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Archive de l’étiquette

Êtes-vous incollable sur Black Mirror ?

 

 

Les auto-références de Black Mirror dans Bandersnatch

Black Mirror adore l’auto-référence, petits clins d’oeil adressés aux fans et publicité bien amenée pour les épisodes que vous n’auriez pas encore vus. Bandersnatch ne fait pas exception.

On se souvient d’avoir entendu la chanson d’Abi, de l’épisode « 15 Million Merits », dans l’épisode « White Christmas ».

 

 

On se souvient aussi de « Black Museum », épisode-somme de la saison 4, qui reprenait lui aussi des éléments des épisodes précédents. Notamment la torture du personnage de « White Bear. »

Eh bien, « White Bear » revient dans Bandersnatch.

 

 

White Bear à l’honneur

Dans « White Bear », ce symbole apparaissait à une suppliciée dans un parc un peu particulier. Il s’agissait d’un parc d’attractions où les visiteurs venaient voir une criminelle torturée en direct. Le symbole en soi n’est pas vraiment expliqué : il s’agit juste du tatouage de son compagnon. Dans cet épisode où les visiteurs ne regardent le réel que par le truchement de leur téléphone ou de leur écran d’ordinateur, je vois dans ce symbole une sorte de clé USB terrifiante, nous rappelant que nous sommes constamment connectés, branchés à quelque chose. À bien y regarder, le symbole est assez proche de l’icône de partage que nous connaissons tous.

 

 

La folie créatrice 

 

Dans Bandersnatch, le symbole est beaucoup plus prosaïque. Les choix que vous faites lors de l’épisode ont été pensés d’avance par Charlie Brooker, scénariste de Black Mirror.

Ces choix sont représentés par les branches du symbole. L’auteur d’un livre dont vous êtes le héros, et Stefan qui créé son jeu vidéo sur ce modèle, partent d’un point de départ, une base, une introduction, et lui donnent des branches possibles. ils créent ainsi l’arbre de leur histoire.

Moi-même qui ai choisi cette structure pour mon article, j’ai procédé ainsi :

 

Bah, c’est pas pour vous rendre parano, mais…

 

 

Le symbole qui est la source de la folie de Stefan et de sa créativité n’est autre que celui permettant la construction du jeu et de ses multiples chemins.

Les autres références

Pour la petite histoire, Les jeux vidéo de Colin font aussi référence à « Nosedive » et « Metalhead », deux épisodes des saisons précédentes. L’hôpital où se rend Colin s’appelle le San Juniper’s (référence à San Junipero) et sa psy se nomme R. Haynes. Or, Rolo Haynes était le gardien du fameux musée du crime et de l’horreur, Black Museum.

Si vous regardez attentivement le flash d’information à la toute fin, vous verrez que le bandeau en bas de l’écran fait référence au premier ministre britannique forcé de se taper un cochon dans le pilote de Black Mirror.

Référence, enfin, à Netflix, quand Pearl, fille de Colin, une fois grande, propose sa version du jeu vidéo de Stefan sur une certaine « plateforme en ligne. »

 

Bandersnatch : le délire méta

Bandersnatch, comme de nombreux épisodes de Black Mirror, propose ce qu’on appelle une réflexion méta. Mais le méta, c’est quoi ? En gros, c’est une fiction qui nous fait réfléchir sur la fiction. Cela passe souvent par une mise en abîme.

Si vous avez eu une prof de littérature ringarde dans mon genre qui vous a expliqué ce qu’était la mise en abîme, elle vous a sans doute filé l’exemple de la vache qui rit. La pauvre bête porte des boucles d’oreilles avec sa tête dessus. Les vaches sur les boucles d’oreilles en portent également, et ainsi de suite, à l’infini.

 

Dans Black Mirror, on est plutôt dans le délire « l’écran dans l’écran. » Dans le pilote, par exemple, Charlie Brooker nous montre le public britannique avide de regarder le premier ministre se taper un cochon. En filmant cette scène, il nous dit en vérité « Regardez-vous donc en train de regarder ». Il dénonce ainsi la tendance au voyeurisme, décuplée ces dernières années avec l’apparition de la télé réalité et des nouvelles technologies.

Le méta dans Bandersnatch : le spectateur avant tout

Bandersnatch nous invite à réfléchir sur ce qu’est un format de fiction et notre rôle de spectateur. Le spectateur peut-il être actif ? Oui, semble-t-il. Mais en fait, les choix appartiennent au seul scénariste. Il manipule le spectateur qui, lui, croit manipuler Stefan.

 

 

Vous trouvez ce que je dis prise de tête ? C’est juste.

Le format de Bandersnatch ne fait que reprendre une vieille recette, celle du jeu de rôle, et plus exactement du livre dont vous êtes le héros. Le jeu vidéo de Stefan est d’ailleurs l’adaptation d’un livre dont vous êtes le héros.

 

 

Là aussi, le lecteur agit, ou a la sensation d’agir en jetant les dés et en passant d’un chapitre à l’autre de manière non-linéaire pour avancer dans l’intrigue.

Mais au-delà du livre dont vous êtes le héros, Bandersnatch me fait penser à un autre bouquin, qui a donné un très bon film.

 

 

L’Histoire sans fin n’est pas une histoire… sans fin. Elle se termine, et elle se termine bien. Le génie de Michael Ende, l’auteur, est de parler du lecteur.

Le lecteur suit Bastien, petit garçon lui-même fan de lecture qui découvre les aventures d’Atreyu, jeune guerrier. En somme, le lecteur d’Ende lit l’histoire d’un garçon qui lit une histoire. Là où Ende est grandiose, c’est quand il nous révèle qu’un autre lecteur, que l’on ne connaît pas, lit peut-être nos propres aventures.

En gros, on ferait tous partie d’un livre lu par quelqu’un d’autre.

Mais ça ne fait pas avancer Bandersnatch, ça.

Bienvenue sur Netflix

Le moment qui a le plus marqué les internautes dans l’épisode est sans doute celui où l’on devait choisir entre le logo de Netflix et le symbole de White Bear :

Ceux et celles qui ont eu l’audace de cliquer sur Netflix ont eu droit à une scène surréaliste où un texte s’inscrivait sur l’écran de Stefan et parlait… d’eux.

JE TE REGARDE SUR NETFLIX

S’ensuit le choix d’en dire plus à Stefan sur ce qu’est Netflix. Le voilà, le délire méta dans toute sa splendeur, et ce n’est pas qu’un moyen pour la plateforme de faire son auto-promotion. Il s’agit bien de repousser les limites de la fiction et de ce qu’on peut lui faire dire.

L’épisode fait surtout réfléchir le spectateur : qu’ai-je décidé ? Pour quelle raison ? Est-ce ma connaissance de Matrix qui m’a poussée à cliquer sur cette option ? Si j’imite la « folie » de Stefan : quelqu’un prend-il des décisions à ma place ?

Netflix réussit là où nombre de fictions sur les nouvelles technologies échouent : plutôt que de parler de la machine, Netflix nous parle de nous.

 

 

Choisir dans Bandersnatch

Bon, alors, merde, quelles céréales ? Je le pousse à ronger ses ongles ou à se toucher l’oreille ?

Certains choix dans Bandersnatch de Black Mirror sont sans incidence. Et d’autres sont cruciaux. Vous aussi vous vous êtes fait avoir face aux belles paroles de Colin ? Vous avez serré la main au patron de l’entreprise de jeux vidéo ? Plusieurs internautes ont fait le parallèle entre les choix qu’ils faisaient pour Stefan et ceux de leur propre existence. Rien d’étonnant.

Parce que choisir un paquet de céréales plutôt qu’un autre, ça peut changer la donne. Si Stefan désigne les Sugar Puffs, son père regarde par la fenêtre, aperçoit le chien des voisins, et dit :

« This dog will be the death of me »

« Ce chien finira par me tuer. »

Cela fonctionne comme de l’ironie dramatique car, si vous décidez, en fin d’épisode, d’enterrer le père, le chien retrouve le corps. C’est ce détail qui vous trahit et alerte les flics. Tout ça parce que vous dites à Stefan de prendre des Sugar Puffs plutôt que des Frosties au petit-déjeuner. Ça fout les jetons, hein ?

Ça s’appelle l’effet papillon. Une décision anodine change en réalité le cours d’une existence. Ce phénomène a été illustré dans plein de films, dont, bien sûr, L’Effet papillon :

 

 

Sur un ton plus léger, il y a eu Sliding Doors, sorti en 1996, où la pauvre Gwyneth Paltrow jouait sa vie devant ce métro. Le prendre ou le rater allait changer le cours de sa vie.

 

Mais le film le plus réussi sur la question est sans conteste Mr Nobody, de Jaco van Dormael. Ce petit chef-d’oeuvre de 2009 expliquait comment le choix d’un petit garçon, Nemo, pouvait décider du reste de sa vie. Il faisait en effet face à une décision terrible : lors de la séparation de ses parents, il devait soit rester avec son père soit partir avec sa mère en train.

De ce choix allait découler une multiplicité de vies possibles. On pourrait carrément retracer les chemins de Nemo Nobody, et l’on a d’ailleurs établi un arbre des choix de Stefan dans Bandersnatch.

 

 

Les choix de Stefan ne sont pas infinis, bien sûr. D’ailleurs, êtes-vous vraiment sûr.e que c’est vous qui choisissez ?

 

 

Les tweets de Marla’s Movies sur Bandersnatch


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

 

 

 

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