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Sibyl, avec Virginie Efira : parle avec elle

4 out of 5 stars (4 / 5)

Je suis allé voir Sibyl sans conviction vendredi soir. La bande-annonce m’avait vendu un téléfilm de France 2, histoire gentillette d’une maman psy et sa sœur vaguement peste. Virginie Efira ne m’encourageait guère, même si je l’avais déjà vue dans deux ou trois grands rôles, notamment Dead Man Talking en 2014 et Le Grand bain l’an dernier.


Les psys et moi

Que voulez-vous, je vais voir les histoires de psy comme d’autres vont voir les films de zombies. Je suis une inconditionnelle. Je ne loupe jamais une occasion de me foutre de leur gueule, un peu comme les Français avec les Belges.
La première scène de Sibyl m’a agacée. Cette ancienne écrivain devenue psy, veut redevenir écrivain. Elle échange, lors de la scène d’ouverture, avec une caricature de snob censée être son éditeur. Le dialogue, ou plutôt la tirade, est sans intérêt. Mais ce qui suit vaut vraiment le coup. Pour reprendre la plume, Sibyl doit en quelque sorte abandonner ses patients. Il est une femme cependant qui l’appelle dans un triste état et qu’elle accepte de recevoir en séance. Cette jeune femme, c’est Margot, incarnée somptueusement par Adèle Exarchopoulos.
Adèle Exarchopoulos sur le divan dans Sibyl, de Justine Triet (2019)

Adèle Exarchopoulos sur le divan dans Sibyl, de Justine Triet (2019)

Adèle Exarchopoulos joue à merveille les écorchées vives. Je ne vous raconterai rien de la suite de la trame pour ne pas tout gâcher, mais disons que la réalisatrice Justine Triet établit une gémellité entre les deux personnages. La patiente, fascinante, va devenir l’air de rien l’héroïne du roman de Sibyl. En écoutant sa patiente, c’est un peu la psy qui va se soigner, car au fond, c’est elle qui va mal.

Une bande annonce trompeuse

La bande-annonce vendait une mauvaise comédie, et de rares personnes ont quitté la salle ou se sont plaintes en fin de projection d’un film « déprimant ». Il s’agit en réalité d’un film fin. Justine Triet n’hésite pas à plonger dans le méta textuel et le méta filmique. Passé et présent s’entremêlent avec délicatesse, le destin des deux femmes aussi. La mise en abîme (le film dans le film) est également très réussie.
Je n’ai pas vu Victoria, précédent film de Justne Triet avec Virginie Efira, sans doute mal orientée déjà par la bande-annonce. Cependant, aujourd’hui j’ai envie de donner une chance à ce film, car Sibyl m’a beaucoup impressionnée. Au lieu d’un feel good movie habituel où l’on vous dit que ça va mal mais que ça ira mieux ensuite, Justine Triet choisit une fin douce-amère, même si elle tâtonne un peu quant à donner une résolution à son héroïne.

Une héroïne très bien écrite

Il est rare de montrer un.e psychanalyste avec des défauts, voire des vices (l’alcool dans le cas de Sibyl). Des psys qui commettent des erreurs impardonnables du point de vue déontologique tout en restant sympathiques aux yeux du spectateur.
Ce traitement original rappelle l’excellente série En Analyse, où l’on suit un psychanalyste et ses patients, avec comme fil rouge la vie personnelle du médecin, ses ennuis de couple et ses doutes de praticien.

Il faut aller voir Sibyl, pour la finesse de ses dialogues et situations où beaucoup se reconnaîtront. Il faut donner une chance à ce film avec le bon état d’esprit : il s’agit bien d’un drame français, film d’auteur et compétiteur à Cannes.
À l’interprétation impeccable des acteurs (même si je ne trouve toujours pas de charme à Gaspard Ulliel) se disputent une réflexion sur l’art de l’écoute, l’écriture et la réalisation au cinéma.
A ne pas manquer.

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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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