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César 2019 : mes favoris et pronostics

L’heure des pronostics pour les César 2019 est arrivée. Bon, comme d’habitude, je vais me gourer. Mais je vais le faire avec enthousiasme.

Disons-le tout de suite : je n’ai pas vu tous les films nommés. En effet, 2018 a été une année au ralenti pour Marla’s Movies, boulot rémunéré oblige. Cependant, j’ai vu la plupart des films en compétition, sans les avoir forcément chroniqués, comme le fameux Frères Sisters de Jacques Audiard, que j’ai trouvé très bien réalisé et ennuyeux. Les films chroniqués ont un lien bleu sous l’image.

J’ai mes chouchous, bien sûr.

Allons-y gaiement.

Meilleur film

Je pense que le jury des César 2019 ne résistera pas à Jacques Audiard, qui sort souvent gagnant de la sélection. 

Jusqu’à la garde, par contre, a été l’un de mes coups de coeur 2018, un thriller français réussi, ça vaut la peine d’être salué.

MON PRONOSTIC

LES FRÈRES SISTERS

MON FAVORI

 

Meilleure réalisation

Difficile de faire mieux que Jacques Audiard. Rien que la première séquence des Frères Sisters avec le cheval en feu vaut le détour.

MON PRONOSTIC

LES FRÈRES SISTERS

MON FAVORI

LES FRÈRES SISTERS

 

Meilleure actrice

Bah oui.

MON PRONOSTIC : Léa Drucker

MA FAVORITE : Léa Drucker

 

Meilleur acteur

D’accord, Denis Ménochet est meilleur, mais j’ai une tendresse pour Vincent Lacoste dans ce rôle dramatique où il se révèle touchant.

MON PRONOSTIC : Denis Ménochet

MON FAVORI : Vincent Lacoste

 

Meilleure actrice dans un second rôle

Alors là, mon coeur balance. J’ai adoré Le Grand Bain et sa veine de comédie sociale à l’anglaise. J’ai toujours aimé Leila Bekhti, notamment dans les rôles de grande gueule.

Mais Karin Viard… quel rôle formidable dans Les Chatouilles ! En mère froide et hautaine, elle est tout simplement impériale.

MON PRONOSTIC : Leila Bekhti

LE GRAND BAIN

MA FAVORITE : Karin Viard

 

 

Meilleur acteur dans un second rôle

J’ai horreur de Christophe Honoré, mais je sais qu’un jury de festival à du mal à lui résister. Ajoutez à cela que Denis Podalydès fait partie de la Comédie Française… M’enfin.

Moi, je préfère de loin Philippe Katerine dans Le Grand bain, en quinquagénaire sur le retour, touchant et hilarant.

MON PRONOSTIC : Denis Podalydès 

PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE

MON FAVORI : Philippe Katerine 

LE GRAND BAIN

 

Meilleur espoir féminin

Je n’ai vu aucun des films nommés, hélas…

Meilleur espoir masculin

Là aussi, mon coeur balance. J’ai adoré Thomas Gioria dans Jusqu’à la garde, mais la composition tout en finesse de William Lebghil dans Première Année m’a émue également.

MON PRONOSTIC : Thomas Gioria

MON FAVORI : William Lebghil

PREMIÈRE ANNÉE

 

 

Meilleur scénario original

Les deux scénarios valent le détour. Mais ça me ferait plaisir que les César récompensent pour une fois une comédie.

MON PRONOSTIC 

MON FAVORI 

LE GRAND BAIN

 

 

Meilleure adaptation

Sans hésiter.

MON PRONOSTIC

 

MON FAVORI

 

Meilleur premier film

Les deux films sont des tours de force pour un premier essai. Jusqu’à la garde est prenant, mais Les Chatouilles m’a bouleversée.

MON PRONOSTIC 

MON FAVORI

 

Meilleur film étranger

J’avoue, je n’avais pas accroché à Three Billboards. Le film, en un mot, était trop violent pour le peu qu’il racontait. C’est la performance d’acteurs de Frances McDormand et Sam Rockwell qui illumine surtout le film. Woody Harrelson, je trouve, emportait le morceau.

Néanmoins, le film qui m’a le plus touchée dans la sélection est Girl, sur un jeune homme qui rêve de devenir… danseuse étoile.

MON PRONOSTIC 

THREE BILLBOARDS

MON FAVORI

GIRL

 

Et vous, quels sont vos pronostics et favoris pour les César 2019 ? Dites-le en commentaire !

 

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Jusqu’à la garde : a history of violence


4 out of 5 stars (4 / 5)

Julien ressemble au héros du film de Gus Van Sant dans Elephant.

 
Il est pris entre le marteau et l’enclume, Julien. Parce qu’une juge a cru bon d’accorder à son père la garde partagée, voilà qu’il est coincé entre papa et maman.

 

La maman, c’est Miriam. Elle veut se protéger et protéger ses gosses d’un père violent.

Le père, c’est Antoine. Je ne saurais le décrire ici. Il faut voir Jusqu’à la garde, pour découvrir sa tête de brave homme se transformer en autre chose dès qu’il regarde sa femme et quand, bien sûr, la juge a le dos tourné. 

C’est bien la juge qui commet l’erreur terrible de ne pas écouter Miriam quand elle déclare « Je veux qu’on nous laisse tranquilles. » Ne pas voir la détresse, la peur panique dans les yeux de cette femme, c’est la condamner à vivre de nouvelles violences. C’est condamner ses gosses à des violences potentielles.

Jusqu’à la garde : le génie d’un premier film

Le génie de Xavier Legrand (dont c’est le premier film) est de montrer comment le fils, Julien, va devenir objet de chantage, de pression et d’oppression. Le père fait mal au gosse, mais c’est la mère qu’il vise.
 
Chaque scène est bien vue : les petits jeux du père pour obtenir du gamin ce qu’il veut, le surnom peu flatteur de la mère et la sœur pour le père, « L’Autre », qui lui sied si bien, finalement, car il est devenu anonyme et effrayant.
 
À part quelques ruptures de rythme et le personnage de la sœur qui semble de trop, Jusqu’à la garde est un film diablement efficace sur la séparation brutale d’un couple. La dernière partie rappellera aux cinéphiles le Shining de Kubrick, sans la maestria de la réalisation, même si Legrand nous fait trembler pour la mère et l’enfant jusqu’au bout.

 

 

Legrand choisit une réalisation sobre, mais qui s’échappe, heureusement, des mauvais téléfilms où l’on se contente de plans serrés.

C’est surtout la performance des acteurs que l’on retient dans Jusqu’à la garde. Denis Ménochet  en père abusif et Léa Drucker en mère inquiète sont très convaincants. Mais c’est surtout Thomas, Gioria, dans le rôle de Julien, qui offre une prestation subtile, presque sans dialogues.

L’enfer du divorce décrypté

En somme, allez voir Jusqu’à la garde. Les films intelligents sur le couple, et surtout le divorce, sont rares. Je me rends compte qu’au cinéma, à part dans Kramer contre Kramer, le divorce, on en rit. Papa ou Maman est un brillant exemple. L’Economie du couple proposait une chronique douce-amère. Génial, mes parents divorcent, l’un des films de mon enfance, suggérait que la séparation parentale était une affaire ludique.



Dans les années 90, toujours, la série Julie Lescaut nous racontait qu’un divorce à l’amiable, ça existe, et que des parents qui restent classes après la séparation, c’est possible aussi.

Vous croyez en la vraisemblance de Julie Lescaut, vous ?

Soyons sérieux. La plupart du temps, le divorce, c’est l’enfer.

Parmi les drames réussis sur le divorce, il y eut Faute d’amour, qui a obtenu un César récemment. On avait besoin d’un nouveau film qui nous dise que le divorce pouvait être moche.

Jusqu’à la garde ajoute à cela le drame des violences conjugales, dans un contexte fort a propos, celui de l’affaire Weinstein qui, dans son sillon, a libéré la parole des femmes.


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