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Dracula (Netflix)

Dracula : analyse de la série Netflix (avec spoilers)

3.5 out of 5 stars (3,5 / 5)

Bonjour les addicts ! Aujourd’hui, on parle de la minisérie Dracula sur Netflix, d’après le roman de Bram Stoker. L’adaptation est signée Steven Moffat et Mark Gatiss, c’est-à-dire le duo déjà à l’œuvre sur Sherlock. Attention, cette analyse est totalement spoilers ! L’analyse est disponible dans cette vidéo (transcript ci-dessous).

1896. L’avocat britannique Jonathan Harker raconte à Agatha, une nonne, son histoire. Le comte Dracula l’a invité en Transylvanie. Dracula a en effet le projet de partir en Angleterre et a embauché Harker pour améliorer son anglais et sa connaissance de la culture britannique. Mais au fil des jours, Harker se sent de plus en plus mal alors que le comte semble rajeunir à vue d’oeil. Il découvre son secret : Dracula est un vampire, mais même le comte a sa nemesis, et son pire ennemi est justement la nonne Agatha, qui n’aura de cesse de le combattre.

La plupart des fans ont aimé les 2 premiers épisodes et détesté le 3e. On peut se demander pourquoi. Ça s’explique si on prend en compte 2 choses : le style des auteurs, et ce qui arrive à ton adaptation selon ce que l’on fait de l’œuvre originale.

Dracula : la même équipe que Sherlock

On sent que les créateurs de Sherlock sont derrière. On retrouve le même faste visuel qu’il y avait dans Sherlock dans Dracula. Ainsi, les gimmicks de réalisation comme l’incrustation d’SMS, les éléments informatiques à l’image, viennent de Sherlock. Aujourd’hui, c’est commun, mais à l’époque de Sherlock, c’était une innovation qu’on doit entre autres au réalisateur Paul McGuigan, d’ailleurs réalisateur de l’épisode 3 de Dracula. Dracula est comme une version très personnelle de The Abominable Bride, épisode concept de Sherlock qui se déroule autant au XIXe siècle qu’en 2010. Le timejump à la fin de l’épisode 2 de Dracula a la même fonction. Que Dracula fasse penser un peu, par son raffinement pervers, à Moriarty, n’est pas anodin. Mais surtout, Dracula est un jeu sur les genres, plus réussi que ce qu’avait tenté Jarmusch avec les zombies.

Le 1er épisode de Dracula, le plus fidèle au roman de Stoker, est totalement dans le genre horrifique/fantastique. Et c’est un genre où Steven Moffat est très fort. Moffat a percé dans le milieu par sa prodigieuse adaptation de Dr. Jekyll & Mr. Hyde de Stevenson, avec 6 épisodes très concentrés en terreur, en suspense. D’ailleurs, toute la séquence de l’épisode 3 où Dracula est piégé dans la fondation Harker rappelle pas mal l’épisode où Hyde est emprisonné par une entreprise obscure. Le château-labyrinthe de Dracula rappelle également d’autres grandes œuvres fantastiques, comme la bibliothèque de Babel de Jorge Luis Borges, ou encore Le Nom de la Rose d’Umberto Eco, avec sa fameuse grande bibliothèque cachée. Et bien sûr, elle fait penser à Heaven Sent, l’un des plus incroyables épisodes de Dr. Who écrit par Moffat. Et l’hommage ne s’arrête pas là. La scène où Harker se rend compte qu’il a écrit des litanies répétitives à la gloire de Dracula, est un clin d’oeil à la fameuse scène de la machine à écrire dans Shining. La prestation hallucinée de Claes Bang, déjà remarquable dans The Square, est à saluer.

Moffat et les personnages féminins

La féminisation du personnage de Van Helsing est notable. Vu que les séries féminines commencent de plus en plus à émerger, un réflexe est de prendre un modèle masculin de série et d’en faire une version féminine. Pour le coup, Dracula va plus loin que la série Van Helsing qui met en scène une descendante du grand chasseur : dans Dracula, non seulement, on a affaire à la descendante de Van Helsing, mais le perso original est aussi féminisé. Alors, on reproche pas mal à Moffat de ne pas savoir écrire des persos féminins. Du coup, Agatha, je pense que c’était un peu sa réponse face aux attaques. Alors, on pourrait faire une vidéo complète sur les personnages féminins de Moffat. Ma conclusion à moi, ce serait que Steven Moffat n’est pas doué pour écrire des personnages féminins complexes. Mais, il sait écrire des personnages féminins efficaces. Agatha Van Helsing, est l’une de ses plus belles créations. Mais, il lui arrive de se laisser un peu aller à ses fantasmes d’homme et de les projeter sur ses héroïnes. Et c’est typiquement ce qui va arriver à Lucy dans l’épisode 3.

On rit aussi pas mal devant Dracula. Le mix de Dracula entre narration virtuose, twists fracassants, et punchlines qui tuent vient de la série de Steven Moffat, Six Sexy. Et dont une série comme How I Met Your Mother reprendra les mêmes effets.

La technique de Mark Gatiss

Mais je parle de Moffat, et j’oublie de parler de Mark Gatiss, le co-créateur de Dracula. Mark Gatiss est un très bon scénariste, qui est surtout doué dans trois genres : l’historique, le policier, l’horreur. Et la patte de Gatiss se voit beaucoup dans l’épisode 2 de Dracula, partie de cluedo façon Columbo sur un navire. Là, Mark Gatiss est en terrain connu, puisqu’il a signé plusieurs épisodes historiques de Doctor Who. Il a surtout écrit pour la série Hercule Poirot, série phare en matière de cluedo policier. D’ailleurs, s’il y a un épisode de Doctor Who où le Docteur rend visite à Agatha Christie, ce n’est sans doute pas un hasard. Le huis clos horrifique, Mark Gatiss le connaît bien aussi. Il avait déjà écrit Crooked House, une bonne minisérie d’horreur sur une maison hantée, (par le même réalisateur que cet épisode 2).

Avant d’aborder l’épisode 3, résumons : dans les 2 premiers épisodes, l’essence horrifique du roman original est maintenue. Et Moffat et Gatiss sont sur des genres où ils sont plutôt à l’aise. Alors que s’est-il passé dans l’épisode 3 ?

Quand l’essence du livre n’est plus respectée

Est-ce que vous avez été rivé à l’écran pendant les 2 premiers épisodes ? Il y a de fortes chances que oui. Alors, pourquoi le temps vous a paru long durant l’épisode 3 ? Parce que Moffat et Gatiss ont tout simplement oublié à ce moment l’essence originale du roman. Il n’y a plus du tout d’horreur, plus de plan machiavélique. L’essence horrifique du roman n’est plus là. Mais du coup, ce n’est plus une adaptation, c’est un scénario original. Même dans une adaptation libre, le respect de l’essence du roman original est demandé. On peut comme dans le film Orgueil et Préjugés et Zombies mettre des zombies dans une adaptation d’Orgueil et Préjugés. Le respect de la satire sociale qui fait le sel du roman d’Austen y est quand même préservé. Le respect de l’essence originale du roman est indispensable à une adaptation, même libre, sauf en cas de parodie. Mais le Dracula de Netflix n’est pas une parodie, c’est une adaptation très premier degré. Du coup, le parti pris ne fonctionne pas.

Dans les 2 premiers épisodes de Dracula, le style survolté de Moffat-Gatiss se greffe à une essence originale, la transforme, la transcende même. L’essence supprimée, ne demeure que le style, mais du style qui ne s’appuie sur rien. La belle forme, l’un des meilleurs réalisateurs anglais à la barre, l’hommage au Cauchemar de Dracula, grand film de la Hammer… ne servent à rien sans le fond.

Ensuite, il y a le genre. Pourquoi les 2ers épisodes de Dracula marchent bien ? Parce qu’ils s’appuient sur des genres que les auteurs connaissent bien. Mais l’épisode 3 est celui de la romance, moitié romcom, moitié gros drama, genre dont Moffat et Gatiss maîtrisent moins bien les codes. Mais le pire problème de cet épisode est sans doute Lucy.

Lucy : fossoyeuse de Dracula

Sans dimension, ni intérêt, Lucy relève du cliché de la cool girl. Ce cliché de la cool girl tel que se l’imaginent les mecs, Gillian Flynn l’a tronçonné en 712 parties depuis Gone Girl. C’est un cliché qui n’a aucune réalité, qui transforme les persos féminins en gros fantasmes sexistes de mec. D’habitude, je défends les persos féminins de Moffat. Je défends Irene, je défends Eurus, je défends Bill, je défends Lynda Day de Press Gang, qui est peut-être son meilleur personnage féminin. Mais Lucy est indéfendable. Pourtant, on peut créer des personnages de cool girl intéressants, notamment si on montre leur côté pas reluisant derrière. Broad City. Du coup, on se demande pourquoi cette femme constitue le but final de Dracula ? Alors que le vampire est censé se nourrir que de victimes intelligentes, qui ont une certaine classe, soit tout l’opposé de Lucy.

A la fin, Dracula déclare l’avoir choisie parce que c’est « la première qui m’ait offert ses veines ». Son genre serait donc les petites nanas soumises, sexy, avec la bouche en coeur ? Dans le scénario, ça n’a tout simplement aucun sens ! Lorsqu’on a goûté au sang d’une femme comme Agatha, une femme prodigieusement intelligente, goûter le sang d’une tarte comme Lucy est un véritable déclassement. Non seulement Lucy est désastreusement écrite, mais même son lien avec Dracula n’a pas de sens. Et l’on est navré pour Lydia West, qui a crevé l’écran en 2019 dans Years and Years, et qui se retrouve dans un rôle totalement débile. Et vu que l’épisode 3 de Dracula se centre tout entier sur elle, l’épisode s’effondre.

Bury your black, your gays, your black gays

Il y a aussi d’autres problèmes. Une blogueuse pour qui j’ai une grande estime m’a fait remarquer que les personnages noirs et LGBT+ étaient assez mal traités dans Dracula. C’est certes un problème qui date du début de l’ère des séries – le trope du « bury your gays » est assez connu – mais on se dit qu’en 2020, Dracula pouvait faire mieux que ça. Dracula ne sera hélas pas le nouveau Sherlock ni le nouveau Jekyll.

Unbelievable : Colorado, unité spéciale

3 out of 5 stars (3 / 5)

Unbelievable, minisérie Netflix basée sur des faits réels, est bien plus qu’une série policière. Elle est une exploration sans fard du calvaire des victimes de viol et d’une police souvent incompétente. Démontant tous les clichés sur le viol, Unbelievable est une série nécessaire, en plus d’être très bien produite. Le Binge Doctor vous en parle dans cette vidéo garantie sans spoilers (Transcript ci-dessous)

 

 

Transcript :

En France, une femme majeure est violée ou subit une tentative de viol toutes les 5 minutes, contre 30 minutes pour un homme. Le nombre tombe à 1 minute 30 aux Etats-Unis. Seulement 2 femmes américaines sur 5 déclarent un viol à la police, contre 1 femme sur 10 en France. Seulement 1 violeur sur 100 en France est condamné. Aux States, c’est 1 sur 200.

Et le ressenti des victimes ? Presque toutes les séries policières l’oublient. Presque toutes, sauf une.

 

D’après des faits réels

Unbelievable est une minisérie policière américaine en 8 épisodes de 50 minutes. Elle a été créée par Susannah Grant, Michael Chabon et Ayelet Waldman, d’après un article de T. Christian Miller et Ken Armstrong. Et elle est disponible en intégralité sur Netflix.

Unbelievable raconte deux histoires parallèles mais liées. D’un côté, Marie Adler, une adolescente violée par un homme masqué, se heurte à une police et à des proches qui ne la croient pas. En plus d’être déboutée par la police, sa vie devient un enfer. D’un autre côté, 3 ans plus tard, les détectives Grace Rasmussen et Karen Duvall traquent un violeur en série qu’on devine être celui de Marie. Une enquête épuisante, souvent stérile, mais il en faut plus pour les décourager.

 

Unbelieveable : une série policière plus réaliste

J’aime beaucoup New York Unité Spéciale, la série policière spécialisée dans les crimes sexuels. D’autant plus qu’Olivia Benson et son obstination sans faille ont sans doute inspiré les détectives d’Unbelievable. Toutefois, un point m’a souvent gêné, c’est que les crimes sexuels sont traités de la même manière que les meurtres. Or, les crimes sexuels sont les plus durs à élucider, surtout parce qu’il y a des manques de preuves. C’est difficile de prouver qu’un viol a eu lieu. D’ailleurs, selon un rapport de la NSVRC, le National Sexual Violence Resource Center, les affaires de viol coûtent aux États-Unis 127 milliards de dollars/an, presque le double des affaires de meurtre.

Et le 1er mérite d’Unbelievable, c’est d’avoir parfaitement décrit cela. L’enquête de Rasmussen et Duvall, elle est interminable, très souvent stérile. Pendant 4 épisodes et demi, elles ne progressent pas, elles n’ont quasiment aucun résultat convaincant à se mettre sous la dent.

 

Des points communs avec Mindhunter

Et là pour le coup, Unbelievable m’a pas mal rappelé une autre enquête de série dont on a pas mal parlé cette année, qui est l’enquête de la saison 2 de Mindhunter. Comme dans Mindhunter, on voit des détectives qui poussent leurs limites, subissent longtemps un surplace, des criminels qui – terrible ironie – apprennent de la police même comment couvrir leurs traces, c’est ce qu’on a appelé « Le syndrome Les Experts« . On a aussi une police souvent dépassée, et des victimes qui s’accumulent. Les deux affaires, de Mindhunter et de Unbelievable, sont d’ailleurs tirées de faits réels. Après, l’enquête d’Unbelievable elle-même, elle est pas très originale, hein. Mais c’est dur d’être original dans un genre aussi codifié que la série policière. Du coup, le plus sûr moyen de se démarquer, c’est de créer des personnages qui vont marquer, qui sont vraiment originaux. Et la force d’Unbelievable, c’est ce duo de femmes qui ont une puissance, une insistance.

 

Unbelievable : un point de vue féminin

Comme Unbelievable consacre 80 % de son temps à l’enquête, c’est avant tout une série policière, et même sans le brio visuel de Mindhunter. D’ailleurs, Unbelievable est très proche dans son déroulement de Manhunt, une minisérie policière britannique qui date du début de l’année 2019, et qui ne se démarquait pas vraiment. Mais Unbelievable a un atout de taille : un point de vue féminin. En effet, Unbelievable est principalement écrite, réalisée et produite par des femmes. Et ça se voit à l’écran, ça se voit dans le portrait des deux détectives, qui sont vraiment assez complexes, qui ont beaucoup d’épaisseur, au caractère bien trempé mais aussi sensibles. Il y a une justesse, un équilibre dans ces portraits qu’on ne trouve pas facilement ailleurs. Ça, je pense qu’on le doit à la réalisatrice des 1ers épisodes, Lisa Cholodenko, qui est connue pour ses portraits de femmes naturalistes, comme dans The Slap, Here and now, et surtout Olive Kitteridge, une excellente minisérie sur une héroïne très complexe.

L’autre force d’Unbelievable, c’est d’avoir accordé une place au calvaire de la 1re victime, qui est jouée par la jeune Kaitlyn Dever. D’ailleurs, il faut le souligner, elle fait une interprétation remarquable. En somme, Unbelievable fait à la série policière ce que Les Accusés a fait au film judiciaire, apporter la thématique du viol du point de vue de la victime. Dans Les Accusés, le personnage de Jodie Foster cherchait à convaincre les forces de l’ordre et de la justice de la véracité de son viol, à une époque où on prenait encore moins en compte la parole des femmes qu’aujourd’hui.

 

De l’importance de la gestion des victimes par la police

Le point de vue des victimes de viol est l’objet surtout des premiers épisodes, où on a affaire à une gestion différente du crime par les policiers. Le 1er épisode montre la gestion calamiteuse du viol de Marie. On voit Marie faire 5 fois de suite sa déclaration dans les moindres détails à des personnes distantes. Il y a un décalage terrible entre une Marie qui a besoin d’empathie et des visages froids, des descriptions cliniques de ce qu’on lui demande. Ensuite ça dévisse.

Déjà, il y a le fléau n° 1 des affaires de viol, c’est le manque d’éléments. Le pire, ce sont les mères adoptives de Marie qui ont des doutes carrément sur sa sincérité. Elles instillent ça chez les policiers. Et les policiers finissent par faire pression sur Marie pour qu’elle change son histoire, et qu’elle avoue que le crime n’a jamais eu lieu. Du coup, c’est ce qui se passe, Marie craque, elle est labellisée menteuse compulsive. Elle suit une descente aux enfers.

Le 2e épisode sert de comparaison avec le 1er : 3 ans plus tard, Amber, une autre adolescente, est violée. Et là tout est différent. Surtout Karen Duvall ne va pas faire comme ses collègues masculins, elle va vraiment être en empathie, elle va même être pédagogue envers Amber, elle va même la préparer mentalement aux questions et aux examens à venir, chose que Marie n’a jamais eue.

D’ailleurs, il n’y a qu’à voir la différence de mise en scène : Marie est filmée avec un montage incisif, en plongée et contre-plongée, pour bien montrer son isolement, sa solitude, avec une photo aux couleurs froides. A l’inverse, Amber est filmée en plan rapproché ou mi-moyen, et les couleurs de la photo sont plus chaudes, le montage plus calme.

 

Unbelievable brise les clichés sur le viol

Et on remarque aussi qu’Amber n’a pas un physique dans les canons hollywoodiens. Et l’une des victimes du violeur, Doris Laird, est une femme de 65 ans. Unbelievable nous rappelle ainsi que l’âge, le physique, n’est pas important pour les violeurs. Après son viol, Marie a un comportement un peu déroutant, vu qu’il ne correspond pas à l’idée qu’on se fait d’une réaction de victime de viol. Et là, Unbelievable nous martèle un point-clé : que toute victime de viol a sa propre manière de réagir, de gérer l’événement. Et ça, ne pas le comprendre, c’est nuire gravement à la victime.

Une originalité d’Unbelievable, c’est qu’elle met les victimes au 1er plan plutôt que les coupables. C’est vrai, le violeur de la série, on le voit à peine, avec seulement en point d’orgue, une scène qui fait très Mindhunter. Mais pour le reste, on a affaire à plusieurs profils de victimes. Ça va de l’auto-destructrice à la grande gueule en passant par l’angoissée.

Finalement, la raison d’être de Unbelievable c’est qu’elle nous exhorte à écouter la parole de ceux et celles qui portent plainte, de faire comme un safe space où leur parole est prise en compte. Alors OK, il y a l’épouvantail des fausses accusations, on les estime entre 2 et 10 % aux Etats-Unis, mais ça veut dire que 90 à 98 % sont véritables. D’autant que Unbelievable nous a bien montré qu’il est aisé pour des policiers bornés de forcer une victime à changer son récit. Et du coup de faire passer une vraie accusation pour une fausse. Écoutons les personnes qui portent plainte. Écoutons-les car elles ont besoin d’empathie, à court et à long terme.

 

Une série rude mais nécessaire

Les seuls petits reproches que je ferais à la série, c’est quelques forfanteries de mise en scène. Voilà, le cliffhanger du 1er épisode qui est pas vraiment utile. Ou bien la présentation un peu lourde de Grace Rasmussen, ou bien « l’éternel-événement-du-passé-qui-a-changé-la-vie-de-Karen-à-jamais-et-l’a-poussée-à-être-obstinée-dans-son-job », un vieux cliché quoi.

Voilà, mais à part ça, regardez Unbelievable, c’est une série très bien écrite, très bien réalisée, très bien interprétée. C’est une série qui est rude, mais nécessaire.

 

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Veronica Mars, saison 4 : Et ça repart !

4 out of 5 stars (4 / 5)

La saison 4 de Veronica Mars est diffusée sur la plateforme Hulu. Elle arrive 12 ans après la fin de la saison 3, et 6 ans après le film. Revival très attendu par ses fans (qui se surnomment « Marshmallows »), la série a-t-elle réussi son retour ? On en parle dans cette vidéo (transcript ci-dessous)

 

Transcript :

Dans cette saison 4, Veronica Mars enquête sur une série d’explosions criminelles. Sans jeu de mots, cette saison, c’est de la bombe !

Ça fait 12 ans que tous les marshmallows de la planète l’attendaient : les 8 épisodes de la saison 4 de Veronica Mars sont enfin sortis sur Hulu. 

6 ans après les événements du film, Veronica Mars et son père Keith sont toujours aux riches de Neptune ce que Christian Clavier est à la comédie française : son pire cauchemar. Logan et Veronica sont toujours ensemble. Quand plusieurs bombes explosent durant le spring break, les Mars traquent le poseur de bombes, dévoilant au passage les plus horribles secrets de la ville de Neptune.

J’adore Veronica Mars, une des séries les plus futées des années 2000. Veronica est forte et complexe, les scénarios sont très malins, les seconds rôles solides, les dialogues claquent. Mais à l’orée de cette nouvelle saison, on pouvait se poser quelques questions.

 

L’ADN de Veronica Mars

Le succès de Veronica Mars tient à son mélange de série ado et de film noir. Mais en 2019, Veronica a 36 ans, donc le côté ado on peut l’oublier.

Ensuite, Veronica Mars a toujours suivi une structure modulaire, c’est-à-dire : 1 épisode = 1 enquête bouclée. En même temps, il y a un feuilleton qui court sur plusieurs épisodes, voire toute une saison. Là, la saison 4 est un pur feuilleton, avec 8 épisodes qui s’enchaînent pour former une seule enquête. Donc, cette saison 4, elle vaut vraiment le coup ?

Davantage que le côté ado, le principal intérêt de Veronica Mars est de proposer une héroïne en guerre contre une ville symbolisant toutes les tares : la corruption, les violences sexuelles, le mépris de classe. Les 64 épisodes des 3 premières saisons décrivaient Neptune comme un microcosme négatif de notre monde. Veronica Mars reprend un procédé qu’on a déjà vu dans Young Americans, le spin-off de Dawson : prendre un adolescent middle-class et le projeter dans la caste des riches. C’était d’ailleurs aussi le procédé de Newport Beach.

 

Saison 4 de Veronica Mars : plus virulente que jamais

The CW diffusa Veronica Mars à la même période que The Wire sur HBO. Veronica Mars partage avec The Wire une vision pessimiste de notre monde via la description une ville. Bon, le traitement est très différent mais la démarche est la même.

Et côté pourritures, cette saison 4 en regorge de vertes et des pas mûres. Dès la première scène, Veronica gère une cliente qui symbolise tout le mépris de classe des riches. Ensuite des stars qui aiment un peu trop les mineures, les yuppies coincés qui veulent être cool et qui sont juste pathétiques, des ordures nationalistes, les violences faites aux femmes, sujet omniprésent depuis le début de la série, Weevil, qu’on avait quitté dans le film heureux et stable, a tout perdu à cause du racisme purulent dont il a été victime, l’occasion pour Thomas de se la jouer Pierre Bourdieu. Avec tout un discours sur la reproduction des élites, qui sont presque toujours des WASP,  des blancs, et rarement des minorités. Parler des laissés-pour-compte d’un milieu est un thème récurrent chez Rob Thomas. C’était même le sujet de sa série Party Down.

Non, en saison 4, Neptune est plus pourri que jamais, et les Mars n’y peuvent rien. La seule amélioration est qu’après les infâmes Lamb, on a enfin une cheffe de la police compétente, mais un peu dépassée.

Beaucoup de revivals se cassent le nez en ce moment. Mais la base de Veronica Mars est intemporelle. 12 ans après, cela fonctionne toujours autant.

 

Veronica Mars : une saison 4 plus sombre

Ensuite, l’histoire. Est-ce qu’elle vaut le coup ? Bon Dieu, OUI ! L’enquête est superbe. Cette saison 4 et surtout les deux derniers épisodes, nous canonnent de twists incroyables. On retrouve aussi les dialogues piquants, la critique sociale, le fan service amusant et jamais lourd. Cette saison est très réussie. Mais elle surprend par une plus grande noirceur.

On se souvient de Veronica Mars comme une série maligne, légère, très ado… et on oublie que les trauma d’adolescente de Veronica, plus la fréquentation d’une ville pourrie de partout l’ont rendue plus dure, plus misanthrope. C’était déjà le cas dans les premières saisons, mais ici, elle atteint des sommets de cynisme.

Beaucoup de fans se plaignent de ne plus reconnaître leur « Veronica », mais bon sang. Veronica vit dans une ville pourrie jusqu’à la moelle, vous vous attendiez à ce qu’elle soit plus apaisée, plus sympa ? Quand vous vivez longtemps dans un lieu à désespérer de l’humanité, oui, on devient amer, aigri. On peut ne pas aimer cette orientation du personnage, mais elle est logique. Dans les trois premières saisons, Veronica était déjà un personnage amer.

Et c’est là que j’en viens au point le plus délicat : la fin de la saison. Je ne vais pas vous la spoiler, mais je vais vous dire pourquoi contrairement aux fans, je suis plus mitigé que furieux.

 

Le retour du syndrome Bonanza

Le problème de la fin est qu’elle tombe dans un vieux cliché de scénariste qui existe depuis 60 ans, et que pas mal d’auteurs aujourd’hui ne sont toujours pas foutus d’éviter. C’est ce qu’on appelle le « syndrome Bonanza ».  Pour faire court, le syndrome Bonanza repose sur la croyance qu’un héros fort ne peut pas être heureux. Et ça, c’est du bullshit, du caca de taureau. Pourtant, il existe plein d’hommes et de femmes fortes qui vivent une vie heureuse. Rob Thomas l’a même avoué dans une interview récente, il pense que rendre ses personnages heureux ne ferait pas de bien à l’histoire. Oui cette fin joue trop la surenchère dans la noirceur, mais elle est quand même logique.

Dans l’univers de Veronica Mars, le bien ne triomphe pas toujours. Rappelez-vous des Fitzpatrick, les mafiosi irlandais de Neptune. Veronica a tenté plusieurs fois de les arrêter, y compris dans le finale de la saison 3, mais elle n’y est jamais arrivée. Surtout, on a vu que Neptune devenait de pire en pire alors même que Veronica enchaînait les victoires. Et dans un monde aussi pourri, amer, que celui de Veronica Mars, cette fin est logique.

Ce qui est problématique, c’est que Rob Thomas fait cette fin pour des mauvaises raisons : de croire que ses personnages n’ont pas le droit d’être heureux. Pour un écrivain aussi doué que lui, c’est une erreur difficile à avaler.

 

Une nouvelle saison palpitante

Dans la saison 4 de Veronica Mars, on retrouve tout ce qui fait le charme de la série, avec une enquête palpitante. Mais attendez-vous à plus de noirceur. Après tout, cette saison est dans la droite ligne des trois précédentes. C’est l’histoire de personnages qui ont vu leurs illusions brisées par un monde cruel, et qui ne s’en sont jamais vraiment remis. Et ça, c’est quelque chose que l’on peut comprendre à tout âge.

 

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TOP 10 SÉRIES DÉBILES

TOP 10 DES SÉRIES LES PLUS DÉBILES

Leçon n° 1 pour vendre sa série : avoir un pitch qui cartonne. Pourtant, des scénaristes atteints et des producteurs inconscients ont plus d’une fois violé cette règle élémentaire. Par conséquent, certaines séries qui n’auraient jamais dû exister ont vu le jour, malgré un pitch particulièrement débile. Pourtant, ces séries ne sont pas forcément mauvaises. Mais on se demande juste comment des millions ont été investis sur la base d’une idée WTF. Dans cette vidéo, le binge doctor vous partage son top 10 des pitchs de séries débiles (transcript ci-dessous)

 

Transcript :

Bonjour les addicts ! Je suis le binge doctor. Parfois le monde est aussi compréhensible que la saison 2 de Dark.

Certaines séries prennent un pitch de plomb et en font de l’or, certaines prennent un pitch en or et en font du plomb, certaines prennent de la merde et en font une bonne grosse chiasse. Après les spectateurs débiles, les séries débiles. Fans de bébés narrateurs, de chevaux qui parlent, et d’Alerte à Malibu version série ado, voici mon top 10 des pitchs de séries les plus débiles.

 

10. Crime Traveller : la série de voyage dans le temps qui n’a rien compris au voyage dans le temps

Niveau séries débiles, on commence avec du lourd. Certains se tirent une balle dans le pied, Crime Traveller se tire un missile dans le cul. Crime Traveller est une série sur deux inspecteurs qui utilisent une machine à remonter le temps pour résoudre des crimes.

Dans Crime Traveller, les règles du voyage dans le temps sont considérées comme particulièrement crétines, Voici donc leurs règles…

1. On ne peut pas voyager dans le futur. Pourquoi ? Parce que le futur n’existe pas… Euh, si, si, on apprend ça dans la Physique Quantique pour les nuls. Donc, ça n’a pas de sens.

2. Si tu es blessé dans le passé, tranquille mon pote, tu es automatiquement guéri dans le présent. Bon, fuck la causalité, check.

3. Si vous emportez un objet du passé, il disparaîtra automatiquement dans le présent… Non mais c’est quoi cette machine de [BEEP]

Crime Traveller, la seule série qui encule la cohérence dès son pitch.

 

9. Espion à la mode : un entretien d’embauche moins crédible tu meurs

Dans Espion à la mode, ou Cover up en anglais, Danielle, une photographe de mode, apprend à la mort de son mari qu’il était de la CIA. Donc, que lui propose le boss de son mari : eh ben, qu’elle devienne agent secret de terrain à sa place. Alors, je dois vraiment dire pourquoi c’est foireux ?

Non.

 

8. The Robert Taylor Show : la série interdite par le gouvernement

En 8e position, The Robert Taylor Show

Alors, celui-là, il fait très « bourde de stagiaire à son premier jour ». En fait, je triche un peu parce que ce n’est pas le pitch qui est foireux, mais sa production. En effet, le pitch, il était pas dégueu. C’était une série basée sur les dossiers officiels du ministère de la santé aux États-Unis. Et 4 épisodes ont même été tournés. Et puis, il est arrivé une couille :

– Allô ?

– Ici le ministère de la santé, c’est vous qui faites une série basée sur nos dossiers ?

– Oui,

– Mais dites-moi, vous avez demandé l’autorisation du gouvernement ?

– Eeeeeeeeeeeeeeeeeh.

La série n’a jamais été diffusée.

 

7. Ma mère à moteur : la série qui fait peur aux bouddhistes.

Oui, la série s’appelle Ma mère à moteur, elle est aussi connue sous le titre Maman bagnole.

C’est un mec qui achète une bagnole, et qui se rend compte que c’est la réincarnation de sa mère. Y a des baffes au Karma qui se perdent.

 

6. Mr. Smith : le singe savant… littéral.

Là, on parle d’une série sur un singe qui boit un truc expérimental, et devient tellement intelligent qu’il devient le conseiller politique du président. Je sais pas ce que le scénariste a fumé, mais là… ça dépasse tout ce que j’ai pu imaginer.

 

5. Zombie land saga : The Dancing Dead

En réalité, C’est un anime plutôt bien foutu. Mais, je pense que pour le pitch, saga, le scénariste a dû sniffer les cendres d’Amy Winehouse.

Dans Zombie land saga, un producteur qui a pété un peu plus qu’un boulon, ressuscite 6 jeunes filles pour former un groupe de death métal zombie appelé Franchouchou. Pourquoi Franchouchou ? Parce que c’est le bruit que fait une des nanas zombies quand elle éternue.

Si vous n’êtes pas déjà en train de mater cette série, vous êtes mort pour moi.

 

4. Poochinski : Le chien flic pétomane

L’échange de corps est un procédé souvent cool. Sauf qu’un jour, trois auteurs sous absinthe se sont dit « eh les gars, si on faisait un échange de corps entre un flic ultra intelligent et son toutou pétomane ».

C’est une blague ? Non, ils l’ont vraiment fait.

Cerise pourrie sur le gâteau de merde, la production de Poochinski s’est dit qu’un vrai chien, c’était trop raisonnable pour un script aussi idiot.

Donc, ils ont construit un chien mécanique, qui leur a coûté plus de 100000$. Pourtant, il a aussi bien fonctionné qu’un film avec Nicolas Cage.

 

3. The Patty Duke Show : comment mettre les profs d’SVT en PLS ?

Dans la catégorie j’emmerde la génétique, celle-là explose tout. The Patty Duke Show met en scène deux jumelles, jusque-là tout est normal… sauf que ce sont des cousines. Des cousines jumelles…

Ça n’a aucun sens !

Et quand on a demandé au créateur de la série s’il nous prenait pas un peu pour des billes, eh ben il a répondu :

Non, mais c’est normal, les pères des jumelles ce sont des frères jumeaux.

C’est incroyable, quand tu crois que la série a touché le fond, elle a déjà atteint le noyau terrestre, et j’en suis encore qu’au pitch.

– Mais, rassurez-moi, pour faire des gosses, faut bien être deux, non ?

– Ouais.

– Donc, pour avoir des cousines jumelles, les mères aussi doivent être des sœurs jumelles. Pourtant, vous n’en parlez pas ?

– Eeeeeeeeeeeeeeeeeeh ?

 

2. The Secret Diary of Desmond Pfeiffer : L’esclavage, c’est trop de la balle

Celui-là est… embarrassant. Desmond Pfeiffer, c’est un noble aristo anglais du XIXe siècle, criblé de dettes, en passant, il est noir. Pour échapper aux huissiers, il devient le valet d’Abraham Lincoln. Et là, les profs d’histoire sont en train de tous mourir d’une crise cardiaque.

Vu que c’est une sitcom, les auteurs se sont dit, d’accord, on va parler d’esclavage, mais ce sera quand même pour rire…
NON, ÇA NE MARCHE PAS !

Et quand tu vois la série, t’avais vraiment l’impression que les esclaves vivaient la belle vie.

Là, arrivé à ce point, vous vous dites, d’accord, cette série est deuxième. Mais qu’est-ce qui peut être pire que ça ?

Vous pensiez vraiment que vous alliez y échapper. Et non, mes p’tits polissons, vous avez compris, on va bien atteindre le point Godwin !!

 

1. Heil Honey I’m Home! : Le malaise puissance 10000

Heil ? Oui, Heil. Ils l’ont fait. Ils l’ont vraiment fait.

Qui sur Terre a pu penser qu’une sitcom avec Adolf Hitler et Eva Braun pouvait marcher ? Ah oui, et vous savez ce qui est censé être drôle dans Heil Honey I’m Home! ? C’est que les voisins des Hitler, sont des juifs. Eh ouais, des nazis, des juifs, le choc des « cultures », c’est drôle, hein c’est, c’est… S’il vous plaît, commentez à ma place, j’en peux plus !!

Voilà, cette vidéo est terminée, si vous connaissez des séries débiles, mais allez-y, lâchez-vous en commentaire. Quant à moi, je vous dis à une prochaine vidéo. Salut !

8 SECRETS DE TOURNAGE DE KAAMELOTT

Pendant que sa Majesté Alexandre Astier nous mitonne Kaamelott le film, que les fans attendent depuis plus de 10 ans, je vous propose une vidéo où je partage 8 anecdotes peu connues touchant à la série Kaamelott (transcript ci-dessous)

 

Transcript :

Bonjour les pécores. Laxativus dragei diarrhea donat. Bon, ça ne veut absolument rien dire, mais je trouve que c’est assez dans le ton.

Si tu es fan de Kaamelott, tu sais que c’est comme la tarte aux myrtilles de Dame Séli, c’est patrimonial. Tu penses bien connaître Kaamelott ? Eh ben, j’te parie un neurone de Perceval que tu connais pas les 8 anecdotes concernant la série. Dans tous les cas, n’hésite pas à me poster en commentaire tes propres anecdotes sur Kaamelott. Et maintenant, les niquedouilles, ouvrez vos esgourdes !

1. En termes de blagues/minute, Kaamelott est la 2e série française la plus drôle.

Ça, ça ressort d’une étude menée par les journalistes de Slate qui ont compté de blagues par minute dans plusieurs séries françaises. Alors y a des pégus qui vont me dire que ça ne prend pas en compte la qualité des blagues. Peut-être, mais là au moins, on a des notions concrètes.

On prend en compte que les 4 premiers livres de Kaamelott, parce qu’après, c’est plus noir qu’un épisode de Calls, eh bien on arrive à 3.29 blagues par minute en moyenne. Bien devant les 2.86 de H, et les 2.11 de Un gars, une fille. Par contre, avec son montage plus agité qu’un gugus qui a la courante, Bref arrive à la bagatelle de presque 5 blagues/minute. Kaamelott n’est donc qu’en 2e position.

5 blagues par minute, c’est cool hein ? Ouais, ben avant d’égorger le veau gras, vous allez ranger vos slips et vous rappeler que des sitcoms comme Friends caracolent à 6 blagues par minute.

Allez, un p’tit cul de chouette pour se consoler ?


2. Le Perceval de Kaamelott est le même que le Perceval de la légende.

Eh oui, parce que la vraie table ronde, elle avait pas que des puceaux dans le genre de Lancelot, elle avait aussi de bonnes grosses tanches. Et le vrai Perceval, c’en était une de compétition.

Dans Kaamelott, Perceval est un enfant adopté promis à un grand destin qui ne connaît même pas son nom, comme dans la légende. Mais surtout, c’est un con fini qui n’ouvre la bouche que pour dire des conneries plus grosses que la première femme du Duc d’Aquitaine. 

Voici un extrait de Chrétien de Troyes à propos de Perceval :

Il n’est pas, Dieu me pardonne.

Bien dressé à nos usages.

Il ne répond comme il faut.

A aucune de mes questions.

Il a tout d’une bête.

Il faut être fou pour s’arrêter à lui.

A moins de perdre son temps en vaines sottises.

D’ailleurs le surnom de Perceval était « le nice ». Traduction : C’est juste ducon.


3. Kaamelott était au départ une anthologie qui se déroulait à différentes époques.


Dans une interview à France Info, Nicolas Gabion, qui joue Bohort, a lancé une sacrée bombe, qui heureusement… n’a fait aucune victime !

D’après Gabion, le projet était de faire une  « série sur les grandes réunions de l’histoire, d’abord les chevaliers de la Table ronde, puis Yalta, puis les frustrés du final de Game of Thrones », etc.

Alors, qu’est-ce qui s’est passé ? Ben, le tournage a été aussi calme qu’une réunion de la Table Ronde, avec zéro budget. Faire de nouveaux décors sans pognon, ça leur bavait les roupettes. Du coup, un seul épisode, Dies Irae, a été tourné. C’est là qu’M6 se pointe, zyeute le bousin, et on connaît la suite.

 

4. L’épisode préféré d’Alexandre Astier est : « Poltergeist ».

Dans cet épisode, le 53e du livre III, Perceval et Karadoc tentent d’apprendre en vain le code des éclaireurs, qui communiquent en tapant sur des bouts de bois. On les aurait laissés seuls, ils auraient pris des bouts de haricots.

Alexandre Astier dit donc de l’épisode qu’il est son favori, je cite «  Celui-là, je le trouve bien bouclé, il est bien rond… ».


5. Le livre préféré d’Astier est le livre V.

Alexandre Astier, c’est pas une épaule d’agneau. En effet, il n’a jamais caché que le format shortcom de 3 minutes 30, c’est d’la fiente d’autruche. Car lui, c’qu’il veut, c’est le format américain de 40 minutes, point barre.

Astier a toujours pensé Kaamelott comme un drame avant tout. Dans ses conditions, le livre V est la vision la plus fidèle qu’il a de son projet. En fait, Astier est en train de nous dire que si on aime que les 4 premiers livres, c’est qu’on a rien capté à sa série.


6. Kaamelott se déroule tout entière dans la tête d’un jeune garçon.

Oui, je sais ça a l’air encore moins crédible qu’un récit de Perceval, mais c’est la vérité. C’est ce que les américains appellent le « Tommy Westphall Universe ». J’ai d’ailleurs fait une vidéo sur le sujet que je vous invite à regarder :

En gros, à cause du final d’une certaine série des années 80 (Hôpital St Elsewhere), la quasi totalité des séries américaines, plus quelques films, n’existent que dans la tête d’un enfant autiste appelé Tommy Westphall.

Or, Kaamelott fait pas mal de références à la culture américaine, notamment à Star Wars et à la porte des étoiles de Stargate. Or, Stargate et Star Wars sont des œuvres qui font partie du Tommy Westphall Universe.

Alors, un peu de logique : comment Kaamelott peut-elle faire référence à des œuvres qui n’existent que dans la tête d’un jeune garçon ? Ben, seulement si Kaamelott est elle-même dans la tête de ce garçon !


7. Kaamelott est la première série française tournée en Haute Définition.

Ça peut paraître bizarre, mais ouais, avant 2005, les séries françaises n’avaient ni caméra HD ni pognon ni scénaristes. D’après 20 minutes, Kaamelott fut filmée avec 2 caméras haute définition Sony HD Cam, et en 16/9 plutôt qu’en 4/3. Le but, selon Astier, était de se rapprocher d’une qualité cinéma.

Ainsi, M6 a dû cracher 20000 euros par épisode. C’est-à-dire 2 millions d’euros par saison, du jamais vu en France ! Bon, après, 2 millions, ça couvre même pas le budget en faux sang de Game of Thrones.

 

8. On sait si Kaamelott va se finir bien ou mal.

Le 9 janvier 2008, juste après la diffusion du livre V, Alexandre Astier était invité dans l’émission Nonobstant, d’Yves Calvi, sur France Inter. Là, il a parlé de ses influences en matière d’écriture, notamment de Joseph Campbell. Campbell a en fait proposé un schéma qui s’appelle « le voyage du héros », et qui est basiquement, le canevas de 95 % des scénarios de films aujourd’hui.

Or, Arthur est un héros Campbellien par excellence. Donc, Astier a dit « D’après Campbell, il faut que ça se finisse bien ». Et il ajoute « On ne va pas raconter l’histoire d’un héros qui ne se relève pas, quel enseignement triste pour la jeune génération ».

Bon, c’est possible qu’Astier ait changé d’avis depuis, mais perso, j’y crois pas trop. Vous pouvez me dire ce que vous en pensez en commentaire.

Allez, j’espère que les péteux que vous êtes ont récupéré quelques cases. Moi, je vous dis, à une prochaine vidéo ! Salut !

 

Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

 

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