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Loin de la foule déchaînée : ciel, quel mari ?


4 out of 5 stars (4 / 5)

Les romans victoriens se ressemblent tous un peu: il s’agit toujours d’une jeune fille en âge de se marier, et qui ne le souhaite pas, ou le souhaite ardemment mais ne trouve personne. Elle rencontre quelques fâcheux, quelques charmeurs, et un homme bien qu’elle ne remarque pas de suite.

Affiche de Bridget Jones

Affiche de Bridget Jones


Bon, Bridget Jones n’est pas une héroïne victorienne, dans le sens où le livre de Helen Fielding n’est sorti qu’en 1996. Cent ans plus tôt, Bridget aurait porté une sage robe longue et aurait hésité, non pas entre un patron salaud et un brave gars aux chandails impossibles, mais entre un riche propriétaire et un aimable paysan.
C’est justement ce qui arrive à Bathsheba.

Carey Mulligan en Bathsheba dans Loin de la foule déchaînée, de Thomas Vinterberg

Carey Mulligan en Bathsheba dans Loin de la foule déchaînée, de Thomas Vinterberg

Je vous résume: un fermier, Gabriel Oak, la demande en mariage mais, indépendante, elle refuse. Elle rejette ensuite le riche propriétaire, Boldwood. Elle est comme Elizabeth dans Orgueil et préjugés: elle ose dire non. Tout au long du roman, elle apparaît en héroïne féministe: elle refuse de dépendre d’un homme, et devient patronne d’une ferme léguée par son oncle.

Bathsheba, héroïne féministe ?

Problème traité par Hardy qui n’a pas tellement changé en 2015: peut-on épouser un homme en-dessous de sa condition ? Peut-on imposer son autorité si l’on est femme et patronne ?
Chez Austen, le bon mari aurait été un mélange de Oak et Boldwood.

Colin Firth en William Darcy dans la mini-série Pride and Prejudice, de la BBC
Colin Firth en William Darcy dans la mini-série Pride and Prejudice, de la BBC

Tant qu’à épouser l’homme qu’on aime, autant qu’il soit millionnaire. Austen alliait ainsi, dans ses happy ends, mariage de raison et mariage d’amour.
Thomas Hardy est plus audacieux. Il place l’amour au-dessus de la richesse et de la sécurité. Oak (le chêne, en anglais) c’est l’amour solide qui suit Bathsheba depuis le départ. L’homme idéal, chez Hardy, est le riche de cœur avec qui l’on affronte les difficultés.

Gabriel Oak (Matthias Schoenaerts) dans Loin de la foule déchaînée, de Thomas Vinterberg (2015)
Orlando Bloom en bel officiel dans Orgueil et Préjugés de Joe Wright (2005)
Rupert Friend en bel officier dans Orgueil et Préjugés de Joe Wright (2005)

Difficile de résister au charme de Rupert Friend  ? Qu’importe, pour les auteurs victoriens, le beau mec en uniforme rouge, c’est celui qu’il faut éviter à tout prix. L’officier, c’est la figure du roué, du don juan: il séduit les jeunes filles avant de les abandonner, les laissant seules, souvent enceintes, et sans le sou. Bien souvent, il épouse une riche héritière afin d’éponger ses dettes.
Dans Loin de la foule déchaînée, l’officier, c’est pas le bon plan non plus.

D’accord, montré comme ça, ça donne envie. Il est vrai que les baisers passionnés sont rares dans les romans victoriens.
Bref, Carey Mulligan dans Loin de la foule déchaînée, c’est comme Cameron Diaz dans Mary à tout prix: tout le monde la veut.

Loin de la foule déchaînée : une fine réalisation  et une belle affiche

L’intérêt du roué dans le roman est d’intégrer une intrigue secondaire et, dans le film de Vinterberg, de voir Juno Temple.

Juno Temple dans Loin de la foule déchaînée
Juno Temple dans Loin de la foule déchaînée
Les deux actrices sont lumineuses, et c’est un plaisir de revoir Michael Sheen à l’écran après les excellents The Queen et Frost / Nixon.
Michael Sheen dans Loin de la foule déchaînée
Michael Sheen dans Loin de la foule déchaînée
Matthias Schoenaerts manque toujours de charisme, mais il est tout de même meilleur que dans Les Jardins du roi d’Alan Rickman.
la réalisation de Thomas Vinterberg est brillante, comme toujours. Sa maîtrise des ellipses ajoute un suspense neuf à ce classique anglais. Sa belle photographie donne un coup de jeune à l’ensemble, quand la version de 1967 paraît aujourd’hui dépassée.


Loin de la foule déchaînée n’est pas le meilleur Vinterberg: Festen et La Chasse étaient originaux et grandioses. Mais son adaptation de Thomas Hardy plaira y compris à ceux qui ne sont pas fans des pavés victoriens. Le film ravira ceux qui se posent des questions sur l’amour, la condition de la femme et les choix de l’existence.

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