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Black Mirror, « Metalhead » : analyse de l’épisode et explication de la fin


3 out of 5 stars (3 / 5)

« Metalhead » est l’épisode le plus singulier de Black Mirror, saison 4. L’épisode ne développe pas d’histoire autour des écrans et de la technologie, comme à l’habitude. Il s’agit d’un pur exercice de style : une course-poursuite entre Bella, femme solitaire (Maxine Peake), et un robot-chien tueur dans un paysage post-apocalyptique.


La chasse à l’homme au cinéma et dans les séries

L’idée de mettre en scène des chasses mortelles au cinéma remonte à 1932 avec Les Chasses du comte Zaroff, co-réalisé par Ernest B. Schoedsack (célèbre pour être le co-réalisateur du premier King Kong, où il retrouvera Fay Wray). Dans ce film, Zaroff, aristocrate habitant sur une île, a un passe-temps favori : la chasse. Mais il chasse les humains, car c’est l’animal le plus intelligent.

Les individus qui échouent sur son territoire se retrouvent à errer et se cacher dans l’île, proies à son jeu sadique, car c’est la mort assurée si Zaroff les retrouve.


Joel McCrea et Fay Wray dans Les Chasses du comte Zaroff, réalisé par Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel (1932)
Joel McCrea et Fay Wray dans Les Chasses du comte Zaroff, réalisé par Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel (1932)

Sur le même thème, l’épisode « Les Chasseurs » de la série Supernatural, ajoute une petite fille aussi sanguinaire que les chasseurs (dans Supernatural, si vous croisez un enfant, priez, ou sortez les pétoires et tirez dans le tas. On vous conseille la seconde solution).


Jensen Ackles et Alexia Fast dans l'épisode "Les Chasseurs" (1-15) de la série Supernatural, créée par Eric Kripke (2005-)
Jensen Ackles et Alexia Fast dans l’épisode « Les Chasseurs » (1.15) de la série Supernatural, créée par Eric Kripke (2005-)

L’épisode « Homecoming » de Buffy contre les vampires est une parodie du genre. Des monstres traquent les deux héroïnes piégées dans un labyrinthe. Dans ce cas, les monstres sont des crétins qui perdraient un duel face à une quiche.

La chasse à l’homme par une foule aveugle qui croit traquer un criminel donne souvent lieu à des scènes mémorables, notamment dans Furie de Fritz Lang (1936).


Black Mirror, Metahead : traque 2.0

On peut aussi imaginer un traqueur « programmé » pour chasser sa proie sans relâche, tel Terminator.

C’est cette option que va choisir le réalisateur de « Metalhead », David Slade. Il va compenser le manque d’humanité en misant sur le suspense et la terreur.

« Metalhead » n’est pas sans faire penser à un épisode de La Quatrième Dimension, série dont Black Mirror est une héritière directe.

On pense entre autres à l’épisode Les Envahisseurs (2.15) dont « Metalhead » reprend les codes, par sa concision, d’abord : avec 38 minutes, c’est l’épisode le plus court de Black Mirror. Son scénario est volontairement minimaliste, l’épisode est quasi muet, et il s’agit du premier épisode de la série en noir et blanc – idée du réalisateur.

Comme dans un thriller classique, on retrouve une quasi invulnérabilité des traqueurs (chiens-robots effrayants) l’épuisement progressif de la traquée, une mise en scène anxiogène et, comme dans tout bon épisode de Black Mirror, une chute.


Agnès Moorehead dans l'épisode Les Envahisseurs (2.15) de la série La Quatrième Dimension, créée par Rod Serling (1959-1964)
Agnès Moorehead dans l’épisode Les Envahisseurs (2.15) de la série La Quatrième Dimension, créée par Rod Serling (1959-1964)

Metalhead : un épisode viscéral

Black Mirror suit à la lettre la recommandation du scénariste Tom Fontana :

« Les spectateurs doivent recevoir l’histoire comme un coup de poing à l’estomac, et qu’elle remonte à leur conscience pour les habiter longtemps ». 

D’habitude, c’est par le propos, choquant et exact, du créateur Charlie Brooker, que Black Mirror hante nos esprits…  mais pas ici.


Bella (Maxine Peake) fuit dans la lande dans l'épisode Metalhead (4.05) de la série Black Mirror, créée par Charlie Brooker (2011-)
Bella (Maxine Peake) fuit dans la lande dans l’épisode Metalhead (4.05) de la série Black Mirror, créée par Charlie Brooker (2011-)

Brooker effleure le thème d’une après-guerre entre robots et humains, que ces derniers ont perdu. Mais ce n’est qu’un canevas. « Metalhead » porte davantage la marque de son réalisateur, David Slade.


David Slade, réalisateur de Metalhead
David Slade, réalisateur de « Metalhead »

Une belle réalisation

L’épisode de Black Mirror le plus proche de celui-là serait « Shut up and dance » (3.03) : ce qui importe, c’est moins le thème que le thriller, et la descente aux enfers du personnage.

Brooker sait enchaîner les rebondissements, d’où une tension constante.

Slade s’est distingué par quelques réussites dans le genre fantastique et horrifique, notamment l’excellent thriller vampirique 30 jours de nuit, plusieurs épisodes de la série American Gods ou la série Hannibal (on oubliera Twilight 3, où le réalisateur a dû lisser ses crocs). Il fait preuve de tout son talent dans « Metalhead ».

Les cadrages penchés, le noir et blanc, les gros plans répétés sur le visage de Bella ou sur le robot-chien, font penser à l’expressionnisme allemand des années 20. La mise en scène de Slade regorge de trouvailles, par ses plongées écrasantes sur l’héroïne. Les plans larges, souvent synonymes de liberté et d’espace, deviennent ici les délimitations d’une prison à ciel ouvert.


Bella tente de joindre son camp dans Metalhead
Bella tente de joindre son camp dans Metalhead

La violence sèche, relayée par un montage tranchant, renvoient au modèle du genre, Psychose.


Explication de la fin  de Metalhead (Attention Spoilers)

Black Mirror sait achever ces épisodes sur des plans-choc. « Metalhead », en quelques plans, exprime toute l’horreur de la défaite de Bella. Se heurtant au mur final, elle a le choix – attendre que les robots la tuent, ou se servir de l’ultime liberté qui lui reste. S’entailler le visage pour enlever les trois traqueurs que le robot lui a implantés semble difficile. Elle décide de se trancher la gorge pour échapper aux chiens.

Ces technologies miniatures implantées dans le corps sont légion dans Black Mirror, elles étaient présentes déjà cette saison dans Arkangel avec le traqueur dont se sert la mère pour tout savoir de sa fille.


Marie (Rosemarie de Witt) fait implanter par l'anesthésiste (Angela Vint) un traqueur dans la tête de sa fille Sara (Sarah Abbott) dans l'épisode "Arkangel" (4.02) de la série Black Mirror
Marie (Rosemarie de Witt) fait implanter par l’anesthésiste (Angela Vint) un traqueur dans la tête de sa fille Sara (Sarah Abbott) dans l’épisode « Arkangel » (4.02) de la série Black Mirror

Ces technologies reviendront dans « Black Museum », pour un usage encore plus déstabilisant.


Des symboles typiques de Black Mirror

Après le suicide de Bella vient la plongée finale sur la caisse de jouets, but de son expédition. Ses appels téléphoniques étaient destinés à son neveu mourant. Pour adoucir ses derniers jours, elle était partie chercher des jouets dans un entrepôt gardé par le robot.

Plan final de Metalhead
Plan final de « Metalhead »

On peut voir, dans ces ours en peluche blancs, une auto-référence à Black Mirror : le fameux épisode « White Bear », où un ours blanc, jouet d’une petite fille, devient le symbole de son martyre, et le nom du parc où la complice de son meurtre est châtiée.

La multitude des chiens tueurs qui envahissent les dernières images donnent une terrible vision d’une humanité en sursis, cachée derrière le barrage, mais qui, tôt ou tard, sera décimée par les créatures qu’elles ont créées. On rejoint le credo de la série : non pas dénoncer la technologie, mais ce que les humains en font.

Metalhead : un épisode éprouvant

« Metalhead » n’atteint pas les sommets émotionnels induits par les meilleures (ou les pires, selon le point de vue) dystopies proposées par Black Mirror, à cause de son postulat de départ : une course-poursuite minimaliste. Reste une implacable traque de l’homme par le robot qui prend aux tripes, grâce à la science du réalisateur et l’interprétation habitée de Maxine Peake, dans un quasi seule-en-scène.


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Pour d’autres analyses des épisodes de Black Mirror :

Black Mirror, « Hang the DJ »: analyse et explication de la fin (spoilers)

3 out of 5 stars (3 / 5)

Rencontrez Amy et Frank dans un restaurant aseptisé choisi pour eux par « le système ». Le système, c’est Coach, équivalent à peine voilé de Tinder, application de rencontres amoureuses.

Love me Tinder

D’emblée, Amy et Frank sont sympathiques. La maladresse de l’un, le sourire amusé de l’autre, et voilà que débute un blind date des plus charmants. Mais ce rendez-vous a une date d’expiration. Ce n’est pas un bon mot de ma part, c’est sa véritable appellation.

Au début du rendez-vous, il est d’usage que les deux « candidats » vérifient à l’unisson combien de temps ils sont censés passer ensemble.
Oui, on est loin du speed dating de 7 minutes. Coach, en plus de vous caser avec quelqu’un qu’il pense être votre âme sœur possible, vous impose de rester avec pendant dans un temps donné.

Pas de chance pour Frank et Amy : le temps imparti est de 12 heures.

12 heures pour se connaître, dîner, et éventuellement passer au lit.

Cette première rencontre, bien que non consommée, marquera durablement les deux protagonistes, et le spectateur.

Black Mirror est une série dystopique. Habituellement, elle fait violence au spectateur, et nous dit ce que la technologie peut faire non pas pour nous mais contre nous.

Bientôt sur Netflix : Osmosis

Je m’attendais, en bonne fan de Black Mirror et de dystopie en général, à une fin terrible où on nous expliquerait à quel point il est dangereux d’ouvrir son esprit et ses émotions à une entreprise privée.

À quel point il est risqué qu’une machine décide pour nous de notre destin amoureux.

Il faut dire que je venais de voir la bande-annonce d’Osmosis, nouvelle série prochainement proposée par le même Netflix.

Même ambiance que pour Les Revenants : c’est d’ailleurs l’une de ses scénaristes qui propose cette nouvelle série.

Voyons le pitch que nous propose AlloCiné :

Paris, dans un futur proche. La technologie a repoussé les frontières de l’imaginable en déchiffrant le code du véritable amour. Grâce aux données de ses utilisateurs obtenues via des micro-robots implantés dans leurs cerveaux, la nouvelle application « OSMOSIS » garantit avec certitude de trouver le partenaire idéal, et transforme le rêve ultime de trouver l’âme soeur en réalité.

Mais y a-t-il un prix à payer lorsqu’on laisse un algorithme choisir l’homme ou la femme de notre vie ? Quand en échange de cet amour éternel, la technologie peut accéder aux recoins les plus intimes de notre esprit, et à nos souvenirs les plus secrets…

La question de l’utilisation par une machine de vos souvenirs les plus secrets sera davantage exploré dans « Crocodile », épisode 3 de cette saison 4 de Black Mirror.

Je m’attendais donc, avec Hang the DJ, à un réquisitoire contre un Tinder effrayant qui en saurait trop sur ses utilisateurs.

Coach, machine pensante

Charlie Brooker nous propose autre chose, pour une fois. Coach est une machine ultraperfectionnée qui analyse – pour votre bien, cette fois – vos émotions, votre pensée et votre façon d’agir. Avec toutes ces données intimes, Coach élabore un système complexe pour trouver votre âme sœur.

Amy et Frank sont ainsi séparés au bout de 12 heures. Plutôt que de rester ensemble alors que la soirée s’est bien passée, ils obéissent à la machine, pour leur malheur. Amy se retrouve avec un bellâtre prétentieux, et Frank se retrouve avec une mégère. Amy en a pour neuf mois, et Frank en a pour un an.

Vous avez remarqué que j’en parle comme s’il s’agissait de mois à passer en taule ? C’est peu ou prou ce qui se produit.

La machine pense, et vous fait penser. Elle analyse votre façon d’être dans une situation désagréable. Comment réagissez-vous et qu’apprenez-vous d’une relation qui vous convient pas, ou d’une série de bellâtres qui vous baisent sans proposer grand-chose d’autre ? La machine enregistre tout cela et, d’une façon très complète… vous connaît.

Ce qui intéresse la machine – et le spectateur – c’est si Amy et Frank pensent l’un à l’autre tandis qu’ils sont en couple ailleurs.

Le couple forcé en dystopie

Si « Hang the DJ » est encourageant et même optimiste (terme incroyable à utiliser pour Black Mirror), il propose tout de même une atmosphère oppressante, où les individus sont sommés d’être en couple.

Cette ambiance rappelle l’excellent film sorti récemment, The Lobster. Dans ce film, les célibataires se cachent. Seuls les couples sont bienvenus et acceptés en société. Du coup, les célibataires sont en danger. Tous se retrouvent dans un centre effrayant où ils disposent d’un temps limité (encore) pour trouver l’âme sœur.

Colin Farrell dans The Lobster de Yorgos Lanthimos (2015)
Colin Farrell dans The Lobster de Yorgos Lanthimos (2015)

Dans 1984 de George Orwell, les couples sont mal vus, au contraire. Le sexe est considéré comme une force qui peut réduire en miettes le Parti en place.

Chez Huxley dans Le Meilleur des mondes, tout le monde appartient à tout le monde. Le sexe est nécessairement consenti, ou s’il ne l’est pas, un petit antidépresseur (appelé Soma) et tout est oublié.

Le couple est toujours une question épineuse en dystopie. Le couple de nerds au cœur de l’épisode « Hang the DJ » rappelle justement ces âmes sœurs de convenance mises en scène dans The Lobster.

Edna et Mike, couple heureux dans "Hang the DJ"
Edna et Mike, couple heureux dans « Hang the DJ »
Toujours côté séries, on remarque dans le récent The Good Place que les élu.e.s du paradis sont nécessairement en couple, l’une des normes effrayantes de ce ciel où un peu de chaos est bienvenu.

Le monde de Charlie

« Hang the DJ » apparaît – dans la saison 4 de Black Mirror, et dans la série dans son entier – comme une bouffée d’air frais. D’aucuns y verront le pendant du « San Junipero » de la saison 3, pour son romantisme et sa fin apaisée. Enfin une histoire qui finit bien dans le monde de Charlie Brooker !

Enfin un épisode qui croit non pas à la dégénérescence de l’humanité mais à la force du destin. Ne vous en faites pas, quand Brooker parle de destin, c’est forcément avec ironie. Le Coach, qui n’est jamais qu’une machine, répète à l’envi un proverbe bien connu des anglo-saxons :

« Everything happens for a reason. »

« Rien n’arrive au hasard. »

Cette déclaration est d’une ironie savoureuse, quand on sait que c’est la machine qui décide pour les hommes. Il y a un peu de Cocteau chez Brooker, apparemment.

Surtout, d’un point de vue métatextuel, c’est le scénariste qui décide de tout : si rien n’arrive au hasard, c’est que tout est écrit, au sens littéral.

Explication de la fin de « Hang the DJ » (Attention Spoilers)

La machine Coach joue donc le rôle du destin : Frank et Amy se rencontrent une première fois, puis une seconde alors qu’ils sont malheureux en couple, et le destin semble leur dire : « Qu’attendez-vous pour finir ensemble, chers imbéciles ? »

En effet, le « destin » fait que leurs routes se croisent à plusieurs reprises.

Là où Coach a du génie, c’est dans son imitation de la vie elle-même : tous ceux qui ont vécu en couple avec quelqu’un qu’ils détestaient se reconnaîtront, tous ceux qui ont enchaîné les aventures sans lendemain aussi.

Dans la dernière partie de « Hang the DJ », Frank et Amy sont promis à quelqu’un d’autre. Ils choisissent tous deux de se revoir la veille de leur mariage.

Là encore, un parallèle peut être établi avec la vie réelle : en cas de mariage arrangé, il faut beaucoup de courage aux deux amants pour défier les conventions et s’enfuir. Faire le mur ensemble, en somme.
La machine cherche à savoir si Frank et Amy sont faits l’un pour l’autre. Seraient-il prêt à se révolter, à quitter, dans tous les sens du terme, le système au nom de l’amour ? Comme dans toute dystopie (je suis obsédée, je sais) il existe un mur, et dans « Hang the DJ », il sépare le monde utopique du monde réel, réputé plus effrayant. Quiconque le franchit est banni.

Coach est en réalité un immense test pour évaluer l’amour des individus. Se rebeller, c’est franchir le mur, ce que font Frank et Amy, pour la millième fois ou presque.
A ce moment, le scénario devient complexe : les Frank et Amy que nous avons vus n’étaient que des programmes, des versions numériques d’eux-mêmes, testées par la machine pour voir si les personnes véritables seraient heureuses en couple. Ces clones sont là pour la bonne cause, contrairement aux clones torturés de l’épisode « White Christmas » et ceux devenus les jouets d’un fan de SF dans « USS Callister ».
Mais revenons à « Hang the DJ » en images :
  
Ces deux plans se succèdent quand Amy et Frank ont franchi le mur : sur 1000 simulations, ils se sont rebellés 998 fois, signe de leur amour insubmersible. Résultat : 99.8% de chances que ça colle entre eux dans la vraie vie. Voilà pourquoi Amy voit ceci sur son portable avant de rencontrer Frank pour de vrai :

L’appli la prévient qu’elle va rencontrer l’homme de sa vie (c’est pas beau, ça ?)

A la fin de l’épisode, nous témoignons donc de sa rencontre réelle avec Frank, dans un bar où la chanson « Panic » des Smith (groupe rebelle si l’en est) passe à la radio avec son refrain, « Hang the DJ ».

Dans le vers de la chanson qui donne son titre à l’épisode, on peut de nouveau remarquer un clin d’œil métatextuel : le DJ, c’est celui qui décide de la playlist, organise la soirée, et décide l’ambiance.

Coach était ainsi le DJ d’Amy et Frank, grand organisateur qui aura décidé de leur rencontre et de leurs (més)aventures. On peut aussi dire cela du scénariste, qui décide de tout à l’avance. Il faudrait donc pendre le DJ – ou le scénariste, au choix – pour que les personnages reprennent leur liberté.

Mais attention, ce n’est pas si simple : chacun a ses défauts, ses lâchetés. Frank, par exemple, au cœur de l’épisode, choisira de regarder la date de péremption de son couple avec Amy sans son accord : la machine se réinitialisera alors, pour punir Frank ou plutôt remplir sa fonction de destin : nos choix sont cruciaux, le manque de confiance en l’autre peut être fatal au couple.

Rage against the machine

Dans « Hang the DJ », le génie de la machine, c’est de nous faire comprendre qu’on n’a pas besoin d’elle. C’est d’ailleurs le rôle du coach. Pour parler plus crûment, la machine est là pour pousser les candidats à crier haut et fort « fuck the machine ».

Bref, « Hang the DJ » révèle une nouvelle facette de Brooker : il serait romantique, sentimental et finalement optimiste sur l’amour.

Cependant, comme à chaque fin d’épisode de Black Mirror, une question me vient à l’esprit puis me taraude longtemps :

S’il s’agissait de mon propre couple… qu’aurions-nous fait ?

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A GHOST STORY : CASEY AFFLECK DANS DE BEAUX DRAPS


Par Clément


Ceci n’est pas un film de fantômes

Souvent, les grands artistes ne sont pas ceux et celles qui créent quelque chose, mais qui le portent à maturité. Les « films de fantômes » existent depuis le cinéma muet (La charrette fantôme de Victor Sjöström par exemple), mais sont souvent circonscrits dans l’horreur. Peut-être parce qu’ils sont racontés du point de vue des vivants, terrifiés par le surnaturel et la mort.

Extrait de La Charrette fantôme de Victor Sjöström (1921)
Extrait de La Charrette fantôme de Victor Sjöström (1921)

Alors, pourquoi ne pas renverser le point de vue ? Et si on avait un film du point de vue du fantôme ? Un film où l’on renonce à l’effroi pour parler d’amour, de mort, de vie. 

Cela vous paraît pompeux ? C’est sans compter sur l’habileté de David Lowery. A Ghost Story nous embarque dans 90 minutes d’errance métaphysique, muette en grande partie, aux plans fixes qui s’étirent, et où notre guide est un acteur caché sous un drap blanc. On est loin de la comédie potache (difficile de s’infliger Fantôme avec chauffeur de Gérard Oury) ou du décorum hollywoodien (j’aime beaucoup Ghost, mais c’est quand même très convenu).

Demi Moore et Patrick Swayze dans Ghost, réalisé par Jerry Zucker (1990)
Demi Moore et Patrick Swayze dans Ghost, réalisé par Jerry Zucker (1990)

C (Casey Affleck) et M (Rooney Mara) forment un jeune couple qui a emménagé à la campagne.

M (Rooney Mara) et C (Casey Affleck) dans A Ghost Story de David Lowery (2017)
M (Rooney Mara) et C (Casey Affleck) dans A Ghost Story de David Lowery (2017)
Un jour, C. meurt dans un accident de voiture. Il revient sous la forme d’un fantôme inoffensif, que nul ne peut voir. Il regarde, impuissant, M. faire son deuil. Lorsque M. quitte la maison, C. reste, comme prisonnier. Débute un long voyage temporel où il voit les locataires suivants de la maison. Il souhaite surtout mettre fin à son errance, comme le fantôme hantant la maison voisine. 

Mais comment faire ?

Réparer les morts

Lorsque l’on est « celui (ou celle) qui reste », le deuil est une épreuve atroce. Mais qu’en est-il si on est un fantôme qui a l’éternité devant lui, condamné à traverser les millénaires avec ses souvenirs pour seule compagnie ? D’un pitch aussi simple que riche en émotions, Lowery tire un conte méditatif d’une grande puissance émotionnelle, alors même que le récit assume jusqu’au bout sa lenteur et son minimalisme (sans le lyrisme de The Fountain d’Aronofsky).

Errance du fantôme de A Ghost Story
Errance du fantôme de A Ghost Story

Lenteur, car c’est le temps du deuil. David Lowery assume les moments interminables, que ce soit dans des plans séquences sans fin, les longues envolées d’un bavard nihiliste, ou une dégustation frénétique de tarte pendant 5 minutes de plan fixe.


M. (Rooney Mara) mange une tarte jusqu'au dégoût dans A Ghost Story
M. (Rooney Mara) mange une tarte jusqu’au dégoût dans A Ghost Story

Au revoir là-haut



A Ghost Story est un film dont la raison d’être est le sensoriel : on est censé ressentir l’écoulement du temps qui passe, et la solitude émotionnelle qui va avec. De la même façon, Gravity était moins un survival movie qu’un voyage censé nous faire ressentir la perte de repères dans l’Espace.

Sandra Bullock dans Gravity d'Alfonso Cuarón (2013)
Sandra Bullock dans Gravity d’Alfonso Cuarón (2013)
On peut aussi rapprocher A Ghost Story du fameux épisode « The Body » de Buffy contre les vampires, où le spectateur ressent physiquement le temps qui frappe l’endeuillée. Lowery reprend de Buffy des recettes de mise en scène. Pari gagné : la peine de C. traverse l’écran pour peu que l’on accepte de se laisser porter par nos sens. A Ghost Story n’est pas parasité par le symbolisme lourd qui grevait Lucky.

C. (Casey Affleck) dans A Ghost Story
C. (Casey Affleck) dans A Ghost Story

Lowery s’amuse aussi avec les codes du cinéma de genre, et ces moments servent son récit. Lorsque C., oppressé par son deuil, éclate de colère, Lowery nous montre une scène de hantise avec objets qui volent et vaisselle qui casse devant une famille horrifiée, mais du point de vue de C. Ce genre de scène inculque d’ordinaire la peur au public. Avec C. en protagoniste, elle devient déchirante. Si comme Sam dans Ghost, C peut manipuler la matière, il ne se sert guère de son pouvoir le reste du temps, une ironie dont Lowery joue en maître : C. n’a rien à prouver, il veut seulement quitter ce monde.

La première seconde de l’éternité (Attention SPOILERS à partir d’ici)

A Ghost Story m’a rappelé l’un des plus forts épisodes de Doctor Who, « Descente au paradis ». Prisonnier d’un verrou temporel, le Docteur est condamné à mourir encore et encore. Cet épisode a aussi pour thème le deuil du Docteur de sa compagne d’aventures, sa culpabilité et son chagrin. On ne s’aperçoit qu’à la fin n’avoir suivi qu’une seule des milliards de répétitions de son ordalie (calvaire).

Peter Capaldi dans Descente au paradis (9.11), épisode de Dr.Who (2005-) écrit par Steven Moffat et réalisé par Rachel Talalay
Peter Capaldi dans Descente au paradis (9.11), épisode de Dr.Who (2005-) écrit par Steven Moffat et réalisé par Rachel Talalay

Or, A Ghost Story est aussi un verrou temporel. Après avoir traversé le temps durant des millénaires, C, ne supportant plus cette prison éternelle, se « suicide » en se jetant dans le vide… et revient dans le passé alors que la maison est en construction. Lorsque il revient au « présent », il voit M et lui-même acheter cette maison.

Dans une élégante épanadiplose, nous voyons que le fantôme a toujours été là, dès la première scène. En heurtant le piano, il entraîne le réveil de M. et du C. vivant, refermant une boucle causale. 

Nous découvrons deux fantômes à la fin du film : le « vieux » fantôme de C., à la fin de sa boucle, voit le « récent » fantôme de C., commencer le début de sa boucle. Cela se produit après une inoubliable vision d’une cité futuriste cyberpunk à la Blade Runner.


 C. (Casey Affleck) contemple une cité futuriste dans A Ghost Story
C. (Casey Affleck) contemple une cité futuriste dans A Ghost Story

Un film métaphysique

La photographie nous mettait sur la voie, car Andrew Doz Palermo, le chef op. filmait avec les mêmes teintes sombres le couple au début. Le fantôme, déjà présent mais invisible, était suggéré par la lumière. Tout comme dans Docteur Who, c’est millimètre par millimètre que le fantôme gratte un mur qui barre l’accès à la sortie. 

C. (Casey Affleck) gratte le mur dressé entre lui et sa libération dans A Ghost Story
C. (Casey Affleck) gratte le mur dressé entre lui et sa libération dans A Ghost Story

La BO cotonneuse de Daniel Hart mise beaucoup sur les répétitions de thème, ceux des premières scènes sont reprises à la fin. Avant la libération finale sur une gamme de ré majeur, opposée à celle de ré mineur, attachée en musique classique à la mort (c’est celle par exemple du Requiem de Mozart).

Quand on aime, il faut partir

Si A Ghost Story émeut tant, c’est parce que le personnage de C. est tout entier construit sur l’amour qu’il voue à M. Sayonara avait célébré les noces de l’éphémère (de la vie humaine) et de l’éternité (du temps) par une lenteur méditative. A Ghost Story marie ces deux aspects. L’éphémère par les familles qui vont et viennent, la décrépitude des corps (la petite fille tuée par les Indiens), mais aussi l’amour terrestre, qui s’achève dans la mort. L’éternité est symbolisée par la langueur des plans, mais aussi par la cyclicité du film.

M. (Rooney Mara) dans A Ghost Story
M. (Rooney Mara) dans A Ghost Story

En définitive, c’est dans le lâcher-prise que C. trouve sa rédemption, comme Bill Murray dans Un jour sans fin. Le fantôme voisin (joué par Lowery lui-même) trouvait sa liberté après avoir réalisé qu’elle n’avait plus rien à attendre de la vie. 

De même C., après avoir témoigné du passage du temps sur les humains, accepte de laisser partir ce qui le retient sur Terre. Le souvenir de son amour pour M. est noyé dans le temps et l’espace, mais c’est son refus de mourir qui le garde prisonnier.

Le fantôme voisin (David Lowery) dans A Ghost Story
Le fantôme voisin (David Lowery) dans A Ghost Story

En écrivant le papier qu’elle a caché dans le mur, M. plaçait symboliquement sa vie d’avant dans la maison qu’elle quittait pour toujours. Un acte de résilience. C. en le lisant à son tour, prend conscience qu’il doit laisser sa vie d’avant.

Une merveille d’émotion

Malgré son budget minimal (moins de 100. 000 $), David Lowery nous rappelle que le talent, la richesse du cinéma, ne sont pas tributaires de l’argent ni du spectaculaire.

David Lowery, scénariste et réalisateur de A Ghost Story
David Lowery, scénariste et réalisateur de A Ghost Story

S’affranchissant de la dictature de la rapidité, de la surexplication, de la virtuosité, A Ghost Story nous invite à un trip sensoriel où nous embrassons l’espace et le temps, ainsi qu’une déchirante histoire d’amour, avec beaucoup d’humilité. 

L’année 2017 s’achève ainsi par une merveille d’émotion.

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BLADE RUNNER 2049 : ANALYSE DU FILM ET EXPLICATION DE LA FIN (SPOILERS)

4 out of 5 stars (4 / 5)

Face à mes étudiants, j’ai un jour posé la question :

« Qu’est-ce qui me différencie d’un robot ? »

– Les lunettes ! A lancé un jeune.

Les autres ont réfléchi longuement. Il faut dire qu’on bossait sur « Le robot qui rêvait » la nouvelle d’Asimov.

Puisque la plupart des jeunes à qui vous donnez un texte à lire ne le lisent pas, il faut souvent se contenter du titre en guise d’introduction. Et quel titre !

Un titre qui dit que les robots rêvent, c’est la promesse que les robots sont un peu des hommes.

Wall-E dans le film Pixar éponyme réalisé par Andrew Stanton (2008)
Wall-E dans le film Pixar éponyme réalisé par Andrew Stanton (2008)

Que faut-il pour rêver ?

Une conscience. À la fin de la nouvelle Asimov, le robot est considéré comme une menace. À trop rêver, on finit par se rebeller, car on a pris conscience de sa condition.

Des robots et des hommes

C’est ce qui se passe pour les réplicants qui se rebellent dans Blade Runner numéro 1.

Les réplicants Pris (Daryl Hannah) et Roy Batty (Rutger Hauer) dans Blade Runner, réalisé par Ridley Scott (1982)
Les réplicants Pris (Daryl Hannah) et Roy Batty (Rutger Hauer) dans Blade Runner, réalisé par Ridley Scott (1982)
Un peu trop humains, un peu trop intelligents, Il deviennent une menace pour la race humaine.
Mais Asimov est plus complexe. La frontière entre l’homme et le robot n’a jamais été claire. Dans la nouvelle « Le Robot qui rêvait », les deux femmes qui interrogent Elvex semblent déshumanisées. C’est le robot qui apparaît le plus humain des trois.

Dans Blade Runner de Ridley Scott, il s’agit de traquer les réplicants qui ont mal tourné. C’est là que le personnage de Harrison Ford, alias Rick Deckard, entre en scène. C’est un blade runner, sorte de super-flic dont la mission est d’arrêter les réplicants rebelles.

Le "Blade Runner" Rick Deckard (Harrison Ford) dans Blade Runner
Le « Blade Runner » Rick Deckard (Harrison Ford) dans Blade Runner

À la fin du film de 1982, il tombait amoureux d’une replicante. On se demandait même s’il n’était pas réplicant lui-même.

35 ans après, Denis Villeneuve emmène Blade Runner à l’étape suivante. Pour éviter la rébellion des robots, ils sont conditionnés. Une machine leur répète des phrases en boucle pour s’assurer qu’ils restent bien machines eux-mêmes.

Ce conditionnement est directement inspiré de Huxley : dans Le Meilleur des mondes, les citoyens étaient conditionnés au bonheur à coup de cassettes audio qui leur répétaient en boucle des phrases conformistes pour qu’il les gardent en tête toute leur vie.

Le K Ryan Gosling

Ryan Gosling joue K dans Blade Runner 2049 : l’un de ces robots nouvelle génération, qui ne se rebelleront pas, conditionnés comme il faut. C’est un robot si parfait, en fait, qu’il est à son tour désigné pour traquer les réplicants rebelles qui courent toujours les rues de Los Angeles.

K (Ryan Gosling) dans Blade Runner 2049 réalisé par Denis Villeneuve (2017)
K (Ryan Gosling) dans Blade Runner 2049 réalisé par Denis Villeneuve (2017)

Le personnage de Robin Wright dit à K : « Vous avez pas d’âme, et vous n’en avez pas besoin. » Pas d’âme, peut-être, mais une conscience. Quand sa mission consiste à tuer un enfant qui serait né d’une androïde, il hésite.

Cet enfant caché représente un espoir pour les robots rebelles, qui y voient la possibilité d’affirmer leur « humanité ».

K traque donc l’enfant avec des scrupules. Il souffre aussi de solitude. Il possède donc à domicile une compagne-domestique, Joi.

Joi (Ana de Armas) dans Blade Runner 2049
Joi (Ana de Armas) dans Blade Runner 2049
Dans cette suite de Denis Villeneuve, les robots eux-mêmes ont des robots…
Déjà dans Soleil Vert, en 73, les femmes étaient réduites au rang de mobilier. Cette fois, elles sont de tendres animaux de compagnie, belles et aimantes. Comme dans Minority Report, où le personnage de Tom Cruise discute avec l’hologramme de son fils décédé, K n’aime que des ombres.

Il souffre donc de sa condition d’androïde et se pose des questions d’éthique, même s’il ne sait ne sait pas les formuler.

Les meilleurs films qui mettent en scène des robots parlent en réalité des êtres humains. À travers la quête de K, on revient aux classiques du cinéma et même de la littérature : la recherche des origines. K pourrait bien avoir un destin à la Moïse, et libérer ses frères robots. C’est là aussi une obsession d’Asimov.

La recherche des origines était déjà l’objet d’Intelligence Artificielle de Spielberg (2001) où un enfant robot rêvait d’être un petit garçon véritable.

Spielberg est obsédé par deux mythes : Peter Pan (on l’a vu dans Hook en 90) et Pinocchio. L’enfant robot dans A. I. Intelligence Artificielle recherche la fée bleue qui exaucera son souhait.

David (Haley Joel Osment) face à la fée bleue (voix : Meryl Streep) dans A.I. Intelligence artificielle de Steven Spielberg (2001)
David (Haley Joel Osment) face à la fée bleue (voix : Meryl Streep) dans A.I. Intelligence artificielle de Steven Spielberg (2001)

K, dans Blade Runner 2049, se rêve aussi de chair et d’os.

Souvenirs, souvenirs (Attention Spoilers à partir d’ici)

Quel est l’autre chose qui sépare l’homme du robot ? Le souvenir. Comme tous les androïdes de la fiction de Villeneuve, K a des souvenirs. Mais il s’agit de souvenirs factices implantés dans son système, pour lui donner un peu d’humanité, mais pas trop.

Il est cependant un souvenir qui est plus vivace que les autres : K est petit garçon, harcelé par des garnements, qui, semble-t-il, souhaitent lui voler un petit cheval de bois, où est inscrit une date – probablement sa date de naissance.

Date de naissance ? Et si c’était lui, le robot né ? Non pas une machine, mais un enfant désiré, né par miracle d’une femme-robot ? Un vieil arbre où cette date est inscrite éveille sa curiosité. Le voilà parti sur les traces de sa propre histoire.

Il va alors à la rencontre du Dr Ana Stelling, qui crée les souvenirs des androïdes. Elle lui révèle que son souvenir s’est réellement produit. Elle paraît elle-même bouleversée.

Premier twist du film : K serait l’enfant né d’une androïde. Lui qui s’est toujours cru robot, serait-il un homme ?

Pour en avoir le cœur net, il lui faut faire face à Rick Deckard, héros du premier film. Quand K débarque dans le grand appartement de Rick, ce dernier se croit en état d’arrestation.

Rick Deckard (Harrison Ford) dans Blade Runner 2049
Rick Deckard (Harrison Ford) dans Blade Runner 2049

Il s’était enfui illégalement avec une réplicante, Rachel, 30 ans auparavant.

Villeneuve a l’intelligence de laisser planer le doute quant à la véritable identité de Deckard : homme ou androïde, on ne le saura sans doute jamais. Je penche cependant pour l’homme véritable, puisqu’il a eu un enfant avec Rachel, androïde dont il était amoureux.

On s’attend donc à des retrouvailles du type « Je suis ton père », ce qui serait savoureux pour l’un des acteurs d’origine de la saga Star Wars. Il n’en sera rien. Le scénario est plus fin.

Le docteur Ana Stelling s’avère être l’enfant prodige, celui né de Rick et Rachel.

Le Dr. Ana Stelline (Carla Juri) de Blade Runner 2049
Le Dr. Ana Stelline (Carla Juri) de Blade Runner 2049

C’est pourquoi elle est bouleversée en voyant défiler le souvenir de K. Il s’agit de son propre souvenir, implanté dans le système de l’androïde. Un artiste met forcément un peu de lui-même dans ses oeuvres : les souvenirs des androïdes n’échappent pas à la règle.

Rick Deckard, pour éviter à sa fille Ana d’être traitée comme un cobaye ou un monstre de foire, fait en sorte d’effacer toute trace d’elle et la laisser s’enfuir. Il créé donc deux identités différentes, une fille et un garçon, pour que la fille puisse disparaître. K se méprend au coeur du film : il croit que la fille (sa soeur) est morte et qu’il est le petit garçon disparu.

C’est Rick qui a brouillé les pistes, comme il l’explique à K à la fin.

Un film truffé de références

Les souvenirs, ça marche aussi pour les fans de Blade Runner. Je parle beaucoup d’Asimov dans cette chronique, mais Villeneuve fait aussi des clins d’oeil à Philip K. Dick, auteur du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? qui a inspiré le Blade Runner de 82. On voit en effet un origami en forme de mouton sur un bureau au début du film.

On retrouve dans Blade Runner 2049 la pub Coca présente dans le premier volet, en plus d’une pub Sony, distributeur du film (pourquoi s’emmerder ?) et d’une autre pour Atari, référence du jeu vidéo depuis les années 70.

Ceci est une console de jeu vidéo Atari. On ne rit pas.
Ceci est une console de jeu vidéo Atari. On ne rit pas.

Les amateurs de la scène de sexe à trois (K, Joi et Mariette, la prostituée) se rappelleront d’une scène similaire dans Her (2014) où le héros se tapait son OS à la voix de Scarlett Johansson grâce à une femme en chair et en os.

Joi (Ana de Armas) et Mariette (Mackenzie Davis) dans Blade Runner 2049
Joi (Ana de Armas) et Mariette (Mackenzie Davis) dans Blade Runner 2049

 

Un beau moment de cinéma

Denis Villeneuve nous propose une suite passionnante de Blade Runner, en poussant un  peu plus loin la réflexion sur la frontière entre l’homme et la machine. Le sourire de Ryan Gosling à la toute fin, quand Rick lui demande pourquoi il a fait tout ça pour lui (« Que suis-je pour toi ? ») est un très beau moment de cinéma.

Si l’on a la triste confirmation que K n’est en fait qu’un androïde, j’ai eu une envie folle de lui faire un câlin, et de lui dire :


« Oui, tu es spécial. Et je t’aime. »

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