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Continuer : Virginie Efira en mère courage

3 out of 5 stars (3 / 5)

Cinéaste belge talentueux découvert il y a un peu plus de 10 ans avec son 1er long-métrage Folie Privée (2005), Joachim Lafosse revient en ce début d’année avec Continuer. Son nouveau film aborde le thème central de son oeuvre depuis ses débuts : la famille. En 2016, L’Économie du couple était une brillante chronique d’un divorce difficile.


Continuer marque toutefois un léger tournant dans sa carrière. Pour la première fois, le scénario ne vient pas directement de lui. Il s’agit de l’adaptation du roman Continuer de Laurent Mauvignier. De l’aveu même de Joachim Lafosse, il s’agit d’une transposition libre. L’aspect qui l’intéresse le plus est la relation mère-fils.

Continuer : peinture d’une relation mère-fils

 

Sybille (Virginie Efira) est une mère quelque peu malmenée par la vie. Dans l’espoir de renouer le contact avec Samuel (Kacey Mottet Klein), son fils à deux doigts de la délinquance, elle entame avec lui un raid à cheval à travers le désert marocain. Entre disputes, non-dits, espoirs de réconciliations et rudes conditions sur le terrain, leur voyage sera semé d’embûches.

 

Samuel (Kacey Mottet Klein) et Sibylle (Virginie Efira) dans Continuer, réalisé par Joachim Lafosse (2019)

Samuel (Kacey Mottet Klein) et Sibylle (Virginie Efira) dans Continuer, réalisé par Joachim Lafosse (2019)

 

Continuer bénéficie d’une réalisation maîtrisée


Vu sous cet angle, Continuer peut se voir comme un drame classique saupoudré d’un zeste de film d’aventures. Mais pas que.

En effet, bien qu’il s’agisse d’une adaptation, Joachim Lafosse a tenu à ce que Continuer ressemble à ses films précédents. Ainsi, on retrouve aussi bien ses thématiques que sa mise en scène typique. Adepte des huis clos et des plans-séquences, le réalisateur nous en donne à nouveau un aperçu dans un seul décor, filmé en plain air : le désert marocain.

Lafosse nous offre des plans longs dans lesquels les deux personnages se séparent fréquemment. Ce faisant, il souligne l’impasse émotionnelle de la mère et du fils. Il choisit par exemple de tourner les scènes de nuit en lumière naturelle plutôt que d’opter pour la nuit américaine (technique cinématographique qui permet de tourner en plein jour des scènes d’extérieur censées se dérouler la nuit).

L’atout de Continuer : de beaux interprètes

Sa réalisation révèle peu à peu le chaos de la relation mère-fils, qui risque de basculer à tout moment. Le ton général de Continuer a des airs de fin du monde. Ainsi, le réalisateur parvient à rendre son film réellement émouvant et subtil. Il évite tout pathos.

De même, on salue l’interprétation des deux comédiens principaux. La révélation Kacey Mottet Klein est bouleversante, entre émotion contenue et colère explosive. Mais c’est Virginie Efira (dont la carrière au cinéma ne cesse de s’affirmer et de nous surprendre agréablement) qui crève l’écran. En effet, elle est d’une sobriété exemplaire, y compris dans les moments les plus dramatiques. Elle trouve toujours le ton juste. On s’attache à cette mère-courage qui a déjà bien bourlingué.

 

Sibylle (Virginie Efira) à cheval, dans Continuer

Sibylle (Virginie Efira) à cheval, dans Continuer

 

La comédienne belge est d’autant plus épatante qu’elle laisse aussi le temps à son jeune partenaire (lui aussi très bon) d’exprimer tout son potentiel.

Continuer est classique dans son propos tout en étant ingénieux en termes de réalisation. Ce nouveau film de Joachim Lafosse constitue un joli moment de cinéma, touchant, bien interprété et finement filmé.


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4 out of 5 stars (4 / 5)
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Tant pis si parfois les voix sonnent un peu faux, dans un couple qui déchante après tout c’est normal. Ce qui est grand dans le film de Lafosse, c’est que beaucoup se reconnaîtront: les couples qui se déchirent, ceux qui ont vu leurs parents en disgrâce l’un de l’autre, se disputer un meuble, un livre, un bout d’appartement, les bijoux de grand-mère.
Ça rappelle l’amertume du personnage de Billy Cristal dans Quand Harry rencontre Sally. Il conseille à ses amis pendant qu’ils s’installent: « Mettez vos noms dans vos bouquins dès maintenant. Un jour vous vous battrez pour savoir à qui appartient  cette putain d’assiette. Cette assiette à trois dollars vous coûtera des milliers de dollars en coups de fil à votre avocat. »

C’est que Harry avait divorcé d’Helen peu avant. Mais la femme de sa vie, c’est Sally, d’avec qui il divorce tous les cinq ans pour mieux la retrouver, la connaître, l’aimer.

L’Economie du couple ne vaut pas 5X2, l’un des deux grands films d’Ozon avec Sous le sable, où il contait à rebours le désamour d’un couple, du divorce aux premières lueurs.

La photo s’ensoleillait, depuis le gris comptable au soleil estival, en passant par le bleu de l’enfant et le blanc des noces.

La photo de Joachim Lafosse est sobre, sans pour autant faire téléfilm. Le plan-séquence passe d’un personnage à l’autre avec fluidité, les moments de bonheur font respirer la trame, tout est juste, tout sonne vrai. Dans le public, on a la sensation de participer à ce dîner entre amis où flotte le malaise. On espère avec eux, dans une chorégraphie à quatre. Tout est montré avec délicatesse, les non-dits, les enfants qui trinquent, chacun veut gagner mais se trompe de victoire.
Divorcer avec classe, c’est dur dans la comédie, alors imaginez le drame.
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