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L’Art de la fugue : si ce n’est toi, c’est donc ton frère


2 out of 5 stars (2 / 5)

Film léger sur les petites lâchetés quotidiennes, L’Art de la fugue porte bien son nom: dans une suite d’évitements des responsabilités et des engagements, les personnages de Brice Cauvin s’évadent et se croisent, s’aiment et se tournent le dos, dans une chronique réaliste sur les caprices du cœur et la pression sociale exercée sur le couple.

Une belle bande d’acteurs

L’Art de la fugue parle avec finesse de solitude et de faux-semblants. Les trois frères, incarnés par Laurent Lafitte, Benjamin Biolay et Nicolas Bedos, sont délicieusement différents, et nous offrent trois visions d’amoureux. Lafitte est un homosexuel en couple avec un aimable psychologue (c’est un plaisir de retrouver Bruno Putzulu) mais il rêve de passion et hésite à s’engager pour de bon. Bedos, éternel arrogant, a une superbe blonde qu’il trompe avec une jolie brune. Biolay, taciturne et mélancolique, est toujours amoureux de son ex-femme, jouée par Judith El Zein, abonnée, apparemment, aux rôles de belles femmes froides.
Leurs parents vous rappelleront peut-être les vôtres: inquiets, exigeants, ils veulent régler la vie de leurs enfants selon leur désir, sans forcément demander l’avis des intéressés.

Agnès Jaoui : on en veut plus !

Et puis il y a Agnès Jaoui, en confidente de Laurent Lafitte, qui égaie L’Art de la fugue et lui donne du relief.

Agnès Jaoui dans L'Art de la fugue, de Brice Cauvin
Agnès Jaoui dans L’Art de la fugue, de Brice Cauvin

Il aurait fallu, peut-être, qu’au-delà de l’adaptation, Jaoui aide aussi du côté des dialogues. Le film n’est pas réalisé avec brio. Les répliques et les situations devraient être essentiels, mais manquent de piquant. Si l’on aime l’humour corrosif des comédies Jaoui-Bacri, on sera peut-être déçu par ce film qui aborde le sujet des renoncements de l’âge adulte sans assez de mordant.
Restent tout de même de savoureux dialogues de sourds, et une métaphore des allers-retours de l’existence par les voyages en train et en avion.

Une morale douce-amère (Attention Spoilers)

Le film évite aussi le happy end facile. Les décisions finales des personnages sont-elles décevantes ou réalistes ?
Leurs choix évoquent l’excellent film de James Gray, Two Lovers, où un homme hésite entre un amour raisonnable (lui aussi encouragé par ses parents) et une passion.


J’ai vu ce film à sa sortie en 2008, et je me souviens avoir été déçue par la fin. James Gray était-il pessimiste ou honnête ? Lâchement raisonnable ou juste plus sage que je ne l’étais à 25 ans ?

L’Art de la fugue : une morale douce-amère

À 32 ans, je vois un film à la morale douce-amère qui semble similaire, et je m’interroge. Deux des trois frères dans L’Art de la fugue choisissent les prétendants que leurs parents préfèrent. Il n’y a guère que le benjamin (avec un grand et un petit B) pour choisir une compagne qui déplaise à sa mère.
Faut-il se contenter de la morale de Voltaire, qui nous disait, dans Candide de cultiver de notre jardin ? De celle de Frank Baum qui faisait dire à Dorothy qu’on n’est jamais mieux que chez soi ?
Dans La Rose Pourpre du Caire, Mia Farrow renonce à son amour-fantasme et demeure dans le réel. Elle se console au cinéma – comme tant d’autres – de son terne quotidien.


Dans un film, la décision finale n’est pas nécessairement la passion, même si cela plaît mieux au spectateur, ou qu’il y est habitué. Brice Cauvin fait le choix, courageux, peut-être, de montrer des personnages raisonnables, et finalement malheureux.
Les films heureux nous consolent de la tristesse de l’existence et font que l’on s’en accommode. Ce ne sont pas les happy ends qui rendent déraisonnables, ce sont les films trop proches du réel qui donnent des envies d’évasion. C’est pourquoi le film de Brice Cauvin, s’il n’est pas extraordinaire, s’avère utile.
 
 
L’Art de la fugue donne envie d’en faire une. Pour de bon.

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Papa ou maman : la guerre est déclarée


4 out of 5 stars (4 / 5)

 
À ceux qui ont dessiné, trop tôt, leur route vers le ciel.

La salle de projo était en noir. De ces lourds matins où l’on sait que le monde a changé. Les visages étaient tristes, des murmures s’échangeaient.
 
Flottant dans une brume de chagrin depuis hier, j’ai hésité jusqu’à la dernière minute à me rendre en salle.
 
Une comédie, en pareil jour ? Oui. Rien de tel qu’une salle obscure pour combattre l’obscurantisme.

Comédie impertinente et pertinente

Ma minute de silence fut une minute de rire. On a dit des dessins de Tignous qu’ils étaient à la fois impertinents et pertinents. Papa ou Maman répond à cette définition.
 
Fincher nous démontrait dans Gone Girl que le mariage, c’est s’accorder sur le même mensonge. Martin Bourboulon, réalisateur, avec la complicité d’Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte, créateurs du Prénom (ici scénaristes, dialoguistes et adaptateurs) nous proposent le même message sous forme de comédie.
L’annonce du divorce par Vincent et Florence (formidables Laurent Lafitte et Marina Foïs) à leur couple d’amis (c’est une joie de retrouver Judith El Zein, Anna dans Le Prénom) révèle les hypocrisies courantes en pareille situation. La franchise de ceux qui ne s’aiment plus met mal à l’aise ceux qui font semblant de s’aimer encore.
 
Les spectateurs qui ont ri nerveusement devant Gone Girl auront la même réaction devant Papa ou Maman. Quant à ceux qui démoliront le film ou le condamneront d’avance, ils auront été touchés au point sensible, et l’équipe du film, loin d’en être navrée, pourra sabrer le champagne.

Les enfants vont bien

 
La bande-annonce donne hélas une mauvaise idée du film: on a l’impression qu’aucun des deux parents n’aime ses enfants et que chacun souhaite s’en débarrasser.

 

 



Or, les deux ont une promotion à l’étranger au même moment, alors qu’ils divorcent. D’où la question épineuse de qui gardera les enfants à Paris.

 
Autre problème de com: l’affiche. Un internaute m’a signalé sur Twitter (Merci @DavMuhire) que le poster de Papa ou Maman était très proche de celui de This is the End (C’est la fin) de Seth Rogen.




Cette similitude ferait passer Papa Ou Maman pour une farce potache au lieu d’une fine comédie, ce qui est fort dommage. Vous me direz que c’est pour attirer du monde en salles. Soit. Mais les créateurs du Prénom, doués pour les dialogues et les thèmes de société, visent-ils le même public que Seth Rogen ?

Papa ou maman : un sujet qui fâche

Le film de Martin Bourboulon attaque en effet des sujets qui fâchent, et d’une fine manière.

A-t-on le droit de dire aujourd’hui que l’on préfère privilégier sa carrière à ses enfants ?  Le sujet, encore tabou, est traité ici avec un humour corrosif.

Quand la guerre d’un couple se joue souvent sur la garde des enfants, il s’agit ici de les laisser à l’autre.La baby-sitter, qui refuse de revenir, envoie, dès le début du film, une réplique qui tue: « Ce sont vos enfants. Je les déteste. » Autre sujet qui fâche. A-t-on le droit de dire de nos enfants qu’ils nous insupportent ?

 

Le comique Jean-Luc Lemoine avait, de son côté, osé faire un sketch sur un fils, non pas détestable, mais moche.



Avec un humour tendre et grinçant, Etienne Chatillez nous parlait en 2001 d’un couple de parents prêts à tout pour se débarrasser de leur fils. La scène où Vincent, dans Papa ou Maman, se glisse dans le lit de son aîné et lui raconte un mauvais rêve, ressemble à une scène de Tanguy, où André Dussolier venait aussi déranger son fils en pleine nuit.
 
Papa ou Maman, c’est Tanguy puissance 3.

Dans Le Prénom, Babou reprochait à son mari d’avoir voulu faire des enfants sans pour autant s’en occuper, « parce que les enfants, il y a rien de plus beau. » Elle raillait ainsi l’expression cliché.


Adieu les clichés !

Adieu les clichés dans Papa ou Maman. Les dialogues sont surprenants, et ça nous change. Toujours bien écrits, ils sonnent un peu comme chez Audiard.

J’ai cru remarquer, malgré la différence de ton, quelques similitudes entre cette comédie et le drame familial qui illuminait les écrans en 2011.



La Guerre est déclarée, de Valérie Donzelli, n’était pas, comme on pouvait le croire, un film sur la maladie, mais sur le couple. C’est aussi le cas de Papa ou Maman.La question n’est pas de se « débarrasser » des enfants, mais plutôt de tester les limites de l’autre, de gagner la partie à tout prix, quitte à se tromper de victoire.

 

 

Comme dans l’introduction de Valérie Donzelli, on découvre le couple dans sa jeunesse, avant les enfants, dans le tumulte d’une soirée festive. Dès la scène d’ouverture, le ton est donné: vive dispute suivie d’un baiser passionné. La caméra au poing donne le sentiment d’un film de copains, potache et sincère.


Amour vache et humour provoc

Le comique de situation est également savoureux. Il rappellera aux amateurs de Dupontel son 9 Mois Ferme: la scène des enfants dans la salle d’opération de leur père obstétricien évoque celle où Sandrine Kiberlain rencontrait le médecin légiste dans le film de 2012.


Sandrine Kiberlain et Philippe Duquesne dans 9 Mois ferme, d’Albert Dupontel (2012)

Même méthode de réalisation: gros plans sur le visage des enfants plutôt que sur le billard.

Papa ou Maman aborde également la question de la misogynie au travail, avec Florence, chef de chantier victime de sexisme ordinaire. Il est aussi moqué au sein de la famille: Vincent demande à Emma, seule fille au milieu de deux garçons, de se charger des tâches ménagères, puisqu’elle est désormais « la maîtresse de maison. »

 

 

Les parents rivalisent d’ingéniosité pour faire fuir leur progéniture. Vincent va jusqu’à louer une affreuse bicoque près du passage des trains, et la scène du déjeuner rappelle l’introduction d’Annie Hall, où le jeune Woody habite une maison située sous des montagnes russes (2.42)



 
Côté français, le hamster martyrisé évoque le chien Choupette dans le film des Inconnus, Les Trois frères (1995)

 

 

 


Aurez-vous le courage d’en rire ?

Marina Foïs et Laurent Lafitte forment un couple épatant. Lafitte, déjà très bon dans Elle l’adore, confirme son goût pour l’humour noir. Florence, décapante, va comme un gant à Marina Foïs. Les trois enfants sont également convaincants, surtout le jeune Julien (Achille Potier) qui dit avec naturel des répliques bien au-dessus de son âge.

 

 

Les premiers longs-métrages sont décidément réussis cette année.

La question de Papa ou Maman pourrait être celle du film Fargo, des frères Coen: Aurez-vous le courage d’en rire ?
 
Si l’humour noir du film de Martin Bourboulon semblera outrancier à certains, il sera hilarant pour d’autres. Papa ou Maman s’avère d’utilité publique.  Nous avons plus que jamais besoin de comédies, surtout impertinentes et provocatrices.
 

Nous sommes Charlie

Le film, au ton irrévérencieux sur un sujet qui dérange, ferait sûrement marrer les anges du journal satirique.

 
Ce soir, je reprends la plume en pensant à ceux qui sont morts pour la leur. Je n’étais guère d’humeur à la comédie ce matin. Mais j’y suis allée, et j’en suis heureuse.

En salle de projection, nous étions tous Charlie. Nous étions le rire face à la mort. Nous tenions prêts nos crayons aiguisés.

Et j’entendais nos amis nous souffler de leur tombe, comme le fit Guy Môquet:

« Vous tous qui restez, soyez dignes de nous. »


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Elle l’adore : comédie glaçante


4 out of 5 stars (4 / 5)

Le titre, c’est Berger qui revient en mémoire. Muriel a tout de la groupie rêveuse dans la chanson de 1980. Michel Berger nous disait que la groupie du pianiste suivrait son idole jusqu’en enfer.
C’est ce qui arrive à Muriel Bayen.

  Sandrine Kiberlain (Muriel Bayen) dans Elle l'adore, de Jeanne Herry (2014)
Sandrine Kiberlain (Muriel Bayen) dans Elle l’adore, de Jeanne Herry (2014)

Les fans inquiétants au cinéma

J’ai eu la chance d’assister à l’avant-première du film à l’UGC des Halles, et de poser quelques questions à l’équipe.
Jeanne Herry, jeune réalisatrice dont c’est le premier film, est la fille de Julien Clerc et de Miou-Miou. Quand je demandais aux membres de l’équipe s’ils pensaient qu’elle avait connu une admiratrice inquiétante, Laurent Lafitte m’a répondu que l’une d’elles découpait toutes les photos de Julien Clerc dans les magazines, collectionnait les articles, les posters, et tout ce qui se rapportait de près ou de loin au chanteur.
Bien que cette fan ne soit pas entrée dans une obsession malsaine, Laurent Lafitte a tout de même prononcé un nom évocateur, celui de Misery.

Livre Misery de Stephen King

Misery, sorti en 1987, est peut-être le meilleur roman de Stephen King. « La plus fervente admiratrice » de Paul Sheldon – auteur de la série à l’eau de rose « Misery » – kidnappe un jour l’écrivain pour le séquestrer chez elle. Rob Reiner a réalisé une adaptation réussie du livre en 1990.


Cette idée devait représenter une angoisse chez Stephen King, qui parlera à nouveau d’un écrivain traqué en 1989, dans La Part des ténèbres.
Tony Scott tentera sa chance sur le sujet en 1996, dans Le Fan, où Robert de Niro incarne l’admirateur d’un joueur de baseball (Wesley Snipes) dans une relation qui tourne à l’obsession.

 Affiche de The Fan

Côté français, le rapport de force s’inversait entre un jeune homme et un producteur, dans le film de Guillaume Canet sorti en 2002, Mon Idole.

Affiche de Mon Idole, de Guillaume Canet

Dans Elle l’adore, à mesure que le film avance, on ne sait plus bien qui, de la groupie ou du chanteur, domine l’autre.

Entre comédie noire et thriller psychologique

Sandrine Kiberlain joue extrêmement bien la dualité du personnage. Au début, elle apparaît en groupie adolescente découpeuse de magazines, qui entasse dans son appartement une montagne d’objets à l’effigie de Vincent Lacroix, chanteur populaire.


Laurent Lafitte (Vincent Lacroix) au piano
Laurent Lafitte (Vincent Lacroix) au piano

Peu à peu, la groupie se fait inquiétante, la bande originale du film et la réalisation accompagnant sa transformation.

Mythomane attachante, Muriel Bayen a tout du loup et de la petite fille des contes: connue comme le loup blanc lors des concerts de Vincent Lacroix, elle crie un peu trop au loup dans sa vie personnelle, racontant mille histoires farfelues pour mettre un peu de sel dans un quotidien qu’elle pense trop ordinaire.
Oui, mais voilà, lorsqu’une chose vraiment extraordinaire lui arrive, plus personne ne Lacroix (lapsus de plume, pardon.)
C’est fort dommage: ce n’est pas tous les jours qu’un célèbre chanteur frappe à votre porte pour vous demander de couvrir son crime.
Parce qu’elle est subjuguée (au sens littéral de « sous le joug ») par son idole, elle acceptera l’impossible.

L’originalité de Elle l’adore, c’est le ton. Sandrine Kiberlain a déjà prouvé qu’elle était une grande actrice comique dans 9 Mois ferme, autre comédie noire, cette fois réalisée par Albert Dupontel (2012)

Affiche de 9 Mois ferme

Elle l’adore offre une drôle d’expérience au spectateur, entre le rire et la tension. Le rire jaillit dans les moments les plus improbables, notamment lors de l’interrogatoire de police.La mythomanie de Muriel la sauve dans ce moment crucial. Son don pour le mensonge est loin d’être décoratif: il devient un agent de l’intrigue.

Mais que fait la Polisse ?

Jeanne Herry aurait pu tomber dans le mauvais téléfilm, mais de bonnes trouvailles de réalisation jouant sur les associations d’idées et un montage astucieux lui font éviter cet écueil.
Au cinéma, il est rare qu’on rie dans un commissariat. C’est la cas dans Garde à vue, grâce aux dialogues savoureux de Michel Audiard.

Affiche de Garde à vue, de Claude Miller (1981)
Affiche de Garde à vue, de Claude Miller (1981)

C’est aussi le cas dans Polisse de Maïwenn, où l’actrice-réalisatrice avait l’intelligence de montrer les policiers au travail ainsi que dans leur vie personnelle. Ils apparaissaient humains, tantôt drôles, fragiles, tendres ou inquiets. Jeanne Herry, comme Maïwenn, nous rappelle que les flics ont aussi une vie privée, des sentiments et des douleurs, qui peuvent influer sur leurs fonctions.


On retrouvait d’ailleurs Sandrine Kiberlain dans Polisse  en bourgeoise déchirante. Son physique, digne des films de Chabrol, lui permettent d’allier à son talent comique la possibilité de jouer dans un thriller psychologique.
Laurent Lafitte est également meilleur dans les rôles nuancés. On se souvient de lui dans Duo d’escrocs, en homme d’affaires requin, et la caricature ne lui permettait pas de montrer l’étendue de son talent. Il est bien plus convaincant en homme tourmenté dans Elle l’adore.
La belle découverte du film, c’est justement le couple de flics. Pascal Demolon est excellent en flic intègre et nerveux, et Olivia Côte, dans le rôle de sa collègue, a beaucoup de charisme.

Pascal Demolon et Olivia Côte, duo de flics dans Elle l'adore
Pascal Demolon et Olivia Côte, duo de flics dans Elle l’adore

Questions-réponses de l’équipe de Elle l’adore

Jeanne Herry a indiqué que la scène à ne pas rater était justement celle de l’interrogatoire. Elle tenait aussi à faire de la vraie-fausse émission de Michel Drucker un moment de cinéma. C’est effectivement la scène la plus réussie du film. On voit Vincent de dos, jouer du piano, dans un moment noyé de musique, aux effets sonores très travaillés.
Le scénario est très écrit. C’est en réalité sa vingtième version que nous découvrons en salles. Jeanne Herry a d’ailleurs fait ses débuts dans l’écriture avec 80 étés, qui était déjà « fantaisiste et grave à la fois, » selon les mots du producteur du film, Alain Attal.

80 étés, de Jeanne Herry (2005)
80 étés, de Jeanne Herry (2005)

Un suspense à perdre Allen (Attention spoilers)

La scène la plus difficile à tourner, pour Jeanne Herry, était celle de la mort de Julie, compagne de Vincent Lacroix. Férue de Cluedo, la cinéaste a choisi  comme arme du crime une victoire de la musique. Cette touche d’humour noir n’est pas sans rappeler le golden globe qui tuait Havana Segrand (Julianne Moore) dans Maps to the Stars.

Affiche de Maps to the Stars, de David Cronenberg (2012)
Affiche de Maps to the Stars, de David Cronenberg (2012)

Par ailleurs, la fin de Elle l’adore est symboliquement proche celle de Match Point de Woody Allen (2005)

Affiche de Match Point de Woody Allen

Il s’agit d’une référence pour la réalisatrice, qui a aussi évoqué Crimes et délits, du même Woody. Le premier film ressemble à une ébauche du deuxième. Les thèmes sont similaires: le meurtre, la culpabilité, le hasard.

Affiche de Crimes et délits de Woody Allen

On retrouve des éléments de scénario de Match Point dans Elle l’adore comme la bague, et le flic acharné qui finit par se résigner.

Un premier film étonnant

Il est difficile de bien tourner un premier long-métrage, surtout quand il s’agit d’un thriller.
Fred Cavayé, en 2008, y était parvenu avec brio.

Affiche du film Pour Elle, de Frédéric Cavayé (2008)
Affiche du film Pour Elle, de Frédéric Cavayé (2008)

Jeanne Herry réalise un premier film étonnant, finement écrit et fort bien mené, qui allie thriller et humour noir. Une belle pléiade d’acteurs sert ce scénario original, dans un rire empli de tension, une farce cruelle aux relents de drame.

Jeanne Herry et Laurent Lafitte
Jeanne Herry et Laurent Lafitte

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