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Dead Pixels : les gamers dans les séries

Dead Pixels : les gamers dans les séries

4 out of 5 stars (4 / 5)

Dead Pixels, épatante sitcom britannique sur 4 joueurs de MMORPG, vaut le coup d’oeil. Entre humour irrésistible, vision acide et réaliste des gamers, et références à foison, la série fonctionne très bien. Je vous dis quelle est sa place en regard des autres séries sur les jeux vidéo, et ses qualités propres dans cette vidéo (transcript ci-dessous) :

 

Transcript : 

Bonjour les addicts ! Bienvenue sur cette nouvelle vidéo. Je suis un fan de jeux vidéos. Et c’est donc en tant que gamer que j’ai aussi envie de vous parler de cette série qui est Dead Pixels.

Dead Pixels, c’est une sitcom britannique en 6 épisodes de 25 minutes. Elle a été créée par Jon Brown, elle a été diffusée sur la chaîne E4, mais on la trouve très facilement en streaming.

Dead Pixels raconte les journées de 4 joueurs de MMORPG, Meg, Nicky, Usman et Russell, le petit nouveau, qui jouent à Kingdom Scrolls, un MMORPG (fictif) qui fait fureur. Ils ne font que ça de leur vie, et ils en sont fiers. Et c’est à mourir de rire. Sérieusement, c’est la série
qui m’a fait le plus rire depuis le début de l’année. Si toi aussi, tu es un gamer ou si tu as juste envie de te taper une bonne grosse poilade, Dead Pixels, c’est LA série à voir.

 

Les premières séries sur les jeux vidéo

Mais si j’ai envie de parler de Dead Pixels, c’est aussi parce que pour moi, elle est révélatrice de comment les séries voient les gamers. En fait, il y a deux manières d’approcher les jeux vidéo dans les séries. La première manière c’est de faire une série qui se déroule dans un jeu vidéo fictif.

Il y a eu d’abord l’épisode d’X-Files « Maitreya », sur des joueurs prisonniers d’un RPG pouvant les tuer pour de vrai. Maitreya a d’ailleurs été co-écrit par William Gibson, le fondateur du courant Cyberpunk. Mais c’est à partir
de 2002 qu’il y a eu des séries consacrées au jeu vidéo, dont pas mal dispo sur Youtube. Si ça vous intéresse, je vous mettrai les liens en description. Il y a eu le manga Sword Art Online, la websérie française Lost Levels, dont la géniale Noob est le reboot. Et plus connu peut-être, Code Lyoko, que tous les ados des années 2000 ont dû voir sur France 3. Mais, vers le milieu des années 2000, il y a eu comme un revirement.

 

Les gamers, héros de webséries

On a commencé à parler davantage des gamers que des jeux vidéo. Et c’est à cette dernière catégorie qu’appartient Dead Pixels. Alors, je n’ai jamais été très convaincu en général par les séries qui prétendent parler des
gamers.

L’une des toutes premières, je crois que ça a été Nerdz, l’une des webséries-phares de la chaîne Nolife. Ah, Nolife… Dans Nerdz, les héros ne font que glandouiller dans leur appart, rivés sur leur écran, du moins dans les premières saisons. C’est très caricatural, notamment avec le perso assez lourd de Régis-Robert. Et puis, ce sont des persos assez mous. Je ne sais pas vous, mais moi, quand je joue à un jeu vidéo, je me sens excité en permanence, que je joue seul ou à plusieurs.

En fait, c’est plutôt The Guild qui est la série-modèle pour les gamers. The Guild suit un groupe de joueurs de MMORPG tantôt in-game tantôt IRL (In Real Life). Contrairement à la très potache Nerdz, The Guild a un regard tendre envers la communauté gamer. Les persos sont drôles, décalés, surexcités. C’est de l’humour bienveillant, qui marche très bien.

Il y a aussi VGHS, qui se passe carrément dans une école de gamers, mais qui pour le coup, est dans l’inverse : elle est efficace, mais manque d’empathie. Et c’est là que Dead Pixels vient tuer le game dans le genre.

 

Dead Pixels : un regard double sur la communauté gamer


Dead Pixels a un double regard, enthousiaste et critique. Tendre et acide, et c’est toujours drôle. Les dialogues sont totalement pétés, c’est rapide, c’est trash, c’est brillant, ça marche du tonnerre de Zeus.

Dead Pixels semble d’abord copier The Guild. Surtout au niveau des personnages. On a la nana volubile en manque d’affection, le nerd asocial, le parent qui oublie sa famille, le nouveau-venu concon. Mais Dead Pixels est bien plus vachard.

Il y a pas mal de scènes de Dead Pixels qui sont des reflets perturbants de ce que j’ai vécu, moi, en tant que gamer. Et que ça engueule les joueurs AFK (Away From Keyboard : qui s’absentent du jeu), et que ça bouffe de la merde en ligne, et que ça fait du livestreaming pour tenter de s’faire un peu de thunes… Et quand on s’emmerde, on aime bien trucider 326 vaches rien que pour le plaisir.

On rit non-stop, et en même temps, on grince des dents devant certaines réactions de joueurs aussi violentes que débiles. Il y a aussi des scènes qui révèlent le snobisme de certains joueurs. Il y a aussi une scène où Meg démolit une nana au look geekette alors qu’elle ne l’est pas. Parfois, cela
rappelle la sitcom Spaced, Les Allumés, avec ses geeks asociaux totalement frappés.

Mais Dead Pixels va assez loin quand elle parle d’un fléau qui touche pas mal de nolifes, vous savez, ces personnes qui sont H24 sur leurs passions (quitte à ne plus avoir de vie sociale). Eh bien, ce fléau, c’est la déconnexion au monde réel. Et Dead Pixels le fait sans être moralisatrice. Chacun des joueurs tente de trouver dans le jeu vidéo un remède au vide existentiel qu’il ressent. Un vide existentiel qui existait déjà bien avant le jeu.

 

Dead Pixels : Par des geeks, pour les geeks


Pourtant, Dead Pixels est une ode aux gamers. Jon Brown, le créateur, est un geek fini. On aime les personnages malgré tout. Surtout, les gamers ont construit leur propre culture, qui n’est pas la culture mainstream. Le quatuor d’héros a donc forcément une distance, voire une indépendance face aux normes sociétales. C’est très bien montré dans le 3e épisode qui reprend le ton des comédies romantiques Hollywoodiennes, mais qui en subvertit absolument tous les codes, y compris le happy end. Il y a aussi un autre épisode où Meg se lance dans un monologue incroyable où elle fustige
le mépris des non-gamers. Pour elle, la réalité du jeu vidéo vaut bien la « vraie réalité », d’autant plus qu’elle est bien plus active et créative dans le MMORPG que dans le monde réel. On est dans la morale inverse de Ready Player One et son « Only reality is real ».

Les gamers qui m’écoutent, vous n’avez jamais eu la sensation que l’espace de quelques heures, la réalité ce n’était pas la Terre ? C’était Warhammer, Gaïa, Nirn, ces mondes qui nous ont tant enchanté… Eh bien, tous ceux et celles qui pensent comme ça, Dead Pixels vous entend et vous salue.


Voilà, pour tout cela, regardez Dead Pixels, c’est fun, c’est à se rouler par terre, les acteurs sont déchaînés. Et on tient enfin, ce que je pense être la première série réaliste sur les gamers.

 

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UNDER THE SILVER LAKE : LA NUIT AMÉRICAINE

Par Sidonie Malaussène

La femme d’à côté

Sam (Andrew Garfield), jeune homme désœuvré, épie et rencontre Sarah (Riley Keough) sa jolie voisine. Ils se donnent rendez-vous le lendemain. Or elle disparait et son appartement a été vidé. Le jeune homme commence alors son enquête.

Sam (Andrew Garfield) enquête dans la Cité des Anges dans Under the Silver Lake de David Robert Mitchell (2018)
Sam (Andrew Garfield) enquête dans la Cité des Anges dans Under the Silver Lake de David Robert Mitchell (2018)

Under the Silver Lake est un prétexte à une balade dans une ville symbole de la pop culture. Le début est un hommage appuyé à Hitchcock. La réapparition d’une femme de Vertigo, l’utilisation de la musique, la curiosité dévorante, le soupçon, le crime supposé… et l’intime conviction qu’il se passe quelque chose en face.

Comme dans le cinéma du Maître, nous sommes emportés par la sensation. Rien ne s’est passé et nous sommes déjà pris dans une fiction envoûtante. Les mouvements de caméra, le voyeurisme avant l’enquête troublante, les jumelles du héros de Under the Silver Lake rappellent celles de Fenêtre sur cour.

 Lisa (Grace Kelly) et Jeff (James Stewart) de Fenêtre sur cour, réalisé par Alfred Hitchcock (1954). Sam est-il leur fils spirituel ?
 Lisa (Grace Kelly) et Jeff (James Stewart) de Fenêtre sur cour, réalisé par Alfred Hitchcock (1954). Sam est-il leur fils spirituel ?

Dans Under the Silver Lake, référencé à outrance, il est difficile de trouver une scène neutre d’associations visuelles ou intellectuelles. L’univers associé à David Lynch (tendance Lost Highway) sert d’écrin à ces péripéties faite d’investigation, de hasard, de perception altérée, rencontres improbables et délire complotiste. 

Los Angeles : usine à rêves désaffectée

Ce qui frappe dans Under the Silver Lake, étrange voyage entre rêve, réalité et imaginaire, c’est la masse d’informations visuelles : un L.A. de fantasme habité uniquement par d’étranges personnes. pêle-mêle des lieux évocateurs de mystère : chapelle, manoir, souterrain, lacs, appartement, grandes demeures kitsch, monuments officiels, soirées privées et clubs venus de l’imaginaire des films.

Vision déstabilisante dans Under the Silver Lake
Vision déstabilisante dans Under the Silver Lake

L’évocation de « L’affaire Manson » est très présente et ajoute au trouble de l’ensemble. L’alliance des jeunes filles « pures » et d’un gourou épris d’argent évoque l’affaire qui signa la fin du mouvement hippie et de ses illusions. Sauf pour le héros et certainement pour une partie de la société qui a fait sienne cette culture show business.


Un passé omni-présent

Même les morts d’Under the Silver Lake sont traités avec le manque de réalisme propre au cinéma et à la pop culture. Une jeune femme meurt filmée comme un cliché de Playboy. Un manager est assassiné à la manière des films gore. Un personnage à la Terry Gilliam guide le héros dans sa quête. 

Sam (Andrew Garfield) et Sarah (Riley Keough) dans Under the Silver Lake
Sam (Andrew Garfield) et Sarah (Riley Keough) dans Under the Silver Lake

La décadence plutôt que l’ennui

La quête du sens, dans Under the Silver Lake, est aussi très orientée pop culture. Les choses ne sauraient être simples, le film est saturé de signes. C’est en substance ce que dit Spielberg dans son récent Ready Player One, autre film carburant aux références pop.

Les deux principaux comédiens sont parfaits : Andrew Garfield en geek détaché des contingences matérielles, semi-éveillé entre enquête, stupéfiants et visions. Riley Keough ressuscite plusieurs mythes et nous offre les plus beaux moments d’Under the Silver Lake. La scène de la piscine, notamment, est majestueuse.

Sarah (Riley Keough) actualise l'image iconique de Marilyn Monroe dans Under the Silver Lake
Sarah (Riley Keough) reprend l’image iconique de Marilyn Monroe dans Under the Silver Lake
Image de tournage de Something's got to give, film inachevé de Georges Cukor (1962) avec Marilyn Monroe
Image de tournage de Something’s got to give, film inachevé de Georges Cukor (1962) avec Marilyn Monroe

Under the Silver Lake est une grande balade sensuelle, élégante, étrange et cinéphile. On retrouve le mythe de la cité qui a façonné notre imaginaire et hante nos mémoires. D’où la difficulté de faire coïncider le réel avec nos représentations. Dans cet univers factice qui exalte des pulsions à satisfaire absolument, la plupart des personnages croisés incarnent le refus de la banalité, tout comme David Robert Mitchell après sa tentative de donner un coup de fouet au film d’horreur dans It Follows.

David Robert Mitchell, scénariste et réalisateur d'Under the Silver Lake
David Robert Mitchell, scénariste et réalisateur d’Under the Silver Lake

Under the Silver Lake est un film sexy et souvent drôle mais exaltant une pulsion de mort.

L’émotion du héros est palpable. La beauté de l’image est saisissante dans son concentré d’ »American dream » . Comme le disait François Truffaut 

« La vie est plus belle au cinéma »

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Ready Player One : game over pour Spielberg ?

2 out of 5 stars (2 / 5)
Par Jean-Ludovic

A whole new world

Le roman d’Ernest Cline, Player One, paraît ainsi tombé du ciel quant à la récente trajectoire empruntée par Spielberg : 2045, une Terre régie par le réchauffement, la famine, les conflits armés, la surpopulation…et l’Oasis. Une société virtuelle parallèle, une source d’imaginaire inépuisable, créée par le magnat de l’informatique James Halliday (Mark Rylance), et accessible à tous dans ce qu’il reste des ruines de l’Occident.

Un monde aux promesses infinies où il est également possible de travailler et suivre ses études gratuitement, comme notre héros Wade Watts (Tye Sheridan).

Wade ou Parzival (Tye Sheridan) dans l'Oasis, dans Ready Player One, réalisé par Steven Spielberg (2018)
@page { margin: 2cm }
p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }Wade ou Parzival (Tye Sheridan) dans l’Oasis, dans Ready Player One, réalisé par Steven Spielberg (2018). Le regard et son objet au sein d’un même plan.

Une fois son casque VR revêtu, Wade devient Parzival et se joint avec des amis dont la mystérieuse Art3mis (Olivia Cooke) à une quête qui passionne le monde de la réalité véritable. Avant son décès, James Halliday a parsemé trois easter eggs à travers l’Oasis. Quiconque saura les trouver et en interpréter les indices pourra remonter à trois clés, qui lui donneront accès à un fabuleux trésor de guerre : l’immense fortune du Créateur, ainsi que les commandes de l’Oasis. Une quête qui suscite également l’obsession de la multinationale IOI et son PDG Nolan Sorrento (Ben Mendelsohn).

Nolan Sorrento (Ben Mendelsohn) dans Ready Player One
Nolan Sorrento (Ben Mendelsohn) dans Ready Player One
Il souhaite rendre l’accès à l’Oasis payant et laisser d’autres entreprises remplir les écrans de pubs et autres placements de produits.

Deux obsessions chez Spielberg : l’Ailleurs et le Démiurge

Ready Player One est baigné des deux obsessions premières de Spielberg. L’acmé de la première est visible dès les premières secondes des Dents de la Mer : le bruit sourd et bouillonnant, et les deux notes menaçantes et répétées de la musique sont sur écran noir. Puis on voit l’eau, qui est noire. L’océan semble infini. Mais le monstre est là, en dessous, quelque part, dans un Ailleurs. Le mot est lâché : l’Ailleurs. Le regard, du héros ou du spectateur, vers cet ailleurs se ressent plus qu’il ne s’analyse. C’est celui de Roy Scheider, terrifié par l’eau, qui va devoir aller chercher ce requin invisible au coeur de l’océan.

Premières images de Les Dents de la mer, réalisé par Steven Spielberg (1975)
Premières images de Les Dents de la mer, réalisé par Steven Spielberg (1975)

Cet ailleurs initiatique, malveillant ou bienfaiteur, meurtrier ou guérisseur, avait une matière, une vérité, dans les premiers films du réalisateur. Mais à partir des évasions aériennes fantasmées de Christian Bale dans L’Empire du Soleil, puis les dinosaures de synthèse de la franchise Jurassic Park, ce même Ailleurs se retrouve falsifié, manipulé, fabriqué. Pour s’y enfermer jusqu’au déni, et ne plus en revenir. On est au coeur même de ce qui va être la force et surtout la limite de Ready Player One.

Dinosaure de synthèse de Jurassic Park (1993), réalisé par Steven Spielberg.
Dinosaure de synthèse de Jurassic Park (1993), réalisé par Steven Spielberg, symbole d’un Ailleurs devenu factice.

La seconde obsession de Spielberg, mais également de bien des romanciers, est la figure du démiurge, qui par sa présence exorcise les angoisses de l’Homme. Chez Spielberg, cette obsession-là est concentrée autour d’un merveilleux dialogue de Jurassic Park :

« – Avec ce parc, je voulais créer quelque chose qui ne soit pas une illusion. Quelque chose de réel. Quelque chose qu’ils puissent…voir et toucher.
– C’est toujours le cirque des puces. Ce n’est qu’une illusion ».

Spielberg n’a en effet jamais cessé de projeter ses angoisses au travers de sorciers fous : de John Hammond au récent BGG, en passant par Tom Cruise dans Minority Report.

Au lendemain du 11 septembre, l’ailleurs fantastique et guérisseur des premiers films de Spielberg a muté vers un désenchantement profond, et généré une défiance nouvelle quant à la puissance évocatrice de ses propres images, projetant « le mensonge 24 fois par seconde » (dixit Brian De Palma). Même le démiurge ne semble plus aussi éclatant. Cette mutation des deux obsessions du cinéaste a atteint un nouveau point culminant avec son Bon Gros Géant.

Sophie (Ruby Barnhill) et le Bon Gros Géant (Mark Rylance) dans BGG, réalisé par Steven Spielberg (2016)
Sophie (Ruby Barnhill) et le Bon Gros Géant (Mark Rylance) dans BGG, réalisé par Steven Spielberg (2016)

Pour se racheter de la mort d’un enfant, le Géant de Roald Dahl guidera la jeune orpheline Sophie à travers le même parcours initiatique que son prédécesseur, afin qu’elle puisse se construire une « vie ». Dans le but de la protéger, le Géant lui fabriquera un rêve, conservé dans un bocal, bien plus beau que sa vie morne. La petite fille se réveillera « enfermée » dans ce même bocal, où la famille royale lui servira de refuge virtuel d’une manière similaire à la Clara du Casse-Noisette de Tchaïkovski, qui demeure dans le Royaume des Jouets.

Sophie (Ruby Barnhill) serre le bocal contenant son rêve dans BGG, réalisé par Steven Spielberg (2016)
Sophie (Ruby Barnhill) serre le bocal contenant son rêve dans BGG, réalisé par Steven Spielberg (2016)

Quand l’ailleurs et l’image qu’il convoque n’ont plus vocation à n’être qu’une étape ou un miroir tendu au spectateur, ils deviennent une finalité, un refuge définitif. Peu importe si cela est vrai ou faux… dehors, il n’y a plus rien, nulle part où aller, comme dans la Terre de Ready Player One.

La place du spectateur

La promesse d’ouverture de Ready Player One est introduite avec brio par la découverte de l’Oasis via un long plan-séquence virtuel qui réintroduit le principe même de n’importe quel jeu vidéo, le déplacement libre du regard et d’un corps dans un espace prédéfini. Mais ce n’est qu’un trompe-l’oeil : Spielberg est avant tout un cinéaste. D’un geste fou, il va replacer notre regard dans la salle de cinéma :

La course de véhicules dans Ready Player One
La course de véhicules dans Ready Player One

Après une course qui restera dans les mémoires en tant que prouesse visuelle et en termes de découpage (George Miller et son Mad Max : Fury Road viennent probablement d’engendrer leur premier descendant après trois longues années), on voit qu’il est impossible de franchir le dernier piège de la course, et c’est là que le cinéaste intervient. Pour résoudre ce piège, Wade va devoir apprendre à réanalyser les images mises à sa disposition au musée consacré à James Halliday, les manipuler à la manière de John Anderton dans Minority Report.

John Anderton (Tom Cruise) dans Minority Report, réalisé par Steven Spielberg (2002)
John Anderton (Tom Cruise) réagençant les images du futur dans Minority Report, réalisé par Steven Spielberg (2002)

Pour avancer, il doit apprendre à redevenir un spectateur dans une salle de cinéma. À recentrer son regard, redéfinir son implication par rapport à un régime d’images. L’engagement cède la place à l’émerveillement. Nous aussi, public de Ready Player One, retrouvons notre place. Devant le spectacle, nous sommes avant tout spectateurs. Wade peut ainsi résoudre la première énigme, de nouveau dans une mise en scène de jeu vidéo, mais augmenté de son expérience de spectateur.

Les références construisent-elles ou détruisent-elles notre identité ?

L’intention de Ready Player One est claire, nette, ambitieuse. Elle ne peut cependant aboutir sans notre implication de spectateur, indispensable au succès de Wade. Les innombrables références aux figures pop-culturelles qui jalonnent le film, quasiment toutes issues de l’almanach personnel de James Halliday, c’est aussi à nous de les retrouver et s’en amuser, en tant que spectateur.

Quelques-unes des nombreuses références de Ready Player One
Quelques-unes des nombreuses références de Ready Player One (extrait du blog dog eared copy)

Leur profusion presque étouffante en dit long sur le rapport orwellien que les personnages de Ready Player One entretiennent avec l’imaginaire. Si leurs goûts et références sont d’abord et quasi-exclusivement axés sur ceux d’Halliday, en quoi les définissent-ils en tant qu’individus en dehors de l’Oasis ? Cette question est au coeur d’un autre Spielberg majeur : Attrape-moi si tu peux.

Avocat, médecin, 007, pilote : Frank trompe son monde pour survivre dans Attrape-moi si tu peux, réalisé par Steven Spielberg (2002)

Frank Abagnale Jr apprend à se fondre dans plusieurs moules grâce à ses propres références de pop-culture (le pseudonyme du Flash, le costume et l’Aston Martin de Goldfinger…). Mais l’effet est pervers, Frank n’est jamais lui-même, il ne se construit pas à partir de sa pop-culture, il ne fait que fuir, d’une manière similaire au protagoniste d’Un Illustre Inconnu, autre film vertigineux sur la fuite de sa propre identité.

Là où Ready Player One se distingue, c’est dans l’utilisation triple de ses références : paraître quelqu’un d’autre (un avatar mieux dans son corps et dans sa peau, aussi factice soit-elle), recréer son imaginaire dans un espace personnel, et décrypter les indices. C’est dans ce dernier domaine que Nolan (oui, comme « No-Lan », littéralement l’absence de connexion) et son équipe se distinguent, maniant ces diverses références comme de la chair à canon destinée à la consommation rapide.

Les employés geeks de l'IOI dans Ready Player One
Les employés geeks de l’IOI dans Ready Player One

L’uniformisation référentielle et le culte de la personnalité selon James Halliday, ou le capitalisme culturel selon IOI : voici les uniques portes de sortie de nos avatars en 2045 selon un Spielberg devenu pessimiste. Le rapport aux images et aux références dans Ready Player One est vidé de tout rapport avec le quotidien, soit le regard opposé de l’ancien comparse de Spielberg, Joe Dante. Chez Dante, l’idée de consommer des images et l’innocence que les enfants entretenaient par rapport à celles-ci, donnaient aussi aux individus la possibilité de se construire (voir Panic on Florida Beach). On retrouve cette optique dans la scène « Kubrickienne » de Ready Player One.

Kubrick ou le contre-champ

Après avoir redéfini la place du spectateur avec la course, Spielberg va, non sans une certaine jubilation, brouiller à nouveau la frontière entre l’écran et la salle de cinéma : car nos héros ne vont pas voir Shining, le grand film d’horreur de Kubrick. Ils vont entrer « dans » Shining dans un dispositif similaire à La Rose pourpre du Caïreou plus récemment Last Action Hero.

Excusez ma tenue, je sors de la douche...
Excusez ma tenue, je sors de la douche…
La réjouissante nouveauté de Spielberg est de nous mettre à la place d’Aech qui n’a jamais vu le film. Même si on connaît ce grand classique du cinéma, nous fusionnons avec Aech qui aura le malheur de s’y perdre, retrouvant ainsi une forme d’émerveillement pure, mais aussi une dangereuse naïveté face à des images qu’il ne connaît pas. Et là, Ready Player One prend la direction opposée des films de McTiernan et Allen car le personnage réel ne connaît pas le film, désamorçant le risque de Déjà Vu).
Grande idée, doublée d’une dimension interactive galvanisante pour le cinéphile connaisseur. De même que pour la course, la prouesse visuelle reste sidérante et quasi inédite aujourd’hui, à un point où discerner la reproduction numérique des plans appartenant au film original semble impossible à l’œil nu.
Recréation du Shining de Stanley Kubrick (1980) pour Ready Player One
Recréation du Shining de Stanley Kubrick (1980) pour Ready Player One
Le revers est que le dernier acte de Ready Player One en deviendra anticlimatique, la bataille finale semblant bien fade à côté. Cette prouesse que Brian De Palma n’avait pu qu’approcher dans Pulsions en 1980, la technologie n’étant pas assez avancée alors pour recréer totalement le Vertigo d’Alfred Hitchcock. En mettant en scène des personnages s’égarant dans l’image iconique jusqu’à s’y enfermer, voir y mourir (idée que l’on retrouve dans le récent USS Callister de l’anthologie Black Mirror), les approches respectives de De Palma et Spielberg semblent se rapprocher plus que jamais quant à l’idée d’un cinéma projetant toujours le mensonge 24 fois par seconde.
Wade (Tye Sheridan) dans Ready Player One
Wade (Tye Sheridan) dans Ready Player One

Théoriquement passionnant, essentiellement de par ses prouesses techniques, son idée de départ et son cheminement à travers les trois clés, c’est dans la pratique et dans les interactions entre ses divers protagonistes que le projet Ready Player One va peu à peu basculer vers une profonde désillusion… Car après la place retrouvée du spectateur, le projet de Spielberg s’embarque vers une nouvelle perspective: celle de renouer un contact humain, physique, sentimental avec l’autre par le biais des images. Cette perspective est in fine l’une si ce n’est la plus importante de Ready Player One. Et c’est là que Spielberg et ses scénaristes sombrent…

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Le scénario de Ready Player One est l’archétype même du mythe du « voyage du héros » campbellien (dont Star Wars de George Lucas, vieux pote de Spielberg, est sans doute l’avatar le plus célèbre dans la pop culture, y compris dans le récent huitième volet). Le cœur émotionnel de Ready Player One se tient dans la romance que vivront Wade et Samantha. Face à cet enjeu émotionnel vital pour capter l’attention du spectateur, Ready Player One va littéralement s’effondrer sur lui-même, car cette romance, aussi évidente soit-elle sur le papier, n’existe pas à l’écran.

Wade (Tye Sheridan) et Samantha (Olivia Cooke) dans Ready Player One
Wade (Tye Sheridan) et Samantha (Olivia Cooke) dans Ready Player One

Dans le bouquin d’Ernest Cline, l’histoire d’amour se révélait être exclusivement virtuelle tout au long du récit, jusqu’à ce que nos deux héros ne se découvrent l’un et l’autre hors de l’Oasis qu’à la toute dernière page, d’où une romance à la fois comme cœur et aboutissement du livre. L’idée rappelait à merveille la conclusion d’Avatar de James Cameron.

Jake Sully (Sam Worthington) dans Avatar de James Cameron (2009)
Jake Sully (Sam Worthington) dans Avatar de James Cameron (2009)

Spielberg fait intervenir cette rencontre au beau milieu du film, désamorçant illico toute tension amoureuse pour ce concentrer sur un spectacle primaire. Même l’éblouissante scène de danse en apesanteur est dénuée de souffle érotique, et la scène du toit est d’une pauvreté narrative et émotionnelle affligeante pour un film de Spielberg. Combats virtuels et « name dropping » mis à part, leur relation ne s’épanouit pas, et ne donne jamais l’impression d’être menacée. La sentencieuse maxime finale « Only the reality is real » annihile d’un claquement de doigts tout le passionnant projet de mise en scène initié par la quête des trois clés…

Le film échoue là où Avatar et La Fille de Ryan (de David Lean), deux films dont l’axe émotionnel est la recherche de l’isolement pour la communion d’un couple (une idée très wagnérienne, tendance Tristan und Isolde), réussissaient.

Sarah Miles et Christopher Jones dans La Fille de Ryan, réalisé par David Lean (1970)
Sarah Miles et Christopher Jones dans La Fille de Ryan, réalisé par David Lean (1970)
Ernest Cline, sans prétendre à une grande œuvre de littérature, nous faisait ressentir ce besoin du réel par une idée toute simple, que Spielberg ne s’est pas donné la peine de transposer: deux baisers. La premier, virtuel, dans l’Oasis, le second, réel, à la fin. Dans Ready Player One, l’absence d’intimité du couple, jamais seul de tout le film, condamne toute romance.  Il aura fallu deux heures vingt vidées de toute substance émotionnelle pour arriver enfin à ce dernier plan venant bien trop tard. Dans un registre identique, Scott Pilgrim d’Edgar Wright se montrait bien plus fin.

Une conclusion trompeuse

Une perspective secondaire de Ready Player One semble donner un bref répit au film, lorsque la clé finale demandera à notre héros de retrouver un rapport ludique quant aux images qu’il manipule, un amusement, une curiosité face au jeu, plutôt que d’y accomplir une performance. Malheureusement, Ready Player One dévoile le film sous un jour réellement détestable quand l’innocence des héros se mue en cynisme avec l’épisode du contrat.

James Halliday (Mark Rylance) et Wade (Tye Sheridan) dans Ready Player One
James Halliday (Mark Rylance) et Wade (Tye Sheridan) dans Ready Player One

Ce happy end forcé, traversé d’une sincérité factice, d’une romance détournée, d’une morale de comptoir et du terrible « Only the reality is real » achève de reléguer Ready Player One au niveau zéro de la réflexion face à l’image. Spielberg n’est pas Verhoeven et ne prétend jamais adopter une forme tendant vers la satire pure comme dans Starship Troopers.

Samantha (Olivia Cooke) dans Ready Player One
Samantha (Olivia Cooke) dans Ready Player One

L’image, c’est ce que le spectateur en fait, dans sa double capacité d’émerveillement et de critique, qui lui permettra de comprendre au mieux ce qui l’entoure. Après son mélancolique BGG et la promesse d’un climax émotionnel dévastateur, Spielberg capitule, davantage préoccupé par la prouesse technique jamais vue que par ce qu’elle représente. Il est pourtant l’un des derniers grands anciens, avec Clint Eastwood, James Cameron et Ridley Scott, à pouvoir faire financer un blockbuster sur son seul nom. Au lieu de nous faire redescendre sur Terre par le biais de l’émotion pure, de l’image, comme il savait si bien le faire autrefois, il choisit la morale de proximité.

Scène de bataille dans Ready Player One
Scène de bataille dans Ready Player One

Ready Player One est un gâchis. Monstrueusement ambitieux sur le papier, promettant de redonner un sens à la salle de cinéma et au grand spectacle populaire dix ans après Avatar, cette fresque sur les mondes parallèles offrait au réalisateur l’opportunité de nous livrer son Lawrence d’Arabie du futur. Quelque chose de démesuré, romantique, épique, où le regard aurait retrouvé son axe.

Steven Spielberg, réalisateur de Ready Player One
Steven Spielberg, réalisateur de Ready Player One

Un autre film, plus discret, a récemment tenté d’ouvrir la même brèche : Tomorrowland, de Brad Bird. L’imaginaire s’y ouvrait vers le champs des possibles, la critique y était acerbe, allait au bout de sa démarche, redonnait fois en la Création, au génie de chacun et aux interactions entre les individus. L’image n’y était pas mauvaise par nature, c’est l’apprentissage du regard qui lui redonnait tout son sens. Là où Brad Bird semble être le dernier à croire encore au futur, Spielberg a baissé les bras.

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3 out of 5 stars (3 / 5)
Par Clément
Alors que le Premier Ordre étend son ombre dans toute la galaxie, La Résistance continue de lutter. Rassemblée dans le vaisseau de son amirale Leia Organa (Carrie Fisher), elle tente d’échapper au Général Hux (Domhnall Gleeson). Hux possède un traqueur qui permet de poursuivre la Résistance partout. Piloté par Leia et sa vice-amirale Holdo (Laura Dern), le vaisseau sera à court de carburant tôt ou tard, synonyme de destruction sous le feu du Suprême Leader Snoke (Andy Serkis).
L'Empereur Snoke (Andy Serkis) dans Star Wars 8, Les Derniers Jedi, de Rian Johnson (2017)
Le Suprême Leader Snoke (Andy Serkis) dans Star Wars 8, Les Derniers Jedi, de Rian Johnson (2017)
Sur une idée du bouillant commandant Poe (Oscar Isaac), Finn (John Boyega), une technicienne du nom de Rose (Kelly Marie Tran), et BB8, partent en mission pour désactiver le traqueur.
Pendant ce temps, Rey (Daisy Ridley) se heurte au refus de Luke Skywalker (Mark Hamill) de l’entraîner, ce dernier ne voulant plus entendre parler des Jedi. Mais le temps presse, et Kylo Ren (Adam Driver) tente d’attirer Rey en pensée vers le côté obscur…

Un Star Wars qui porte la trace de son réalisateur

Quand on travaille pour LucasFilm et Disney, votre marge de manœuvre est limitée. Mais à regarder la filmographie de Rian Johnson, on comprend le choix de la productrice Kathleen Kennedy.

Rian Johnson, scénariste et réalisateur de Star Wars 8, Les Derniers Jedi
Rian Johnson, scénariste et réalisateur de Star Wars 8, Les Derniers Jedi

Brick, le premier film de Rian Johnson, s’amusait à reprendre les codes des romans noirs des années 40 et 50. Sur ces bases anciennes, Johnson dynamisait son propos par une mise en scène habile et fastueuse. Dans Looper, il traitait simplement la boucle causale, sujet très rebattu du voyage temporel depuis La Jetée de Chris Marker et son faux remake L’armée des 12 singes (Terry Gilliam). Mais c’est grâce au lien entre le héros et son double vieilli, et une réalisation très riche, que le film marchait.

Bruce Willis et Joseph Gordon-Levitt dans Looper de Rian Johnson (2012)
Bruce Willis et Joseph Gordon-Levitt dans Looper de Rian Johnson (2012)

Dans Breaking Bad, il transformait un médiocre huis clos (La mouche, 3.10) en démonstration de virtuosité. Et avec le culte Ozymandias (5.13), il élevait à des hauteurs vertigineuses un script qui reprenait les codes de la tragédie antique, scènes-chocs en sus.

Extrait de l’épisode Ozymandias (5.13) de la série Breaking Bad, réalisé par Rian Johnson (2013)

Scénario sans complexités, codes rehaussés par une mise en scène virtuose, attachement aux personnages plus qu’à l’histoire… Rian Johnson était un réalisateur rêvé pour Star Wars 8, les derniers jedi. L’action chez lui s’appuie plus sur les personnages que le scénario.

Star Wars : l’impossible dépassement du mythe

Claude Levi-Strauss, dans La Structure des Mythes, avait démontré qu’il n’existe pas de « bonne » version de mythe, mais que toutes ses versions se valent. Peu importe les différences entre les versions, un mythe donne toujours naissance à des versions similaires dans le fond et la forme. Nous touchons là à la force et la limite de la saga de Lucas, condamnée à chaque trilogie à adopter le même schéma mythologique, car c’est ainsi qu’un mythe se créé et se conserve.

George Lucas, créateur de la saga Star Wars
La première trilogie est une version d’un mythe connu, le récit initiatique de héros imparfaits en quête de pureté. Lucas s’est nourri des lectures de Joseph Campbell et son fameux Héros aux mille visages. La prélogie, bien qu’imparfaite, avait l’idée de raconter un récit d’initiation perverti. Un padawan faible mais pur (l’innocent enfant Anakin) cheminait vers son accomplissement ténébreux (Dark Vador). Mais cela restait le même schéma.
Alors, pourquoi s’étonner que la troisième trilogie reprenne les mêmes codes que les deux suivantes ? Le principal changement réside dans le budget et les avancées technologiques. Ce sera sûrement le cas lors de la quatrième trilogie.
Star Wars X
Est-ce vraiment une bonne nouvelle ?

Un héritage écrasant

Le talent d’auteur de Johnson, pour respecter le mythe, est étouffé par les trilogies précédentes. Pour que le mythe Star Wars perdure, il doit rester fidèle à la même histoire. Si le VII confirmait les thèses de Levi-Strauss en étant une copie conforme du IV, Star Wars 8, les derniers jedi persiste en étant un condensé des histoires du V (l’entraînement padawan-maître sur une planète perdue), du VI (le duel à trois Rey-Kylo-Snoke reprend le duel Luke-Vador-Palpatine), mais aussi de la prélogie avec Kylo, qui suit la même progression qu’Anakin. Snoke et Palpatine sont semblables, la force non maîtrisée de Rey est celle de Luke dans le V…

Rey (Daisy Ridley) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Rey (Daisy Ridley) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Rogue One était parvenu à se dégager de cet héritage. Son statut de spin-off, et surtout de film de guerre, plus rude et sombre que la saga originale, en faisait une pleine réussite. Émulé par ce succès, Johnson décide donc de reprendre les codes du film de guerre… mais ce n’est pas ce qu’est la saga principale. La création de George Lucas est épique, mais ne s’inscrit pas dans la tonalité plus noire du film de guerre. Cette volonté de Johnson est battue en brèche par la mise en scène qui vient constamment nous rappeler la vraie identité de la saga, d’où un entre-deux frustrant. Pourtant, Poe le commandant rebelle et l’inflexible Hondo sont de bonnes figures guerrières.

La vice-amirale Amilyn Holdo (Laura Dern) dans Star Wars 8, les derniers jedi
La vice-amirale Amilyn Holdo (Laura Dern) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Johnson n’a aucune chance d’échapper au prévisible, les trois quarts du film se devinent à l’avance. Jusqu’à un dernier acte, mis sur orbite par trois twists consécutifs (d’une manière très similaire à l’écriture de J.J.Abrams, période Alias), plus un quatrième plus loin. Là, nous voyons enfin la touche personnelle de Johnson dans le scénario. La com’ autour de l’humour du film, soi-disant le plus drôle de la saga, me paraît toutefois exagérée. Par contre, Williams retrouve des couleurs après sa BO assez atone dans le VII.


Le crépuscule d’une idole ?

Si Rey était notre guide dans le VII, Star Wars 8, les derniers jedi est l’heure de gloire de Luke Skywalker. Certes, on l’aime d’amour depuis le IV, mais Luke, héros pur, incarné par un acteur loin d’être marquant, n’était pas la figure la plus intéressante de la saga.

uke Skywalker (Mark Hamill) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Luke Skywalker (Mark Hamill) dans Star Wars 8, les derniers jedi

C’est donc avec une audace époustouflante que Johnson va révéler la part obscure de Luke. Son pêché d’orgueil, son désir de destruction du passé, se reflètent ironiquement dans le comportement de Kylo dans ce film. La confrontation finale est sans doute l’une des plus grandes scènes de la saga, pas en termes d’action mais d’émotion, où Mark Hamill nous sort le grand jeu. Ce zénith émotionnel n’est qu’un des morceaux de bravoure du film. Luke est bien l’atout maître de Star Wars 8, les derniers jedi.

Rey (Daisy Ridley) et Luke Skywalker (Mark Hamill) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Rey (Daisy Ridley) et Luke Skywalker (Mark Hamill) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Un épisode plus centré sur les personnages

Rey est logiquement en retrait (Daisy Ridley n’est d’ailleurs pas aussi marquante que dans le VII). Adam Driver, comédien de cinéma d’auteur, avait des difficultés dans le VII à rentrer dans le costume trop grand de Kylo. L’écriture plus « character-driven » de Johnson lui permet de mieux exprimer les tourments intérieurs de Kylo. Star Wars 8, les derniers jedi développe plus le suspense concernant les actions de Kylo. Il ne réalise qu’au fur et à mesure son destin, en même temps que le spectateur, qui guette ses réactions. Quand Vador était un génie du mal, Kylo est porté par un nihilisme absolu et semble-t-il sans espoir.

Kylo Ren (Adam Driver) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Kylo Ren (Adam Driver) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Bien sûr, on ne peut oublier l’immortelle Leia, et la fabuleuse Carrie Fisher, qui nous a quittés fin 2016. Leia nous émeut et nous ravit toujours dans Star Wars 8, les derniers jedi. Elle manquera dans le IX. Le générique de fin lui rend hommage.

La Princesse Leia Organa (Carrie Fisher) dans Star Wars 8, les derniers jedi
La Princesse Leia Organa (Carrie Fisher) dans Star Wars 8, les derniers jedi

BB8 est fidèle au poste, donnant de sa personne comme jamais. Les mignons Porg sont bien partis pour être les successeurs des Ewoks, mais demeurent à la périphérie. Leurs apparitions, soigneusement calculées, provoquent rire et attendrissement. On les a comparés aux Totoros de Mon voisin Totoro de Miyazaki. Ils m’ont surtout rappellé le Chat Potté de Shrek dans leur manière d’ouvrir des grands yeux à faire fondre le coeur de n’importe qui.

Porg dans Star Wars 8
T’as de beaux yeux, tu sais ?
Côté fan service, quelques figures tutélaires apparaissent, sans parasiter le récit. Souvent avec humour.

Morceaux de bravoure

Si le Rian Johnson scénariste ne peut grand-chose, le réalisateur vient à la rescousse, mais pas de la manière attendue. Star Wars 8, les derniers jedi est sans doute le plus sobre des Star Wars côté action. Les combats sont peu présents, tout se joue sur le suspense des trois arcs principaux. Sa réalisation toute en fluidité, son montage tranquille, sont à rebours de la débauche visuelle parfois vaine du VII et de la prélogie, au risque d’être dans l’excès inverse.

Finn (John Boyega) et Captain Phasma (Gwendoline Christie) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Certains plans sont superbes, comme le travelling compensé du gouffre du côté obscur, venant du Vertigo d’Hitchcock, le travelling avant dans la scène du casino, qui rejoint ceux de Panic Room de Fincher, ou les reflets infinis de Rey dans la caverne de l’île. Rian Johnson est un redoutable technicien, aussi virtuose qu’Abrams, tout en renonçant à son emphase visuelle, parfois creuse.

Quand il faut faire des courses-poursuites un poil fêlées ou des missions-suicides, il fait le job. On retiendra certaines séquences-chocs qui sont comme autant de coups d’échecs : coup de desperado, sacrifice de déviation, gambit, voire un swindle en deux temps de Luke (qui a déclenché un immense éclat de rire dans la salle, suivi de deux salves d’applaudissements)… Sur l’échiquier galactique, chaque coup fait pencher la balance. Star Wars 8, les derniers jedi est autant un récit épique qu’un film à suspense, rejoignant les premiers essais de Johnson.

Finn (John Boyega) et Rose Tico (Kelly Marie Tran) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Finn (John Boyega) et Rose Tico (Kelly Marie Tran) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Un huitième volet digne

Star Wars 8, les derniers jedi frappe de plein fouet les limites narratives de la saga. Mais en lui-même, ce blockbuster sobre et en tension constante, est une superbe réussite technique et émotionnelle. Certes loin de la première trilogie, il marque une amélioration évidente par rapport au Réveil de la Force.

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H2G2, LE GUIDE DU VOYAGEUR GALACTIQUE : LA FOLLE HISTOIRE DE L’ESPACE




Par Clément

 

Une saga culte

Arthur Dent (Martin Freeman) est un londonien sans histoire. Un jour, trois événements délirants lui tombent dessus : sa maison va être détruite pour laisser place à une route. Son meilleur ami Ford Prefect (Mos Def) lui apprend qu’il est un extra-terrestre venu de Betelgeuse : il travaille comme critique gastronomique galactique pour Le Guide du Voyageur Galactique, document indispensable à tout globe-trotter de l’univers. Pour finir, la Terre va être démolie pour laisser place à une route galactique. Ford et Arthur parviennent à s’échapper de la Terre quelques secondes avant son explosion.

Recueillis quelque temps plus tard dans un vaisseau volé par Zaphod Beeblebrox (Sam Rockwell), le président dingo de la Galaxie, Arthur fait sa connaissance, celle de Tricia McMillian dite Trillian (Zooey Deschanel), jeune femme lunaire qui ne partage pas ses sentiments, et de Marvin (Warwick Davis et Alan Rickman), l’androïde le plus intelligent de l’Univers, et surtout le plus dépressif. 

 

Le robot dépressif Marvin dans H2G2
Le robot dépressif Marvin dans H2G2

Ensemble, ils vont vivre des aventures loufoques qui les conduiront à rechercher la question ultime sur la Vie, la Mort, l’Univers, et le Reste, tout en échappant aux bourrins Vogons.

Arthur Dent (Martin Freeman), Zaphod Beeblebrox (Sam Rockwell), Trillian (Zooey Deschanel) et Ford Prefect (Mos Def) dans H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique, réalisé par Garth Jennings (2005)
Arthur Dent (Martin Freeman), Zaphod Beeblebrox (Sam Rockwell), Trillian (Zooey Deschanel) et Ford Prefect (Mos Def) dans H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique, réalisé par Garth Jennings (2005)

« D’après une théorie, le jour où quelqu’un découvrira exactement à quoi sert l’Univers et pourquoi il est là, ledit Univers disparaîtra sur-le-champ pour se voir remplacé par quelque chose de considérablement plus bizarre et inexplicable.

Selon une autre théorie, la chose se serait en fait déjà produite. »


Cet exergue de Salut, et encore merci pour le poisson, 4e livre de la Trilogie en cinq volumes (oui oui) de Douglas Adams, résume bien l’univers singulier des héros du Guide du voyageur galactique, space opera parodique devenu culte en Grande-Bretagne.

Une saga transmedia

Cette saga, croisement entre le space opera et les Monty Python, fut l’un des premiers projets transmedia : d’abord feuilleton radiophonique, elle fut déclinée en romans (six en comptant la suite écrite par Eoin Colfer), série TV, comics, pièces de théâtre, jeu vidéo, et enfin le film.

Marvin (Warwick Davis, voix : Alan Rickman) dans H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique
La réaction de Marvin (Warwick Davis, voix : Alan Rickman) devant le succès de la saga

La saga est entrée dans la culture populaire via plusieurs éléments : le générateur d’improbabilités, Le Dernier Bar avant la Fin du Monde (bars geeks de Paris et Lille) et la catchphrase « Don’t Panic! ».

La
célébrissime Réponse à la Grande Question sur la Vie, la Mort,
l’Univers, et le Reste, soit 42, a été l’objet d’innombrables memes
Internet. D’ailleurs, à l’heure actuelle, on ne sait toujours pas quelle
est la question…

42 : La réponse à la Grande Question sur la Vie, l'Univers, et le Reste

Surtout, nous publions cet article le 25 mai, jour béni nommé « Towel day » ou jour de la serviette. Les fans du grand auteur de SF aiment à rappeler ce jour-là que l’outil le plus important de tout voyageur galactique est… la serviette. 


Malgré la popularité de la saga, ce n’est que 27 ans après le feuilleton radio original, et un gros parcours du combattant, qu’on a pu savourer une adaptation cinéma, H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique, co-écrite par l’auteur lui-même, juste avant sa mort, survenue avant même le début de la production (et 4 ans avant la sortie du film). Qu’en penser ?

Un style plus littéraire que cinématographique

Lecteur enthousiaste de la saga, il m’a fallu reconnaître un défaut : Adams a beaucoup de mal à écrire une histoire. À l’exception du 3e volume La Vie, l’Univers, et le Reste (que je considère pourtant comme le plus mauvais), et la dernière partie du premier, Adams ne donne presque jamais à ses personnages des enjeux, des désirs, des missions…

Plus cher désir d'Arthur Dent (Martin Freeman) dans  H2G2 : Le Guide du voyageur galactique : trouver du thé potable dans la Galaxie (véridique)
Plus cher désir d’Arthur Dent (Martin Freeman) dans H2G2 : Le Guide du voyageur galactique : trouver du thé potable dans la Galaxie (véridique)
En fait, on lit Le Guide du Voyageur Galactique comme on lirait le guide du Routard (Le titre français original était Le Guide du Routard Galactique avant que la marque ne porte plainte) : les  personnages sautent simplement de planète en planète, de vaisseaux en vaisseaux, d’une époque à un autre, poursuivis par toutes les polices de la galaxie, laissant à un hasard sadique le soin de les embarquer toujours plus loin dans l’absurde.

 
Faute d’un vrai scénario, la saga d’Adams se déguste surtout pour l’imagination titanesque de l’auteur. Son humour est avant tout littéraire, fort de descriptions et de digressions à l’absurdité rafraîchissante. Il aime se focaliser sur des situations avec peu d’action, et les conter avec force détails comiques. Grâce à tout cela, l’absence d’histoire ne pèse pas lourd devant le torrent humoristique de l’écrivain. Son humour, ni visuel, ni narratif, passe simplement mal sur grand écran.

Un problème de rythme


Voilà la source des problèmes du film H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique : la majeure partie du comique provient de la voix off du Guide, trop présente, et qui freine l’action. L’action ne s’installe que très tard, après 45 minutes d’une longue mise en place. Si elle était justifiée dans les livres grâce à l’humour jaillissant à chaque phrase, ce n’est pas concevable au cinéma où l’action ne peut démarrer si tard.
Les terreurs effrayantes d' H2G2 : Le Guide du voyageur galactique : Ford Prefect (Mos Def), Arthur Dent (Martin Freeman), et Zaphod Beeblebrox (Sam Rockwell)
Les terreurs effrayantes d’ H2G2 : Le Guide du voyageur galactique : Ford Prefect (Mos Def), Arthur Dent (Martin Freeman), et Zaphod Beeblebrox (Sam Rockwell)

On aurait pu imaginer une immixtion (joli mot, hein ? Il fait au moins 20 points au Scrabble) d’éléments des romans postérieurs dans le scénario pour le rendre plus nerveux, ce qui sera le choix de Jamais Contente

Le film accuse un vrai problème de rythme : resserrée sur la dernière heure, l’intrigue a du mal à se développer, et les adversaires sont trop éparpillés. 

Vue de Magrathea, planète légendaire d'H2G2 : Le Guide du voyageur galactique
Vue de Magrathea, planète légendaire d’H2G2 : Le Guide du voyageur galactique

L’autre problème est posé par le budget : 50 millions de dollars, ce n’est pas assez pour rendre justice aux inventions d’Adams, à ces planètes aux habitants très spéciaux. On est condamné à n’en voir qu’une petite partie. La plupart des décors font très cheap.

British touch

Malgré tout, H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique parvient à divertir. Il le doit d’abord à son casting. Face à la perspective de voir un classique de leur pays porté à l’écran, il était évident que tous les plus grands acteurs de Grande-Bretagne allaient se bousculer. On retrouve d’ailleurs dans la saga H2G2 une grande partie de la bande à Potter.
 

Excitée à l'idée de jouer dans H2G2 : Le Guide du voyageur galactique, Trillian (Zooey Deschanel) découpe un toast avec un sabre laser miniature
Excitée à l’idée de jouer dans H2G2 : Le Guide du voyageur galactique, Trillian (Zooey Deschanel) découpe un toast avec un sabre laser miniature
Leur métier et leur enthousiasme donnent son charme au film : Martin Freeman (plus connu pour son rôle de Hobbit chez Peter Jackson) John Malkovich, Edgar Wright, qu’on ne présente plus, Bill Nighy et Anna Chancellor, deux pontes du théâtre britannique, Warwick Davis (qui joue dans tous les Star Wars depuis le VI) la surdouée Kelly Macdonald (bluffante depuis Trainspotting, revue récemment dans sa suite et dans la saison 3 de Black Mirror).

Alan Rickman, Helen Mirren, et Stephen Fry prêtent leur voix au film. Parce que le film est co-produit par les Américains, s’y ajoutent quelques vedettes d’outre-Atlantique, dont le rappeur Mos Def, et la délurée Zooey Deschanel, qui rôde déjà avec brio son futur personnage de Jessica Day dans l’attachante sitcom New Girl.

Leur jeu est toutefois si décalé, en apesanteur, qu’ils se rapprochent de la tradition d’un burlesque britannique.

Jessica Day (Zooey Deschanel) dans la sitcom New Girl d'Elizabeth Meriwether (2011-2018)
Jessica Day (Zooey Deschanel) dans la sitcom New Girl d’Elizabeth Meriwether (2011-2018)

De plus, Douglas Adams, assisté de Karey Kilpatrick, nous a laissé une surprise : au milieu d’H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique, il vire de bord, et introduit une nouvelle intrigue et un nouveau personnage, gourou allumé campé par un Malkovich hilarant, non loin du méchant d’opérette terrassé par les gaffes de Johnny English !

Humma Kavula (John Malkovich) dans H2G2 : Le Guide du voyageur galactique. Il a trouvé la parade pour gagner tous les concours de bouffe de la Galaxie sans avoir mal au ventre
Humma Kavula (John Malkovich) dans H2G2 : Le Guide du voyageur galactique. Il a trouvé la parade pour gagner tous les concours de bouffe de la Galaxie sans avoir mal au ventre

50 nuances de comédie

Les personnages d’H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique ont tous un humour propre : celui des gestes pour Dent, pince-sans-rire pour Ford et le narrateur, grotesque pour Zaphod, 100 % British pour Trillian, de répétition pour Marvin. La comédie est très variée, et les acteurs parviennent à tirer tout le jus de leurs stéréotypes.

Questular Rontok (Anna Chancellor) et le Grand Prostetnik Vogon Jeltz (Richard Griffiths) dans H2G2 : Le Guide du voyageur galactique
Questular Rontok (Anna Chancellor) et le Grand Prostetnik Vogon Jeltz (Richard Griffiths) dans H2G2 : Le Guide du voyageur galactique

La mise en scène de Garth Jennings regorge de belles trouvailles. Malgré son budget insatisfaisant, il réussit quelques scènes d’anthologie : le numéro d’ouverture « So long and thanks for all the fish » couplé au ballet de dauphins est irrésistible.

Au bout du compte, le film tombe dans un piège où tombera plus tard une autre romancière surdouée de Mother England, J.K.Rowling. Ses Animaux Fantastiques privilégieront la mise en place d’un alléchant univers, au détriment d’une vraie histoire.

Un petit effet secondaire du Générateur d’Improbabilités dans H2G2 : Le Guide du voyageur galactique

L’univers en folie

Affaibli par son absence de scénario, H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique séduit tout de même, par ses personnages cramés du bulbe, son ton si anglais, et son Univers en Folie. Parmi les différents médias, l’adaptation cinéma reste cependant loin derrière les feuilletons radio et TV, sans parler des romans.

Tous les fans de SF, et tous les geeks du monde, mettent cependant un point d’honneur à faire découvrir la création de Douglas Adams. Le Guide du Voyageur Galactique représente bien l’apogée de l’imaginaire loufoque de l’auteur. Plongez donc avec délice dans ce film, les livres et la série. On en ressort l’âme rieuse, le 25 mai ou un autre jour.
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