Slider

Titre

Autem vel eum iriure dolor in hendrerit in vulputate velit esse molestie consequat, vel illum dolore eu feugiat nulla facilisis at vero eros et dolore feugait.

Archive de l’étiquette

Salam (Kais Naschef) dans Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi (2019)

Tel Aviv on Fire : un épisode et j’arrête

2 out of 5 stars (2 / 5)
 

Un pitch alléchant

 
J’ai découvert Tel Aviv on Fire hier avec plaisir. Il faut dire que le pitch était alléchant :
 
Salam est un vague dialoguiste dans un feuilleton à l’eau de rose, Tel Aviv on Fire. Il doit passer la frontière Cisjordanienne tous les jours pour se rendre au travail. Mais suite à un mot malheureux, il se retrouve arrêté et mené face à Assi, officier israélien.
 
Assi (Yaniv Biton) et Salam (Kais Nashef) dans Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi (2019)

Assi (Yaniv Biton) et Salam (Kais Nashef) dans Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi (2019)

 
Pour marchander sa liberté, Salam prétend être le scénariste du feuilleton. Or, bonne nouvelle : la femme d’Assi en est fan. L’officier le laisse donc partir. Mais il rend chaque jour plus difficile le passage de la frontière pour Salam, jusqu’à exiger peu à peu de décider de la suite du feuilleton.
 

Une mise en abyme politique

 
Dans Tel Aviv on Fire, Sameh Zoabi a trouvé une trame astucieuse, puisque le spectateur est pris par le suspense à la fois du feuilleton et du film. Comment va donc se terminer le feuilleton selon ce que décide Assi ? Salam va-t-il finalement se rebeller ? 
 
Salam (Kais Naschef) dans Tel Aviv on Fire

Salam (Kais Naschef) dans Tel Aviv on Fire

 
Comment va se terminer cette drôle de relation entre le scénariste raté palestinien et l’officier israélien très sûr de ses convictions ?
 
La mise en abyme est passionnante. Le feuilleton en question se déroule en 1967, en pleine guerre des six jours. Un trio amoureux entre Tala, palestinienne espionne, un terroriste palestinien et Yehuda, officier israélien, permet de cristalliser toute la complexité du conflit israélo-palestinien.
 
Tala (Lubna Azabal) et Yehuda (Yousef Sweid) dans le feuilleton de Salam

Tala (Lubna Azabal) et Yehuda (Yousef Sweid) dans le feuilleton de Salam

 
L’héroïne épousera-t-elle le terroriste ou l’officier ? Le sous-texte politique restera-t-il engagé pour les Palestiniens ou deviendra-t-il peu à peu, sous l’influence d’Assi, pro-israélien ? Le feuilleton se terminera-t-il sur un mariage d’amour métaphorique entre Israël et la Palestine ?
 
L’analogie est simple : L’officier tyran qui dicte le feuilleton est une métaphore du gouvernement Israélien. En effet, dans un contexte d’occupation, le dominant impose au dominé sa vision des choses, et donc « le scénario ». Il veut également décider de la fin de l’histoire, qu’elle soit avec un petit « h » ou un grand.
 

Les écrivains piégés au cinéma

 
Sameh Zoabi prend le versant comique d’un thème que l’on a déjà vu au cinéma. Si vous vous souvenez de Misery de Stephen King, la plus grande admiratrice de Paul Sheldon le séquestrait en réalité chez elle, dans le but de lui dicter la suite de sa saga littéraire favorite. Grâce à un excellent traitement de cette belle idée, Rob Reiner réalisait un film d’horreur à suspense réussi. 
 

Sur un ton plus léger, dans Moulin Rouge, le dilemme était sensiblement le même. On y voit en effet un jeune poète fauché qui désire monter un spectacle avec une troupe de théâtre. Il s’agissait d’un conte où la courtisane choisissait le joueur de cithare pauvre et charmant, plutôt que le Maharadjah riche et autoritaire.
 

Or, la troupe de théâtre est sans argent. Le cabaret menace de fermer. Un duc peut le sauver par son argent. Il tombe amoureux de l’une des courtisanes incarnée par Nicole Kidman. Mais celle-ci est amoureuse du poète désargenté. Dans le film de Baz Luhrmann également, le duc aimerait écrire la fin de l’histoire à la place du poète. Qu’il s’agisse de la fiction sur scène ou de la vie véritable, le méchant veut à tout prix gagner à la fin.
 

Tel Aviv on Fire : une fin décevante

 
Dans Tel Aviv on Fire, c’est justement la fin qui pose problème. En effet, elle ne tient pas debout, y compris pour un feuilleton qui n’a pas de grande exigence scénaristique. C’est cette fin pourtant tant attendue qui gâche l’ensemble du film, pourtant très bien parti.
 
En effet, Sameh Zoabi avait réussi à reprendre le fameux conte des Mille et une Nuits sur Shéhérazade et le remettre au goût du jour par un feuilleton populaire. Car si Salam ne peut se rendre au travail, on ne connaîtra pas la fin du feuilleton. Cependant, c’est le méchant geôlier qui prend le dessus. Il finit par raconter l’histoire à la place du captif.
 
Sameh Zoabi, réalisateur et co-scénariste du film

Sameh Zoabi, réalisateur et co-scénariste du film

 
Néanmoins, Tel Aviv on Fire reste un film intéressant à voir, à l’humour omniprésent. Avoir réussi à traiter un tel sujet sous forme de mise en abyme tout en faisant rire le spectateur est une prouesse en soi.
 
 
Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !
 
À lire aussi
 
 
 
 
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial