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The Twilight Zone 2019 – The Comedian : analyse de l’épisode et explication de la fin (Spoilers)

3 out of 5 stars (3 / 5)
 
The Comedian est le premier épisode de La Quatrième dimension version 2019 proposée par Jordan Peele. Et il s’agit d’un pilote réussi. Enfin un épisode de série qui évoque le métier le plus casse-gueule au monde : comique de stand-up. Le vide est si facile à obtenir, les gens de talent ont tant de mal à percer, que le métier de comique est encore plus hasardeux que celui de comédien. 
 

The Comedian : une vie de chien

 
Samir essaie de faire rire sans y parvenir. Il lui arrive la pire des choses sur scène : le bide intégral. De ces moments dans les salles de théâtre où l’on entend un vague spectateur tousser, quelques verres tinter, rien de plus.
 
Kumail Nanjiani (Samir) dans l'épisode The Comedian, pilote de La Quatrième dimension (Jordan Peele, 2019)

Kumail Nanjiani (Samir) dans l’épisode The Comedian, pilote de The Twilight Zone (Jordan Peele, 2019)

 
Il faut dire que Samir tente de faire rire avec le deuxième amendement américain, celui sur les armes. A priori, ça n’a rien de drôle, et il n’arrive pas, à l’instar de Bill Maher a la télévision ou Janeane Garofalo sur scène, à proposer des analyses politiques au vitriol qui fassent rire le public.
 

Faites un voeu

 
 
Après son bide sur scène, moment désagréable s’il en est, Samir rencontre Tracy Morgan, comique réputé qui lui donne des conseils. Pour la petite histoire, Tracy Morgan, ancien du Saturday Night Live, joue ici son propre rôle, version diabolique.
 
Tracy Morgan dans The Comedian quatrième dimension twilight zone

Tracy Morgan dans The Comedian

 
Jordan Peele reprend ici un trope typique de La Quatrième dimension
 
Be careful what you wish for
 
Attention aux souhaits que tu formules, ils pourraient devenir réalité.
 
Comme dans Man in the Bottle, épisode de la série originale de La Quatrième dimension (1960) où un mauvais génie exauce les souhaits d’un couple pour leur malheur, Tracy Morgan aide Samir à devenir drôle. Avec des conséquences dramatiques.
 
le mauvais génie de The Man in the Bottle (La Quatrième dimension de Rod Serling, 1960)

Le mauvais génie de The Man in the Bottle (La Quatrième dimension de Rod Serling, 1960)

 
 
Samir trinque donc avec Tracy Morgan, et c’est son public qui trinquera ensuite. Et puis son entourage.
 

La rançon du succès (Attention Spoilers)

 
Le secret du succès, lui dit Tracy Morgan, est de parler de soi. Ou en tout cas de choses personnelles.
 
Après un énième flop suite à son sketch sur le deuxième amendement, Samir décide de parler de son chien. La salle est hilare, c’est son premier succès.
 
Une fois chez lui, il se rend compte sur son chien a disparu. Pire, sa compagne ne se rappelle même pas avoir eu un chien.
 
Le lendemain soir, Samir colle des affiches pour retrouver son chien perdu en compagnie de son neveu, charmant garçon espiègle de 12 ans.
 
C’est son neveu qui l’inspire sur scène le second soir. La salle rit aux éclats. Quel soulagement.
 
Cependant, le lendemain, c’est son neveu qui a disparu, effacé lui aussi de la réalité.
 
 

Clin d’oeil à Orwell ?

 
Oui, car parler des êtres sur scène, ce n’est pas seulement les tuer, mais bien les effacer de la carte, comme s’ils n’étaient jamais nés.
 
The Comedian, reprend à son compte la vaporisation d’Orwell dans 1984. Dans le roman, le gouvernement se débarrassait des gêneurs en affirmant qu’ils n’avaient jamais existé. Ainsi, des articles étaient falsifiés et des photos tronquées pour faire entièrement disparaître la réalité d’une personne.
 
C’est ce qui se produit avec les sketches de Samir dans The Twilight Zone. 
 

Avec mon death note à la main, j’ai peur de rien

 
Beaucoup de fans de mangas reconnaîtront également la logique de l’excellente série Death Note. Dans cette fiction, un jeune homme trouve par hasard un carnet de la mort – death note – où il suffit d’écrire le nom d’une personne et de penser à son visage pour qu’elle décède dans les 40 secondes.
 
death note
 
Samir, comme Raito dans Death Note, se fait ainsi justicier pour le pire. Par vengeance, il parle sur scène des idiots qu’il a croisés à l’adolescence, de spectateurs difficiles ou d’inconnus peu aimables.
 
Fatalement, l’étau se resserre, et Samir à de plus en plus de mal à trouver des sujets de sketch.
 

Coucou Black Mirror !

 
Un peu à la manière de Black Mirror, il finit par s’attaquer à son public et leur lance 
 
You need fresh Blood.
 
Il vous faut du sang frais.
 
Et voilà que c’est le public du comedy club qui se retrouve sur le banc des accusés. Encore une fois, c’est la difficulté du métier de comique que Jordan Peele met en lumière. Pour faire rire, il faut du neuf. On ne rit pas à une blague que l’on a déjà entendue.
 

Mourir sur scène 

 
L’étau se resserre tant pour Samir qu’il arrive à court d’idées. Quand sa compagne brandit le carnet où il a noté tous les noms prononcés sur scène – véritable death note – elle est la seule à l’avoir percé à jour. Elle ne rit pas à son sketch, qui n’est plus qu’une série de noms.
 
La tentation est grande de parler de sa compagne et ainsi s’en débarrasser. Tout comme Samir s’est débarrassé de son mentor, transformant ainsi sa partenaire avocate en employée de Fast food.
 
C’est aussi bien pratique de faire disparaître une autre comique, sa concurrente, Didi Scott.
 
didi et samir twilight zone the comedian quatrième dimension

DiDi Scott (Diarra Kilpatrick) et Samir dans The Comedian

 
Jordan Peele nous révèle ainsi comment une existence peut changer du tout au tout pourvu que l’on ne fasse pas la bonne rencontre. Il offre aussi une réflexion sur ce qu’un homme est prêt à faire afin de devenir célèbre et le rester. Vaut-il mieux, en somme, être populaire en perdant ceux que l’on aime, ou rester un comique raté mais au moins profiter de la vie avec les êtres aimés ?
 
Hélas, Jordan Peele ne peut s’empêcher de donner une morale à son épisode. Samir, sur scène, plutôt que de sacrifier sa compagne sur l’autel du rire, se sacrifie lui-même. Son mea culpa fait rire toute la salle, y compris sa partenaire. Lui-même disparaît de la scène à la fin du spectacle, effaçant sa propre existence.
 
On retrouve sa compagne et son neveu à la fin de l’épisode, qui vivent très bien sans lui et viennent admirer Didi Scott.
 

Salut Kubrick !

 
En guise de coda, Jordan Peele filme un mur du comedy club où l’on aperçoit le visage de Samir parmi des dizaines d’autres, peut-être toutes les victimes de ce pouvoir diabolique.
 
Le mur maudit de La Quatrième dimension

Le mur maudit de The Comedian

 
Ce plan n’est pas sans rappeler Shining de Kubrick, où l’on aperçoit sur une photo ancienne le protagoniste, comme prisonnier du temps à la fin du film.
 
La photo glaçante de Shining de Stanley Kubrick (1981)

La photo glaçante de Shining de Stanley Kubrick (1980)

 

Un pilote prometteur

 
Dans la dernière scène de The Comedian, c’est sa concurrente, sur la route du succès, qui trinque avec Tracy Morgan. On devine alors que tout va recommencer, dans un final typique de La Quatrième dimension.
 
The Comedian propose une réflexion sur l’artiste qui, si elle ne vaut pas l’excellent Mother d’Aronofsky, a au moins le mérite d’être bien menée. Ce pilote de The Twilight Zone cuvée 2019 rafraîchit le thème de l’égoïste qui s’amende, en rendant hommage à ceux qui tentent de faire rire avec plus ou moins de succès.
 
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Weird City : le futur a de l’avenir

1 out of 5 stars (1 / 5)
 
 
C’est l’histoire d’un type qui a été traumatisé par Black Mirror, et qui a décidé d’en faire une comédie.
 
Vous savez quoi ? C’est raté.
 

Peele électrique

 
Jordan Peele s’est fait connaître grâce à son film d’horreur et satire politique Get Out. Depuis, il a créé une bizarrerie appelée Weird City. Quand je dis dans mon titre que le futur a de l’avenir, je pense à toutes ces dystopies qui ont poussé comme des champignons au cinéma, à la télévision et sur Netflix. Le pessimisme est apparemment vendeur. On ne compte plus le nombre de futurs alternatifs cauchemardesques que la fiction nous a proposés ces dernières années. 
 
Jordan Peele aurait tort de ne pas surfer sur la vague. Manque de bol, quand on connaît bien les dystopies et surtout Black Mirror, Weird City apparaît dans ses six épisodes comme une pâle copie de ses aînés. 
 
Prenez le premier épisode par exemple. Non, vraiment, prenez-le. Je n’en peux plus.
 
 
Si vous avez vu l’excellent épisode de Black Mirror « Hang the DJ », le pilote de Weird City va vous sembler étrangement familier.

 

Weird City : un pilote aux airs de déjà vu

 
Et si on inventait une machine qui nous permettait de trouver l’âme sœur ? Cette question se pose également dans la future série d’Arte Osmosis. Cette question, apparemment, est dans l’air du temps. 
 
Seulement voilà, Weird City n’apporte rien de neuf à cette idée qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. Comme pour « Hang The DJ », « The One » est un épisode en happy end. La seule petite originalité de l’épisode, c’est qu’il s’agit d’un couple homosexuel.
 
L’ordinateur de La Nuit des temps de Barjavel dans les années 60 trouvait déjà l’âme sœur de ses utilisateurs.
 
 
 
 
 
Le vendeur blond de l’appli dans « The One » et son enthousiasme effrayant rappelle l’esthétique de Mr Nobody, où un présentateur télé se réjouit de la mort prochaine de l’homme le plus vieux du monde. Il ressemble aux autres présentateurs hystériques de dystopie, notamment la nana survoltée de Battle royale.
 
 

Weird City aimerait imiter l’ironie publicitaire de Six Feet Under, mais là encore, c’est raté.
 
 

 
Quant aux « therapy vendor machines », sortes de psy en libre service, ils sont directement inspirés de THX 1138, premier film de George Lucas, sorti en 1971.
 

 
Dans ce pilote de Weird City, quel ennui ! On s’attache vaguement au couple mais sans y croire réellement. On attend paresseusement la fin de l’épisode en espérant que le deuxième nous offre une trame plus intéressante.
 

Famille, je vous hais 

 
Que nenni. Et pourtant, dieu sait que je suis fan de Michael Cera depuis Juno. Dans l’épisode « A Family » qui devrait nous proposer une réflexion intéressante sur la solitude dans notre société hyper connectée, on découvre Michael Cera en nerd solitaire.
 
Pour se faire des amis à tout prix, il s’inscrit dans une salle de sport où personne ne veut de lui.
 
 
Et c’est à peu près tout. L’épisode vire très vite au burlesque, ou plutôt au grotesque.
 

Une série forte en emojis

 
Moi, en bonne fan de dystopie, j’ai voulu aller plus loin. L’épisode 3, « Go to College », hélas, est tout simplement consternant.
 
Vous saviez qu’on pouvait faire un bébé en envoyant un emoji par texto ? Cet épisode palpitant de Weird City vous dira comment.
 
 
Trêve de bla-bla. Ne pas baiser, en dystopie, on connaît bien. Dans 1984, Orwell nous dit carrément que le sexe est l’ennemi du pouvoir en place.
 
 
Dans la fac futuriste de « Go to College », l’héroïne tombe sur des machines récalcitrantes qui ne comprennent rien à ce qu’elle demande. Ce passage peut être rapproché de « Rm9sbG93ZXJz », l’épisode muet de X-Files, où Mulder et Scully se retrouvent aux prises avec des machines en pleine révolte.
 
 

 
Le quatrième épisode de Weird City présente justement une maison un peu trop intelligente pour ses habitantes (admirez la fluidité de la transition.)
 

 

Smart House, une maison qui vous veut du mal

Dans Smart House, donc, un gentil couple de lesbiennes se retrouve victime d’une maison connectée qui se vexe facilement. 
 
Tout le long de l’épisode, j’ai pensé à un épisode amusant – l’un des rares, justement, à être humoristique – dans la série légendaire La Quatrième dimension. Dans cet épisode, un homme était poursuivi par ses appareils ménagers. Il s’agissait d’une variante sympathique de La Révolte des robots d’Isaac Asimov.
 

Mais Smart House ne va pas plus loin que son idée de départ.

 

Adopte un pauvre

Jordan Peele ne se contente pas de nous parler machines. Une dystopie parle avant tout des hommes et des femmes qui, bien souvent, se révèlent impuissants dans une société qui les dépasse… Ah non, ça c’est Brooker qui en parle dans Black Mirror.
 
Dans ce cas, est-ce que Jordan Peele nous parle société ? À peine.
 
Souvent, en dystopie, le fossé riches-pauvres est flagrant. C’est le cas dans Hunger Games, où les riches du Capitole mangent plus qu’il n’en faut, tandis que les pauvres meurent de faim dans les districts. Idem dans Weird City. Riches et pauvres sont séparés par une frontière appelée « The Line. » Au-dessus de la ligne vivent les riches, et en-dessous, les pauvres.
 
Dans l’épisode 5 de Weird City, une bande de zigotos décide d’adopter un pauvre. Parce que c’est bien, d’adopter un pauvre.
 
Peele pourrait en faire quelque chose d’instructif ? Pas du tout. Pourquoi se prendre la tête quand toutes les dystopies sont si regardées ? À quoi bon faire le moindre effort pour écrire un scénario intelligent, ou qui tienne seulement la route ?
 
Je me contente du pitch de cet épisode car la fin s’avère sans conséquences. Contrairement à la fin des épisodes de Black Mirror, marquantes au point de traumatiser le spectateur, la fin des épisodes de Weird City est vite vue et vite oubliée.
 

 

On peut éviter Weird City

 
Le dernier épisode ne fait pas exception. Même si la réflexion méta fait sourire dans les premières minutes, ces deux personnages, encore une fois, n’ont rien de mémorable. Malgré les références appuyées à d’autres séries bien meilleures comme La Quatrième dimension ou Hôpital St Elsewhere, Jordan Peele n’arrive pas à la cheville de ses modèles. Et ce n’est pas la première fois.
 
Bref, vous pouvez largement éviter cette mauvaise série qui se contente de surfer sur la mode des dystopies en ne proposant rien d’original. 
 
Le pire, c’est que Jordan Peele s’occupe du reboot de La Quatrième dimension. Et maintenant j’ai peur.
 
 
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