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SICARIO: VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER

Par Sidonie Malaussène

La
scène d’ouverture de Sicario donne le ton du film. Une équipe du
FBI intervient de façon guerrière chez un narco dans un état
frontalier du Mexique. Explosion des murs avec voiture bélier,
techniques de combat, truand abattu.
On
s’étonne d’une ambiance évoquant le Seven
de Fincher. Sicario
est à la lisière de plusieurs genres. Kate (Emily Blunt) agent du
FBI, est aux commandes de l’opération : elle dirige une
unité d’élite qui traque les narcotrafiquants. Entre thriller et
le film classique de truands, le nouveau film de Denis Villeneuve
nous plonge dans ces territoires où la loi n’existe plus.
Aux
côtés d’Emily Blunt, un agent trouble incarné par Benicio Del
Toro.
Un
film sidérant



Le
film est d’abord sidérant mais au sens littéral. La première
scène scotche le spectateur sur son siège. Villeneuve propose une
vision cauchemardesque de la ville de Juarez, offerte à
l’ultra-violence, cernée par le désert comme une prison à ciel
ouvert.
Des
cadavres, pendus à l’entrée de la ville, révèlent la force des
cartels. Le visuel de Sicario évoque Mad Max,
autre film dystopique. La corruption irrigue le mal et la terreur
règne. Le film se déroule dans une ambiance claustrophobique.
L’affrontement dans le tunnel est une métaphore de la situation
complexe dans laquelle l’héroïne est coincée. Emily Blunt, sobre
et puissante, est engluée entre mensonges, compromission et menaces.


Une atmosphère claustrophobique

Il
s’agit presque d’un voyage au bout de l’horreur. Rien ne compte
dans cet univers, les vies ne valent rien dans cette ville livrée
aux narcos. Tout le monde doit entrer dans la corruption pour
survivre.
La
caméra de Villeneuve écrase tout. Plans rapides, changements de
décors quasi constants, pièces fermées, ville entourée de sable,
prison.
C’est
cependant un film d’une grande froideur. Le traitement des
personnages reste un peu superficiel, volontairement à distance.
Sicario
est placé sous le signe de l’action. Sicario
ressemble à un film de guerre, il en a certaines caractéristiques.
Les
films sur les narcos et la mafia sont nombreux. Celui de Denis
Villeneuve est très réussi, il n’utilise pas justement les
archétypes habituels, les affrontements clichés flics contre
gangsters, dont le cinéma américain est friand.
En
somme, il faut voir Sicario,
si l’on a le cœur bien accroché.
D’accord, pas d’accord avec l’article ? Dites-le en commentaire !
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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

1 commentaire pour l’instant

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AnonymePublié le 8:49 - Oct 20, 2015

Dans l'ensemble j'ai bien aimé ce film même si je ne crierais pas au chef-d'oeuvre. Disons qu'il est bien foutu, efficace, effectivement l'atmosphère joue un rôle important dans l'appréciation même du film. Après, bien qu'Emily Blunt joue bien, je n'ai pas du tout aimé son personnage…

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