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LA GRANDE SÉANCE : DAVID FOENKINOS NOUS PARLE DE SON FILM « JALOUSE »

Le jour où j’ai rencontré David Foenkinos, je l’ai remercié pour Le Potentiel érotique de ma femme, roman merveilleux. Et puis on a discuté avec lui, auteur à succès et réalisateur, Bruno Cras, présentateur, et Claire Fayau, amie blogueuse, de cinéma et de littérature. Bonne écoute !

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LA GRANDE SÉANCE : PREMIÈRE RADIO EN LIVE POUR MARLA’S MOVIES !

Voici enfin La Grande Séance, émission de Séance Radio à laquelle j’ai participé. Autour d’une interview-fleuve de Maurice Barthelemy, qui nous présente son nouveau film, Les Ex, nous discutons, avec Bruno Cras, des films de Cannes et des coups de cœur de chacun.e. Autour de moi, deux autres blogueurs cinéphiles, Antoine Corte et Marie Deconick de Bulles de Culture.

Très belle opportunité de parler cinéma ! Remerciements à Betty Mourao, Sébastien Flottes et Maël Noubissie.

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ANDREW NICCOL NOUS PARLE DE « GOOD KILL »: MASTER CLASS AU MK2

Le réalisateur de Good Kill, Andrew Niccol
Andrew Niccol a consacré une heure entière de débat avec les spectateurs après la projection de Good Kill, au Mk2 Bibliothèque.
Il s’est montré généreux et ouvert.
Morceaux choisis.

Comment vous est venue l’idée du film ?

J’étais attiré par la schizophrénie de cette nouvelle façon de faire la guerre. On ne demande pas à nos soldats, habituellement, de combattre les talibans pendant douze heures, puis de rentrer chez eux s’occuper de leurs enfants.

Votre film fait penser à American Sniper, mais vous semblez plus critique que Clint Eastwood…


Tommy Egan, dans Good Kill, c’est le sniper ultime: on ne peut pas être plus loin de sa cible. 

Je ne suis pas pro ou anti-guerre, c’est au public de choisir. Toutes les frappes militaires évoquées dans le film ont vraiment eu lieu. 

La recherche documentaire a été difficile parce que nous n’avons pas obtenu la collaboration de l’armée américaine ! (Rires)  

Je me suis basé sur des témoignages d’anciens pilotes de drones, et sur Wikileaks. Contrairement à American Sniper, Good Kill ne jette pas une lumière entièrement positive sur l’armée américaine. C’est pour ça qu’elle ne nous a pas aidés. J’ai essayé de montrer les choses le plus honnêtement possible. 

Ce film est un avertissement.

Pourquoi avoir choisi Ethan Hawke pour le rôle ?

Ethan est un acteur remarquable. Je travaille souvent avec lui car il est incapable de faire quelque chose qui ne soit pas sincère. Et puis, à chaque film, j’aime bien lui faire une nouvelle coupe de cheveux. (rires)
L’entente était bonne entre les acteurs. Zoe Kravitz jouait sans arrêt avec le « joystick » d’Ethan Hawke. (rires)

Vous reviendrez à la science fiction prochainement ?

Nous sommes déjà dans l’ère du transhumanisme. On parle déjà de drones autonomes. Ça fera peut-être un autre film.

Comment Good Kill résonne dans votre histoire personnelle ?

Il me fait plutôt penser à mon père. Je suis fils de pilote. il voulait être « Top Gun » mais il n’a plus volé ensuite.


D’habitude, vos films se déroulent dans un futur proche, et ici vous choisissez l’Histoire récente…


C’est quasiment un film en costumes, pour moi (rires) La guerre en Afghanistan n’est pas un succès, et ça fait 14 ans que ça dure. Le terme « proportionné, » que l’on entend dans le film dans le cas de bombardements de civils, est vraiment utilisé par l’armée américaine.
Chaque fois que l’on tue un terroriste, on en fait naître dix autres.
La guerre des drones est moins chère, plus facile, mais elle est sans fin. Les soldats peuvent quitter l’Afghanistan, mais les drones ne quitteront pas le pays. On en sait pas vraiment qui les contrôle. 
J’espère que le film va créer du débat et du dialogue. J’aimerais ouvrir les yeux des gens.
Il s’agit d’une guerre très ambiguë. Certains disent qu’utiliser les drones est la moins mauvaise manière de faire la guerre. C’est une manière très précise de cibler. Bien plus, par exemple, que le napalm.

Vous présentez Tommy Egan en héros alors que c’est un assassin… 


Je ne pense pas le montrer en héros, il essaie de retrouver son humanité. Son travail est complètement fou. 

À la fin, il est assez fou pour agir. Les pilotes de drones n’ont pas le droit d’agir, mais lui le fait.

Les soldats de la guerre des drones sont souvent champions du jeu vidéo…

C’est une façon de faire la guerre qui désensibilise. L’armée recrute carrément les jeunes dans les arcades de jeux. Ils ont un talent de gamer mais pas de culture militaire. En fait, ils dirigent les drones, mais c’est un militaire qui appuie sur le bouton pour eux. 

Il y a une chose que je n’ai pas racontée dans le film, mais j’ai entendu un pilote de drones qui, une fois rentré chez lui, jouait aux jeux vidéo et tirait de nouveau sur des cibles.  

Il ne fait plus de différence entre le jeu vidéo et la guerre. 

La guerre des drones arrange l’armée américaine, parce qu’elle signifie moins de pertes humaines du côté des soldats américains.

Je n’ai pas de réponses, mais j’ai beaucoup de questions. C’est une guerre qui est menée en notre nom alors qu’on ne sait pas vraiment comment elle est menée.

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MASTER CLASS DE MARJANE SATRAPI AU MK2 GRAND PALAIS (THE VOICES)

Marjane Satrapi au Master Class Mk2 grand palais
Voir The Voices une deuxième fois, c’est pénétrer plus loin dans la folie de son personnage, comprendre la mélancolie sous la farce, se poser la question de l’esthétique et des effets spéciaux. Pour une analyse détaillée du film, c’est ici
Entourée de collègues blogueurs, j’ai assisté avec joie au Master Class de Marjane Satrapi après la projection du film au Mk2 Grand Palais.
Drôle, généreuse, elle parle de son film tout en détails et en intelligence. Elle a la franchise des artistes qui n’ont plus rien à prouver mais continuent d’offrir des films originaux, décalés, sans répéter leurs premières œuvres. 
Je retranscris ici les propos de Marjane Satrapi que j’ai hâtivement notés sur mon carnet. Ce ne sont donc pas les citations exactes, mais un résumé au plus près, je l’espère, de sa pensée.
Morceaux choisis.

Comment s’est déroulé le casting ?


Ryan Reynolds voulait faire le film. Je trouve qu’il a la gueule de l’emploi pour Jerry dans The Voices: il est à la fois enfantin et inquiétant. Puisqu’il ne s’attaque qu’à des femmes, pour ne pas qu’il passe pour un pervers sexuel et que les spectateurs le détestent, Jerry n’a pas de sexualité. Émotionnellement, C’est un garçon de 11 ans dans un corps de trentenaire. 

Pour la première femme dont il tombe amoureux, j’ai choisi Gemma Arterton, parce qu’elle dégouline de féminité. Anna Kendrick est plus proche de l’Américaine type. Quant à Allison, la jeune femme obèse (Ella Smith, ndlr) elle est aussi intéressée par Jerry, mais il ne s’en aperçoit pas.

À l’origine, la psy était censée avoir 35 ans. J’aime beaucoup Jacki Weaver, et je trouve qu’on ne donne pas assez de bons rôles aux femmes de plus de 50 ans.

The Voices est très différent de Persepolis et Poulet aux Prunes. Comment avez-vous fait vos choix esthétiques ?


Chaque film a besoin d’un style particulier. Je ne suis pas animatrice. J’ai choisi le dessin animé pour Persepolis parce que je trouvais que ce média rendait mieux la dimension universelle du propos. 

Poulet aux prunes est un film claustrophobe sur le suicide. 

Au départ, je suis peintre. Chaque plan est une peinture, il faut qu’il soit parfait. Il fait partie de l’ensemble, d’une séquence. En tant que réalisatrice, je m’entoure de la meilleure équipe possible. Le chef-opérateur, par exemple, doit être meilleur que moi. J’accorde aussi une grande confiance au monteur.

Ça tombe bien, il était là:
Stéphane Roche, monteur et complice de Marjane Satrapi depuis Persepolis
Stéphane Roche, monteur et complice de Marjane Satrapi depuis Persepolis

Ce que l’on a coupé au montage, ce sont surtout les scènes qui faisaient redite. Si l’on voit à l’image, une fois ou deux, que Jerry est intéressé par Fiona, cela suffit. Nul besoin de le montrer cinq fois. J’ai aussi évité de montrer trop de scènes gore. Si l’on en voit trop, ça devient vulgaire. Et puis, je n’imposerais pas au public ce que je ne pourrais pas regarder moi-même au cinéma.

Comment se passe la vie sur le tournage ? 


Je fais des blagues à tout le monde, et ils me font des blagues aussi. Je n’aime pas engueuler les gens, et j’ai un rapport protecteur vis-à-vis des comédiens. Quand on dit non à un acteur lors d’un casting, ce n’est pas comme dire non à un produit qu’on nous vend au porte à porte. On dit non à sa personne, et c’est très vexant.

Comment avez-vous choisi la musique du film ?

Avec un budget de 9 millions d’euros, je ne pouvais pas payer les droits de toute la musique qui me plaisait. Mais je suis contente, « Sing a happy song » fonctionne très bien.

Comment les animaux ont-ils été choisis ?

Au départ, on pensait à un labrador pour le rôle de Bosco. Puis on a trouvé ce chien au regard empli de compassion, avec beaucoup de carrure, et on s’est dit qu’il était le rôle.

Pour le chat, ça a été plus difficile, surtout lors du tournage. Difficile de le faire tenir en place, il était ingérable ! (rires.) On a choisi ce chat qui nous toisait du regard, et c’était le bon.

Pourquoi le chat, Monsieur Moustache, a l’accent écossais ?


La voix du chien a été trouvée presque tout de suite. 

Au début, j’avais en tête, pour celle du chat, la voix haut perchée de Joe Pesci.  

Puis Ryan Reynolds a eu l’idée de doubler les animaux, ce qui était intelligent puisque ces voix sont dans la tête du personnage.  

Il se trouve que Ryan Reynolds a un agent qui est roux et possède l’accent écossais. Cet accent nous faisait rire, et on a gardé l’idée. La chat est d’ailleurs celui qui me fait le plus rire.

Dans The Voices, vous parvenez à faire rire d’un sujet grave…

L’humour est signe d’intelligence. Les gens qui n’ont pas le sens de l’humour sont bêtes. On pleure tous pour les mêmes raisons (le deuil, le drame) mais on ne rit jamais pour les mêmes raisons. Le rire est basé sur l’abstrait. Mais rire ensemble pour la même chose, quel bonheur !

Souvent, les films sociaux ne sont pas drôles. Le meilleur, c’est Ken Loach, il filme des pauvres qui rient et nous font rire. Quand les bourgeois cathos filment les pauvres, ils sont toujours tristes, comme si un pauvre ne riait jamais. Les bourgeois leur ôtent le rire, alors que c’est la seule chose qui leur reste.

Comment ont été réalisés les effets spéciaux (Attention Spoilers)


Je n’avais pas envie de tourner sur fond vert. C’est d’un ennui mortel pour moi et pour les acteurs. Du coup, pour les têtes coupées, les actrices se sont vraiment assises dans un frigo fabriqué pour le film. Quand on ôtait la tête du frigo, il fallait reconstruire l’étagère, et ainsi de suite.

La maison de Jerry est une métaphore de son esprit…

C’est vrai. Il fallait que le spectateur comprenne pourquoi Jerry ne voulait pas prendre ses médicaments: la réalité est terne, sa maison est sale. Je voulais que le spectateur lui-même préfère la réalité de Jerry sans ses cachets. 

Tout est sale chez lui, sauf sa chambre. Jerry est quelqu’un de propre. S’il puait, personne ne s’approcherait de lui.

Vous avez un goût pour la schizophrénie et la psychanalyse ?


Pour moi, Jerry est plutôt psychotique. En fait, il ne faut surtout pas suivre les conseils du film ! C’est justement quand les malades ne prennent pas leurs médicaments que leur vie est un enfer. 

En réalité, j’ai surtout un goût pour les histoires de serial killer. Je sais très bien qu’un monstre ne va pas me sauter dessus, sorti de l’ombre. Mais un serial killer, ça se promène dans la rue, ça existe vraiment. Je lis beaucoup d’articles de presse sur les tueurs en série. Je vais peut-être écrire un livre sur eux ! (rires.)

On oublie souvent que 20% des serial killer sont des femmes. Leurs crimes sont commis non pas à l’arme à feu ou à l’arme blanche, mais plutôt au poison. On présente toujours ces tueuses comme des femmes violées qui rendraient justice dans un esprit de vengeance. Pas de pénétration, pas de justice ! (rires.)

Quelles différences entre les cinémas français et américain ?


Les Américains ont une approche quasi-scientifique du cinéma: il se déroule en trois actes, il faut une première action avant 40 minutes, puis une deuxième tout de suite après… Le risque, c’est que tous les films se ressemblent. 

Dans le cinéma français, on ne travaille pas assez le scénario. Pourquoi ? Parce que les scénaristes ne sont pas assez payés. En Amérique, le métier de scénariste est très prisé et reconnu. Or, il faut écrire des dizaines de scénarios pour que la version finale soit bonne. S’il on est peu payé, pourquoi se donner du mal ? 

Je crois aussi que la Nouvelle Vague a tué les dialoguistes. Chez Carné et Audiard, les dialogues sont formidables et on s’en souvient tous. 

Quels sont les films que vous rêvez de faire ?

Une vraie comédie musicale, ou un vrai film d’action. J’adorerais tourner un film sur des super-héros alcooliques et désœuvrés (rires.) 

Bah oui, ils ont tout, ils sont les plus forts. Regardez Dean Martin, il était beau, talentueux, il claquait des doigts et les femmes tombaient comme des mouches. Mais il a fini alcoolique.

Un grand merci à Marjane Satrapi d’avoir accordé autant de temps aux blogueurs cinéma, avec humour et générosité.

Salutations à son complice Stéphane Roche, présent lui aussi.

Merci à Alexia Pépin (femme de cœur… et de tête !) Boris Pugnet et Romain Poujol pour l’organisation de cette jolie soirée.

Merci à Sébastien, ami blogueur sur 24 Films par seconde, de m’avoir aimablement invitée.

Merci également à Matthieu Rey, attaché de presse chez Moonfleet.

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INTERVIEW DE VANESSA LAPA, RÉALISATRICE DE HEINRICH HIMMLER – THE DECENT ONE

Vanessa Lapa a réalisé l’excellent documentaire intitulé Heinrich Himmler -The Decent One, sorti en salles le 14 janvier.
Cette femme discrète et brillante a passé sept ans de sa vie sur ce projet: recherches, réalisation, travail avec des historiens, elle a poussé la porte de l’intime d’un criminel de guerre pour nous faire découvrir une autre facette du nazisme.
Bras droit de Hitler pour organiser la solution finale, Himmler est surtout connu par les discours officiels et le visage froid des photographies.
Vanessa Lapa nous fait découvrir Himmler sous un jour nouveau, par les dizaines de lettres qu’il envoya à sa femme et ses enfants, tandis qu’il orchestrait un crime contre l’humanité.
Le film a reçu le prix du meilleur documentaire au festival de Jérusalem. 

C’est un honneur d’avoir eu cet entretien avec Vanessa Lapa. Je suis également fière qu’elle soit la première femme réalisatrice qui ait accepté de répondre à mes questions.

Première partie: les recherches

Seconde partie: sur le nazisme au cinéma


Remerciements à Vanessa Lapa pour sa générosité, sa finesse et son intelligence. Heinrich Himmler- The Decent One est une ressource inestimable pour les historiens et les cinéphiles.


Remerciements à Yann Kacou et Philippe Leroux, responsables d’ASC Distribution, qui m’ont fait confiance et ont activement participé à ce projet.

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