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BABY DRIVER : PIÈGE À GRANDE VITESSE

Ansel Elgort dans Baby Driver de Edgar Wright (2017)

Ansel Elgort a une gueule de poupon, et habituellement j’aurais ironisé là-dessus. Je me réjouis d’avance de mon papier sur Valérian, où Dane DeHaan a une bouille de môme également. Mais Baby, comme son nom l’indique, peut se permettre de ressembler à un gosse.

Ansel Elgort

Baby est un chauffeur. Ou plutôt un chauffard. Mais un chauffard très doué. Vous voyez ces polars où les gangsters s’enfuient en voiture, mais où on se demande pourquoi les clés sont déjà sur le contact, et les portières ne sont pas verrouillées ? Eh bien Baby Driver nous apporte des éléments de réponse. C’est Baby qui conduit la bagnole, et permet aux voleurs d’échapper aux flics.

Un enthousiasme communicatif

Le personnage est d’emblée attachant, et le rythme du film forcément effréné. Edgar Wright, réalisateur de l’excellent Hot Fuzz et du très réussi Scott Pilgrim, continue de se faire plaisir avec une chouette BO et des acteurs qui s’en donnent à cœur joie. L’enthousiasme est communicatif.

Ansel Elgort, Jamie Foxx, Eiza Gonzalez et Jon Hamm dans Baby Driver d'Edgar Wright (2017)
Un enthousiasme communicatif, on vous dit…

Doc (Kevin Spacey) dans Baby Driver d'Edgar Wright (2017)
Le président de la bande, Doc (Kevin Spacey) dans Baby Driver d’Edgar Wright (2017). 
Toute ressemblance avec un président de série est purement fortuite
Jon Hamm joue un criminel haut en couleurs. 
Darling (Eiza González) et Buddy (Jon Hamm) dans Baby Driver
Darling (Eiza González) et Buddy (Jon Hamm) dans Baby Driver. Toute ressemblance avec un autre séducteur de série télé n’est pas une coïncidence
Jamie Foxx aime son rôle jubilatoire.
Bats (Jamie Foxx) dans Baby Driver. Capable d’interpréter avec seulement son visage Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?
Moi qui ai été assez cruelle envers Elgort (Divergente et Nos Étoiles contraires ne me l’ont pas rendu sympathique), je le trouve plutôt convaincant en Baby le chauffeur (c’est le titre québécois, si si) brigand malgré lui, délinquant au grand cœur. 

Quant à Lily James, qui joue sa petite amie, je l’avais dans le collimateur depuis la version désastreuse de Cendrillon par Kenneth Branagh, mais elle est plutôt attachante dans Baby Driver.

Debora (Lily James) et Baby (Ansel Elgort) dans Baby Driver. Ici en mode « Rambo pas content »

Boulevard de la mort 2.0

Côté réalisation, Edgar Wright se prend pour Tarantino (belles bagnoles, jolis plans, BO marrante). D’aucuns diront qu’il se regarde filmer et en devient agaçant. La BO décalée entre dans la tendance des Gardiens de la galaxie, qui encense les anti-héros et les films de série B.

Mike Myers scene dans Baby Driver d'Edgar Wright (2017)
Quand Austin Powers passe du côté obscur

L’ensemble de Baby Driver est bien mené, et l’on tremble véritablement pour le jeune couple.

Debora (Lily James) et Baby (Ansel Elgort) dans Baby Driver d'Edgar Wright (2017)
Debora (Lily James) et Baby (Ansel Elgort) dans Baby Driver


Une fin trop cul-cul ?

Le rapport de Baby à sa mère peut être vu comme trop tire-larmes, et la fin, surtout, considérée comme trop naïve. Edgar Wright veut tellement son happy end qu’il semble tiré par les cheveux. Baby Driver reste cependant son film le plus sombre, après la farce éclatante Hot Fuzz, ou plus récemment l’hommage geek Scott Pilgrim.
Scott (Michael Cera) et Ramona (Mary Elizabeth Winstead) dans Scott Pilgrim d'Edgar Wright (2010)
Un autre couple attachant comme les aime Edgar Wright : Scott (Michael Cera) et Ramona (Mary Elizabeth Winstead) dans Scott Pilgrim (2010)

Rythmé dans tous les sens du terme, éminemment sympathique, Baby Driver vous fera passer un bon moment en salle. 

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LES GARDIENS DE LA GALAXIE 2 : EN GROOT POUR L’AVENTURE !

Par Clément

Je suis partagé sur l’univers Marvel. Le Marvel Cinematic Universe (ou MCU), aussi divertissant soit-il, souffre de plusieurs défauts. Dans l’écurie dirigée actuellement par Kevin Feige, peu de super-héros ont la profondeur et la complexité de leurs collègues de DC. Ils sont souvent ultra-positifs, lisses voire mécanisés (sauf peut-être Iron Man). 

Les histoires privilégient trop souvent les déflagrations, effets spéciaux et grosses bastons à l’intrigue et aux personnages. Certes, je ne m’attends pas à du Bergman, mais blockbuster ou pas, j’aime découvrir des personnages intéressants. Ou alors, on fait du gros nanar, voie tout à fait acceptable dès lors que c’est assumé.

Après plusieurs échecs (Batman vs. Superman, Suicide Squad même s’il a été défendu sur ce blog) DC a perdu du terrain sur Marvel qui impose sa suprématie. Sa recette ? Ne pas viser plus haut que son ambition, d’où des films pas mauvais, mais loin d’être enthousiasmants. Deux exceptions toutefois : Deadpool, chantre du trash sous acides, et Les Gardiens de la Galaxie. Pourquoi avons-nous aimé le premier film ? Pour sa bande d’antihéros irascibles et canailles, plus intéressées par les gros billets que par le bien de l’humanité, pour leur humour transgressif dans un MCU habituellement adepte de blagues gentillettes.

Star Lord et sa bande bad ass dans Les Gardiens de la galaxie 2
Star Lord et sa bande bad ass dans Les Gardiens de la galaxie 2

On retrouve dans Les Gardiens de la galaxie 2 le leader souvent dépassé Peter Quill/Star-Lord (Chris Pratt), la vanneuse Gamora (Zoé Saldana), le bourrin Drax le Destructeur (David Bautista), le mignon mais bêta Groot (Vin Diesel), et le colérique Rocket (Bradley Cooper et Sean Gunn, frère du réalisateur). Ils vont devoir affronter une menace qui pourrait bien détruire l’univers. 

Autour d’eux, on retrouve la sœur de Gamora, Nebula (Karen Gillan), et Yondu, le chef d’un clan de Ravageurs (Michael Rooker).


Scénario, première leçon

La farandole de factions autour d’un objet de pouvoir, une pierre d’infinité, constituait une amusante chasse au trésor dans le premier film. L’enjeu était connu d’emblée, d’où une immersion rapide dans l’histoire. James Gunn commet pourtant une erreur fatale dans le deuxième film : l’enjeu n’arrive que dans le dernier acte du récit.

Dans les deux premiers tiers du film, notre fine équipe se fait simplement poursuivre dans toute la galaxie (Krees et Souverains en première ligne). Or les gardiens sont des héros, pas des individus qui cherchent à se réfugier dans une galaxie lointaine, très lointaine… 

On a déjà un contresens. Joint au gros mélodrame familial de Star-Lord, le film tire vers l’Origins Story, recette que Marvel utilise d’un film à l’autre, jusqu’à saturation. Le plus grave est que cela n’a rien à faire dans un volume 2, surtout après que le premier film a évité cette convention. Surtout, le conflit père-fils vire à la caricature (Kurt Russell cabotine, mais le rôle ne s’y prête pas).

Bref, ce n’est pas son scénario, d’ailleurs pompé sur Star Trek sans limites (on retrouve la poursuite dans un champ d’astéroïdes et des héros inconscients d’un piège à sauver) qui va sauver le film. Alors quoi donc ?


Les Gardiens de la galaxie 2 : plus drôle que le premier ?

Ah, ces films Hollywoodiens des années 30 où les héros se disputent sans arrêt ! C’est cet esprit qui irrigue ces Gardiens méchamment puérils. Star-Lord et Gamora se chamaillent comme les couples de l’âge d’or, leur mix de romance contrariée et de comédie s’inspire de ce genre de films. 

Katherine Hepburn et Cary Grant aux prises avec un léopard dans L'Impossible Monsieur Bébé, réalisé par Howard Hawks
Katherine Hepburn et Cary Grant aux prises avec un léopard dans L’Impossible Monsieur Bébé, réalisé par Howard Hawks (1938)

Comparé au premier film, les lancers de vannes s’enchaînent à un rythme fulgurant. Le festival est permanent. Alors que Rocket dominait le match dans le volume 1, il est talonné par ses partenaires : Drax obtient sa ceinture noire de muflerie en tirant des missiles sur l’adorable Mantis (Pom Klementieff).

  Mantis (Pom Klementieff) dans Les Gardiens de la galaxie
Mantis (Pom Klementieff) dans Les Gardiens de la galaxie 2

Mantis participe à l’entrain général et se paie la tête de Quill en lisant dans ses pensées. Rocket reste Rocket, bien sûr, et c’est lui qui envoie les tirs de barrage les plus massifs. Tous ces coups de gueule entre amis compensent l’affadissement des personnages, plus positifs, plus moraux, alors qu’on aimait justement les anti-héros du premier film.

En plus des mots, Gunn sait doser ses running gags : la confusion quant à l’espèce de Rocket (raton, chien, hamster ?) nous vaut des mimiques exaspérées de l’intéressé, les happenings dansés de Groot et Quill, le nom ridicule d’un méchant… 

Le plus drôle reste certainement la bêtise de Bébé Groot, comprenant les ordres de travers. 

Sur ce point, il rappelle le Schtroumpf Bêta. Chaque fois que le Grand Schtroumpf l’envoie chercher un objet, il se pointe avec un autre. 

Ça, c'est le Schtroumpf Bêta.
Ça, c’est le Schtroumpf Bêta

Groot parvient largement à égaler son niveau, pour le plus grand plaisir des zygomatiques. Le film n’hésite pas non plus à casser le quatrième mur : grâce à Stan Lee qui nous parle quasi directement, mais aussi Gamora et Quill qui ne s’avouent pas leur relation.

On notera un regret : une accumulation d’ « americanismes » vers la fin, où toute la panoplie y passe : grands discours lyriques, sacrifice déchirant, sursauts héroïques des personnages, traumas d’enfance, situations pompeuses… Cependant, c’est parfois désamorcé par un subtil second degré.

On note aussi une emphase visuelle lors de la bataille finale. Bon, pour avoir soupé du Michael Bay, je confirme que c’est largement supportable.


Attention les yeux !

La mise en scène de James Gunn suit le modèle du « toujours plus ». Ami lecteur, si tu vois des blockbusters, c’est bien pour des scènes d’action qui vont te scotcher au fauteuil. Sache que tu seras largement servi avec Les Gardiens de la galaxie 2

En plus d’idées ingénieuses (comme ces soldats pilotant à distance des drones de guerre façon jeux d’arcade) le réalisateur sort l’artillerie lourde : collection complète d’armes, dont la fameuse flèche magique de Yondu, combats rapprochés avec mandales par paquets de 500, flingues expulsant 600 balles ou rayons par minute, le tout dans un arc-en-ciel de couleurs qui fait de l’écran une toile impressionniste permanente. 

La guerre des étoiles de James Gunn

Oui, James Gunn se prend pour George Lucas, il veut nous faire sa guerre des étoiles. C’est en effet très riche, flamboyant. Le montage a beau être serré, il reste parfaitement lisible. On note aussi de beaux décors entièrement numérisés, comme une planète paradisiaque où le temps semble suspendu.

La BO années 80, déjà atout du premier film, contribue à l’ambiance de fête.

James Gunn a déjà signé pour écrire et réaliser le troisième volet. On lui souhaite autant de réussite que pour celui-ci. S’il pouvait écrire un scénario avec un enjeu et mettait en veilleuse les clichés des blockbusters américains, on serait comblés.


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Les Gardiens de la galaxie 2 a divisé la rédaction de Marla’s Movies. Voici la critique négative du film :

LES GARDIENS DE LA GALAXIE 2 : JE SUIS TON PÈRE (MAIS PAS TROP)

1 out of 5 stars (1 / 5)

Excitée comme une gosse, je suis allée voir Les Gardiens de galaxie 2 le jour de sa sortie.

Un scénario tombé dans l’hyper-espace

J’aimerais bien vous parler de l’excuse du film, de son alibi scénaristique, mais il n’existe pas. Le scénario a dû tomber dans l’hyper-espace. C’est une joie, bien sûr, de retrouver ces personnages loufoques.

Mais comme plaisir, il n’y a que cela. Certains films manquent d’enjeu, et d’autres n’en ont pas du tout.

Dans le premier volet des Gardiens de la galaxie, la quête était simple : retrouver un Orbe précieux, qui faisait de vous le maître du monde.

Chris Pratt fasciné par l'Orbe dans Les Gardiens de la galaxie n°1, sorti en 2014
Chris Pratt fasciné par l’Orbe dans Les Gardiens de la galaxie n°1, sorti en 2014

Chris Pratt a l’habitude d’être le maître du monde : dans Jurassic World, il sauve le monde des méchants dinos qui veulent nous bouffer tout crus. Dans Passengers,  il est littéralement seul maître à bord. Chez James Gunn II, il est carrément élevé au rang de Dieu.

Mais là, point d’orbe à aller chercher. La bande de Star-Lord ne cherche rien, d’ailleurs. Ce qui faisait le sel du premier épisode, à savoir l’humour ravageur, tombe à plat ici : répliques fades, attendues, insistance lourde, on rit davantage de fatigue que d’enthousiasme.

Les effets spéciaux sont impressionnants, comme toujours, mais ce n’est pas suffisant. Le charme du tour de manège du premier opus n’agit plus.

On pense une nouvelle fois à Captain EO, mais on ressent une envie folle de revoir le court-métrage avec Jackson, plutôt que de subir  cette mascarade.

Marre. De ses films sans scénario qui ressemblent à des joujoux trop chers. Navrée pour ceux qui payent 11,50 € afin de voir ce feu d’artifice futile.

Joli spectacle ? Rien n’est moins sûr. Tant de couleurs et si peu de choses à dire, c’est déprimant. Ajoutez à cela la consternation de voir Kurt Russell dans cette galère.

Kurt Russell est le papa de Chris Pratt dans Les Gardiens de la galaxie 2. Quelle chance.
Kurt Russell est le papa de Chris Pratt dans Les Gardiens de la galaxie 2. Quelle chance.

Habituellement, sa participation aux films est bienvenue. Je me souviens de son rôle formidable chez Tarantino, dans Le Boulevard de la mort.

Tarantino l’avait choisi en référence à son succès dans les films de genre des années 80. James Gunn le fait jouer dans Les Gardiens pour la même raison.

Eder, notre spécialiste des blockbusters sur Marla’s Movies, parle souvent de l’échec d’un film à cause d’un antagoniste décevant. C’est le cas dans Les Gardiens de galaxie 2. Kurt Russell, malgré tout son charisme, ne parvient pas à sauver ce naufrage intergalactique.

Gâchis d’argent et de talents

On a la sensation, devant Les Gardiens de la galaxie 2, d’un immense gâchis d’argent et de talent. Chris Pratt était si drôle dans le premier épisode, et dans la série Parks and Recreations, qui l’a lancé comme héros ordinaire hilarant.

Chris Pratt joue Andy Dwyer dans Parks and Recreation
Chris Pratt joue Andy Dwyer dans Parks and Recreation

Le côté potache n’étonne plus, quand il faisait la force du premier épisode, véritable vent de fraîcheur dans la galaxie Marvel. Même la BO apparaît ici assez fade, décalée, mais dans le mauvais sens du terme.

Les acteurs s’amusent sans doute entre eux, mais le spectateur, pas forcément. Vous aurez toujours les inconditionnels pour écrire des critiques dithyrambiques sur ce film trop long de 2h20. Il tiendrait en fait dans sa bande-annonce de deux minutes trente. Même le synopsis d’Allociné ne parvient pas à donner l’illusion d’une intrigue :

Musicalement accompagné de la « Awesome Mixtape n°2 » (la musique qu’écoute Star-Lord dans le film), Les Gardiens de la galaxie 2 poursuit les aventures de l’équipe alors qu’elle traverse les confins du cosmos. Les gardiens doivent combattre pour rester unis alors qu’ils découvrent les mystères de la filiation de Peter Quill. Les vieux ennemis vont devenir de nouveaux alliés et des personnages bien connus des fans de comics vont venir aider nos héros et continuer à étendre l’univers Marvel.

En Groot pour l’aventure ?

Baby Groot, si mignon à la fin du premier épisode, apparaît ici pour ce qu’il est : un objet de merchandising qui fera la joie de Marvel, et donc de Disney. Quelle tristesse. J’attendais tant de cette nouvelle aventure. Tout est raté dans les Gardiens de la galaxie 2. La recherche du père, qui a fait le succès de Star Wars, est complètement vaine. On avait aussi vite fait de regarder l’excellent Toy Story 2, où Woody se rendait compte que son père n’était autre que son pire ennemi.

Dans Les Gardiens de la galaxie aussi, Star-Lord rattrape le temps perdu avec Papa en jouant à la ba-balle.

Quant aux références qui faisaient le succès du premier volet, elles sont quasiment absentes dans le deuxième, à part le retour de Howard le canard. Je préfère ne pas parler de la présence de Stallone au casting.

Même les clins d’œil du générique de fin peinent à susciter l’attention.

Quel dommage de faire un premier épisode si réussi, et de tomber dans le travers d’un deuxième opus qui ne raconte rien.

Ras le bol. Je me tape un épisode de Parks and Rec ce soir.

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Les Gardiens de la galaxie 2 a divisé la rédaction 
de Marla’s Movies. 
 
Voici la critique positive du film :

LA LA LAND : TOUT LE MONDE DIT « I LOVE YOU »


Un bond dans le temps

La La Land démarre sur une scène très solaire, dans toute la tradition acidulée des comédies musicales des années 60, comme Un Américain à Paris ou Les Demoiselles de Rochefort. Revendiqué désuet, le nouveau film de Damien Chazelle fait dans l’auto-parodie propre à toutes les comédies musicales.

Ce qui frappe d’abord, c’est la beauté formelle de l’ensemble : succession de plans fluides, jolie mise en scène, et surtout superbe photographie comme au temps du Technicolor, toujours en hommage aux films musicaux de la grande époque. Les décors déréalisés façon toile cirée participent aussi à ce bond dans le passé.



Un scénario trop léger


Tout cela est charmant, et l’on a très envie de se laisser séduire. Mais La La Land se contente d’un scénario typique de rom-com. 

Si je résume :



1° On peut pas se saquer

2° On commence à se connaître

3° On s’aime comme des fous




Vous avez dit Woody ?

Les dialogues se veulent surprenants mais ne sont pas drôles. Le premier duo Ryan Gosling / Emma Stone réveille un peu, toujours dans un hommage aux musicaux des années 50/60, emplis de jazz et de flirt, comme chez Woody Allen.

On sait combien le new-yorkais le plus célèbre au monde apprécie le jazz et les comédies musicales. Il l’a notamment prouvé dans Tout le monde dit I love you, en 1996.

Emma Stone, c’est Mia, qui a des airs de Mia… Farrow dans La Rose Pourpre du Caire : modeste serveuse, elle se console de l’existence, non pas par le cinéma, mais la musique.

Emma Stone dans La La Land
Emma Stone dans La La Land

Elle rêve de devenir actrice. Pas étonnant que Damien Chazelle ait choisi la nouvelle muse allenienne pour sa douceur musicale. Le baiser hollywoodien entre les deux amants et le fondu au noir sont également un clin d’œil à La Rose pourpre du Caire.

On retrouvera aussi, en dernière partie du film, un Paris fantasmé digne de Minuit à Paris (Woody Allen, 2011) et de Moulin Rouge (Baz Luhrmann, 2001)

Paris dans Moulin Rouge de Baz Luhrmann
Paris dans Moulin Rouge de Baz Luhrmann (2001)

Dans La La Land, Ryan Gosling incarne Sebastian, pianiste frustré dans un bar miteux, qui rêve d’ouvrir son club de jazz. Mia tombe amoureuse de lui en l’écoutant jouer l’un de ses morceaux en public. Morceau réussi, d’ailleurs.



Un film qui manque d’enjeu




Tout cela est charmant, mais guère palpitant. Le film manque vite d’enjeu. Si je trouvais Emma Stone douée dans Birdman, je lui préfère Isla Fisher, son sosie, qui choisit mieux ses rôles et possède une plus grande nuance de jeu.

Mia et Sebastian tombent amoureux, donc. Fort bien, mais c’est un peu court pour 2h08. Les scènes de flirt s’avèrent interminables, comme si l’on avait besoin de quatre scènes de vrai / faux coup de foudre pour saisir l’essentiel.

La La Land m’a en cela rendue nostalgique de The Artist, qui disait tout en un regard, sans paroles.

Puisque une image vaut mille mots au cinéma, qu’un seul plan traduit l’amour naissant, pourquoi le filmer à toutes les sauces ? La scène où Mia voit Sebastian jouer au piano pour la première fois est bien suffisante.

Feux d’artifices ?



Chazelle reprend aussi l’habitude des comédies musicales de faire transparaître ses propres artifices. La La Land nous donne mille exemples de ce qu’on appelle au cinéma « casser le quatrième mur. » Il s’agit de rappeler, au sein du film, que l’on est effectivement dans un film.

La magie se brise après le duo de jazz des deux tourtereaux, gâché par la sonnerie de portable de Mia. Il s’agit d’un clin d’œil, sans doute, aux sonneries intempestives… dans les salles de cinéma.

MAIS TU VAS L'ÉTEINDRE, TON PORTABLE, OUI ?!?
MAIS TU VAS L’ÉTEINDRE, TON PORTABLE, OUI ?!?



La La Land aime la mise en abîme et les clins d’œil à répétition. Ils sont d’ailleurs trop fréquents sur les références contemporaines (portable, Uber, etc.) comme s’il était besoin de nous dire dix fois que la trame se déroulait de nos jours.

Un problème… de rythme

Si La La Land ne raconte pas grand chose, il est très verbeux pour un film musical. Le speech sur le jazz, entre autres, est décevant de la part de Chazelle, qui nous avait si bien initiés au jazz avec Whiplash, dans un film sans temps mort.

En discutant de jazz au lieu de l’écouter, Mia et Sebastian font exactement ce qu’ils dénoncent, et transforment le jazz en simple fond sonore. Le discours sur le jazz, de plus, sonne réac et peu convaincant. La scène du cinéma apparaît ultra-cliché, jusqu’à l’écœurement. 

Les dialogues interminables raviront peut-être les fans de Linklater, mais guère plus.

La La Land sera le film surévalué, survendu du moment.
Trop long, il en dit très peu et s’avère ennuyeux. Pour un film musical, souffrir d’un problème de rythme – scénaristique – gâche l’ensemble, qui aurait largement tenu en une heure et demie. Des scènes entières auraient pu être coupées au montage.

On attend les péripéties du couple, en un mot, une trame. Au bout d’une heure, toujours rien.


Pourquoi un tel succès ?

Jacques Demy était fier de parler dans ses films des gens heureux, et il est vrai que le cinéma manque parfois de bonheur.

On a tant besoin de légèreté dans cette période de crise, d’incertitude, de peur face à l’avenir, que le moindre film empreint de douceur nous touche comme une bénédiction. En effet, après avoir découvert le film, fascinant mais plombant, Harmonium (qui parle aussi musique) La La Land m’a accordé un peu de légèreté.

Ryan Gosling, seul à chanter sur le pont sur une toile cirée violette m’a semblé étrangement ironique en tant que fan de Lost River : dans Lost River, que Ryan Gosling a réalisé, le violet était aussi la couleur dominante. 

Dans une scène du film de 2014, un voyou sort d’un magasin miteux et se met à danser, comme Sebastian dans La La Land, avec une mama noire qui passe par là…


La La Land : un film à B.O.


La La Land souffre du même défaut que Across the universe, long clip musical dédié aux Beatles, dont on se passe volontiers les extraits sur Youtube, mais qu’il n’est pas très intéressant de regarder de bout en bout.

Fan du scénario de La La Land ou non, vous aurez une bonne chance de passer par iTunes pour acheter vos chansons préférées du film. La chanson John Legend en live, « Start a Fire » réveille le spectateur, dans des accents funk qui ont fait le succès de Bruno Mars.

Le succès arrive pour Sebastian, mais il n’est pas sûr d’aimer la musique qu’il joue. Pauvre bichon. Le succès séparera-t-il le couple ? La première dispute du couple s’avère peu crédible. La question était bien mieux posée par John Carney dans New York Melody. Sing Street, du même réalisateur, était d’une grande sincérité qui, ici, fait défaut.

Jusqu’au moment de grâce.


La scène de l’audition de Mia est clairement la perle du film, mais vient tard. Cette chanson magnifique sur les rêveurs émouvra les foules.

Quelques moments de grâce, mais…


Chazelle tenait un bon sujet sur la différence entre être apprécié du public et trouver sa voie d’artiste, sans compromis ni compromission. Mais l’ensemble est si convenu que l’on devine le film avant de le voir. Quelques moments de grâce avec des morceaux très bien écrits ne sauvent pas ce faible scénario.

Joliment filmé, La La Land ne raconte pas grand chose, même s’il a deux ou trois choses à chanter. Il se révèle ennuyeux assez vite.

La fin, heureusement, déjoue les attentes du spectateur, à la manière, mi-figue mi-raisin, de Café Society, toujours de Woody Allen.

Moi qui m’attendais à être enchantée par le film, je ne lui accorde que deux étoiles, à mi-chemin du tout beau et du tout faux. Mais je sais que certains morceaux de la bande originale resteront avec moi pour longtemps.

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10 comédies musicales à ne pas rater

Un jour, l’une de mes amies m’a emmenée voir un teen movie d’horreur douteux. J’y suis allée pour lui faire plaisir, et lui avait même offert la place pour la fête du cinéma.
En sortant, je lui dis: « Très bien, maintenant que j’ai vu un navet pour te faire plaisir, je vais te montrer un film à moi. »
Et c’est parti pour trois heures.
Trois heures de chansons et de danses, de chants tyroliens et marionnettes musicales, d’enfants qui courent et de nana béate qui joue de la guitare.


Mon amie fan de films d’épouvante a tenu bon, mais à partir de ce moment, elle a soigneusement choisi  les films qu’elle m’emmenait voir.
Puis, quelques années plus tard, j’ai eu ma période Cats. C’est l’époque où j’ai rencontré Lola, fan de Noir Désir et de métal. Elle est passée chez moi et elle est tombée sur mon passage favori.


Elle m’en parle encore. Un traumatisme, ça ne s’oublie pas.
Je me suis rendu compte que les comédies musicales provoquaient chez les individus de curieuses réactions. Il y a les gens comme moi, qui ont découvert Mary Poppins ou Le Chant du Missouri dans l’enfance, et se sont pris de passion pour les films musicaux.


Et il y a ceux qui ne supportent pas, comme on ne supporte pas la foule ou le gluten.

Alors, j’ai décidé de faire un top 10, pour les passionnés et pour les hermétiques, afin de faire gagner à tous, j’espère, un temps précieux.

Cet article concerne les comédies musicales au cinéma : je n’évoquerai pas les spectacles de Broadway ni les films musicaux en général, mais bien ceux où les acteurs chantent et dansent.


10. Chicago, de Rob Marshall (2002)


Sorti tout droit de Broadway, le musical Chicago dépeint une Amérique des années folles où meurtre et célébrité font bon ménage. Roxy et Velma, emprisonnées pour avoir tué leur compagnon, sont prêtes à tout pour s’en sortir. En effet, à Chicago, le meurtre est puni de la peine de mort. Catherine Zeta-Jones la sexy et Renee Zellwegger la glamour font appel à Richard Gere l’avocat véreux. L’occasion de voir de beaux numéros de danses et de chansons où l’on dénonce l’obsession de la célébrité.
Peu de films se passent dans une prison de femmes, et nous sommes 11 ans avant  la série Orange is the New Black.
La scène où les détenues expliquent dans un blues énergique le pourquoi de leur crime restera dans les annales.


9. Dancer in the Dark, de Lars Von Trier (2000)

Ai-je dit « comédies » musicales ? Les drames musicaux valent aussi le détour, surtout s’il sont réalisés par Lars Von Trier, avec Bjork en actrice principale. Cette ouvrière qui entend de la musique entre les machines de son usine et aime son fils par-dessus tout vous fera pleurer d’émotion.
J’ai eu du mal à sortir de la salle ce jour-là, traumatisée que j’étais par la scène finale. Heureusement, j’étais accompagnée d’un ami. J’ai décidé, comme l’héroïne, que le jour venu de mon départ pour l’au-delà, je chanterai non pas ma dernière chanson, mais l’avant-dernière.



8. Chantons sous la pluie, de Stanley Donen (1952)

Difficile de ne pas penser à Stanley Donen quand on parle comédies musicales. Si Drôle de frimousse passe souvent en réédition et a mal vieilli, Chantons sous la pluie, en plus des chansons incontournables, fait preuve d’un humour mordant sur Hollywood et l’hypocrisie du show-business.
On se souvient tous de Gene Kelly heureux sous l’averse (sur une chanson reprise, avec ironie, dans le terrible Orange Mécanique) mais d’autres morceaux du film sont devenus des classiques, comme « Make Them Laugh, » hommage à la comédie et aux gags visuels, ou « Good Morning, » trio multilingue, qui met de bonne humeur dès le matin.


7. Le Magicien d’Oz, de Victor Flemming (1939)


Là aussi, il s’agit d’une bande originale d’anthologie. De « Somewhere Over the Rainbow » (l’une des chansons les plus reprises au monde) au morceau angoissant qui annonce l’arrivée de la sorcière, toutes les chansons sont des merveilles sonores, emplies de jeux de mots et d’allitération – le « z » dans « We’re Off to See the Wizard » et le « tch »quand Judy Garland évoque son petit accident.



6. Hedwig and the Angry Inch, de John Cameron Mitchell (2001)

Un jour, John Cameron Mitchell a inventé un personnage : un jeune homme d’Allemagne de l’Est veut à tout prix s’échapper. Il rencontre un policier américain. Pour l’épouser, Hansel va se faire passer pour… sa propre mère, Hedwig.
Une fois aux Etats-Unis, il change de sexe, et devient une star du rock.
Chansons extraordinaires sur les affres de l’amour, au style glam rock qui ravira les fans de Bowie de la première heure, Hedwig and the Angry Inch est un OVNI formidable, bourré d’humour et de fantaisie.


5. Alabama Monroe, de Felix Van Groeningen (2012)

Qui aurait cru que des Belges nous offriraient la meilleure B.O. country-bluegrass depuis des lustres ?
Didier et Elise s’aiment, et ont une fille, Maybelle. Hélas, comme dans La Guerre est déclarée (Valérie Donzelli, 2010) on découvre très vite que Maybelle est gravement malade.
Histoire du deuil d’un couple, tout en finesse et en musique.


4. Les Demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy (1962)


En 2013, la Cinémathèque rendait hommage à Jacques Demy. Dans l’une des interviews diffusées pour l’occasion, Demy expliquait son désir de « faire des films qui parlent des gens heureux. »
Si Les Parapluies de Cherbourg penche plutôt vers le drame, Les Demoiselles de Rochefort a tout du bonbon acidulé : coloré, sucré, léger. Il fait plaisir à voir, et possède aujourd’hui un charme désuet.
J’étais amoureuse de Maxence le marin quand j’étais petite.


3. Les Blues Brothers, de John Landis (1980)

Déjanté et rythmé, Les Blues Brothers réveillent la comédie musicale en 1980. Le casting du film, composé des plus grandes stars du blues et de la soul, offrent une BO inoubliable, dont chaque morceau est resté un classique. Auto-dérision, gags à la pelle, chorégraphies joyeuses, tout est bon à prendre chez les frères du blues.



2. West Side Story, de Robert Wise et Jerome Robbins (1961)

Du premier sifflement sur les toits du West Side au drame final, West Side Story a le génie de remettre au goût du jour le Roméo et Juliette de Shakespeare et le transformer en guerre des gangs.

Cette idée sera reprise par Baz Lurhmann dans Romeo + Juliette en 1996.
D’accord, le technicolor a un peu vieilli, mais alors, quel rythme, entre violence et romance, le piquant de Rita Moreno, le charme de Nathalie Wood, le talent de George Shakiris (qui jouait l’un des forains dans Les Demoiselles de Rochefort) et de Russ Tamblyn (que l’on avait vu dans une adaptation musicale de Tom Pouce.)
La plus grande histoire d’amour de tous les temps, le peps en plus.


1. The Rocky Horror Picture Show, de Jim Sharman (1975)

Dur dur, de me mettre d’accord avec moi-même au sujet du premier de la liste. Après avoir revu  Victor Victoria en réédition, je me suis dit que ce film de 1982 avait horriblement vieilli, même s’il avait fait beaucoup, à l’époque, pour la libération des mœurs.
Mais dans le Rocky Horror, on parlait déjà, et avec plus de brio, de bisexualité et de transgenre. Parce que le film ne visait pas le même public, et ne s’attendait certainement pas à son succès, on témoigne face à cette drôle de bande (originale) d’une liberté jamais vue ailleurs. Jim Sharman fait dans l’outrance joyeuse, les costumes et les couleurs n’ont pas pris une ride.
Sans doute le rôle le plus fou de Tim Curry, entouré d’un casting étonnant : Susan Sarandon (si si) et un certain Meat Loaf. Est-ce son pseudo qui dicta son destin au scénariste ?


La grande force du film est de pouvoir le redécouvrir chaque semaine en salle, de New-York à Londres, en passant par Paris. Le Studio Galande est ainsi devenu, pour les fans du film, une seconde maison.

Et vous, quelle est votre comédie musicale préférée ? Dites-le en commentaire !

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