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COCO : LA FÊTE DES MORTS, C’EST QUOI ?

3 out of 5 stars (3 / 5)
Par Guillaume

Viva Mexico !

Le Mexique est un état fédéral avec des cultures et des populations qui n’ont rien en commun : au Nord, à Monterrey, c’est style Lucky Luke. Dans le Yucatán, à la pointe sud, c’est la jungle et les Maya.

On trouvera au Nord une large population blanche, et de nombreux d’indigènes dans le Sud. Même parmi des natifs, un Maya ne comprendra pas un mot de nahuatl, qu’on parle, entre autres, à Vera Cruz.

Du coup, autour des années 30, le gouvernement post-révolutionnaire décide de construire une culture commune et composite, comme Franco le fera en Espagne. C’est la  »renaissance Mexicaine ». Frida Kahlo – d’ailleurs très présente dans Coco – et Diego Riviera feront partie de ce mouvement.

Hommage à Frida Kahlo dans Coco Disney
Hommage à Frida Kahlo dans Coco, de Lee Unkrich et Adrian Molina (2017)

En avant la musique !

Vous verrez surtout dans la promo de Coco une mise en valeur du jeune Miguel et de sa guitare, mais le dernier Disney-Pixar rend aussi hommage à la musique Ranchera, venue de l’ouest du Mexique, et le costume de charro qui va avec.

Ce type vous rappelle Luis Mariano ? Ce n'est pas un hasard.
Ce type vous rappelle Luis Mariano ? Ce n’est pas un hasard.

Comme son nom l’indique, c’est la musique des rancheros (ceux qui bossent dans les ranches). C’est une musique rurale et ses paroles sont dures : les chansons abordent la pauvreté, le travail des champs, et ne sont pas franchement féministes. C’est encore le cas aujourd’hui.

Petit exemple :

Ici, Monsieur nous explique qu’il est sorti avec une prostituée et qu’il assiste à sa déchéance (elle n’est même plus capable de se maquiller décemment, le drame). Il se réjouit de la voir tomber plus bas que terre et devenir une michetonneuse, parce que vraiment elle l’a bien cherché… En gros, c’est Orelsan avec un accordéon.

Miguel et ses ancêtres chantent La Llorona devant l’assemblée des morts à la fin du film. La Llorona signifie littéralement  »la pleureuse ». C’est l’une des chansons les plus connues du Mexique. Le film Frida en 2002 se terminait déjà sur cette chanson.

Llorona est une femme morte, trahie ou rongée de remords, qui pleure parmi les vivants. Du coup, il est étonnant de la chanter précisément le jour des morts, au pays des morts, où la Llorona refuse d’aller.

La Fête des morts, c’est quoi ?

Coco se déroule pendant la Fête des Morts. Grâce à cette Fête, le gouvernement post-révolutionnaire a, une fois encore, boosté sa popularité, toujours pour construire une identité commune au Mexique.

La Fête des morts est plus importante au Mexique que nulle part ailleurs. Plusieurs écoles s’affrontent quant à son origine : l’une pro-indigènes, la deuxième pro-espagnole, la troisième syncrétiste. Les pouvoirs mexicains d’aujourd’hui sont plus pour le syncrétisme, avec une grosse mise en avant de l’héritage pré-colombien.

Pour la version native, la fêtes des morts actuelle reprend deux fêtes des morts : l’une pour les enfants (Miccaihuitontli), l’autre pour les adultes (Hueymiccalhuitl) tout ça sous l’égide de la déesse de la mort.

Mexicaine déguisée lors de la Fête des Morts
Mexicaine déguisée lors de la Fête des Morts

Autrefois, on faisait des offrandes aux défunts proches pendant une vingtaine de jours. Jusque-là le film Coco correspond plutôt bien… mais cette célébration avait lieu en août, juste avant les récoltes, et pas fin octobre comme le fameux Halloween.

Pour la version espagnole, voilà le site du tourisme mexicain : ‘

« Les Espagnols avaient l’habitude de venir dans les cimetières pour y déposer du pain, du vin et des fleurs pour la Toussaint. Les Espagnols pensaient que les âmes parcouraient la Terre et flottaient autour d’eux. Tous craignaient qu’elles s’abattent sur eux pour les emporter avec elles. C’est pourquoi ils préparaient des autels avec du vin et du pain pour les apaiser. Des cierges les guidaient jusqu’à l’autel. » 

Perso, j’adore l’idée qu’on montre le chemin aux morts non par altruisme ni respect, mais par trouille.

Difficile de savoir si des bougies ou les chemins d’œillets guident les morts. Disney a préféré les œillets, malgré leur furieuse ressemblance avec des nachos.

Pour la procédure du montage de l’autel et de la visite au cimetière, Disney a été plutôt bon, pas de fantaisie particulière. Voici ce que nous dit l’Office du tourisme mexicain :

« Les offrandes placées sur les autels représentent les quatre éléments primordiaux de la nature : la terre, symbolisée par les fruits qui alimentent les âmes de leurs parfums ; le vent, symbolisé par le papier découpé dit papel picado, et le papier de soie qui, en raison de sa légèreté, se balance au rythme de la brise ; l’eau, placée dans un récipient pour apaiser la soif des défunts qui nous rendent visite, après la longue route parcourue pour arriver jusqu’à l’autel ; et enfin, le feu avec les bougies et des cierges qui représentent chacun une âme dont on se souvient, et pour chaque âme à laquelle on pense, une bougie supplémentaire pour les âmes oubliées. »

Cependant, le papel picado n’est pas réservé à la fête des morts, il sert à toutes les célébrations !

Le syncrétisme mélange la théorie native et l’espagnole. Ajoutez à cela l’influence d’Halloween, avec des concours de déguisement, notamment la plus belle Catrina.


Elles s’appellent toutes Catrina

La Catrina est une « Catrin, » une Marie-Chantal, le nom d’origine est  »Calavera Garbancera ». Les calavera sont les crânes décorés du jour de la fête des morts. Le mot vient de « pois-chiche » en espagnol (garbanzos). Il s’agit d’une caricature qui date des années 1910, de José Guadalupe Posada.

Les femmes indigènes qui méprisaient ce qu’elles étaient et tentaient de ressembler aux Européennes. Le costume est celui d’une « Parisienne », avec moult falbalas et grands chapeaux.

C’est donc un memento mori très acide, là encore popularisé par le gouvernement post-révolutionnaire. Il y voyait un bon moyen de créer un personnage signifiant pour le Mexique, et de dire aux citoyens d’arrêter de singer les Blancs.

Ça a bien réussi, et maintenant la Catrina est un personnage incontournable de la Fête des Morts.

Dans Coco, toutes les mortes sont des Catrina.

Sachant qu’Aladdin, officiellement Arabe, avait la gueule de Tom Cruise, ça n’a rien d’étonnant.
Ça craint, hein ?

Les personnages de Coco : de qui sont-ils inspirés ?

Ernesto de la Cruz

Pour Ernesto de la Cruz, le chanteur mariachi à succès, je pense qu’ils se sont inspirés de Jorge Negrete, son enterrement délirant, et la kitchissime statue à sa gloire dans sa ville natale, Guanajuato, guitare à la main… tout comme Ernesto, donc !

Par contre, je trouve que physiquement il ressemble plus à un autre chanteur : Vicente Fernández Gómez.

Ernesto permet à Disney d’aborder (pudiquement) la question de la pauvreté au Mexique.

Le Mexique est riche, très riche. En 2012, c’était la 12e économie mondiale, mais les inégalités sociales sont abyssales : 42% des habitants sont pauvres (et là-bas pauvreté c’est bidonville, pas HLM) et la corruption représente 9% du PIB. Et fatalement, de l’autre côté, il y a des riches très riches.

Dans le film, c’est assez bien représenté avec d’une part la débauche de présents que reçoit Ernesto, et sa propension à faire des soirées ultra jet-set et orgiaques (parce que pour ça je dois admettre que les latinos sont un peu les rois), et de l’autre, la misère désespérée des oublié.e.s.

Dante

Dante est un chien nu du Mexique, nom officiel de la race  »xoloitzcuintle » (très bon au Scrabble), peut-être la seule référence strictement précolombienne du film.

Comme son nom l’indique, il est lié à Xolotl, le dieu jumeau. Il a un rôle psychopompe (et le chien aussi par extension) : c’est-à-dire qu’il guide les défunts vers l’au-delà.

C’est le dieu du passage et du double, qui accompagne le soleil chaque nuit dans l’infra-monde. Détail marrant, c’est aussi le dieu de ce qui est moche ou monstrueux.

Mama Coco

Elle est habillée en china poblana, qui est au Mexique ce que la robe de flamenco est à l’Espagne. Une fois encore, le gouvernement nationaliste a élevé ce vêtement au rang de  »costume mexicain typique. »

Bref, Coco vaut le détour par ses références à la culture mexicaine, mais aussi par son histoire émouvante qui nous invite à célébrer les anciens.

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CARS 3 : DISNEY-PIXAR EN PANNE D’ESSENCE

0 out of 5 stars (0 / 5)

Cars 3, c’est l’histoire de deux scénaristes aux pneus crevés qui décident de faire un max de blé avec des vieux tacots. Le scénario part en roue libre, ou plus exactement reste inexistant. Ce Disney-Pixar n’a rien sous le capot.

Cars est de loin la saga la moins inspirée des studios. Si Toy Story nous a offert trois volets sur les chapeaux de roues (le quatrième est en route) Cars apparaît comme la panne d’essence des franchises d’animation.

Un scénario qui cale vite

Le pitch de Cars 3 tient en une ligne :

Flash Mc Queen a vieilli. Il ne peut plus faire la course. Snif.

Prendre sa retraite ? Jamais ! Il va voir une coach qui s’occupe des tas de ferraille dans son genre.

Flash McQueen s’entraîne sur un simulateur pour reprendre un jour la course, la vraie.

Le simulateur dans Cars 3, des studios Disney-Pixar
Le simulateur dans Cars 3, des studios Disney-Pixar

Ainsi, Cars 3 ressemble à une démo de jeu vidéo, à la manière de la menace fantôme pour Star Wars. Il faut bien que les petits garçons et filles demandent à leurs parents le jeu vidéo pour Noël. Disney reste très doué pour faire son propre placement de produit.
Le jeu vidéo en question fait mal aux yeux. Cars 3 ne peut cacher son absence totale de scénario. Le « méchant », par exemple, n’arrive qu’au bout de 45 minutes, et on l’oublie vite. Les blagues de Martin sont dignes d’un oncle relou lors d’un dîner de famille.

Martin dans Cars 3
Martin dans Cars 3

Le Monde de Dory, suite décevante du Monde de Nemo,  transformait un sympathique poisson bleu à la mémoire courte en personnage peu mémorable. Comme pour Dory, on n’échappe pas, dans Cars 3, à une série de moments larmoyants avec leur musique navrante en bruit de fond. Pire, le film est moralisateur et répétitif, quand les meilleurs Pixar ne le sont jamais.

La chanson d’excuse de Flash Mc Queen à sa coach ferait passer Julien Doré pour une légende du rock. Elle fait aussi regretter la BO du premier film.

On s’est fait rouler !

Le scénario perd de l’huile et le film se traîne à 30 à l’heure. La fin est prévisible dès les premières scènes. On dirait un Top Gun un peu enrhumé. Je me souviens de l’une les voitures qui, dans le film, se met à bailler avec franchise. Si j’avais pu, j’aurais chopé le gif de ces trois secondes et l’aurais intégré au blog, juste pour vous montrer, en une image, mon ressenti général.

La beauté du graphisme, évidemment, ne suffit pas. Il est loin le temps où l’on allait voir le dernier Pixar pour s’informer sur les dernières avancées technologiques en matière d’animation. Le film est d’une telle vacuité que payer 12 euros la place fait mal au siège arrière.


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MOI, MOCHE ET MÉCHANT 3 : DES VILAINS TROP MINIONS

Gru et Dru dans Moi, Moche et méchant 3
Par Clément


Mal en point

Un héros divisé entre sa maîtrise du côté obscur et un bon fond, tel était l’intéressant postulat pour un film d’animation hollywoodien, plutôt adepte de héros positifs. Moi, moche et méchant trouvait un bon équilibre chez Gru, et s’avérait très réussi. À la différence de l’éternel modèle du Scrooge de Dickens, repris hélas sans génie encore aujourd’hui, Gru restait à la fin taraudé par sa part d’ombre, d’aucuns diraient sa vraie nature, celle d’un vilain aux plans mégalo.

Gru pique la Lune dans le premier épisode de Moi Moche et méchant (2010)
Gru pique la Lune dans le premier épisode de Moi Moche et méchant (2010)

Les fameux Minions restent aussi à la lisière : ils servent le Mal avec zèle, mais leur humour débile les rend sympathiques. Voilà l’exemple-type de personnages secondaires qui volent la vedette au premier rôle, à l’instar des Lapins Crétins. Tous deux ont en commun l’humour idiot, un verbe intraduisible, et eurent droit à leurs propres aventures à l’écran. Il faut avouer que le film sur les Minions, carburant uniquement à l’humour gentillet, était pénible sur la durée.

            

Folle journée pour Gru (doublé par Steve Carell) au début de Moi, Moche et méchant 3 : il a échoué à attraper Balthazar Bratt (Trey Parker) méchant dont la guitare-synthé envoie aussi bien des tubes des années 80 que des lasers. 

Gru est alors renvoyé de son travail d’agent secret, en même temps que son épouse Lucy (Kristen Wiig). 

Le même jour, tous les Minions (tous doublés par Pierre Coffin) sauf deux démissionnent : Gru n’est plus assez méchant à leur goût. Pour couronner le tout, Gru apprend qu’il a un frère jumeau, Dru (Steve Carell again) dont il a été séparé à la naissance.

Ils vont devoir s’allier pour déjouer le dernier plan de Bratt : découper Hollywood et l’expédier dans l’espace, en représailles de la colline aux chimères qui a déclaré l’enfant star has-been ! 

Une franchise inutile

Moi, moche et méchant 2, outre son scénario paresseux, loupait le coche par son édulcoration de Gru, devenu trop positif. L’idée même de la franchise était vidée de sa substance, malgré l’attachante Lucy.

Gru (Steve Carell) dans Moi, moche et méchant 3, réalisé par Pierre Coffin, Kyle Balda, et Eric Guillon (2017)
Gru (Steve Carell) dans Moi, moche et méchant 3, réalisé par Pierre Coffin, Kyle Balda, et Eric Guillon (2017)
Après la fin du premier volet, Gru se rangeait du côté des forces du bien, décision sans retour : dans un film d’animation pour enfants, il est inconcevable qu’un héros retombe dans le côté obscur… 

On se pose donc la question, pourquoi continuer la franchise quand la prémisse est résolue ? Pour être honnête, je m’en moquais tant que l’humour et les gags étaient au rendez-vous… ce qui ne fut pas le cas. Hélas, Moi, moche et méchant 3 charrie les mêmes défauts que le deuxième opus.

Les Minions (Pierre Coffin) et Gru (Steve Carell) dans Moi, moche et méchant 3
Les Minions (Pierre Coffin) et Gru (Steve Carell) dans Moi, moche et méchant 3

On retrouve donc un Gru trop peu tenté par le mal, dont l’intelligence est le seul vestige de ses gloires passées. Comme sa personnalité ne repose que sur cette dualité, le personnage n’a plus d’intérêt, contrairement au Grand méchant renard, figure réussie d’une créature attachante dans sa volonté de devenir un vilain


Lucy se débat pour trouver une place, mais l’animation américaine reste encore très masculine, on la voit donc s’occuper surtout des filles de Gru, reléguées à l’arrière-plan (la chasse à la licorne tourne court) tandis que les hommes sauvent le monde. 

Lucy (Kristen Wiig), Dru et Gru (Steve Carell) dans Moi, moche et méchant 3
Lucy (Kristen Wiig), Dru et Gru (Steve Carell) dans Moi, moche et méchant 3

Elle participe un peu à l’action, mais Moi, moche et méchant 3 est mal équilibré. 

Les Minions recyclent leur humour inoffensif qui ne tient pas la distance. Ils n’ont pas la poisse folle de Scrat de L’Âge de Glace, modèle de personnage hilarant hors de l’action. Dru, le jumeau, roule malheureusement sur un humour similaire aux Minions : boulet débile collé aux bottes de son frère avant de se réveler décisif à la toute fin. On sauvera Julie Andrews en maman cougar à la libido féroce. Fini Mary Poppins, elle revient plutôt à la Sally Miles du film S.O.B
Le scénario, énième attaque de la base secrète d’un méchant, ne cherche pas non plus l’originalité. Tant qu’à regarder des « méchants » d’animation à mourir de rire, on préférera Monstres et Cie filmé par Pete Docter (et réalisateur du génial Vice-Versa).

Les terreurs de Monstres et Cie, réalisé par Pete Docter, David Silverman, et Lee Unkrich (2001)
Les terreurs de Monstres et Cie, réalisé par Pete Docter, David Silverman, et Lee Unkrich (2001)
J’ai quand même été amusé que Dru habite en Freedonia, dont tout fan des Marx Brothers sait qu’il est gouverné par Groucho Marx depuis La Soupe au Canard (1933), leur meilleur film. 

Balthazar Bratt, méchant peu convaincant

Qu’en est-il du méchant de Moi, moche et méchant 3 ? Il ne manque pas de potentiel car il tient plusieurs rôles : la nostalgie des années 80. Il taquine quelque peu Hollywood en étant un pur produit que l’usine à rêves sert si souvent : enfant star rentable d’un show plus ou moins de qualité (ici, c’est carrément moins) avant d’être jeté aux oubliettes.

Enfin, c’est Trey Parker, maître d’oeuvre de la renversante South Park qui le double. On retrouve un peu de son insolence chez Bratt, même si, jeune public oblige, il doit lisser son humour.

Balthazar Bratt (Trey Parker) et Gru (Steve Carell) dans Moi, moche et méchant 3
Balthazar Bratt (Trey Parker) et Gru (Steve Carell) dans Moi, moche et méchant 3

Cependant, le personnage se voit saboté par son cabotinage continu, qui tourne à l’hystérie. La BO de Moi, Moche et méchant 3 reste dominée par les chansons passe-partout de Pharrell Williams. Ironiquement, la chanson la plus mémorable restera la reprise des Minions d’un air de Gilbert and Sullivan dans un télé-crochet, c’est dire l’ambition. 

Le film ne propose pas le pari d’une BO vraiment eighties, ce qui avait bien marché avec Les Gardiens de la Galaxie.


De meilleurs musiciens méchants

C’est dommage car les vilains musiciens sont souvent savoureux. Bratt ne fait pas le poids comparé à des pointures comme les jumeaux Katayanagi de Scott Pilgrim et leur battle de folie contre le groupe du héros.

Les fans de Buffy contre les vampires se souviendront longtemps de Sweet, démon de la musique, 100 % Broadway, d’une classe pas possible, dans le fameux épisode musical Once more with feeling.

Illumination Entertainment dans une impasse

Moi, Moche et méchant 3 confirme que la franchise a livré tout son contenu dès son premier film, mais fonce quand même dans une impasse. D’adorables mais limitées bébêtes jaunes n’y peuvent rien. Quand on sait que Minions 2 sortira en 2020, on se demande combien de temps il faudra à la production pour passer enfin à autre chose.

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BABY BOSS : UN BÉBÉ QUI A DU CHIEN

Par Sirius

Salut à tous, me revoici. Je suis le chien de Marla, Sirius.

Marla m’a emmené voir Baby Boss pour que je le chronique. L’ouvreuse, bien sûr, était un peu surprise, mais elle m’a laissé passer au prétexte que j’étais troooooop mignon.

L'ouvreuse extatique
L’ouvreuse extatique

C’est tout l’enjeu de Baby Boss.

Certains l’aiment chiot

Si vous me demandez, je vous le dis tout net : il vaut mieux avoir un chiot à la maison qu’un bébé. Ça coûte moins cher, ça ne vous réveille pas la nuit, ça pisse dehors plutôt que sur soi, et c’est aussi efficace pour draguer les filles.

Alors pourquoi s’embêter ?

Parce que vous les bipèdes, vous êtes comme nous les chiens : vous voulez vos propres petits. C’est le  cas des parents de Tim. Non contents d’avoir un charmant garçonnet à la maison, ils en font un deuxième.

Baby Boss est trop adulte pour être honnête
Baby Boss est trop adulte pour être honnête

Le bébé businessman du film m’a rappelé Emmanuel Macron dans la parodie des Guignols.

Emmanuel Macron en bébé banquier dans Les Guignols
Emmanuel Macron en bébé banquier dans Les Guignols
A peine né, il est déjà très au fait de la logique de l’entreprise.

Baby Boss travaille pour Babycorp qui, comme chacun sait, envoie les bébés aux familles. Oubliez tout de suite les cigognes et autres âneries.

Seulement, il y a un os : Babycorp a un concurrent, Toutouco. Sur le marché familial, il n’y a pas assez d’amour pour tout le monde : les chiens envahissent le cœur des familles, et ça laisse moins de place pour les marmots. Résultat : Toutouco est une véritable menace pour Babycorp. 

Baby Boss en pleine présentation Powerpoint
Baby Boss en pleine présentation Powerpoint

Vous avez remarqué comme de nombreux bipèdes déclarent : « Oh, les chiens, c’est mignon quand c’est petit, mais après… »

Et si les chiots ne grandissaient plus ? S’ils restaient toujours joueurs, câlins, adorables, plutôt que de grandir, bouffer comme quatre et coûter une fortune en vétérinaire ? Rien à dire, l’idée de Toutouco est révolutionnaire : créer un chiot qui reste chiot.

Le chiot éternel de Toutouco dans Baby Boss
Le chiot éternel de Toutouco dans Baby Boss

Vous allez adorer ce tandem garçon / bébé qui s’allient envers et contre toutous pour empêcher que l’amour donné aux bébés ne soit un jour réservé à mes frères à quatre pattes.


Coucou Pixar !

Si le film parle de molosses concurrents – Babycorp et Toutouco – Dreamworks a pour une fois des tendresses pour son voisin Pixar. Plutôt que de s’en détacher avec arrogance, le réalisateur Tom McGrath y fait maintes références. Le téléphone de Baby Boss, par exemple, est directement piqué à Toy Story 3.

Le téléphone parlant dans Toy Story 3
Le téléphone parlant dans Toy Story 3

Surtout, l’obsession de Woody d’être remplacé par Buzz est maintenant ressentie par Tim, qui redoute l’arrivée d’un petit frère, comme tant de mômes de son âge. 

Tim et Baby Boss
Tim et Baby Boss

Le gag de la ba-balle lancée aux chiots pour détourner leur attention est aussi chipée à Pixar, cette fois dans Là-haut, où mes cousins canins en prennent pour leur grade.

Le chien Dug dans Là-Haut de Pixar (2009)
Le chien Dug dans Là-Haut de Pixar (2009)

Dans Baby Boss, les bébés se font tailler un costard dans tous les sens du terme. Les parents aussi : ce sont eux qui laissent leur enfant devenir le patron de la maison.

Baby Boss est le patron de la famille dans le dernier film de Dreamworks
Baby Boss est le patron de la famille dans le dernier film de Dreamworks

Critique savoureuse du capitalisme et de l’enfant roi

Au-delà de l’amusement que procure Baby Boss, il offre une réflexion sur l’argent, la réussite et la famille. Sous ses airs de divertissement familial, le film d’animation propose une critique assez fine du capitalisme. 

Même si l’on n’atteint pas le génie de Shrek, Dreamworks retrouve dans Baby Boss des gags savoureux à double lecture, pour que les vieux cabots comme les jeunes chiots y trouvent leur compte.

Assez joli visuellement, même si les couleurs criardes de certaines scènes peuvent lasser, Baby Boss fait aussi de nombreux clins d’œil au cinéma à suspense (quelques plans façon Hitchcock) et d’horreur (Shining et L’Exorciste en tête).

Étrange que Baby Boss ait été accueilli si fraîchement par la critique, en France comme dans les pays anglo-saxons (la note de 6.1 sur IMDB est décevante.)

Réaliser un film tout public qui dit que l’argent, comme l’amour, existe en quantité et qu’il y en a pour tous, c’est quand même très fort. Il faut profiter des vacances pour aller voir Baby Boss, savoureuse critique du capitalisme et de l’enfant roi.

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