mais n’apporte rien à l’histoire.

L’ode à l’amitié féminine dans les épreuves sonne aussi faux que dans Going to Brazil. Jess est entièrement passive (sauf au climax, qui use jusqu’à la corde notre tolérance à la fiction). Après le désastre Lucy et le piteux Ghost in the shell, on est en droit de s’inquiéter des choix de films de Scarlett Johansson. 

Jessica "Jess" Thayer (Scarlett Johansson) dans Pire soirée de Lucia Aniello (2017)
Jessica « Jess » Thayer (Scarlett Johansson) dans Pire soirée

Pippa s’en sort mieux, à l’origine des rares bons gags du film (son accent australien à couper au couteau est savoureux). Il faut dire qu’elle est incarnée par la pétillante Kate McKinnon, l’un des meilleurs atouts du Saturday Night Live. Le couple de Demi Moore et Ty Burrell n’est prétexte qu’à deux scènes vite expédiées.
Lea (Demi Moore) et Pietro (Ty Burrell) dans Pire soirée
Lea (Demi Moore) et Pietro (Ty Burrell) dans Pire soirée


Comédie poids lourd… vraiment lourd

On se dit qu’il aurait été plus judicieux de suivre les tribulations de Peter à rejoindre sa dulcinée. Pire soirée n’est pas drôle plus de cinq minutes, et c’est surtout grâce aux emmerdes du fiancé : le vaudeville de la station-service est réussi, pour peu qu’on aime l’humour en-dessous de la ceinture, encore. 

Blair (Zoë Kravitz) et Frankie (Ilana Glazer) dans Pire soirée
Blair (Zoë Kravitz) et Frankie (Ilana Glazer) dans Pire soirée

Sur 1h40, le répétitif a le temps de devenir pénible, comme l’a récemment démontré Baywatch, qui rivalise avec Pire soirée côté vide scénaristique et sexisme ambiant.

Dans le genre « fête qui part en sucette », autant revoir le classique The Party de Blake Edwards (1968).

Le casting de Pire soirée de Lucia Aniello (2017)
Le casting du film

Pire soirée, au-delà de ses caricatures, ses valeurs anachroniques nappées de trash, se regarde de deux façons : au premier degré, et c’est alors irregardable ; ou comme un involontaire documentaire sur le déclin de la comédie américaine, voire de l’Amérique tout court.

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BAYWATCH (ALERTE À MALIBU) : LES SOUS-DOUÉS EN VACANCES

Moi, en regardant Baywatch, adaptation de la série à succès des années 90, je voulais avant tout voir – ou plutôt entendre – ça : 
Comprenez-moi. Cette chanson, c’est celle qu’on chante avec mes potes au karaoké quand on est bourrés. Première déception du film: vous n’entendrez pas la chanson. Par contre, vous aurez droit à une B.O épouvantable. On n’échappe pas aux Beach Boys, bien sûr. Le générique est carrément laid, et on a droit à quelques tubes douteux des années 80. Ouais, même Lionel Richie.



Prière de laisser son cerveau à l’entrée

Hélas, Baywatch n’est même pas supportable avec des pop-corn et une bière. C’est le genre de film qu’il faut voir en ayant laissé son cerveau à l’entrée.
Quand un pote m’a demandé, un jour, de lui résumer Fast and Furious. J’ai répondu :
« Bah, c’est des belles nanas en short et des types qui font des courses de voitures. »
Pour Baywatch, ce serait :
« Bah, c’est des belles nanas en maillot et des types qui jouent à Musclor. »

L’un des avantages d’Alerte à Malibu, c’est effectivement de se rincer l’œil. 
Kelly Rohrbach joue le rôle de Pamela Anderson (C-J) la belle blonde dans Baywatch (Alerte à Malibu, de Seth Gordon (2017)
Kelly Rohrbach joue le rôle de Pamela Anderson (C-J) la belle blonde dans Baywatch (Alerte à Malibu, de Seth Gordon (2017)
La superbe brune Alexandra Daddario (Summer) dans Baywatch (Alerte à Malibu)
La superbe brune Alexandra Daddario (Summer) dans Baywatch (Alerte à Malibu)
C’est outrageusement sexiste ? Oui. Les femmes sont souvent résumées à leurs beaux seins et les hommes à leur pénis. Vous me direz qu’on va pas voir Alerte à Malibu pour le scénario (le quoi ?) même s’ils s’y sont mis à six pour l’écrire. Vous avez bien lu. Six personnes pour un scénar timbre-poste.
Parce qu’il y a tout de même une ombre de scénario sur cette plage dorée : une vilaine méchante corrompt les politiques pour s’emparer de la baie. Mais attention, elle les corrompt avec une montre. Là où dans n’importe quel film, on verrait passer une mallette de billets, on assiste, dans Baywatch, à un placement de produit hilarant. On ne résiste pas à la montre de la marque Machin. N’importe qui se laisserait acheter, c’est humain.

Alerte à Malibu, en somme, serait un film formidable à chroniquer pour l’Odieux Connard. Il se ferait un malin plaisir de démolir ce simulacre de scénario, où Dwayne Johnson plonge dans les flammes pour secourir une femme en détresse, qui garde son brushing en place.


Dialogues débiles

Hormis quelques références marrantes à la série d’origine (« I’m always here », déclare Mitch dans la première scène) et à la carrière des uns et des autres (une vanne à Zac Efron surnommé « High School Musical ») les dialogues s’avèrent consternants. La sagesse de Mitch, incarné par Dwayne Johnson, conseille par exemple à son co-équipier Matt (Zac Efron, toujours subtil) :

« You save no one if you die. » 

« On ne sauve personne si on meurt. »

Johnson prend un ton des plus sérieux, et c’est le fou rire qui se déclenche dans la salle. La seule réplique un peu drôle est en fait un cliché de la comédie américaine – on l’entend, par exemple, dans Maman j’ai raté l’avion 2 – une confusion entre Edgar J Hoover, directeur du FBI, et un autre Hoover, celui des aspirateurs.
Pour tout dire, les dialogues de Baywatch m’ont fait penser à la parodie des Inconnus d’une autre série télé, Santa Barbara :

Dwayne Johnson était bien plus drôle dans The Tooth Fairy (Fée Malgré lui) où il remplaçait pour un temps… la petite souris.
Dwayne Johnson remplace la fée des dents (équivalent américain de la petite souris) dans Fée Malgré lui (The Tooth Fairy) de Michael Lembeck (2010)
Dwayne Johnson remplace la fée des dents (équivalent américain de la petite souris) dans Fée Malgré lui (The Tooth Fairy) de Michael Lembeck (2010)
C’était si formidable qu’ils ont fait un n°2.
Larry the Cable Guy (oui, c'est son nom d'artiste) dans Fée Malgré lui 2, d'Alex Zamm (2012)
Larry the cable guy (oui, c’est son nom d’artiste) dans Fée Malgré lui 2, d’Alex Zamm (2012)
Bref. Alerte à Malibu ressemble à une gigantesque pub pour Nike, avec ces jeunes gens en pleine santé qui courent au ralenti.

Les lents de la mer


Les personnages de Baywatch ne risquent pas d’être flashés par le radar. Non seulement ils courent au ralenti, mais ils pensent aussi au ralenti. Ils en mettent, un temps, à déjouer les plans de la vilaine méchante (mais sexy quand-même, parce que c’est mieux.)
Priyanka Chopra (Victoria Leeds) la méchante dans Baywatch (Alerte à Malibu)
Priyanka Chopra (Victoria Leeds) la méchante dans Baywatch (Alerte à Malibu)
D’une grande subtilité, donc, Baywatch aurait largement sa place sur Nanarland. Parmi les personnages, il ne faut pas oublier l’imbécile de service, qui se ridiculise dans une scène à la Mary à tout prix, mais nettement moins fun que le film de 1998. Le film ravira peut-être les nostalgiques d’American Pie.
Tension sexuelle jamais consommée, voilà la recette d’Alerte à Malibu depuis la série. Ajoutez à cela des jeux de mots grossiers et des douches mixtes pour davantage de sous-entendus. On aura même droit à du scato, avec Zac Efron qui vomit dans la piscine. Le film est revendiqué kitsch. Il rappelle Grease ou Dirty Dancing, sans les chansons et en mode nanar.
Même la série, en somme, n’était pas aussi nanarde. Pas sûr que cela plaise à ses fans, même inconditionnels. Les apparitions forcées de Pamela Anderson et David Hasselhoff indiquent juste qu’ils ont pris cher, dans tous les sens du terme.
Et dire que Jon Bass, qui joue Ronnie, crétin de service du film, a justement joué dans d’excellentes séries, comme American Horror Story et The Newsroom !
Jon Bass a fait tellement mieux que Baywatch dans sa carrière d'acteur...
Jon Bass a fait tellement mieux que Baywatch dans sa carrière d’acteur…
Bref, on ne sauvera pas les sauveteurs d’Alerte à Malibu. Le film se noie dans les clichés, le sexisme, la grossièreté. Hélas.
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PASSENGERS, AVEC JENNIFER LAWRENCE ET CHRIS PRATT : RÉVEIL DIFFICILE

Nanar hilarant

Pour finir l’année 2016 en beauté, si on parlait d’un nanar hilarant ?
Tous mes potes blogueurs m’avaient prévenu : « c’est mauvais, » « c’est ridicule, » « passez votre chemin » et autres joyeusetés sur Passengers, nouveau film avec Jennifer Lawrence et Chris Pratt.

Alors je vous raconte : c’est l’histoire de Jim qui fait un voyage touristique dans l’espace. L’équipage en a pour 120 ans de voyage jusqu’à Homestead 2, leur destination. Autant dire qu’il vaut mieux hiberner en route.
Ours polaire en hibernation
Les 5000 personnes du vaisseau spatial géant, comme autant de belles au bois dormant, attendent le réveil du robot charmant, qui les accueillera dans leur nouvelle demeure.
Et là… c’est le drame : au bout de 30 ans seulement, l’un des voyageurs se réveille.
Chris Pratt dans Passengers, de Morten Tyldum
Chris Pratt dans Passengers, de Morten Tyldum
Et pas le plus finaud.
La bonne nouvelle, c’est que le vaisseau est empli de trucs fun pour jouer avec : jeux vidéo, terrain de basket (dans un vaisseau spatial, oui) et même un bar. 


Michael Sheen ?!

Et là, je me suis figée. S’agirait-il de Michael Sheen ? LE Michael Sheen ? Celui qui jouait Tony Blair dans The Queen et David Frost dans Frost/Nixon, l’acteur que je venais de voir dans l’excellent Nocturnal Animals ?

Arthur l'androïde barman (Michael Sheen) et Chris Pratt dans Passengers
Arthur l’androïde barman (Michael Sheen) et Chris Pratt dans Passengers

Bah oui, le même. Désemparée d’abord, je me suis souvenue que je l’avais aussi vu en méchant dans Twilight, ce qui m’avait valu un beau fou rire en salle. 
Oui, c'est bien Michael Sheen. Dans Twilight. Hum
Que voulez-vous, il faut bien payer ses impôts.
Dans Passengers, Michael Sheen incarne donc le barman. Il s’appelle Arthur. C’est un gentil androïde qui vous tient la conversation. Quand Jim découvre le bar, on remarque, avec la musique d’ascenseur en bruit de fond, une référence douteuse au Shining de Kubrick.
Jack Nicholson et Joe Turkel dans Shining, de Stanley Kubrick (1980)
Jack Nicholson et Joe Turkel dans Shining, de Stanley Kubrick (1980)

Et heureusement qu’il y a le barman, parce que sinon, le pauvre petit Chris Pratt se sentirait bien seul pendant les 90 années qui lui restent de voyage.


Rom-com intergalactique

Il finit d’ailleurs par se sentir très seul. Il se dit « Une meuf, ce serait bien. » Tant qu’à réveiller une voyageuse, autant choisir la plus sexy.

Jennifer Lawrence (Aurora) dans Passengers
Jennifer Lawrence (Aurora) dans Passengers

Il condamne ainsi Aurora, « écrivain » en devenir, à passer le reste de sa vie avec lui, sans lui demander son opinion. Et ça, c’est pas bien.

Mais en attendant qu’elle découvre le pot aux roses, place à une amourette. Ah, j’ai oublié de vous dire : il y a aussi une piscine olympique, sur le vaisseau, et Jennifer Lawrence a pensé à son maillot de bain, blanc et transparent, de quoi réveiller le spectateur. Elle est restée en hibernation pendant 30 ans, mais elle a gardé un maquillage impeccable. Les deux tourtereaux ont même pensé à la tenue de basket.

Mais ce n’est pas tout. Il faut maintenant courtiser la donzelle. Ça tombe bien, on trouve aussi un restaurant français dans le vaisseau, avec des robots-serveurs qui parlent français et tout. 

Les tourtereaux intergalactiques
Les tourtereaux intergalactiques

Le restaurant est décoré de plusieurs lustres en cristal. Espérons que le vaisseau ne soit jamais frappé par une météorite… Aucune importance, le brushing de Jennifer Lawrence resterait impec.

Jim joue même au piano pour chanter la sérénade à sa nouvelle fiancée. Et ils vont au cinoche, avec du pop corn. D’où sort le pop corn ? Mystère. 


D’où sort la peinture pour donner un coup de jeune au robot parce qu’il s’en est pris plein la gueule ? 

Aucune idée. 

Publicité mensongère

On ne saura pas non plus, malgré la promesse de l’affiche et de son slogan – Ils ne se sont pas réveillés par hasard – pourquoi Chris Pratt a été réveillé. 
Publicité mensongère pour faire croire à un film à suspense dans l’espace, quand il ne s’agit que d’une rom-com douteuse. À moins que l’on interprète cette phrase d’accroche de façon mielleuse : c’est le destin qui a réuni Jim et Aurora. La classe.

Passengers m’a valu mon fou rire de l’année. Mieux que Dany Boon. Mieux que n’importe quelle comédie que j’ai vue cette année. Comme quoi, pour une belle tranche de rigolade, rien ne vaut un nanar qui s’ignore. Quand un film atteint comme ça des sommets d’absurde, ça déclenche chez moi des fous rires impossibles. Heureusement que j’étais allée seule en salle, et que je n’ai foutu la honte à aucun de mes potes.


Des acteurs mal dirigés

Chris Pratt, d’emblée, n’est pas crédible dans le rôle. En même temps, Chris Pratt dans le registre de l’émotion, c’est comme imaginer Jean-Claude Van Damme dans un film de Ken Loach : c’est dur.


Vu que la première partie du film ne tient que sur un acteur, et qu’il est mauvais, le film se casse vite la gueule.

Jennifer Lawrence est meilleure que lui, bien sûr, mais on se demande un peu ce qu’elle est venue faire dans cette galère intergalactique. Elle ne sauve pas Passengers du naufrage.

Je n’ose pas parler de Laurence Fishburne, Morpheus de Matrix, qui n’a même pas le bon goût de nous dire que tout ceci n’est qu’un rêve.

Laurence Fishburne dans Passengers
Laurence Fishburne dans Passengers

Il faut dire que les acteurs sont particulièrement mal dirigés, et que la mise en scène est navrante. Quelle horreur de la part de Morten Tyldum, aux manettes de la réalisation, plutôt bonne, de Imitation Game. Ça sent le film de commande…  Il n’empêche que l’ensemble est très mal filmé, avec des gros plans grotesques, notamment sur le visage de Chris Pratt en tenue de cosmonaute…

Une recette hollywoodienne

Voilà les recettes de Hollywood : prenez deux acteurs en vogue, appelés « bankable » (terme ô combien détestable pour les artistes) enfermez-les dans un vaisseau spatial et écrivez un scénario de trois lignes. Vous verrez toujours des milliers de midinettes pour se presser dans les salles de cinéma. 

La fin est d’une sottise confondante, digne d’une bluette de Noël diffusée sur M6. On pouffe devant tant de ridicule. Hollywood n’est pas à une incohérence près, bien sûr, mais de là à imaginer qu’un vaisseau spatial est construit comme un hôtel trois étoiles quand ses 5000 passagers sont censés dormir 120 ans, même un enfant de six ans y verrait un truc louche.

Passengers est l’un de ces films nuls mais sympathique, que l’on regarde en mangeant du pop-corn pour rigoler entre copains. Si l’on considère Passengers comme un nanar, on s’amuse bien.

Si voulez voir une rom-com avec Jennifer Lawrence et Chris Pratt qui font mumuse dans l’espace, Passengers est fait pour vous. Pour les autres, allez voir un bon film.

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