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Unbelievable : Colorado, unité spéciale

3 out of 5 stars (3 / 5)

Unbelievable, minisérie Netflix basée sur des faits réels, est bien plus qu’une série policière. Elle est une exploration sans fard du calvaire des victimes de viol et d’une police souvent incompétente. Démontant tous les clichés sur le viol, Unbelievable est une série nécessaire, en plus d’être très bien produite. Le Binge Doctor vous en parle dans cette vidéo garantie sans spoilers (Transcript ci-dessous)

 

 

Transcript :

En France, une femme majeure est violée ou subit une tentative de viol toutes les 5 minutes, contre 30 minutes pour un homme. Le nombre tombe à 1 minute 30 aux Etats-Unis. Seulement 2 femmes américaines sur 5 déclarent un viol à la police, contre 1 femme sur 10 en France. Seulement 1 violeur sur 100 en France est condamné. Aux States, c’est 1 sur 200.

Et le ressenti des victimes ? Presque toutes les séries policières l’oublient. Presque toutes, sauf une.

 

D’après des faits réels

Unbelievable est une minisérie policière américaine en 8 épisodes de 50 minutes. Elle a été créée par Susannah Grant, Michael Chabon et Ayelet Waldman, d’après un article de T. Christian Miller et Ken Armstrong. Et elle est disponible en intégralité sur Netflix.

Unbelievable raconte deux histoires parallèles mais liées. D’un côté, Marie Adler, une adolescente violée par un homme masqué, se heurte à une police et à des proches qui ne la croient pas. En plus d’être déboutée par la police, sa vie devient un enfer. D’un autre côté, 3 ans plus tard, les détectives Grace Rasmussen et Karen Duvall traquent un violeur en série qu’on devine être celui de Marie. Une enquête épuisante, souvent stérile, mais il en faut plus pour les décourager.

 

Unbelieveable : une série policière plus réaliste

J’aime beaucoup New York Unité Spéciale, la série policière spécialisée dans les crimes sexuels. D’autant plus qu’Olivia Benson et son obstination sans faille ont sans doute inspiré les détectives d’Unbelievable. Toutefois, un point m’a souvent gêné, c’est que les crimes sexuels sont traités de la même manière que les meurtres. Or, les crimes sexuels sont les plus durs à élucider, surtout parce qu’il y a des manques de preuves. C’est difficile de prouver qu’un viol a eu lieu. D’ailleurs, selon un rapport de la NSVRC, le National Sexual Violence Resource Center, les affaires de viol coûtent aux États-Unis 127 milliards de dollars/an, presque le double des affaires de meurtre.

Et le 1er mérite d’Unbelievable, c’est d’avoir parfaitement décrit cela. L’enquête de Rasmussen et Duvall, elle est interminable, très souvent stérile. Pendant 4 épisodes et demi, elles ne progressent pas, elles n’ont quasiment aucun résultat convaincant à se mettre sous la dent.

 

Des points communs avec Mindhunter

Et là pour le coup, Unbelievable m’a pas mal rappelé une autre enquête de série dont on a pas mal parlé cette année, qui est l’enquête de la saison 2 de Mindhunter. Comme dans Mindhunter, on voit des détectives qui poussent leurs limites, subissent longtemps un surplace, des criminels qui – terrible ironie – apprennent de la police même comment couvrir leurs traces, c’est ce qu’on a appelé « Le syndrome Les Experts« . On a aussi une police souvent dépassée, et des victimes qui s’accumulent. Les deux affaires, de Mindhunter et de Unbelievable, sont d’ailleurs tirées de faits réels. Après, l’enquête d’Unbelievable elle-même, elle est pas très originale, hein. Mais c’est dur d’être original dans un genre aussi codifié que la série policière. Du coup, le plus sûr moyen de se démarquer, c’est de créer des personnages qui vont marquer, qui sont vraiment originaux. Et la force d’Unbelievable, c’est ce duo de femmes qui ont une puissance, une insistance.

 

Unbelievable : un point de vue féminin

Comme Unbelievable consacre 80 % de son temps à l’enquête, c’est avant tout une série policière, et même sans le brio visuel de Mindhunter. D’ailleurs, Unbelievable est très proche dans son déroulement de Manhunt, une minisérie policière britannique qui date du début de l’année 2019, et qui ne se démarquait pas vraiment. Mais Unbelievable a un atout de taille : un point de vue féminin. En effet, Unbelievable est principalement écrite, réalisée et produite par des femmes. Et ça se voit à l’écran, ça se voit dans le portrait des deux détectives, qui sont vraiment assez complexes, qui ont beaucoup d’épaisseur, au caractère bien trempé mais aussi sensibles. Il y a une justesse, un équilibre dans ces portraits qu’on ne trouve pas facilement ailleurs. Ça, je pense qu’on le doit à la réalisatrice des 1ers épisodes, Lisa Cholodenko, qui est connue pour ses portraits de femmes naturalistes, comme dans The Slap, Here and now, et surtout Olive Kitteridge, une excellente minisérie sur une héroïne très complexe.

L’autre force d’Unbelievable, c’est d’avoir accordé une place au calvaire de la 1re victime, qui est jouée par la jeune Kaitlyn Dever. D’ailleurs, il faut le souligner, elle fait une interprétation remarquable. En somme, Unbelievable fait à la série policière ce que Les Accusés a fait au film judiciaire, apporter la thématique du viol du point de vue de la victime. Dans Les Accusés, le personnage de Jodie Foster cherchait à convaincre les forces de l’ordre et de la justice de la véracité de son viol, à une époque où on prenait encore moins en compte la parole des femmes qu’aujourd’hui.

 

De l’importance de la gestion des victimes par la police

Le point de vue des victimes de viol est l’objet surtout des premiers épisodes, où on a affaire à une gestion différente du crime par les policiers. Le 1er épisode montre la gestion calamiteuse du viol de Marie. On voit Marie faire 5 fois de suite sa déclaration dans les moindres détails à des personnes distantes. Il y a un décalage terrible entre une Marie qui a besoin d’empathie et des visages froids, des descriptions cliniques de ce qu’on lui demande. Ensuite ça dévisse.

Déjà, il y a le fléau n° 1 des affaires de viol, c’est le manque d’éléments. Le pire, ce sont les mères adoptives de Marie qui ont des doutes carrément sur sa sincérité. Elles instillent ça chez les policiers. Et les policiers finissent par faire pression sur Marie pour qu’elle change son histoire, et qu’elle avoue que le crime n’a jamais eu lieu. Du coup, c’est ce qui se passe, Marie craque, elle est labellisée menteuse compulsive. Elle suit une descente aux enfers.

Le 2e épisode sert de comparaison avec le 1er : 3 ans plus tard, Amber, une autre adolescente, est violée. Et là tout est différent. Surtout Karen Duvall ne va pas faire comme ses collègues masculins, elle va vraiment être en empathie, elle va même être pédagogue envers Amber, elle va même la préparer mentalement aux questions et aux examens à venir, chose que Marie n’a jamais eue.

D’ailleurs, il n’y a qu’à voir la différence de mise en scène : Marie est filmée avec un montage incisif, en plongée et contre-plongée, pour bien montrer son isolement, sa solitude, avec une photo aux couleurs froides. A l’inverse, Amber est filmée en plan rapproché ou mi-moyen, et les couleurs de la photo sont plus chaudes, le montage plus calme.

 

Unbelievable brise les clichés sur le viol

Et on remarque aussi qu’Amber n’a pas un physique dans les canons hollywoodiens. Et l’une des victimes du violeur, Doris Laird, est une femme de 65 ans. Unbelievable nous rappelle ainsi que l’âge, le physique, n’est pas important pour les violeurs. Après son viol, Marie a un comportement un peu déroutant, vu qu’il ne correspond pas à l’idée qu’on se fait d’une réaction de victime de viol. Et là, Unbelievable nous martèle un point-clé : que toute victime de viol a sa propre manière de réagir, de gérer l’événement. Et ça, ne pas le comprendre, c’est nuire gravement à la victime.

Une originalité d’Unbelievable, c’est qu’elle met les victimes au 1er plan plutôt que les coupables. C’est vrai, le violeur de la série, on le voit à peine, avec seulement en point d’orgue, une scène qui fait très Mindhunter. Mais pour le reste, on a affaire à plusieurs profils de victimes. Ça va de l’auto-destructrice à la grande gueule en passant par l’angoissée.

Finalement, la raison d’être de Unbelievable c’est qu’elle nous exhorte à écouter la parole de ceux et celles qui portent plainte, de faire comme un safe space où leur parole est prise en compte. Alors OK, il y a l’épouvantail des fausses accusations, on les estime entre 2 et 10 % aux Etats-Unis, mais ça veut dire que 90 à 98 % sont véritables. D’autant que Unbelievable nous a bien montré qu’il est aisé pour des policiers bornés de forcer une victime à changer son récit. Et du coup de faire passer une vraie accusation pour une fausse. Écoutons les personnes qui portent plainte. Écoutons-les car elles ont besoin d’empathie, à court et à long terme.

 

Une série rude mais nécessaire

Les seuls petits reproches que je ferais à la série, c’est quelques forfanteries de mise en scène. Voilà, le cliffhanger du 1er épisode qui est pas vraiment utile. Ou bien la présentation un peu lourde de Grace Rasmussen, ou bien « l’éternel-événement-du-passé-qui-a-changé-la-vie-de-Karen-à-jamais-et-l’a-poussée-à-être-obstinée-dans-son-job », un vieux cliché quoi.

Voilà, mais à part ça, regardez Unbelievable, c’est une série très bien écrite, très bien réalisée, très bien interprétée. C’est une série qui est rude, mais nécessaire.

 

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Veronica Mars, saison 4 : Et ça repart !

4 out of 5 stars (4 / 5)

La saison 4 de Veronica Mars est diffusée sur la plateforme Hulu. Elle arrive 12 ans après la fin de la saison 3, et 6 ans après le film. Revival très attendu par ses fans (qui se surnomment « Marshmallows »), la série a-t-elle réussi son retour ? On en parle dans cette vidéo (transcript ci-dessous)

 

Transcript :

Dans cette saison 4, Veronica Mars enquête sur une série d’explosions criminelles. Sans jeu de mots, cette saison, c’est de la bombe !

Ça fait 12 ans que tous les marshmallows de la planète l’attendaient : les 8 épisodes de la saison 4 de Veronica Mars sont enfin sortis sur Hulu. 

6 ans après les événements du film, Veronica Mars et son père Keith sont toujours aux riches de Neptune ce que Christian Clavier est à la comédie française : son pire cauchemar. Logan et Veronica sont toujours ensemble. Quand plusieurs bombes explosent durant le spring break, les Mars traquent le poseur de bombes, dévoilant au passage les plus horribles secrets de la ville de Neptune.

J’adore Veronica Mars, une des séries les plus futées des années 2000. Veronica est forte et complexe, les scénarios sont très malins, les seconds rôles solides, les dialogues claquent. Mais à l’orée de cette nouvelle saison, on pouvait se poser quelques questions.

 

L’ADN de Veronica Mars

Le succès de Veronica Mars tient à son mélange de série ado et de film noir. Mais en 2019, Veronica a 36 ans, donc le côté ado on peut l’oublier.

Ensuite, Veronica Mars a toujours suivi une structure modulaire, c’est-à-dire : 1 épisode = 1 enquête bouclée. En même temps, il y a un feuilleton qui court sur plusieurs épisodes, voire toute une saison. Là, la saison 4 est un pur feuilleton, avec 8 épisodes qui s’enchaînent pour former une seule enquête. Donc, cette saison 4, elle vaut vraiment le coup ?

Davantage que le côté ado, le principal intérêt de Veronica Mars est de proposer une héroïne en guerre contre une ville symbolisant toutes les tares : la corruption, les violences sexuelles, le mépris de classe. Les 64 épisodes des 3 premières saisons décrivaient Neptune comme un microcosme négatif de notre monde. Veronica Mars reprend un procédé qu’on a déjà vu dans Young Americans, le spin-off de Dawson : prendre un adolescent middle-class et le projeter dans la caste des riches. C’était d’ailleurs aussi le procédé de Newport Beach.

 

Saison 4 de Veronica Mars : plus virulente que jamais

The CW diffusa Veronica Mars à la même période que The Wire sur HBO. Veronica Mars partage avec The Wire une vision pessimiste de notre monde via la description une ville. Bon, le traitement est très différent mais la démarche est la même.

Et côté pourritures, cette saison 4 en regorge de vertes et des pas mûres. Dès la première scène, Veronica gère une cliente qui symbolise tout le mépris de classe des riches. Ensuite des stars qui aiment un peu trop les mineures, les yuppies coincés qui veulent être cool et qui sont juste pathétiques, des ordures nationalistes, les violences faites aux femmes, sujet omniprésent depuis le début de la série, Weevil, qu’on avait quitté dans le film heureux et stable, a tout perdu à cause du racisme purulent dont il a été victime, l’occasion pour Thomas de se la jouer Pierre Bourdieu. Avec tout un discours sur la reproduction des élites, qui sont presque toujours des WASP,  des blancs, et rarement des minorités. Parler des laissés-pour-compte d’un milieu est un thème récurrent chez Rob Thomas. C’était même le sujet de sa série Party Down.

Non, en saison 4, Neptune est plus pourri que jamais, et les Mars n’y peuvent rien. La seule amélioration est qu’après les infâmes Lamb, on a enfin une cheffe de la police compétente, mais un peu dépassée.

Beaucoup de revivals se cassent le nez en ce moment. Mais la base de Veronica Mars est intemporelle. 12 ans après, cela fonctionne toujours autant.

 

Veronica Mars : une saison 4 plus sombre

Ensuite, l’histoire. Est-ce qu’elle vaut le coup ? Bon Dieu, OUI ! L’enquête est superbe. Cette saison 4 et surtout les deux derniers épisodes, nous canonnent de twists incroyables. On retrouve aussi les dialogues piquants, la critique sociale, le fan service amusant et jamais lourd. Cette saison est très réussie. Mais elle surprend par une plus grande noirceur.

On se souvient de Veronica Mars comme une série maligne, légère, très ado… et on oublie que les trauma d’adolescente de Veronica, plus la fréquentation d’une ville pourrie de partout l’ont rendue plus dure, plus misanthrope. C’était déjà le cas dans les premières saisons, mais ici, elle atteint des sommets de cynisme.

Beaucoup de fans se plaignent de ne plus reconnaître leur « Veronica », mais bon sang. Veronica vit dans une ville pourrie jusqu’à la moelle, vous vous attendiez à ce qu’elle soit plus apaisée, plus sympa ? Quand vous vivez longtemps dans un lieu à désespérer de l’humanité, oui, on devient amer, aigri. On peut ne pas aimer cette orientation du personnage, mais elle est logique. Dans les trois premières saisons, Veronica était déjà un personnage amer.

Et c’est là que j’en viens au point le plus délicat : la fin de la saison. Je ne vais pas vous la spoiler, mais je vais vous dire pourquoi contrairement aux fans, je suis plus mitigé que furieux.

 

Le retour du syndrome Bonanza

Le problème de la fin est qu’elle tombe dans un vieux cliché de scénariste qui existe depuis 60 ans, et que pas mal d’auteurs aujourd’hui ne sont toujours pas foutus d’éviter. C’est ce qu’on appelle le « syndrome Bonanza ».  Pour faire court, le syndrome Bonanza repose sur la croyance qu’un héros fort ne peut pas être heureux. Et ça, c’est du bullshit, du caca de taureau. Pourtant, il existe plein d’hommes et de femmes fortes qui vivent une vie heureuse. Rob Thomas l’a même avoué dans une interview récente, il pense que rendre ses personnages heureux ne ferait pas de bien à l’histoire. Oui cette fin joue trop la surenchère dans la noirceur, mais elle est quand même logique.

Dans l’univers de Veronica Mars, le bien ne triomphe pas toujours. Rappelez-vous des Fitzpatrick, les mafiosi irlandais de Neptune. Veronica a tenté plusieurs fois de les arrêter, y compris dans le finale de la saison 3, mais elle n’y est jamais arrivée. Surtout, on a vu que Neptune devenait de pire en pire alors même que Veronica enchaînait les victoires. Et dans un monde aussi pourri, amer, que celui de Veronica Mars, cette fin est logique.

Ce qui est problématique, c’est que Rob Thomas fait cette fin pour des mauvaises raisons : de croire que ses personnages n’ont pas le droit d’être heureux. Pour un écrivain aussi doué que lui, c’est une erreur difficile à avaler.

 

Une nouvelle saison palpitante

Dans la saison 4 de Veronica Mars, on retrouve tout ce qui fait le charme de la série, avec une enquête palpitante. Mais attendez-vous à plus de noirceur. Après tout, cette saison est dans la droite ligne des trois précédentes. C’est l’histoire de personnages qui ont vu leurs illusions brisées par un monde cruel, et qui ne s’en sont jamais vraiment remis. Et ça, c’est quelque chose que l’on peut comprendre à tout âge.

 

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TOP 10 SÉRIES DÉBILES

TOP 10 DES SÉRIES LES PLUS DÉBILES

Leçon n° 1 pour vendre sa série : avoir un pitch qui cartonne. Pourtant, des scénaristes atteints et des producteurs inconscients ont plus d’une fois violé cette règle élémentaire. Par conséquent, certaines séries qui n’auraient jamais dû exister ont vu le jour, malgré un pitch particulièrement débile. Pourtant, ces séries ne sont pas forcément mauvaises. Mais on se demande juste comment des millions ont été investis sur la base d’une idée WTF. Dans cette vidéo, le binge doctor vous partage son top 10 des pitchs de séries débiles (transcript ci-dessous)

 

Transcript :

Bonjour les addicts ! Je suis le binge doctor. Parfois le monde est aussi compréhensible que la saison 2 de Dark.

Certaines séries prennent un pitch de plomb et en font de l’or, certaines prennent un pitch en or et en font du plomb, certaines prennent de la merde et en font une bonne grosse chiasse. Après les spectateurs débiles, les séries débiles. Fans de bébés narrateurs, de chevaux qui parlent, et d’Alerte à Malibu version série ado, voici mon top 10 des pitchs de séries les plus débiles.

 

10. Crime Traveller : la série de voyage dans le temps qui n’a rien compris au voyage dans le temps

Niveau séries débiles, on commence avec du lourd. Certains se tirent une balle dans le pied, Crime Traveller se tire un missile dans le cul. Crime Traveller est une série sur deux inspecteurs qui utilisent une machine à remonter le temps pour résoudre des crimes.

Dans Crime Traveller, les règles du voyage dans le temps sont considérées comme particulièrement crétines, Voici donc leurs règles…

1. On ne peut pas voyager dans le futur. Pourquoi ? Parce que le futur n’existe pas… Euh, si, si, on apprend ça dans la Physique Quantique pour les nuls. Donc, ça n’a pas de sens.

2. Si tu es blessé dans le passé, tranquille mon pote, tu es automatiquement guéri dans le présent. Bon, fuck la causalité, check.

3. Si vous emportez un objet du passé, il disparaîtra automatiquement dans le présent… Non mais c’est quoi cette machine de [BEEP]

Crime Traveller, la seule série qui encule la cohérence dès son pitch.

 

9. Espion à la mode : un entretien d’embauche moins crédible tu meurs

Dans Espion à la mode, ou Cover up en anglais, Danielle, une photographe de mode, apprend à la mort de son mari qu’il était de la CIA. Donc, que lui propose le boss de son mari : eh ben, qu’elle devienne agent secret de terrain à sa place. Alors, je dois vraiment dire pourquoi c’est foireux ?

Non.

 

8. The Robert Taylor Show : la série interdite par le gouvernement

En 8e position, The Robert Taylor Show

Alors, celui-là, il fait très « bourde de stagiaire à son premier jour ». En fait, je triche un peu parce que ce n’est pas le pitch qui est foireux, mais sa production. En effet, le pitch, il était pas dégueu. C’était une série basée sur les dossiers officiels du ministère de la santé aux États-Unis. Et 4 épisodes ont même été tournés. Et puis, il est arrivé une couille :

– Allô ?

– Ici le ministère de la santé, c’est vous qui faites une série basée sur nos dossiers ?

– Oui,

– Mais dites-moi, vous avez demandé l’autorisation du gouvernement ?

– Eeeeeeeeeeeeeeeeeh.

La série n’a jamais été diffusée.

 

7. Ma mère à moteur : la série qui fait peur aux bouddhistes.

Oui, la série s’appelle Ma mère à moteur, elle est aussi connue sous le titre Maman bagnole.

C’est un mec qui achète une bagnole, et qui se rend compte que c’est la réincarnation de sa mère. Y a des baffes au Karma qui se perdent.

 

6. Mr. Smith : le singe savant… littéral.

Là, on parle d’une série sur un singe qui boit un truc expérimental, et devient tellement intelligent qu’il devient le conseiller politique du président. Je sais pas ce que le scénariste a fumé, mais là… ça dépasse tout ce que j’ai pu imaginer.

 

5. Zombie land saga : The Dancing Dead

En réalité, C’est un anime plutôt bien foutu. Mais, je pense que pour le pitch, saga, le scénariste a dû sniffer les cendres d’Amy Winehouse.

Dans Zombie land saga, un producteur qui a pété un peu plus qu’un boulon, ressuscite 6 jeunes filles pour former un groupe de death métal zombie appelé Franchouchou. Pourquoi Franchouchou ? Parce que c’est le bruit que fait une des nanas zombies quand elle éternue.

Si vous n’êtes pas déjà en train de mater cette série, vous êtes mort pour moi.

 

4. Poochinski : Le chien flic pétomane

L’échange de corps est un procédé souvent cool. Sauf qu’un jour, trois auteurs sous absinthe se sont dit « eh les gars, si on faisait un échange de corps entre un flic ultra intelligent et son toutou pétomane ».

C’est une blague ? Non, ils l’ont vraiment fait.

Cerise pourrie sur le gâteau de merde, la production de Poochinski s’est dit qu’un vrai chien, c’était trop raisonnable pour un script aussi idiot.

Donc, ils ont construit un chien mécanique, qui leur a coûté plus de 100000$. Pourtant, il a aussi bien fonctionné qu’un film avec Nicolas Cage.

 

3. The Patty Duke Show : comment mettre les profs d’SVT en PLS ?

Dans la catégorie j’emmerde la génétique, celle-là explose tout. The Patty Duke Show met en scène deux jumelles, jusque-là tout est normal… sauf que ce sont des cousines. Des cousines jumelles…

Ça n’a aucun sens !

Et quand on a demandé au créateur de la série s’il nous prenait pas un peu pour des billes, eh ben il a répondu :

Non, mais c’est normal, les pères des jumelles ce sont des frères jumeaux.

C’est incroyable, quand tu crois que la série a touché le fond, elle a déjà atteint le noyau terrestre, et j’en suis encore qu’au pitch.

– Mais, rassurez-moi, pour faire des gosses, faut bien être deux, non ?

– Ouais.

– Donc, pour avoir des cousines jumelles, les mères aussi doivent être des sœurs jumelles. Pourtant, vous n’en parlez pas ?

– Eeeeeeeeeeeeeeeeeeh ?

 

2. The Secret Diary of Desmond Pfeiffer : L’esclavage, c’est trop de la balle

Celui-là est… embarrassant. Desmond Pfeiffer, c’est un noble aristo anglais du XIXe siècle, criblé de dettes, en passant, il est noir. Pour échapper aux huissiers, il devient le valet d’Abraham Lincoln. Et là, les profs d’histoire sont en train de tous mourir d’une crise cardiaque.

Vu que c’est une sitcom, les auteurs se sont dit, d’accord, on va parler d’esclavage, mais ce sera quand même pour rire…
NON, ÇA NE MARCHE PAS !

Et quand tu vois la série, t’avais vraiment l’impression que les esclaves vivaient la belle vie.

Là, arrivé à ce point, vous vous dites, d’accord, cette série est deuxième. Mais qu’est-ce qui peut être pire que ça ?

Vous pensiez vraiment que vous alliez y échapper. Et non, mes p’tits polissons, vous avez compris, on va bien atteindre le point Godwin !!

 

1. Heil Honey I’m Home! : Le malaise puissance 10000

Heil ? Oui, Heil. Ils l’ont fait. Ils l’ont vraiment fait.

Qui sur Terre a pu penser qu’une sitcom avec Adolf Hitler et Eva Braun pouvait marcher ? Ah oui, et vous savez ce qui est censé être drôle dans Heil Honey I’m Home! ? C’est que les voisins des Hitler, sont des juifs. Eh ouais, des nazis, des juifs, le choc des « cultures », c’est drôle, hein c’est, c’est… S’il vous plaît, commentez à ma place, j’en peux plus !!

Voilà, cette vidéo est terminée, si vous connaissez des séries débiles, mais allez-y, lâchez-vous en commentaire. Quant à moi, je vous dis à une prochaine vidéo. Salut !

8 SECRETS DE TOURNAGE DE KAAMELOTT

Pendant que sa Majesté Alexandre Astier nous mitonne Kaamelott le film, que les fans attendent depuis plus de 10 ans, je vous propose une vidéo où je partage 8 anecdotes peu connues touchant à la série Kaamelott (transcript ci-dessous)

 

Transcript :

Bonjour les pécores. Laxativus dragei diarrhea donat. Bon, ça ne veut absolument rien dire, mais je trouve que c’est assez dans le ton.

Si tu es fan de Kaamelott, tu sais que c’est comme la tarte aux myrtilles de Dame Séli, c’est patrimonial. Tu penses bien connaître Kaamelott ? Eh ben, j’te parie un neurone de Perceval que tu connais pas les 8 anecdotes concernant la série. Dans tous les cas, n’hésite pas à me poster en commentaire tes propres anecdotes sur Kaamelott. Et maintenant, les niquedouilles, ouvrez vos esgourdes !

1. En termes de blagues/minute, Kaamelott est la 2e série française la plus drôle.

Ça, ça ressort d’une étude menée par les journalistes de Slate qui ont compté de blagues par minute dans plusieurs séries françaises. Alors y a des pégus qui vont me dire que ça ne prend pas en compte la qualité des blagues. Peut-être, mais là au moins, on a des notions concrètes.

On prend en compte que les 4 premiers livres de Kaamelott, parce qu’après, c’est plus noir qu’un épisode de Calls, eh bien on arrive à 3.29 blagues par minute en moyenne. Bien devant les 2.86 de H, et les 2.11 de Un gars, une fille. Par contre, avec son montage plus agité qu’un gugus qui a la courante, Bref arrive à la bagatelle de presque 5 blagues/minute. Kaamelott n’est donc qu’en 2e position.

5 blagues par minute, c’est cool hein ? Ouais, ben avant d’égorger le veau gras, vous allez ranger vos slips et vous rappeler que des sitcoms comme Friends caracolent à 6 blagues par minute.

Allez, un p’tit cul de chouette pour se consoler ?


2. Le Perceval de Kaamelott est le même que le Perceval de la légende.

Eh oui, parce que la vraie table ronde, elle avait pas que des puceaux dans le genre de Lancelot, elle avait aussi de bonnes grosses tanches. Et le vrai Perceval, c’en était une de compétition.

Dans Kaamelott, Perceval est un enfant adopté promis à un grand destin qui ne connaît même pas son nom, comme dans la légende. Mais surtout, c’est un con fini qui n’ouvre la bouche que pour dire des conneries plus grosses que la première femme du Duc d’Aquitaine. 

Voici un extrait de Chrétien de Troyes à propos de Perceval :

Il n’est pas, Dieu me pardonne.

Bien dressé à nos usages.

Il ne répond comme il faut.

A aucune de mes questions.

Il a tout d’une bête.

Il faut être fou pour s’arrêter à lui.

A moins de perdre son temps en vaines sottises.

D’ailleurs le surnom de Perceval était « le nice ». Traduction : C’est juste ducon.


3. Kaamelott était au départ une anthologie qui se déroulait à différentes époques.


Dans une interview à France Info, Nicolas Gabion, qui joue Bohort, a lancé une sacrée bombe, qui heureusement… n’a fait aucune victime !

D’après Gabion, le projet était de faire une  « série sur les grandes réunions de l’histoire, d’abord les chevaliers de la Table ronde, puis Yalta, puis les frustrés du final de Game of Thrones », etc.

Alors, qu’est-ce qui s’est passé ? Ben, le tournage a été aussi calme qu’une réunion de la Table Ronde, avec zéro budget. Faire de nouveaux décors sans pognon, ça leur bavait les roupettes. Du coup, un seul épisode, Dies Irae, a été tourné. C’est là qu’M6 se pointe, zyeute le bousin, et on connaît la suite.

 

4. L’épisode préféré d’Alexandre Astier est : « Poltergeist ».

Dans cet épisode, le 53e du livre III, Perceval et Karadoc tentent d’apprendre en vain le code des éclaireurs, qui communiquent en tapant sur des bouts de bois. On les aurait laissés seuls, ils auraient pris des bouts de haricots.

Alexandre Astier dit donc de l’épisode qu’il est son favori, je cite «  Celui-là, je le trouve bien bouclé, il est bien rond… ».


5. Le livre préféré d’Astier est le livre V.

Alexandre Astier, c’est pas une épaule d’agneau. En effet, il n’a jamais caché que le format shortcom de 3 minutes 30, c’est d’la fiente d’autruche. Car lui, c’qu’il veut, c’est le format américain de 40 minutes, point barre.

Astier a toujours pensé Kaamelott comme un drame avant tout. Dans ses conditions, le livre V est la vision la plus fidèle qu’il a de son projet. En fait, Astier est en train de nous dire que si on aime que les 4 premiers livres, c’est qu’on a rien capté à sa série.


6. Kaamelott se déroule tout entière dans la tête d’un jeune garçon.

Oui, je sais ça a l’air encore moins crédible qu’un récit de Perceval, mais c’est la vérité. C’est ce que les américains appellent le « Tommy Westphall Universe ». J’ai d’ailleurs fait une vidéo sur le sujet que je vous invite à regarder :

En gros, à cause du final d’une certaine série des années 80 (Hôpital St Elsewhere), la quasi totalité des séries américaines, plus quelques films, n’existent que dans la tête d’un enfant autiste appelé Tommy Westphall.

Or, Kaamelott fait pas mal de références à la culture américaine, notamment à Star Wars et à la porte des étoiles de Stargate. Or, Stargate et Star Wars sont des œuvres qui font partie du Tommy Westphall Universe.

Alors, un peu de logique : comment Kaamelott peut-elle faire référence à des œuvres qui n’existent que dans la tête d’un jeune garçon ? Ben, seulement si Kaamelott est elle-même dans la tête de ce garçon !


7. Kaamelott est la première série française tournée en Haute Définition.

Ça peut paraître bizarre, mais ouais, avant 2005, les séries françaises n’avaient ni caméra HD ni pognon ni scénaristes. D’après 20 minutes, Kaamelott fut filmée avec 2 caméras haute définition Sony HD Cam, et en 16/9 plutôt qu’en 4/3. Le but, selon Astier, était de se rapprocher d’une qualité cinéma.

Ainsi, M6 a dû cracher 20000 euros par épisode. C’est-à-dire 2 millions d’euros par saison, du jamais vu en France ! Bon, après, 2 millions, ça couvre même pas le budget en faux sang de Game of Thrones.

 

8. On sait si Kaamelott va se finir bien ou mal.

Le 9 janvier 2008, juste après la diffusion du livre V, Alexandre Astier était invité dans l’émission Nonobstant, d’Yves Calvi, sur France Inter. Là, il a parlé de ses influences en matière d’écriture, notamment de Joseph Campbell. Campbell a en fait proposé un schéma qui s’appelle « le voyage du héros », et qui est basiquement, le canevas de 95 % des scénarios de films aujourd’hui.

Or, Arthur est un héros Campbellien par excellence. Donc, Astier a dit « D’après Campbell, il faut que ça se finisse bien ». Et il ajoute « On ne va pas raconter l’histoire d’un héros qui ne se relève pas, quel enseignement triste pour la jeune génération ».

Bon, c’est possible qu’Astier ait changé d’avis depuis, mais perso, j’y crois pas trop. Vous pouvez me dire ce que vous en pensez en commentaire.

Allez, j’espère que les péteux que vous êtes ont récupéré quelques cases. Moi, je vous dis, à une prochaine vidéo ! Salut !

 

Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

 

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Quand les séries tuent trop de personnages LGBT : le syndrome Bury your gays

Quand les séries tuent trop de personnages LGBT

Le Binge Doctor revient aujourd’hui sur le syndrome « Bury your gays ». Depuis la mort de la lesbienne Julie Solkin dans la série Executive Suite (1976), les personnages LGBT – et spécialement les femmes LGBT – meurent plus souvent (et de manière souvent maladroite) que les persos hétéros. Cela renvoie un message négatif à la communauté, mais a aussi pour effet de baisser la qualité de la série. Heureusement, des solutions existent. Pour tout savoir sur ce syndrome, cliquez sur la vidéo (transcript ci-dessous)

 

 

Transcript :

Bonjour les addicts ! Bienvenue sur cette nouvelle vidéo. Si tu as envie de tout savoir sur les séries, avec des analyses, des blind tests, des réponses aux questions que tu ne t’es jamais posées, je t’invite à cliquer sur le bouton abonnement et sur la cloche pour ne rien manquer de mes dernières
vidéos.

Aujourd’hui, une vidéo un p’tit peu plus sérieuse, parce qu’on va parler des morts de personnages LGBT+ dans les séries américaines. Alors, je suis comme toi, je hais les spoilers. Donc si je dois spoiler, je vous mettrai à l’avance des balises qui vous permettront de sauter la partie spoiler.

 

Le syndrome « Enterre tes gays »  dans les séries

Le syndrome « Enterre tes gays » ou « Bury your gays » est la tendance à tuer de manière excessive et ratée les personnages LGBT+ dans les séries.  C’est un cas particulier d’un autre syndrome de séries qu’on appelle « Le syndrome Bonanza »

Alors, si je vous dis ça, votre première réaction va sans doute être « Non, mais ça va, y a beaucoup de persos hétéros qui meurent aussi, hein ! »
Alors oui, y a beaucoup plus de persos hétéros qui meurent que de personnages LGBT+… mais c’est peut-être parce qu’il y a 50 fois plus de persos hétéros que de personnages LGBT+. Non, le problème, c’est qu’un perso LGBT a 4 fois plus de chances de mourir qu’un perso hétéro.

4 fois plus de chances de mourir pour un personnage LGBT+

Selon le rapport du GLAAD (Gay & Lesbian Association Against Diffamation), sur la saison 2015-2016, il y a eu 271 personnages LGBT+ réguliers et récurrents. Or, en 2015-2016, il y a eu 409 séries américaines.

Une série américaine a en moyenne 20 personnages réguliers et
récurrents. Il y a donc eu grosso modo, 271 personnages LGBT et 7909 personnages hétéros (409 x 20 – 271) cette année-là.

Et, c’est là qu’ça commence à puer du cul, mais violent.

Trois journalistes ont compté le nombre de personnages réguliers et récurrents morts durant la saison 2015-2016, en prenant en compte leur orientation sexuelle. Sur 271 personnages LGBT, 29 sont morts. Ça fait à peu près 10.7 %. Sur environ 8000 personnages hétéros, 213 sont morts. Ça fait 2.6 %. Donc 4 fois moins.

 

Bury your gays : un fléau qui touche surtout les femmes

Pire, cette année-là, sur les 29 personnages LGBT morts, 22 étaient des femmes. 3 personnages LGBT morts sur 4 sont des femmes ! D’ailleurs, le premier nom du « bury your gays » était le « Dead Lesbian Syndrome ». Mais pourquoi donc ? Car le patriarcat les considère comme dangereuses.

Et comme par hasard, selon une étude menée par Variety, 3 producteurs américains sur 4 sont des mecs. Pourtant, ces producteurs sont souvent des mecs attachés aux droits des LGBT. Mais je vais revenir plus tard sur ce paradoxe.

 

Le syndrome « Bury your gays » : un impact négatif sur la communauté LGBT+

On peut se dire « Ouais, OK, c’est pas génial, mais ça va, c’est que de la fiction. » Faux !

En 2011, deux chercheurs ont conclu à un lien direct entre la représentation médiatique des LGBT+ et l’impact psychologique sur ce public. Une représentation négative produit un effet négatif sur la communauté. Si en plus vous êtes LGBT+ et non-blanc, c’est pire. Mais alors, d’où vient cette tendance à tuer les personnages LGBT+ dans des proportions suspectes dans les fictions ? Eh ben, elle date pas d’hier. Une mort en particulier a fait parler d’elle, dans Buffy contre les vampires.

 

 

Bury your gays : Le cas Buffy contre les vampires (DÉBUT DES SPOILERS)

Buffy contre les vampires, série fantastique culte, a médiatisé l’un des premiers couples LGBT+ de la télé. A la fin de la saison 4, Willow tombe amoureuse de Tara. Dans l’épisode Orphelines, Joss Whedon convainc la chaîne The CW, pourtant frileuse sur la question, de diffuser un baiser entre les deux femmes. Whedon poussera même plus tard l’audace à suggérer un cunnilingus de Willow sur Tara dans un épisode musical. Voilà un couple lesbien positif et lumineux.

Arrive l’épisode « Rouge Passion » (6.19).


Dans cet épisode, Warren, l’un des méchants, tire sur Buffy avec une arme à feu. L’une des balles la rate et atteint Tara en plein cœur qui meurt dans l’instant. Plusieurs fans s’émurent du traitement réservé à Tara, dont la mort ne sert qu’à donner une storyline de vengeance à Willow.

FIN DES SPOILERS

 

Les LGBT+ ont-ils pris la place des Noirs ?

Quand on y pense, on peut faire un parallèle avec les minorités raciales, notamment les noirs. La tradition de tuer un personnage noir, pour laisser un personnage blanc accomplir sa quête existe encore aujourd’hui, même si c’est moins fréquent. On pourrait dire avec cynisme que les personnages LGBT+ ont pris la place des noirs.

Mais il fallait une mort de personnage LGBT+ particulièrement ratée pour réveiller le grand public sur la question. Et ce triste privilège est revenu à la série The 100.

 

Bury your gays : Le cas The 100 (DÉBUT DES SPOILERS)

Le 3 mars 2016, le 7e épisode de la saison 3 de The 100 est diffusé sur The CW. Dans cet épisode, Clarke et Lexa, l’un des couples favoris des fans, fait l’amour pour la première fois. Quelques minutes plus tard, Lexa est tuée à bout portant par une balle en réalité destinée à Clarke.

 

FIN DES SPOILERS

The 100 : Un backlash foudroyant des fans

Et cette mort a déclenché un shitstorm du feu de dieu ! En quelques minutes, le hashtag #LGBTfansdeservebetter est en trending, un site portant le même nom voit le jour, les réseaux sociaux commentent négativement l’événement, fans hétéros, homos, bi, trans, etc. se retrouvent tous pour dénoncer une mort mal écrite et nuisible. Les fans lèvent même des fonds pour le projet Trevor, qui soutient les LGBT en détresse psychologique. La réaction a été aussi épique que la série. Mais alors pourquoi cette mort a été si mal reçue ?

 

Bury your gays : Des morts spectaculaires pour un effet facile

Dans son article sur l’historique du « Bury your gays », Haley Hulan y voit un exemple de plus de « mort LGBT montée en spectacle ». C’est le gros problème du « bury your gays » : les personages LGBT+ dans les séries meurent souvent de manière spectaculaire et choquante, c’est pour ça que non seulement elles sont mal écrites, mais en plus, il y en a trop.

Jason Rothenberg, le créateur de The 100, s’est défendu en invoquant que dans sa série « tout le monde peut mourir ». (Attention, lien spoiler). Ouais ma couille, c’est le cas ! Mais cette mort sonne trop forcée pour être convaincante. Mais il y a pire !

Cet acharnement sur les personnages LGBT est hélas très commun. Pour ne citer que des séries populaires, Vampire Diaries, Blindspot, Boardwalk Empire, Supernatural… sont devenus des tombeaux pour des personnages LGBT+. Pourtant la plupart des auteurs sont certes hétéros mais gay-friendly. Alors pourquoi, souvent, ça pue la merde quand ils tuent un perso LGBT ? Ben, y a 2 raisons.

 

Les raisons du Bury your gays

1. Une mort de perso LGBT+ aura plus d’impact qu’une mort de perso hétéro.

Faites le calcul : les LGBT+ vont être émus de la disparition d’un de leurs représentants. Tandis que les hétéros gay-friendly, conscients des oppressions que subissent les LGBT+ dans la vie réelle, seront paradoxalement encore plus émus encore que si c’était un personnage hétéro.

2. La romantisation absurde des morts des personnages LGBT+.

Les auteurs ont tendance à romantiser leur mort. Oh, la balle perdue qui tue une lesbienne, oh ce suicide déchirant… Tout ça, c’est de la romantisation de mes deux ! Bon ok ok je râle. Mais il existe des solutions.

 

Les solutions au syndrome Bury your gays

La première solution au « Bury your gays », c’est, ben, simplement, arrêter de bâcler les morts de personnages LGBT+. La répartition des morts sera plus égalitaire, et l’histoire sera meilleure.

Et puis il y a des techniques toutes bêtes. Si vous faites une série où tout le monde peut mourir, ben, on ne va pas s’étonner qu’un perso LGBT meurt, du moment que sa mort est bien écrite (ex. Game of Thrones).

Ou alors vous proposez une série avec un cast LGBT, dans ce cas, l’orientation sexuelle d’un perso décédé n’a plus d’importance (ex. Orange is the New Black).

Et puis, la mort n’est pas forcément nécessaire. On peut faire disparaître un perso sans le tuer. Une série comme MI-5 a aussi bien maîtrisé les morts que les départs de personnages.

Et puis, il y a la production. Si on met plus de showrunners LGBT+ dans les séries, eh ben le risque sera moins grand. J’ai dit moins grand parce que ça n’immunise pas. Les fans de l’Arrowverse savent de quoi je parle.

Si vous voulez en débattre, si vous voulez partager vos propres exemples de morts LGBT+ ratées, je vous invite à en parler en commentaires. Quant à moi, je vous dis à une prochaine vidéo. Salut !

 

Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

 

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