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Dumbo, de Tim Burton : fais comme l’oiseau

4 out of 5 stars (4 / 5)
 

Quel cirque !

 
Pour Dumbo des studios Disney, Tim Burton revient à ses premières amours : le cirque, les artistes.
 
Dans Dumbo, on a un peu l’impression de retrouver le cirque de Big Fish. Danny DeVito est à nouveau le Monsieur Loyal, et il semble se tramer des choses pas nettes sous le chapiteau.
 
 
Danny DeVito en Monsieur Loyal dans Dumbo de Tim Burton (2019)

Danny DeVito en Monsieur Loyal dans Dumbo de Tim Burton (2019)

 
Burton reprend ses habitudes d’acteurs à gueule et de monstres de foire. Il parvient même, dans les dernières images, à coupler son amour du cirque à celui du cinéma. Cela grâce au cinématographe qui a immortalisé les exploits du jeune éléphant.
 

Dumbo, entre classique et moderne

 
La prouesse de Burton réside dans son amour du cirque. Il fait référence d’une part à des classiques du cinéma comme La Strada ou Freaks. D’autre part, il surfe sur une mode très contemporaine que l’on retrouve par exemple dans la série American Horror Story saison 4.
 
Le chapiteau du Freak Show de la saison 4 d'American Horror Story (2014), créée par Ryan Murphy & Brad Falchuk

Le chapiteau du Freak Show de la saison 4 d’American Horror Story (2014), créée par Ryan Murphy & Brad Falchuk

 
Il fait également écho au succès du livre The Night Circus D’Erin Morgenstern.
 
 
Burton, un peu freak lui-même, réussit à sublimer le monstre de foire bien mieux que la croûte récente The Greatest Showman.
 
On peut se demander, devant ce chapiteau nocturne, si Tim Burton n’a pas fait appel à son vieux complice Henri Selick, réalisateur de L’Étrange Noël de Monsieur Jack. En effet, les souris habillées en Monsieur Loyal ressemblent trait pour trait à celles de Coraline, film d’animation fabuleux réalisé par Selick.
 
Souris du cirque de Coraline, film d'Henry Selick (2009)

Souris du cirque de Coraline, film d’Henry Selick (2009)

 
À moins qu’il ne s’agisse, et ce serait logique, d’un clin d’oeil à la souris de Dumbo de 1941.
 
 
Le Dumbo de Tim Burton n'est pas seul : les personnages du Disney de 1941 veillent sur lui

Le Dumbo de Tim Burton n’est pas seul : les personnages du Disney de 1941 veillent sur lui

 

Dumbo : du très bon live action

 
Ne vous attendez d’ailleurs pas, avec Dumbo, à retrouver les mêmes défauts que dans les autres Disney live action sortis récemment. En effet, le film de Tim Burton n’est en rien un copié-collé du dessin animé de 1941 (eh oui, c’est le deuxième long métrage Disney après Blanche-Neige, qui date de 1939).
 
Tim Burton est cependant assez fin pour parsemer son film de clins-d’œil au classique d’animation : une petite cigogne sur le toit du train, des éléphants roses en bulles de savon lors d’une représentation, et surtout la berceuse « Mon Petit » reprise avec talent par des membres de la troupe.
 

 
Si je résume, heureusement que Burton n’a pas fait un copié-collé du dessin animé original. On imagine mal, y compris dans l’imagination fertile du cinéaste, une petite souris être le guide spirituel d’un éléphant en lui donnant des conseils à voix haute. Si le dessin animé était entièrement animalier (à l’exception, justement, du Monsieur Loyal), il est judicieux de la part de Burton d’introduire de nouveaux personnages autour de l’éléphant volant.
 
Eva Green dans Dumbo

Eva Green dans Dumbo

 
L’éléphant volant, parlons-en. De tous les dessins animés de Disney que Tim Burton aurait pu adapter en film, il a choisi celui avec un éléphant volant. Autant dire que ce n’était pas la facilité.
 
Or, ses effets visuels et sa mise en scène rendent tout à fait crédible cet éléphanteau magique. On voit dans les mouvements de Dumbo toute la maladresse d’un petit, toute la lourdeur d’un éléphant et tout le mérite de ses ailes.
 

Action et émotion

 
Les deux enfants témoins du prodige, leur père revenu de la guerre, le méchant Michael Keaton (encore lui) accompagné de la sublime Eva Green en artiste de cirque, permettent à Burton d’ajouter ce qui manquait au dessin animé des années 40 : de l’action.
 
 
En effet, le Dumbo de 1941, un peu à l’image de Bambi, est adorable et innocent. Mais il se laisse porter par les événements plutôt que de devenir le héros de sa propre histoire. Devenir le maître de sa propre vie.
 
Dumbo dans la version de 1941, studios Disney

Dumbo dans la version de 1941, studios Disney

 
 
Sans jamais trahir l’esprit Disney (poursuivre ses rêves et croire en la magie), Burton parvient à réaliser un film nocturne quand le dessin animé était très solaire. Il réussit également à faire de la séparation d’avec la mère un véritable élément de scénario.
 
Dans un clin d’œil malin, il se moque en passant de Disney et de ses peluches marketing. En effet, Dumbo est un charmant joujou qui rendra très bien dans la chambre du petit dernier.
 
Les acteurs font le job, même si l’on peut regretter qu’Eva Green ne soit là que pour sa beauté physique. En effet, la femme de tête, c’est davantage Milly, la petite fille du film.
 

Milly (Nico Parker) et Dumbo

 
En femme de sciences, Elle devient assez vite le cerveau de l’affaire.
 
Quant à Colin Farrell, il a connu de plus grands rôles. Michael Keaton fait  le strict minimum.
 
Avec Dumbo, Tim Burton a réussi avec brio à allier action et émotion tout en rendant hommage aux artistes et aux artisans du cirque. Si j’ai souvent été sévère avec ses derniers films, je suis ravie de le voir revenir en grande forme.
 
 
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Ralph 2.0 : quand notre coeur fait bug

 4 out of 5 stars (4 / 5)
 

Vous auriez dû voir ma tête quand j’ai appris que, pour préparer la prochaine émission de Ciné Ouatch, il me fallait aller voir Ralph 2.0

 

 
Il faut dire que cette suite des Mondes de Ralph commence par un jeu de devinettes et un concours de rots.
 

Ralph 2.0 : retour à Toy Story

 
Cependant, Ralph 2.0 réserve plein de surprises. Précisons que les créateurs de l’excellent Zootopie sont aux commandes. Zootopie bénéficiait déjà de la bonne influence de Pixar. C’est aussi le cas pour Ralph 2.0.
 
Comme dans Les Mondes de Ralph, on retrouve dans Ralph 2.0 un schéma à la Toy Story. En effet, après Woody et ses amis de la chambre d’Andy, ce nouveau Disney aborde à son tour la peur universelle de se faire remplacer, de disparaître au profit de jouets plus neufs, plus brillants et plus beaux.
 
Ralph et Vanellope font partie d’un jeu d’arcade, où des jeux anciens sont souvent remplacés par de plus récents.
 
Si Ralph est satisfait de son existence dans son jeu rétro, Vanellope rêve d’aventures. Ralph lui construit donc à la va-vite un nouveau parcours dans son jeu de karting. Mais ce changement inattendu incitera une joueuse de l’arcade à un peu trop forcer sur le volant et… le casser.
 
Volant du jeu Sugar Rush dans Ralph 2.0

Volant du jeu Sugar Rush dans Ralph 2.0

 
Du coup, après Woody. c’est au tour de Vanellope d’être dépressive. En effet, elle et ses copines conductrices de bolides ont été… débranchées. En gros, elles n’ont plus de job.
 
Les conductrices de Sugar Rush dans Ralph 2.0

Les conductrices de Sugar Rush dans Ralph 2.0

 
Une seule solution : trouver un volant identique à celui défectueux. Hélas, il n’en existe qu’un dans tout l’univers : sur eBay.
 

Une inventivité formidable

Et c’est parti pour l’aventure. Ralph et Vanellope se lancent donc dans le vaste univers d’Internet. L’un des atouts de Ralph 2.0 est l’inventivité pour incarner les différents éléments du web.
 
Par exemple, le bibliothécaire hyperactif qui incarne le moteur de recherche s’avère particulièrement réussi.
 
Selon Disney, un moteur de recherche est un bibliothécaire survolté à qui on ne dit jamais merci

Selon Disney, un moteur de recherche est un bibliothécaire survolté à qui on ne dit jamais merci

 
La représentation de Twitter et ses conversations palpitantes autour de chats mignons vaut aussi le détour.
 
Surtout, les créateurs de Ralph 2.0 sont parvenus à personnaliser avec humour et intelligence les pop-up et autres merdes du web. Spamley est en cela très bien vu.
 
Spamley dans Ralph 2.0

Spamley dans Ralph 2.0

 
eBay, naturellement, devient une salle de ventes aux enchères géante, où l’on achète surtout des âneries (sans blague ?).
 
La bonne nouvelle, c’est que je sais maintenant ce qui arrive quand j’ai des bugs Internet chez moi. C’est Ralph qui me balance des trucs dessus, un peu comme Bip Bip qui balance des rochers sur le Coyote.
 
Il y a aussi un bonhomme qui aspire les like sur Youtube avec un ramasse-miettes. Mais Ralph 2.0 va plus loin qu’un série de clins d’oeil. Le film raconte une histoire véritable dans la lignée de Toy Story.

 Pourquoi Ralph 2.0 va plaire à toutes les générations

 
Toy Story, en 1995, a plu à toutes les générations. Les trentenaires de l’époque, en somme, se sont identifiés à Andy et son choix cornélien entre un cowboy et un conquérant de l’espace.
 
Andy doit choisir entre Woody et Buzz dans Toy Story, de John Lasseter (1995)

Andy doit choisir entre Woody et Buzz dans Toy Story, de John Lasseter (1995)

 
Ralph 2.0 témoigne du même choc des générations entre le gentil jeu de course Sugar Rush dans l’arcade et le jeu effrayant en ligne, Slaughter Race.
 
Le jeu de course de voitures en ligne dans Ralph 2.0

Le jeu de course de voitures en ligne dans Ralph 2.0

 
Ce contraste permet là aussi à plusieurs générations de se reconnaître dans le parcours de Ralph et Vanellope, semé d’embûches.
 
Résumé comme ça, l’un des thèmes du film semble être le choc des générations entre des personnages de jeux d’arcade et le grand méchant Internet. Cependant, Ralph 2.0 va beaucoup plus loin : il nous tend un miroir.
 

Ralph, c’est nous

En effet, Ralph 2.0 ne se contente pas de montrer les affres d’Internet. On croise également dans le film de nombreux avatars représentant les humains.
 
Ils ne sont plus que des crétins décérébrés zombifiés devant l’écran.
 
Ralph fait des vidéos

Ralph fait des vidéos

 
Vous vous sentez visé.e ? Moi aussi.
 
Vous les aimez, hein, vos petits like ? Vous leur préférez les cœurs rouges de Facebook qui disent que quelqu’un que vous ne connaissez pas adore votre contenu ? Vous courez après quelques milliers de vues YouTube qui vous rapporteront 1,50 € ?
 
Pour la première fois de ma vie je peux dire :
 
Je suis devant un film de Disney. Et me voilà déprimée.
 
Avec Marla’s Movies, je voulais faire un site avec du contenu de qualité, détaillé et intello. Pourquoi tous ces efforts pour faire des vues, des clics et des like, quand on a plus de succès avec une vidéo de chat qui se casse la gueule sur un rebord de fenêtre ?
 
Disney attaque également, et c’était attendu, la nature très versatile d’Internet, où la gloire et la chute peuvent se révéler à 10 secondes d’écart.
 
Par conséquent, celui qui finit déprimé, c’est Ralph lui-même. Il lit malheureusement les commentaires YouTube, que les gens avec deux sous de bon sens ne lisent jamais.
 
 
Il ne faut pas nourrir les trolls sur Internet. Il ne faut pas les lire non plus.

Il ne faut pas nourrir les trolls sur Internet. Il ne faut pas les lire non plus.

 

Disney réussit enfin son auto-parodie

 
Ralph 2.0 joue par ailleurs sur une mise en abîme. Enfin une vraie parodie de Disney par lui-même ! Les studios avaient déjà essayé avec Il était une fois, qui était charmant, mais justement trop pour être parodique.
 
 
 
Dans Ralph 2.0, les princesses Disney s’accordent toutes à dire ce que l’on remarque déjà dans l’attraction « Art of Disney Animation », au parc Disney Studios : toutes les histoires Disney se ressemblent – mêmes schémas, mêmes symboles, mêmes types de chanson.
 
L'attraction "Art of Disney animation" aux Disney Studios

L’attraction « Art of Disney animation » aux Disney Studios

 
Pour la première fois de son histoire, Disney admet dans l’un de ses films avoir une recette, un schéma attendu, des fictions réglées comme du papier à musique (c’est le cas de le dire).
 
Là encore, Disney parvient à réconcilier toutes les générations. De la Blanche-Neige de 1939 à Mérida dans Rebelle de Pixar, toutes admettent leur rôle limité et leur condition de femme pas formidable. La fin de Ralph 2.0 vient ainsi inverser les clichés genrés. En bref, on respire mieux, et en passant, on s’amuse beaucoup.
  
Les princesses Disney font enfin de l'auto-dérision dans Ralph 2.0

Les princesses Disney font enfin de l’auto-dérision dans Ralph 2.0

 

Ralph 2.0 : Pixar pour le meilleur et pour le pire

 
À propos de Disney qui se répète, d’autres éléments de Ralph 2.0 ont comme un goût de déjà vu. La bonne influence de Pixar n’est pas une excuse pour carrément proposer des scènes cultes en copier-coller.
 
Par exemple, le cœur en plastique qui symbolise l’amitié de Ralph et de Vanellope est la copie conforme de celui de Bébé dans Toy Story 3.
 
 
 
 
La fin de Ralph 2.0 ressemble plan par plan à la fin de Monstres et compagnie numéro un.
 
La course-poursuite finale dans Monstres et compagnie, de Pete Docter et David Silverman (2001)

La course-poursuite finale dans Monstres et compagnie, de Pete Docter et David Silverman (2001)

 
En même temps, cette fin est aussi pompée sur Toy Story 2, sauf qu’il s’agit de portes au lieu de valises.
 
La course-poursuite finale dans Toy Story 2, de John Lasseter et Ash Brannon (1999)

La course-poursuite finale dans Toy Story 2, de John Lasseter et Ash Brannon (1999)

  

Ralph 2.0 : une vision nouvelle de l’amitié

 
Cependant… je me suis vraiment posé la question de quelle serait la fin de Ralph 2.0, quand je devine généralement à chaque coup la fin d’un film Disney.
  
Ralph 2.0, en réalité, n’est pas là pour parler d’Internet, ni même de jeux vidéo. Le coeur du film reste sur l’amitié entre Ralph et Vanellope, mais la fin ne ressemble pas à la morale traditionnelle des films pour enfants.
 
 
 
 Non, je ne vous dirai rien de la fin. Il faudra la découvrir en salle.
 
 
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Le Retour de Mary Poppins : une nounou d’enfer

3 out of 5 stars (3 / 5)

 

Faire une suite à Mary Poppins ?


Quand j’ai entendu la nouvelle, je me suis dit que c’était aussi saugrenu que de vouloir réaliser un Titanic 2, avec Leonardo di Caprio « réchauffé par les mers du sud, et qui retrouve Kate sur une île déserte. » Oui, Hollywood a sérieusement envisagé le projet. Il a même proposé à Léo un joli chèque de 50 millions de dollars. Il a décliné, car il ne voulait pas être considéré comme un naufragé toute sa vie. Mais ça n’empêche pas que Titanic 2 existe vraiment (et qu’il a eu les hommages de Nanarland).

 


Will you Mary me ?

Eh bien le pari de faire une suite à Mary Poppins est gagné. Tout en gardant le charme désuet de l’original, Le Retour de Mary Poppins signe également de jolies chansons, calquées sur le premier (les rues de Londres, la berceuse, les allumeurs de réverbères qui remplacent les ramoneurs…)

Le bouchon de la baignoire qui saute et la transforme ainsi en bateau à moteur évoque un autre classique Disney, Les Trois Caballeros, où un pingouin voyageur rejoint le sud ensoleillé dans une baignoire également.

Auto-hommage, encore, avec la participation d’Angela Lansbury qui chante la chanson finale. Elle chantait déjà la version originale de « Histoire éternelle » dans La Belle et la Bête en 91. Sa chanson dans Le Retour de Mary Poppins, « Nowhere to go but up » rappelle, avec ses ballons colorés, la poésie de La-Haut des studios Pixar. La chanson a cette magie des frères Sherman de trotter dans la tête joyeusement, sans que l’on se lasse. Dans L’Ombre de Mary, Walt Disney se réjouissait que la chanson « Morceau de sucre » possédât le même talent.

Avec Le Retour de Mary Poppins, Disney renoue avec ses œuvres d’antan : la scène de la baignoire rappelle ainsi aux fans des vieux Disney la scène aquatique de L’Apprentie sorcière, où les personnages chantent aussi sous l’eau avec aisance. Déjà en 71, il s’agissait d’Angela Lansbury.

 

 

Animation et live-action : pari réussi, encore !

Le morceau de bravoure, comme dans le premier Mary Poppins, est cet alliage magnifique entre film et animation. Il m’avait valu l’émerveillement à l’âge de cinq ans, et m’épate encore aujourd’hui. La scène des aventures dans la porcelaine est étonnante, colorée. Elle fait beaucoup de bien dans ce contexte morose. La berceuse ne vaut pas celle de la vieille dame aux oiseaux et ses fameux deux pence. Mais elle est très bien écrite et traite le thème du deuil avec délicatesse.

L’enjeu du premier volet était de « sauver Mr Banks », comme l’a montré le biopic de l’auteure de Mary Poppins, PL Travers. Le deuxième film se penche sur les enfants de Michael Banks, qui risque fort de ressembler à son père, en plus sympathique tout de même. L’enjeu ici est de sauver la maison familiale. Le film a un ingrédient de plus par rapport au premier : du suspense. Même si Disney nous habitue aux fins heureuses, la scène de Big Ben dans Le Retour de Mary Poppins est formidable d’intensité. Big Ben, symbole formidable du temps au cinéma, obsède décidément Disney. On se souvient de la scène d’anthologie de Peter Pan quand les enfants volent au-dessus de l’horloge.

 
 

Astuce du scénario : mêler l’intrigue du premier et du second épisode. Bonne idée, là encore.

Alors, pourquoi seulement trois étoiles et pas quatre ? La faute à la mise en scène et au montage assez hachés et conventionnels, qui empêchent au Retour de Mary Poppins d’être magistral. C’était pourtant ce que visait son réalisateur, Rob Marshall.


Une mise en scène trop sage

La scène des allumeurs de réverbère (comme chez Saint-Ex, oui) aurait dû être meilleure.

 
 

Dans ce passage, la nostalgie du premier volet empêche l’envol de la scène. En 1964, les ramoneurs étaient filmés en studio, parce que filmer en vrai des danseurs sur les toits de Londres était, disons, casse-gueule.

 
 
 

Or, dans le film de 2018, les allumeurs de réverbère sont toujours filmés comme en studio.

Et moi, pendant la séance, je m’imaginais, avec une telle chanson, à une mise en scène grandiose, carrément dans les rues de Londres qui s’allumeraient au gré des acteurs. Mais si Disney suscite souvent l’imagination, il n’est pas forcément à sa hauteur. A force de respecter l’original, Rob Marshall a raté l’occasion de nous faire une vraie proposition de cinéma. Trop risqué, peut-être, quand une suite est très attendue, d’où le succès mitigé, sans doute, de Star Wars 8


De bons acteurs qui prennent la relève

Quant aux acteurs, ils ont beaucoup de mérite. Emily Blunt succède avec brio à Julie Andrews, même si elle n’est pas chanteuse professionnelle. Mention spéciale pour Lin-Manuel Miranda, rappeur américain de son état, qui chante fort bien. Il reprend le flambeau de Dick van Dyke, en imitant l’accent cockney, celui de la banlieue de Londres, à la perfection. – Ce n’est pas rien quand on est new-yorkais !

Dick van Dyke est lui aussi américain. Vous le verrez dans un rôle sympathique à la fin du film. Bref, vous passerez un bon moment devant Le Retour de Mary Poppins, qui ravira les nostalgiques du classique de 1964 et séduira les plus jeunes.

 

 

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JEU-CONCOURS : GAGNEZ 10×2 PLACES POUR « LE RETOUR DE MARY POPPINS » DES STUDIOS DISNEY !

Mary Poppins (Emily Blunt) dans Le Retour de Mary Poppins des studios Disney (Copyright : © 2018  Disney)

Le blog Marla’s Movies est fier de vous proposer de gagner 10×2 places pour le merveilleux film Le Retour de Mary Poppins de Rob Marshall.

Synopsis : Michael Banks travaille à la banque où son père était employé, et il vit toujours au 17 allée des Cerisiers avec ses trois enfants, Annabel, Georgie et John, et leur gouvernante Ellen. Comme sa mère avant elle, Jane Banks se bat pour les droits des ouvriers et apporte son aide à la famille de Michael. Lorsque la famille subit une perte tragique, Mary Poppins réapparaît magiquement dans la vie de la famille. Avec l’aide de Jack, l’allumeur de réverbères toujours optimiste, Mary va tout faire pour que la joie et l’émerveillement reviennent dans leur existence… Elle leur fera aussi découvrir de tout nouveaux personnages pleins de fantaisie, dont sa cousine, l’excentrique Topsy.

POUR GAGNER, IL SUFFIT DE RÉPONDRE À LA QUESTION SUIVANTE :



Quel est le nom de l’actrice qui joue Topsy, la cousine de Mary Poppins ?


Envoyez votre réponse à l’adresse suivante avant le mardi 11 décembre 2018, 20 heures :

Merci d’indiquer vos nom, prénom et adresse postale dans votre message, et de mettre en objet du mail « Concours Mary Poppins. » Les gagnants seront tirés au sort parmi les participants ayant bien répondu.

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Retrouvez d’autres concours sur http:/ledemondujeu.com et jeu-concours.biz/

STAR WARS VIII, LES DERNIERS JEDI : LUKE SKYWALKER FAIT UN RETOUR EN FORCE

3 out of 5 stars (3 / 5)
Par Clément
Alors que le Premier Ordre étend son ombre dans toute la galaxie, La Résistance continue de lutter. Rassemblée dans le vaisseau de son amirale Leia Organa (Carrie Fisher), elle tente d’échapper au Général Hux (Domhnall Gleeson). Hux possède un traqueur qui permet de poursuivre la Résistance partout. Piloté par Leia et sa vice-amirale Holdo (Laura Dern), le vaisseau sera à court de carburant tôt ou tard, synonyme de destruction sous le feu du Suprême Leader Snoke (Andy Serkis).
L'Empereur Snoke (Andy Serkis) dans Star Wars 8, Les Derniers Jedi, de Rian Johnson (2017)
Le Suprême Leader Snoke (Andy Serkis) dans Star Wars 8, Les Derniers Jedi, de Rian Johnson (2017)
Sur une idée du bouillant commandant Poe (Oscar Isaac), Finn (John Boyega), une technicienne du nom de Rose (Kelly Marie Tran), et BB8, partent en mission pour désactiver le traqueur.
Pendant ce temps, Rey (Daisy Ridley) se heurte au refus de Luke Skywalker (Mark Hamill) de l’entraîner, ce dernier ne voulant plus entendre parler des Jedi. Mais le temps presse, et Kylo Ren (Adam Driver) tente d’attirer Rey en pensée vers le côté obscur…

Un Star Wars qui porte la trace de son réalisateur

Quand on travaille pour LucasFilm et Disney, votre marge de manœuvre est limitée. Mais à regarder la filmographie de Rian Johnson, on comprend le choix de la productrice Kathleen Kennedy.

Rian Johnson, scénariste et réalisateur de Star Wars 8, Les Derniers Jedi
Rian Johnson, scénariste et réalisateur de Star Wars 8, Les Derniers Jedi

Brick, le premier film de Rian Johnson, s’amusait à reprendre les codes des romans noirs des années 40 et 50. Sur ces bases anciennes, Johnson dynamisait son propos par une mise en scène habile et fastueuse. Dans Looper, il traitait simplement la boucle causale, sujet très rebattu du voyage temporel depuis La Jetée de Chris Marker et son faux remake L’armée des 12 singes (Terry Gilliam). Mais c’est grâce au lien entre le héros et son double vieilli, et une réalisation très riche, que le film marchait.

Bruce Willis et Joseph Gordon-Levitt dans Looper de Rian Johnson (2012)
Bruce Willis et Joseph Gordon-Levitt dans Looper de Rian Johnson (2012)

Dans Breaking Bad, il transformait un médiocre huis clos (La mouche, 3.10) en démonstration de virtuosité. Et avec le culte Ozymandias (5.13), il élevait à des hauteurs vertigineuses un script qui reprenait les codes de la tragédie antique, scènes-chocs en sus.

Extrait de l’épisode Ozymandias (5.13) de la série Breaking Bad, réalisé par Rian Johnson (2013)

Scénario sans complexités, codes rehaussés par une mise en scène virtuose, attachement aux personnages plus qu’à l’histoire… Rian Johnson était un réalisateur rêvé pour Star Wars 8, les derniers jedi. L’action chez lui s’appuie plus sur les personnages que le scénario.

Star Wars : l’impossible dépassement du mythe

Claude Levi-Strauss, dans La Structure des Mythes, avait démontré qu’il n’existe pas de « bonne » version de mythe, mais que toutes ses versions se valent. Peu importe les différences entre les versions, un mythe donne toujours naissance à des versions similaires dans le fond et la forme. Nous touchons là à la force et la limite de la saga de Lucas, condamnée à chaque trilogie à adopter le même schéma mythologique, car c’est ainsi qu’un mythe se créé et se conserve.

George Lucas, créateur de la saga Star Wars
La première trilogie est une version d’un mythe connu, le récit initiatique de héros imparfaits en quête de pureté. Lucas s’est nourri des lectures de Joseph Campbell et son fameux Héros aux mille visages. La prélogie, bien qu’imparfaite, avait l’idée de raconter un récit d’initiation perverti. Un padawan faible mais pur (l’innocent enfant Anakin) cheminait vers son accomplissement ténébreux (Dark Vador). Mais cela restait le même schéma.
Alors, pourquoi s’étonner que la troisième trilogie reprenne les mêmes codes que les deux suivantes ? Le principal changement réside dans le budget et les avancées technologiques. Ce sera sûrement le cas lors de la quatrième trilogie.
Star Wars X
Est-ce vraiment une bonne nouvelle ?

Un héritage écrasant

Le talent d’auteur de Johnson, pour respecter le mythe, est étouffé par les trilogies précédentes. Pour que le mythe Star Wars perdure, il doit rester fidèle à la même histoire. Si le VII confirmait les thèses de Levi-Strauss en étant une copie conforme du IV, Star Wars 8, les derniers jedi persiste en étant un condensé des histoires du V (l’entraînement padawan-maître sur une planète perdue), du VI (le duel à trois Rey-Kylo-Snoke reprend le duel Luke-Vador-Palpatine), mais aussi de la prélogie avec Kylo, qui suit la même progression qu’Anakin. Snoke et Palpatine sont semblables, la force non maîtrisée de Rey est celle de Luke dans le V…

Rey (Daisy Ridley) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Rey (Daisy Ridley) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Rogue One était parvenu à se dégager de cet héritage. Son statut de spin-off, et surtout de film de guerre, plus rude et sombre que la saga originale, en faisait une pleine réussite. Émulé par ce succès, Johnson décide donc de reprendre les codes du film de guerre… mais ce n’est pas ce qu’est la saga principale. La création de George Lucas est épique, mais ne s’inscrit pas dans la tonalité plus noire du film de guerre. Cette volonté de Johnson est battue en brèche par la mise en scène qui vient constamment nous rappeler la vraie identité de la saga, d’où un entre-deux frustrant. Pourtant, Poe le commandant rebelle et l’inflexible Hondo sont de bonnes figures guerrières.

La vice-amirale Amilyn Holdo (Laura Dern) dans Star Wars 8, les derniers jedi
La vice-amirale Amilyn Holdo (Laura Dern) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Johnson n’a aucune chance d’échapper au prévisible, les trois quarts du film se devinent à l’avance. Jusqu’à un dernier acte, mis sur orbite par trois twists consécutifs (d’une manière très similaire à l’écriture de J.J.Abrams, période Alias), plus un quatrième plus loin. Là, nous voyons enfin la touche personnelle de Johnson dans le scénario. La com’ autour de l’humour du film, soi-disant le plus drôle de la saga, me paraît toutefois exagérée. Par contre, Williams retrouve des couleurs après sa BO assez atone dans le VII.


Le crépuscule d’une idole ?

Si Rey était notre guide dans le VII, Star Wars 8, les derniers jedi est l’heure de gloire de Luke Skywalker. Certes, on l’aime d’amour depuis le IV, mais Luke, héros pur, incarné par un acteur loin d’être marquant, n’était pas la figure la plus intéressante de la saga.

uke Skywalker (Mark Hamill) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Luke Skywalker (Mark Hamill) dans Star Wars 8, les derniers jedi

C’est donc avec une audace époustouflante que Johnson va révéler la part obscure de Luke. Son pêché d’orgueil, son désir de destruction du passé, se reflètent ironiquement dans le comportement de Kylo dans ce film. La confrontation finale est sans doute l’une des plus grandes scènes de la saga, pas en termes d’action mais d’émotion, où Mark Hamill nous sort le grand jeu. Ce zénith émotionnel n’est qu’un des morceaux de bravoure du film. Luke est bien l’atout maître de Star Wars 8, les derniers jedi.

Rey (Daisy Ridley) et Luke Skywalker (Mark Hamill) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Rey (Daisy Ridley) et Luke Skywalker (Mark Hamill) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Un épisode plus centré sur les personnages

Rey est logiquement en retrait (Daisy Ridley n’est d’ailleurs pas aussi marquante que dans le VII). Adam Driver, comédien de cinéma d’auteur, avait des difficultés dans le VII à rentrer dans le costume trop grand de Kylo. L’écriture plus « character-driven » de Johnson lui permet de mieux exprimer les tourments intérieurs de Kylo. Star Wars 8, les derniers jedi développe plus le suspense concernant les actions de Kylo. Il ne réalise qu’au fur et à mesure son destin, en même temps que le spectateur, qui guette ses réactions. Quand Vador était un génie du mal, Kylo est porté par un nihilisme absolu et semble-t-il sans espoir.

Kylo Ren (Adam Driver) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Kylo Ren (Adam Driver) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Bien sûr, on ne peut oublier l’immortelle Leia, et la fabuleuse Carrie Fisher, qui nous a quittés fin 2016. Leia nous émeut et nous ravit toujours dans Star Wars 8, les derniers jedi. Elle manquera dans le IX. Le générique de fin lui rend hommage.

La Princesse Leia Organa (Carrie Fisher) dans Star Wars 8, les derniers jedi
La Princesse Leia Organa (Carrie Fisher) dans Star Wars 8, les derniers jedi

BB8 est fidèle au poste, donnant de sa personne comme jamais. Les mignons Porg sont bien partis pour être les successeurs des Ewoks, mais demeurent à la périphérie. Leurs apparitions, soigneusement calculées, provoquent rire et attendrissement. On les a comparés aux Totoros de Mon voisin Totoro de Miyazaki. Ils m’ont surtout rappellé le Chat Potté de Shrek dans leur manière d’ouvrir des grands yeux à faire fondre le coeur de n’importe qui.

Porg dans Star Wars 8
T’as de beaux yeux, tu sais ?
Côté fan service, quelques figures tutélaires apparaissent, sans parasiter le récit. Souvent avec humour.

Morceaux de bravoure

Si le Rian Johnson scénariste ne peut grand-chose, le réalisateur vient à la rescousse, mais pas de la manière attendue. Star Wars 8, les derniers jedi est sans doute le plus sobre des Star Wars côté action. Les combats sont peu présents, tout se joue sur le suspense des trois arcs principaux. Sa réalisation toute en fluidité, son montage tranquille, sont à rebours de la débauche visuelle parfois vaine du VII et de la prélogie, au risque d’être dans l’excès inverse.

Finn (John Boyega) et Captain Phasma (Gwendoline Christie) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Certains plans sont superbes, comme le travelling compensé du gouffre du côté obscur, venant du Vertigo d’Hitchcock, le travelling avant dans la scène du casino, qui rejoint ceux de Panic Room de Fincher, ou les reflets infinis de Rey dans la caverne de l’île. Rian Johnson est un redoutable technicien, aussi virtuose qu’Abrams, tout en renonçant à son emphase visuelle, parfois creuse.

Quand il faut faire des courses-poursuites un poil fêlées ou des missions-suicides, il fait le job. On retiendra certaines séquences-chocs qui sont comme autant de coups d’échecs : coup de desperado, sacrifice de déviation, gambit, voire un swindle en deux temps de Luke (qui a déclenché un immense éclat de rire dans la salle, suivi de deux salves d’applaudissements)… Sur l’échiquier galactique, chaque coup fait pencher la balance. Star Wars 8, les derniers jedi est autant un récit épique qu’un film à suspense, rejoignant les premiers essais de Johnson.

Finn (John Boyega) et Rose Tico (Kelly Marie Tran) dans Star Wars 8, les derniers jedi
Finn (John Boyega) et Rose Tico (Kelly Marie Tran) dans Star Wars 8, les derniers jedi

Un huitième volet digne

Star Wars 8, les derniers jedi frappe de plein fouet les limites narratives de la saga. Mais en lui-même, ce blockbuster sobre et en tension constante, est une superbe réussite technique et émotionnelle. Certes loin de la première trilogie, il marque une amélioration évidente par rapport au Réveil de la Force.

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