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Archive de l’étiquette

Joker

10 films et séries à voir après Joker

4 out of 5 stars (4 / 5)

Vous avez aimé Joker ? Moi aussi ! Pour faire durer le plaisir, je vous propose une sélection de films à voir après Joker. Mais aussi de séries à voir après Joker. Si vous avez aimé le film de Todd Phillips, l’interprétation de Joaquin Phoenix, et la brillante origin story sur le grand ennemi de Batman, vous aimerez ce nouveau numéro de Ziggy crève l’écran (Transcript ci-dessous) :

 

Transcript : 

Salut les nullards, c’est Ziggy ! Aujourd’hui, je vous parle du phénomène d’octobre 2019. On l’attendait tous. Il est enfin là. Le Joker !

Alors y a plein de youtubeurs qui vous ont déjà dit tout ce qu’ils pensaient du Joker, en bien, en mal, en pas terrible, en ça dépend des jours. Moi, aujourd’hui, je parle des films que vous pouvez voir après Joker si vous avez aimé.

Alors, le Joker, c’est un type qu’on pourrait croiser tous les jours dans le métro : il fait la gueule, il a un rire flippant, il porte des fringues dégueu. Comment expliquer un tel succès pour ce clown tueur, ennemi juré de Batman ? Déjà, les clowns effrayants ont le vent en poupe au cinéma en ce moment, avec le retour du Ça de Stephen King sur les écrans.

C’est parce que, justement, le film, le Joker, a su mêler des questions d’actu à de multiples références au cinéma, qu’il a séduit à la fois les cinéphiles et les amateurs de films grand public. Alors évidemment, en regardant Joaquin Phoenix, dur dur de pas le comparer aux autres Joker vus au cinéma. Non, pas Jared Leto, celui-là, on n’en parle pas.

Pour sa description de la folie/du génie clinique : Vol au-dessus d’un nid de coucou et Amadeus

Le Joker de Heath Ledger est resté une référence fabuleuse, bien sûr. Joaquin Phoenix a l’air de faire une composition à mi-chemin entre Heath Ledger et Jack Nicholson. En plus, le fait que le film commence et se termine dans un hosto psychiatrique rappelle l’excellent film de Milos Forman, Vol au-dessus d’un nid de coucou, avec un certain… Jack Nicholson.

Son perso dans le film de Forman, un mec pas fou qui veut juste éviter la taule, se rend compte des mauvais traitements subis par les malades dans les asiles.

Par le même réalo, Milos Forman, on peut aussi penser à Amadeus, qui commence et se termine aussi à l’asile. Et puis le héros du film a un drôle de rire, aussi.

Pour la mise en scène et l’obsession de la mère : Shining et Psychose

Toujours pour Jack Nicholson, Todd Philips propose plusieurs références à Shining, surtout côté décors et ambiance : le papier peint, la moquette de la maison du Joker et de sa mère… rappellent la fameuse moquette de Shining, dans l’hôtel. La mère, d’ailleurs, n’est pas sans rappeler la mère d’Anthony Perkins dans Psychose, un autre film d’horreur. Et c’est la véritable obsession du héros dans les deux films.

Pour la révolte populaire et la corruption d’une ville : V pour Vendetta et Sin City

Joker peut rappeler le ton et le propos de V Pour Vendetta. V pour Vendetta, c’était d’abord une BD anti-Thatcher, elle a été adaptée en film en 2006 avec beaucoup de talent. Vous reconnaîtrez dans les deux films le peuple qui reprend le masque du héros en guise de révolte contre un système corrompu et un certain goût pour l’anarchie.

Mais attention, V est un vrai héros national, c’est un rebelle juste. Alors que le Joker, c’est juste un criminel fou furieux.

Si vous aimez les héros qui symbolisent la corruption d’une ville et une esthétique sombre façon BD, vous avez aussi Sin City : personnages désabusés, politiciens véreux, criminels sadiques dans une ville au bord de l’apocalypse. On retrouve tous ces ingrédients dans Sin City.

Pour l’esthétique moderne du film de super-héros : Incassable

Dans Joker, Todd Philips adopte une esthétique ultra réaliste plutôt qu’une esthétique BD, à part à la toute fin du film avec le costume du Joker.

C’était un peu le cas dans Incassable de Shyamalan. Le réalo avait choisi une esthétique plutôt grise, avec quelques touches de couleurs primaires pour rappeler la bande dessinée.

Surtout, un moment du film, le Joker déclare :

« Toute ma vie, je n’étais pas sûr d’exister ».

C’est exactement le même sentiment d’Elijah dans Incassable :

« Maintenant que nous savons qui tu es, je sais qui je suis »

 

Pour les comiques désespérés : Man on the Moon, Kidding, et La Quatrième Dimension (2019)

Eh ouais, pas facile de trouver sa place pour un comique qui fait pas rire. La dimension désespérée de Joker peut faire penser à Jim Carrey dans le très bon biopic d’Andy Kauffman, qui provoque le rire, mais surtout le malaise. Ça s’appelle Man on the Moon. Si vous préférez les séries aux films, vous pouvez regarder Kidding, toujours avec Jim Carrey, qui parle aussi d’un comique dépressif.

Sur le même thème, plus récemment, Jordan Peele, le mec de Get Out, nous a offert un épisode de Twilight Zone (2019) sur un comique prêt à tout pour faire rire, avec des conséquences terrifiantes.

Voilà, j’espère que cette vidéo sur Joker vous donnera envie de quitter ce petit écran pour le plus grand. Si vous aussi, vous pensez à des films et des séries qui rappellent Joker, allez-y, commentez, ça nous fera plaisir !

 

Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

A lire aussi :

Her : de 1984 à Black Mirror

4 out of 5 stars (4 / 5)

Dans la peau de John Malkovich parlait de l’ardent désir d’être quelqu’un d’autre. Spike Jonze, dans son nouveau film, propose un nouveau débat passionnant.

Malgré le titre, dans Her, c’est surtout d’un homme dont il est question.

Cyber solitude

Theodore est un cyber-écrivain public : il écrit les lettres d’amour des autres, à l’heure où sa propre vie amoureuse reste lettre morte. Il écrit grâce à ce que George Orwell appelait, dans 1984, un « speakwrite. » Il est aujourd’hui possible « d’écrire » en parlant dans un micro, pour que les mots soient retranscrits à l’écran.

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Theodore ressemble au personnage de Tom dans 500 Days of Summer (500 Jours ensemble) cet architecte manqué réduit à rédiger des cartes de vœux. Mais Theodore a du talent pour parler à la place des autres, et c’est bien la voix qui est au cœur du film, de la voix de synthèse impersonnelle de l’ordinateur à la voix publicitaire qui, comme dans Minority Report, s’adresse à chaque client en particulier.

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Her est un film sur la solitude dans un monde d’hyper-communication.

Joaquin Phoenix dans Her de Spike Jonze

Joaquin Phoenix dans Her de Spike Jonze


Téléphone rose, mails publicitaires, Theodore est assailli de voix, jusqu’à celle de Samantha. Samantha n’est pas une jolie femme rencontrée au hasard. C’est une jolie voix commandée sur Internet. Une machine, mais pas comme les autres. Tout d’abord, il s’agit de la voix de Scarlett Johansson, ce qui est très bien vu. Actrice célèbre pour sa beauté autant que la qualité de son jeu, Scarlett Johansson est une « beauté sexy, » comme son personnage l’explique dans Match Point. L’actrice fait donc fantasmer bien des hommes, qui s’identifieront sans mal au héros.

Une réflexion passionnante sur l’intelligence artificielle

Her propose une réflexion sur l’intelligence artificielle. Samantha, si elle est machine, n’en paraît pas moins femme. Cette question était déjà posée dans le film Simone d’Andrew Niccol, réalisateur de l’excellent Truman Show.

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Samantha soulève des questions éthiques sur l’intelligence artificielle. N’est-on pas humain si l’on ressent ? Comme toutes les femmes, elle rit, plaisante, se vexe, pleure, fait des crises de jalousie, et se pose même des questions existentielles. C’est une confidente précieuse mais intrusive : elle sait instantanément tout de Théodore, en regardant son disque dur. L’invasion de la vie privée est dénoncée, dans le malaise du spectateur, tant celui de Theodore est vite passé. Avant de lui ouvrir son cœur, il se laisse déjà lire comme un livre ouvert. Spike Jonze a la finesse de montrer l’évolution des moeurs dans sa société futuriste: dans le monde de Theodore, sortir avec un appareil numérique n’a rien d’étrange, au point que c’est le couple véritable qui paraît incongru.
La frontière est floue entre la femme et le robot : la voix de Samantha sonne comme une voix intérieure, elle chuchote à l’oreille comme un diable numérique. Frontière floue? C’est aussi le cas dans Intelligence Artificielle de Steven Spielberg, où un petit garçon robot rêve, comme Samantha, d’être de chair et de sang. Deux Pinocchio modernes qui remettent en question notre propre humanité. France Culture a d’ailleurs consacré une émission très éclairante à ce sujet.

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Un air de Black Mirror

Theodore, lui, éprouve la crainte de « ne jamais plus éprouver quoi que ce soit de neuf, seulement une version moindre de ses émotions passées. » Le problème était déjà exposé dans Strange Days, où le héros se contentait de souvenirs enregistrés de sa vie, plutôt que de vivre des expériences nouvelles. Débat récemment ravivé dans Black Mirror, série télévisée de Channel 4, chaîne britannique .

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Un épisode présente en effet un jeune homme obsédé par ses souvenirs, qu’il enregistre et se repasse en boucle. Dans un autre, un petit bonhomme bleu numérique insulte les gens, comme le personnage du jeu vidéo de Théodore. Dans un autre encore, une femme incapable de faire le deuil de son fiancé choisit également de « lui parler » par téléphone, jusqu’à lui redonner corps, avec des conséquences terrifiantes. Black Mirror dénonce aussi la prédominance de la pornographie comme nouvel opium du peuple. Cette série, cependant, est à prendre avec précaution : elle est produite par la société Endemol, créatrice de la première émission de télé-réalité Big Brother, en référence à Orwell, encore lui.

Her : digne des meilleures dystopies

Rappelant tour à tour Le Meilleur des mondes (Samantha s’en veut de « ressentir de la colère ») Farenheit 451 (les livres s’écrivent seuls) et Gattaca (l’obsession de la perfection) Her est une nouvelle dystopie inspirée des anciennes, mais qui propose un angle très contemporain.
Spike Jonze retrouve l’originalité et l’audace de ses premiers films. Her, à la fois dérangeant et touchant, offre une histoire romantique d’un genre nouveau, et une vraie réflexion sur notre temps.

***

Lors de l’avant-première de Her à l’UGC des Halles, en présence de Spike Jonze, j’ai eu la chance de lui poser deux questions: s’il connaissait Black Mirror et s’il était un admirateur d’Orwell. Il a répondu qu’il aimait surtout le thème du voyage dans le temps, faisant sans doute référence à HG Wells, auteur de La Machine à voyager dans le temps. Il a aussi indiqué avoir entendu parler de Black Mirror, sans avoir cependant vu la série.

D’accord, pas d’accord avec l’article ? Postez un commentaire !

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