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Jeune Juliette d'Anne Émond

Jeune Juliette : bienvenue dans l’âge ingrat

3 out of 5 stars (3 / 5)

Jeune Juliette est un teen movie québécois d’un charme et d’une drôlerie irrésistible. Retrouvez la critique (sans spoilers) de Ziggy sur ce petit bijou qui rafraîchit le paysage saturé des films ado ! (Transcript sous la vidéo)

 

Transcript :

Salut les nullards, c’est Ziggy ! Alors, l’autre jour, j’ai été à une projection à l’aveugle. Mais qu’est-ce que c’est que ça ? En fait, une projo à l’aveugle, ça veut dire que je ne savais pas quel film j’allais voir. Du coup, j’ai vu un film québécois. Heureusement, il y avait les sous-titres en français. Parce que c’est un peu comme pour les films de Ken Loach. Mais oui, vous savez, ils sont en anglais sous-titrés… en anglais. Parce que même les rosbifs, ils comprennent rien à l’accent écossais.

Un teen movie québecois sous nos latitudes

Bref, vous voulez sûrement savoir quel film j’ai vu. Alors, ça s’appelait Jeune Juliette. Si je résume, Jeune Juliette, c’est une nana de 14 ans un peu trop intelligente pour son âge, qui vit avec des ploucs. Heureusement qu’on m’avait rien dit sur le film, parce que…

– CLÉMENT : Hey, Ziggy, tu veux voir un teen movie québécois ce soir ?

– ZIGGY : Heu… J’peux pas, j’ai aqua-poney.

Alors une fois qu’on est dans la salle, c’est dur de se barrer, parce qu’y fait noir, on y voit que dalle. D’ailleurs, une marionnette qui s’enfuit d’un ciné des Champs Elysées, c’est pas discret… Du coup, j’ai r’gardé le film, y avait
qu’ça à faire. Eh ben c’était pas mal, et même pas maaaal du tout.

Jeune Juliette : une héroïne hors des canons habituels

Juliette, c’est une nana un peu ronde et ultraaaaaa complexée… Comment ça j’ai déjà parlé de ce film ? Mais non, mais non, mais ça c’était un film Netflix avec Amy Schumer.

Tout est sincère et tout sonne juste dans Jeune Juliette. En effet, l’héroïne, sa meilleure amie Léanne, sa bande de potes pas populaires mais vachement cools, la famille à côté de ses pompes, les cons du lycée… tout est plus vrai que nature. Y compris Liam, le mec soi-disant sexy du lycée qui chante comme une pioche.

Juliette, elle est un peu comme l’ado dans Le Monde de Charlie, y a que son prof de français qui l’aime.

A bien y réfléchir, c’est rare de voir des filles au cinéma qui ne correspondent pas aux canons habituels. Car la dernière fois que j’en ai vu une dans un film d’ados, c’était Dawn dans Bienvenue dans l’âge ingrat, en 1995, autant vous dire que ça date. L’héroïne, elle aussi, elle craque pour un chanteur nul, et son pote subit l’homophobie locale.

Anne Émond se tourne vers la comédie

Ah, et puis les réalisatrices, c’est pas fréquent non plus. Anne Émond propose une comédie. Ça doit lui changer. Parce qu’il Faut voir ses deux précédents films. Y a eu Nelly, qui parlait de l’écrivaine québécoise Nelly Arcan… qui s’est suicidée. Ensuite, Les Êtres chers, un mec qui fabrique des marionnettes – si si – et qui se pose des questions parce que son père s’est… suicidé.

D’excellentes influences

La réalisatrice a dit qu’elle avait beaucoup aimé Lady Bird. Dans le film de Greta Gerwig, il s’agit aussi d’une jeune fille qui s’ennuie dans son bled natal, et qui rêve de New York City. Au final, Jeune Juliette nous donne une nouvelle version de la morale de Judy Garland : « On n’est jamais mieux que chez soi ».

Une autre morale de Jeune Juliette tient dans une réplique du film :

Faudrait peut-être apprendre à aimer les gens qui vous aiment, et arrêter de courir après ceux qui vous aimeront jamais. 

C’était le même principe pour le type de La Face cachée de Margo, qui courait après Margo, insaisissable, et qui grandissait en route. Bon, d’accord, l’auteur de La face cachée de Margo, c’est le même que pour Nos Étoiles contraires. Mais La Face cachée de Margo, c’est vachement mieux.

C’est dur de trop en dire sans spoiler. Alors, on va dire que si vous aimez rire, si vous aimez Juno et les couleurs jaune et rouge, les films de John Hughes et les dialogues de Daria, vous allez adorer Juliette et ses potes.

 

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otis asa butterfield et maeve emma mackey dans Sex Education

Sex Education : parlons peu, parlons cul

4 out of 5 stars (4 / 5)
 
Les bonnes séries adolescentes sont rares. Sex Education est de celles-là. En effet, même si je suis ravie du succès de 13 Reasons Why, qui  a sensibilisé toute une génération au sujet du harcèlement scolaire, j’ai été très peu convaincue par la réalisation de la série et le jeu des acteurs.


Côté bonnes séries ados, je n’ai découvert Angela, 15 ans que très récemment, et c’est sans doute l’une des meilleures. Cependant, elle reste très prude.
 
Sex Education a un point de départ original est amusant : Otis, 16 ans, est timide est assez mal dans sa peau. Vous me direz que c’est le cas de tous les ados, et c’est assez vrai. Mais Otis a une particularité : il vit seule avec sa mère, qui n’est autre que… sexologue.
 
Les fans de série seront servis, car la mère épatante d’Otis est incarnée par… Roulement de tambour… Gillian Anderson ! On est loin de son rôle tout en beauté froide de Scully dans X-files. Cette mère faussement délurée lui vaut un rôle magnifique.

Gillian Anderson joue Jean, la mère sexologue d'Otis dans Sex Education

Gillian Anderson joue Jean, la mère sexologue d’Otis dans Sex Education


Un précédent dans Sex and the City

 
La dernière fois que j’avais vu un tel tandem mère-fils dans une série, c’était un épisode de Sex and the City appelé « Shortcomings ».

Carrie Bradshaw (Sarah-Jessica Parker) accompagnée de Vaughn Wysel (Justin Theroux) dans l'épisode "Shortcomings de Sex and the City (1999)

Carrie Bradshaw (Sarah-Jessica Parker) accompagnée de Vaughn Wysel (Justin Theroux) dans l’épisode « Shortcomings de Sex and the City (1999)


Dans cet épisode, le compagnon de Carrie du moment, Vaughn, était écrivain, et avait une mère étonnante qui parlait sexe comme parle météo. L’homme en question, lui, en était très gêné. Connaître le nom de ses parties génitales dès que l’on sait parler ? Parler sexe à table comme on parle de sa journée de boulot ? D’aucuns diraient que c’est la preuve d’une famille ouverte d’esprit et saine. Je le crois moi-même, car je pense à ma mère à moi, qui me dit encore lorsqu’elle parle de l’acte d’amour « Faire à dada. »


C’est drôle comme les parents ont toujours du mal à parler sexe, quand c’est la chose la plus naturelle au monde. 
 
Otis est comme Vaughn dans Sex and the City, il est embarrassé par sa mère un peu trop loquace sur la chose. Mais il va en faire une force.

 Le sexe, un peu. Le couple, beaucoup

 
Quand lui et son ami Maeve se rendent compte que leurs copains de lycée ne sont pas seulement obsédés par le sexe, mais ont un besoin impérieux d’en parler, ils décident de monter une clinique clandestine où Otis prodiguerait des conseils. Il apporte son « expertise » en matière de sexe, il est vrai, mais surtout en matière de relations amoureuses. A bien y regarder, Sex and the City parlait surtout de cela : les relations de couple.
 

Otis (Asa Butterfield) est le héros de Sex Education


On verra bien-sûr dans Sex Education tous les passages obligés d’une série du genre : le bal du lycée, l’amour non rendu, la difficulté d’être gay. Mais la série va plus loin : elle transcende les clichés.
 
Tout y passe, un peu comme un traité sociologique sur la sexualité des adolescents : avortement, lesbianisme, homosexualité refoulée, problème de bandaison et d’éjaculation, et même vaginisme. La première saison de Sex Education est prometteuse. Elle est pédagogique, mais pas dans le sens mega chiant du terme. Elle va vous faire rire et vous émouvoir. Les héros ont de vrais défauts, ils sont crédibles et attachants.

Acteurs étonnants, B.O. détonnante 

Asa Butterfield s’était surtout illustré au cinéma jusqu’ici, mais c’est le rôle d’Otis dans cette nouvelle série Netflix qui, je pense, va le révéler.
 
Ajoutez à cela une bande originale fabuleuse qui va vous faire découvrir des arcanes insoupçonnées du rock. J’ai branché mon équivalent de Shazam tout le long de la série.

 

L’interprète de Maeve, est également fantastique. Emma Mackey, d’ailleurs d’origine française, crève l’écran.

Maeve (Emma Mackey) dans Sex Education

Maeve (Emma Mackey) dans Sex Education


Les seconds rôles (la brute de l’école, l’obsédée sexuelle) dépassent les archétypes à mesure que la trame avance, à part peut-être les figures de peste – Aimee en tête – qui restent très sommaires.

Une série décomplexante

 
Je ne suis plus une ado depuis un moment, mais je sens que Sex Education a le mérite de décomplexer le spectateur ou la spectatrice adolescent.e en montrant que le sexe à cet âge, c’est surtout maladroit. Comme le dit le héros de Lord of War au début du film :
 
On a aucune idée de ce qu’on fait, et de toute façon ça se termine bien trop vite.
 
Après tout, les ados font tout un fromage de leur première fois, et quand ils y sont, ils regrettent surtout de ne pas avoir mis de caleçon ou de soutien-gorge plus joli. Sex Education a le talent de remettre les choses à leur place. Sans atteindre le désenchantement du film Une Education, où l’héroïne était carrément déçu de sa première expérience sexuelle, la série montre le meilleur comme le pire.

L’Éducation sentimentale

 
Sex Education, malgré son titre tapageur, appelle surtout à la réflexion et aurait pu s’intituler L’Éducation sentimentale.
 
Alors, n’hésitez pas, regardez la série qui vous fera aimer le sexe pour de nouvelles raisons, vous faire découvrir des chansons dont vous ne connaissiez pas l’existence, et, comble de l’exploit : elle vous fera aimer ces adolescents que vous aviez envie de gifler sur les bancs du lycée.
 
Et vous, que pensez-vous de la série ? Dites-le en commentaire !

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