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TOP 10 2019 : les meilleurs films de l’année

Chers amis cinéphiles, je n’ai pas été sage cette année. En effet, je n’ai pas vu assez de films. Est-ce parce que j’ai succombé aux sirènes de Netflix et que j’ai regardé plus de séries que de raison ? Je ne sais pas. En fait, il y a une réponse triste et simple à la question de mon absence en salles : trop peu de films m’ont tentée. Car j’ai beau avoir ma fameuse carte, habiter tout près du Louxor qui est une sorte de paradis posé en plein Barbès, j’ai beau avoir ce blog… Et je l’ai mis de côté, ce blog, pour cause de travail, car j’ai besoin de cinéma plus que de pain. Mais si je n’ai plus de pain, difficile d’aller au cinéma…
 
 
Le Louxor cinéma à Paris

Le Louxor, l’une des plus belles salles de cinéma de Paris

 
Donc, trop peu de films m’ont tentée. Pourtant, j’aime me nourrir de documentaires et de films d’auteur. Hélas, h’ai vu trop peu de films de la deuxième catégorie et pas un seul, je crois, du premier, si ce n’est sur Arte ou en rattrapage sur YouTube. Le dessin animé un peu rare J’ai perdu mon corps me tentait sans que j’ai le temps de le voir, par exemple.
 
Est-ce moi qui ne consomme plus le cinéma de la même manière ? Pourtant, j’en ai besoin de mon moment en salle, au point que cela me manque, quand, pendant une semaine, je m’occupe à autre chose.
 
 

2019 : une année terne pour le Cinéma ?

 
Cette année, parce que j’avais moins de temps à dédier au cinéma, j’ai décidé de ne pas trop le perdre. Ainsi, je me suis consacrée à plusieurs chefs-d’œuvre. J’ai par exemple vu pour la première fois Chinatown la semaine dernière. Moi qui ne suis pas très branchée film noir, J’ai été très séduite par celui-là. Alors, j’ai voulu voir des vieux films dont tout le monde parlait, des grands films contemporains conseillés par mes copains blogueurs. Si bien que j’ai vu moins de films sortis cette année. Et je vais écrire ce poncif qui dit que 2019 a été une année un peu morne pour le cinéma, puisque je le pense.
 
Certains films qualifiés de grands, toujours par mes copains blogueurs ou par des critiques de bon ton, m’ont laissée de marbre, notamment le dernier Tarantino. Pire, je n’ai pas été submergée par la vague d’enthousiasme autour du fameux Parasite, que j’ai trouvé bien fait sans être le chef-d’œuvre annoncé partout.
 
Non seulement je n’ai mis qu’une seule caméra d’or cette année, mais même mes flops sont un peu délavés. Pour tout dire, je n’en ai même pas 10 dans ma liste, quand j’aime tant à l’habitude être virulente sur les très mauvais moments passés dans mon endroit favori. Aussi, je ne ferai peut-être même pas de flop 10 cette année. Mais je fais tout de même un top 10, car ce serait triste de ne pas le faire après cinq ans de ce blog que j’aime tant et où j’ai hélas brillé par mon absence justement cette année. D’aucuns diront que mon top n’a rien d’extraordinaire. C’est exactement ce que je pense de 2019 en matière de cinéma. Voici donc mon TOP 10 2019 cinéma :
 
 

10. Stan et Ollie, de Jon S. Baird

 
Laurel et Hardy sont des artistes que l’on croit connaître. Le biopic sorti cette année (écrit par Jeff Pope, le scénariste de l’excellent Philomena) vous prouve le contraire. Même si l’on devine le clown blanc sous l’Auguste, On ne sait que trop peu la mélancolie des deux comiques les plus célèbres du cinéma. Émouvant, bien interprété, sobre et juste, Stan et Ollie était une bonne surprise.
 
Stan & Ollie de Jon S. Baird
 
 
 

9. Deux Moi, de Cédric Klapisch

 
Cela faisait longtemps que Klapisch ne me séduisait plus. Il faut dire que je n’ai jamais accroché à la fameuse série Dix pour cent, et que je suis, comme beaucoup, nostalgique de L’auberge espagnole et surtout d’Un air de famille. Deux moi m’a réconciliée avec Klapisch.
 
Parce que ce film, qui devrait être une romance mais n’en est pas une, nous rappelle que le couple, c’est d’abord deux personnes distinctes, singulières, qui auraient dû se rencontrer beaucoup plus tôt mais que le destin a unis au bon moment. Ça parle aussi psychanalyse, l’une de mes marottes, et puis il y a Camille Cottin dedans. Je suis amoureuse d’Ana Girardot depuis… et de François Civil depuis cette année. Deux amours en un seul film, c’est presque trop beau. Et ce film-là l’est, sans aucun doute.
 
Deux moi de Cédric Klapisch
 
 

8. Sibyl, de Justine Triet

 
Bon, ça parle encore de psychanalyse. Et l’interprétation est impeccable. Cette histoire de névrose, d’entraide féminine et du complexe d’acteur donne un très bon film, l’une des bonnes de surprises de cette année.
 
Sibyl de Justine Triet

LA CRITIQUE DU FILM

 
 
 

7. Mon inconnue, de Hugo Gélin

 
Quel plaisir de découvrir François civil dans ce film à mi-chemin entre la comédie romantique et la SF ! Il fallait oser. Pourtant, le pari est réussi.
 
 
Mon inconnue de Hugo Gélin

LA CRITIQUE DU FILM

 
 

6. Sorry we missed you, de Ken Loach

 
Le film de Ken Loach (sur un scénario de son fidèle comparse Paul Laverty) était définitivement la perle de Cannes. Si l’on parle à tout-va d’uberisation dans les médias et dans les milieux politisés, rien de tel que Ken Loach et sa caméra brute pour montrer à quel point ce livreur, ce chauffeur, ce mec que l’on ne connaît pas, se bat tous les jours dans un travail qui lui coûte, ironiquement, beaucoup d’argent, et peut-être sa vie. La claque de cette année, indubitablement.
 
Sorry We Missed You de Ken Loach

LA CRITIQUE DU FILM

 
 

5. Joker, de Todd Phillips

 
C’est l’histoire d’un homme désespéré qui devient criminel. Joaquin Phœnix reprend le rôle du joker avec un talent épatant. La caméra de Todd Phillips le suit dans son parcours d’antihéros, et l’on vibre à chaque instant devant ce pauvre type devenu assassin dans une société malade. Un film prenant et ultra-référencé.
 

 
 
 

4. Marriage Story, de Noah Baumbach (Netflix original)

 
J’étais jusqu’ici extrêmement sévère avec Noam Baumbach. En effet, je m’ennuyais ferme devant ses films, qui incluaient déjà Adam Driver. Mais cette fois, c’est comme s’il avait été touché par la grâce. Beaucoup de Bergman, beaucoup de Woody Allen (dont Bergman était l’un des modèles). La même trame que Kramer contre Kramer, des seconds rôles brillants en plus. Scarlett Johansson est bouleversante, Adam Driver est très convaincant. En fait, Marriage Story, c’est un peu le Scènes de la vie conjugale de 2019.
 
Marriage Story de Noah Baumbach
 
 

3. La Mule, de Clint Eastwood

 
Les films de Clint Eastwood sont toujours des événements pour moi. La Mule est à nouveau un très bon film où le réalisateur fait preuve de tout son talent. Ce vieux type devenu un peu malgré lui la mule d’un cartel de drogue mexicain est attachant et toujours juste. Vous connaissez beaucoup de road movies émouvants, vous ? Si vous doutez, vous devez voir La Mule.
 
La Mule de Clint Eastwood

LA CRITIQUE DU FILM

 
 

2. The Place, de Paolo Genovese

 
Difficile de vous vendre cet excellent film sans trop en dire, alors je serai brève. Un huis clos fantastique avec une galerie de personnages criants de vérité: tantôt lâches, tantôt salauds, tantôt faibles. Un gars mystérieux dialogue avec eux et leur fait d’étranges propositions. Au final, une anatomie des rapports humains et de notre responsabilité au monde.
 
Philosophique et passionnant.
 
The Place de Paolo Genovese

LA CRITIQUE DU FILM

 
 
 

1. Ma vie avec John F. Donovan, de Xavier Dolan

Je sais que je vais m’attirer les moqueries et peut-être les foudres de certains en mettant ce film de Dolan à la tête de mon top (sachant que j’ai trouvé Matthias et Maxime très mauvais.) Il faut dire que Ma vie avec John F. Donovan a franchement divisé à Toronto lors du festival et aux États-Unis à sa sortie. Le thème du film : il est difficile de comprendre un artiste quand on n’en est pas un.
 
Ma vie avec John F. Donovan de Xavier Dolan

LA CRITIQUE DU FILM

 

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La Mule : Clint Eastwood, réalisateur sans frontières

4 out of 5 stars (4 / 5)


Beau boulot, Monsieur Clint. Gran Torino est l’un de mes films préférés, et avec La Mule, aux côtés du même scénariste, vous frôlez le chef d’oeuvre.

Vous jouez Earl, vieux gars un peu réac, passionné par son boulot d’horticulteur au point d’en délaisser sa famille. Earl est flambeur, il aime la grande vie et les belles femmes. S’il a connu le succès, il se retrouve 12 ans plus tard seul et criblé de dettes.

C’est alors qu’on lui propose un job a priori facile : conduire.

Payé pour rouler, lui dit-on.

Au départ un peu naïf, il ne se doute de rien. Il transporte des colis d’un endroit à un autre, point final. Surtout, il y a beaucoup d’argent en jeu, qu’il retrouve dans sa boîte à gants à chaque fin de mission. Et cet argent, il le garde. Comme les malfrats avec qui il s’associe, il devient de plus en plus gourmand.

Qui se douterait, en voyant ce type de 90 ans, qu’il transporte des kilos de drogue pour le compte d’un cartel mexicain ? Parce qu’il a une bonne gueule d’Américain, Earl. Il est blanc, âgé, il inspire confiance. C’est justement parce qu’on ne se méfie pas de lui qu’il est une mule – passeur de drogue – redoutable.

Le clan des Mexicains

J’ai lu plusieurs critiques qui voyaient dans La Mule un tract pro-Trump pour l’élévation du fameux mur-frontière entre les USA et le Mexique. Il n’en est rien. Eastwood a beau être un Républicain convaincu et avoir soutenu Trump officiellement, La Mule est tout sauf un pamphlet raciste.

Au contraire, Eastwood et Nick Schenk, le scénariste, démontent avec humour le racisme ordinaire et ses conséquences. Tout d’abord, les Blancs du film sont assez crétins. Les flics arrêtent volontiers un type au faciès (hispanique ou afro-américain) mais laissent passer un vieillard blanc. Même le flic incarné par Bradley Cooper, Colin Bates, censé être « le flic intelligent », se fait berner par le vieil homme. Earl cache pourtant près de 300 kilos de coke dans sa voiture.

La voiture, parlons-en. C’est une Ford. Encore. Si vous vous souvenez de Gran Torino, une scène du début du film était éclairante sur le point de vue d’Eastwood : il est important d’acheter américain. Le pickup Ford s’érige en symbole de la puissance économique américaine. C’est un gros engin qui permet de sillonner les grands espaces.



Humour et préjugés

Mais revenons au scénario et aux dialogues de La Mule. A plusieurs reprises, Earl sort des répliques qui révèlent les préjugés racistes bien ancrés dans l’esprit du personnage. Par exemple, sur les Mexicains qui ne sauraient être organisés. Il sort aussi, comme dans Gran Torino, des répliques offensantes qui pourtant résonnent avec humour. Une fois qu’il a aidé un couple d’Afro-Américains en leur changeant une roue, il déclare :

C’est toujours sympa d’aider d’aimables Négros comme vous.

La femme, d’une diplomatie exemplaire, lui indique que le terme « Negro » ne s’utilise plus depuis longtemps, et que l’on peut utiliser le terme « Noir » ou tout simplement « Personnes. »

Earl n’a pas l’air convaincu et se moque gentiment d’eux.

C’est un vieux réac, ancien combattant, qui a gardé en tête les préjugés de sa génération. N’oublions pas que pour un homme de 90 ans, qui avait donc la trentaine dans les années 60, le mot Negro est un terme politiquement correct.

D’autres moments drôles dans La Mule illustrent le racisme ordinaire pour le dénoncer. Par exemple, quand les voyous mexicains se demandent pourquoi on les regarde de travers dans une gargote pour routiers dans le Vieux Sud, Earl réplique :

Il faut dire que vous êtes les seuls haricots rouges au milieu des crackers.

Racisme ordinaire et fossé générationnel

Ce n’est pas parce que la réplique est drôle que la situation l’est. Eastwood campe un vieux gars représentatif des préjugés de son temps. Le réalisateur est par ailleurs le premier à dénoncer le contrôle au faciès. Un jeune Mexicain se fait ainsi contrôler par la DEA (équivalent de la brigade des stups en France). Il s’inquiète en affirmant que d’un point de vue statistique, il est en train de vivre les 5 minutes les plus dangereuses de sa vie. En effet, il a plus de chances que les autres d’être victime d’une bavure policière. Là aussi, c’est exact. Mais Eastwood est facétieux puisque le mec hésite sur le chiffre statistique. C’est une façon pour lui de se moquer des intellos démocrates. Mais ce personnage dit l’essentiel. Les bavures policières liées au racisme, l’Amérique, hélas, connaît bien.

Toujours avec humour, lorsqu’un flic se met à lui parler en espagnol pour le rassurer, il répond qu’il ne parle pas la langue.

Le hiatus entre Earl et le petit couple d’Afro-Américains sur la route est d’abord générationnel. Si on fait le compte, dans La Mule, Earl fait surtout preuve de préjugés envers la jeune génération. Une génération accro à internet et au téléphone portable ce qui, en soi, est assez vrai. L’insistance sur l’expression « Vous autres » empruntée par lui-même et par Colin Bates, montre bien le fossé générationnel entre les deux. Malgré tout, ce fossé sera comblé par les mêmes soucis et défauts : une obsession du travail au détriment des liens familiaux.

Clint Eastwood et Bradley Cooper font ensemble la promotion de La Mule

Clint Eastwood et Bradley Cooper font ensemble la promotion de La Mule

Earl dans La Mule : un personnage nuancé

 Le personnage est complexe, nuancé, comme dans les meilleurs films. Earl a ses lâchetés, ses paradoxes. Il est dépensier et enchaîne les relations avec des prostituées. Il aime un peu trop l’argent et ce qu’il peut en faire. Mieux, il fait carrément preuve d’hypocrisie devant le flic des stups en prodiguant des conseils sur la vie de famille. 

Earl n’est pas, comme j’ai pu le lire dans certains papiers, un gentil papy blanc abusé par de vilains malfrats mexicains. Il se passe peu de temps avant que Earl se rende compte de ce qu’il transporte. On le voit profiter de l’argent avec plaisir, et continuer de « rouler » pour des criminels dans tous les sens du terme.

Il prend ses responsabilités jusqu’au bout, d’où une fin douce-amère dans le ton délicat d’un film humaniste, comme l’était Gran Torino.

La réalisation, enfin, reste au top. Eastwood se fait plaisir en filmant les grands espaces américains et mexicains. Il sait aussi filmer une scène d’intervention policière musclée, qui n’est pas sans rappeler les scènes d’opération militaire dans American Sniper.

Allez voir La Mule, pour son propos incroyable basé sur une histoire vraie, pour son jeu d’acteurs, pour sa mise en scène exceptionnelle. Le film d’Eastwood est tout simplement le meilleur du moment.

 

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Creed 2 : l’héritier de Rocky ne prend pas de gants

3 out of 5 stars (3 / 5)

Creed 2 commence plusieurs années après les événements du premier Creed. On retrouve Adonis (Michael B. Jordan) qui a, depuis, enchaîné les combats jusqu’à devenir champion du monde de boxe poids lourd. C’est alors qu’un dénommé Viktor Drago (Florian Muntaenu) le défie en duel, un duel ô combien symbolique puisque que Viktor n’est autre que le fils d’Ivan Drago, celui qui avait tué Apollo Creed, le père d’Adonis, lors d’un combat de Rocky 4.

Dolph Lundgren (Ivan Drago) et Florian Muntaenu (Viktor Drago) dans Creed 2 (2019), réalisé par Steven Caple Jr.

Dolph Lundgren (Ivan Drago) et Florian Muntaenu (Viktor Drago) dans Creed 2 (2019), réalisé par Steven Caple Jr.

Adonis va-t-il accepter ce combat ? Va-t-il vouloir venger son père ? Quelle sera la position de Rocky (Sylvester Stallone, également au scénario) sur ce combat ? C’est l’intrigue de Creed 2.

 

Une franchise toujours pas KO

Creed 2 est bon pour une raison simple : il a tout compris à la saga Rocky, dans lequel il se coule très naturellement. Les films Rocky, avant d’être des films sur des combats de boxe, sont des films sur des combats de la vie, dont la boxe est la métaphore. Ainsi, Rocky a eu 6 films consacrés à son personnage pour qu’il puisse évoluer et vaincre différents combats. C’est alors que Creed est arrivé et lui a imposé deux ultimes combats : le cancer et la passation de flambeau (qu’il avait raté dans Rocky 5).

Rocky Balboa (Sylvester Stallone) et Adonis Creed (Michael B. Jordan) dans Creed 2, réalisé par Steven Caple Jr. (2019)

Sylvester Stallone (Rocky Balboa) et Michael B. Jordan (Adonis Creed) dans Creed 2

Au-delà de Rocky, les combats de la vie concernaient aussi Adonis : il devait accepter de porter le nom de son père pour le transcender, et prouver qu’il valait quelque chose.

 

Rocky passe enfin le flambeau

Malgré la barre haute posée par le premier opus, Creed 2 arrive à trouver de nouveaux combats pour ses deux protagonistes. Adonis doit apprendre à se battre pour lui-même et non pour les autres, comme l’avait fait Rocky grâce à Adrienne. Rocky, lui, doit vaincre une bonne fois pour toutes ses fantômes du passé.

Sylvester Stallone (Rocky Balboa) apaisé à la fin de Rocky Balboa (2006), réalisé par Sylvester Stallone

Sylvester Stallone (Rocky Balboa) apaisé à la fin de Rocky Balboa (2006), réalisé par Sylvester Stallone

 

 

 

 

 


 

 

 

 

Creed 2 continue de faire évoluer ses personnages sans les dénaturer. Les symboliques sont fortes, les métaphores sont nombreuses, les messages sont intéressants, tout y est ! On a notamment une construction parallèle entre Rocky et Creed bien pensée. Certains plans sont lourds de sens et l’opposition entre Adonis et Viktor qui est dépeinte y est maligne.

Michael B. Jordan (Adonis Creed) dans Creed 2

Michael B. Jordan (Adonis Creed) dans Creed 2

Les acteurs sont au diapason, formidablement dirigés par Steven Caple Jr. Sylvester Stallone est toujours aussi brillant, Michael B. Jordan est bien plus présent que dans le premier opus, la synergie du duo père-fils entre Ivan (Dolph Lundgren) et Viktor fonctionne à merveille. La bande-originale composé par Ludwig Göransson sublime le tout.

 

Creed 2 : un deuxième round moins percutant

Sur le plan technique, Creed 2 souffre néanmoins de la comparaison avec son prédécesseur, il est moins beau, moins innovant, moins original, moins réfléchi. On notera tout de même l’utilisation extrêmement maligne de la steadycam (absente depuis Rocky 3 et que Coogler avait ressortie pour Creed avec un effet maximal). Elle rend les combats très lisibles et nous immergent dans ceux-ci. La photographie et la mise en scène restent cependant très en deçà de ce qu’on avait vu. Le départ de Ryan Coogler se fait ressentir. Mais on apprécie de retrouver les trainings montage, marque de fabrique de Rocky.

 

Steven Caple Jr. réalisateur de Creed 2 (2019)

Steven Caple Jr. réalisateur de Creed 2 (2019)

En bref, Creed 2 est un bon film en lui-même, mais surtout un excellent ajout à la franchise pour les fans de la saga.

 

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The Front Runner : sexe, mensonge et politique

3 out of 5 stars (3 / 5)

The Front Runner est basé sur des faits réels. Le film relate la campagne du sénateur démocrate Gary Hart (Hugh Jackman) qui a le vent en poupe. Candidat à l’élection présidentielle américaine, il distance largement le président sortant, un certain Reagan. Trois semaines avant les élections, agacé par les questions des journalistes, qu’il trouve trop intimes, il les défie de « le suivre partout ». Des journalistes le prennent au mot, et déterrent une bombe politique qui explosera pendant la campagne de Hart…

Les journalistes au cinéma

The Front Runner fait la part belle au « quatrième pouvoir ». Ce surnom des médias indique que leur pouvoir immense. Car ils peuvent forger ou de détruire des carrières selon les scoops qu’ils dénichent. De plus, quand il s’agit de politique, les liens médiatico-politiques deviennent ambigus.

The Front Runner reprend le flambeau de plusieurs fictions qui se sont intéressées au journalisme d’investigation. L’une des premières fut The Front Page (1931) où des journalistes mettaient en évidence la collusion d’un élu avec la justice. Un innocent condamné à mort devenait simple dommage collatéral. Son remake, La Dame du vendredi (1940), classique de la screwball comedy (comédie romantique et burlesque), parvenait à présenter des portraits divers de journalistes (snobs, intègres, opiniâtres, insensibles…) derrière des rafales de dialogues brillants.

Rosalind Russell et Cary Grant dans La Dame du Vendredi, réalisé par Howard Hawks (1940)

Rosalind Russell et Cary Grant dans La Dame du Vendredi, réalisé par Howard Hawks (1940)

The Front Runner : une série a précédé le film

Ces films allaient lancer une mode récurrente : le thriller politique basé sur des faits réels ou imaginaires. Les Américains aiment en effet produire des films cathartiques où ils exorcisent leurs traumatismes historiques. La campagne électrique de 1988 a d’ailleurs incité le réalisateur Robert Altman à tourner un mockumentaire de 11 épisodes, Tanner ’88. Cette série, l’une des premières séries HBO, se voulait le commentaire ironique de cette campagne. Gary Hart fit même un caméo dans la série.

Cynthia Nixon et Michael Murphy dans la série Tanner'88, créée par Garry Trudeau, réalisée par Robert Altman (1988)

Cynthia Nixon et Michael Murphy dans la série Tanner’88, créée par Garry Trudeau, réalisée par Robert Altman (1988)

Le grand classique du thriller politique cinéma est sans doute la retranscription du scandale du Watergate dans Les Hommes du président (1976) d’Alan J. Pakula. Côté séries, il faut voir la britannique Jeux de pouvoir (2003) du génial Paul Abbott, d’ailleurs adaptée au cinéma… par les Américains, encore eux.

The Front Runner : un film nuancé

Si les journalistes peuvent être décrits négativement (notamment les paparazzi, terme forgé d’ailleurs par un cinéaste – Fellini dans La Dolce Vita), ils sont du bon côté. En effet, ils bataillent contre un pouvoir, politique ou non, décidé à taire la vérité. C’était le cas récemment dans Spotlight qui dénonçait les prêtres pédophiles de Boston. Mais The Front Runner va dresser un portrait particulièrement nuancé des journalistes et des politiques.

The Front Runner questionne à plusieurs reprises le comportement des journalistes. Le Miami Herald déterre le scandale sexuel dans lequel s’est enferré Hart. Mais cela en valait-il la peine ? Les journalistes dévastent son couple et sa campagne. Puis, ils subissent les retours mitigés d’un public qui se demande où s’arrête le droit à la vérité et où commence la violation de la vie privée. Surtout, ils plongent sa prétendue maîtresse Donna Rice (Sara Paxton) dans la tourmente médiatique.

Sara Paxton (Donna Rice) dans The Front Runner (2019), réalisé par Jason Reitman

Sara Paxton (Donna Rice) dans The Front Runner (2019), réalisé par Jason Reitman

Des échos avec notre époque

Le réalisateur Jason Reitman ne se prive pas d’exercer d’inquiétants parallèles avec notre époque. Puisque la vie privée n’existe plus à l’ère d’Internet. La hâte des journalistes à publier leur enquête se retourne contre eux car ils n’ont que des preuves indirectes. The Front Runner établit un lien évident avec les médias d’aujourd’hui, bousculés par la tyrannie de la vitesse lancée par Internet (sans parler des Fake News). Le harcèlement continu des reporters sur la famille de Hart, notamment son épouse Lee (Vera Farmiga, splendide de dignité blessée) se voit aussi dénoncé.

Notons que ni Gary Hart ni Donna Rice n’ont reconnu les faits.

Hugh Jackman (Gary Hart) et Vera Farmiga (Lee Hart) dans The Front Runner

Mais The Front Runner préserve la sympathie des journalistes d’investigation. Ils sont avant tout perdus par un scoop qu’ils ne s’attendaient absolument pas à dénicher. Une fois sur le coup, ils ne savent pas trop quoi en faire. En cela, The Front Runner apparaît comme le dégradé plus ombré de Pentagon Papers de Spielberg, dont les journalistes luttaient contre l’administration Nixon pour publier des secrets d’État.

Les journalistes de Pentagon Papers (2018), réalisé par Steven Spielberg

Les journalistes de Pentagon Papers (2018), réalisé par Steven Spielberg

Une fine interprétation

Hart est très bien incarné par Hugh Jackman, meilleur en politicien tout en clair-obscur qu’en beau-parleur chantant. Hart doit recourir à des trésors de rhétorique pour contourner les questions du public. Dans un pays très protestant comme les États-Unis, le mensonge politique est impardonnable (on se rappelle de Bill Clinton dans le scandale Monica Lewinsky), d’où un suspense fort bien mené. Le discours final de Hart sonne très juste, d’une brutale lucidité sur ses agissements mais aussi sur les dangers à venir des médias de masse.

L’autre grande figure de The Front Runner est Bill Dixon, directeur de campagne de Hart. J.K. Simmons joue à merveille un stratège dépassé par les événements.

J.K.Simmons (Bill Dixon) dans The Front Runner

J.K.Simmons (Bill Dixon) dans The Front Runner

Ça ne vaut pas les bonnes séries sur le sujet

The Front Runner s’appuie sur un livre de Matt Bai, journaliste politique, et un scénario signé par Reitman, Bai lui-même, et Jay Carson. Ce dernier fut haut employé de la Maison-Blanche pendant 20 ans et producteur de House of Cards US. The Front Runner fait donc la part belle aux discussions politiques et de journalistes, et c’est là que le bât blesse.

Les conversations à rallonge entre journalistes d’un côté et politiques de l’autre sont sans doute réalistes. Hélas, elles sont dépourvues de l’éclat des dialogues d’Aaron Sorkin, auteur de brillantes séries politiques (À la Maison Blanche, qui a d’ailleurs imaginé une histoire de scandale sexuel en saison 4) et journalistiques (The Newsroom). Une masse d’informations peu utiles épuise, et retarde le décollage de The Front Runner. On sent que Reitman n’est pas à l’aise avec ce script trop bavard. En effet, sa mise en scène abuse du champ/contrechamp, loin du tournage caméra à l’épaule de la série d’Altman, ou des élégants walk and talk des séries de Sorkin.

Un walk and talk typique dans la série A la maison blanche (1999-2006) créée par Aaron Sorkin

Un walk and talk typique dans la série A la maison blanche (1999-2006) créée par Aaron Sorkin

The Front Runner aurait gagné à se concentrer sur l’enquête et ses répercussions sur la famille de Hart.

Le casting subit aussi cet éparpillement. Aucun des journalistes ne parvient à se démarquer, noyé dans la masse des répliques et des personnages. En résulte un récit parfois désincarné.

Alfred Molina (le rédacteur en chef du Washington Post) dans The Front Runner (2019)

Alfred Molina (le rédacteur en chef du Washington Post) dans The Front Runner (2019)

The Front Runner fait parfois l’effet d’une grosse machine informative en mode automatique, incapable de donner chair aux différents points de vue qu’il veut proposer.

Un fin portrait du journalisme politique

Desservi par un scénario trop écrit et morcelé, et des personnages trop nombreux, The Front Runner trouve sa pertinence dans sa description nuancée du journalisme et des politiques.

La performance de Hugh Jackman nous aide à nous intéresser à la chute de Gary Hart.

 

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