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QUEEN AND COUNTRY: LA DRÔLE DE GUERRE DE JOHN BOORMAN

Après le très bon Dreamers, documentaire où John Boorman interviewait plusieurs réalisateurs pour connaître leur vision du monde et de leur métier, le cinéaste s’attaque au film de guerre burlesque. Cet anglais né à Shepperton infuse Queen and Country d’humour british, fait d’irrévérence vis à vis de la guerre et de la couronne.
Boorman a connu son heure de gloire dans les années 80, avec Excalibur et La Forêt d’Emeraude. Il s’est intéressé plusieurs fois à la guerre dans son cinéma. Hope and Glory, en 1987, nous racontait la Seconde Guerre Mondiale à hauteur d’enfant. En 1995, il réalise l’étonnant Rangoon, où une Américaine, coincée en Birmanie, témoigne de la guerre et même du courage de Aung San Suu Kyi.
Aung San Suu Kyi (Adelle Lutz) dans Rangoon, de John Boorman (1995)
Dans Queen and Country, Boorman change de ton. Il s’inscrit dans la lignée des films anti-militaristes qui font sourire.
Certaines scènes sont savoureuses mais restent gentillettes. Cette fois, Boorman ne va pas assez loin. La comédie potache lui va mal.

La guerre en riant


Tarantino proposait quelque chose de bien plus drôle avec Inglorious Basterds (2009)


Dans Docteur Folamour (1964) Kubrick dénonçait l’absurdité de la guerre et de la bombe atomique grâce à l’excellent Peter Sellers.
Dans MASH, Robert Altmann partait carrément en farce burlesque, dans cette logique très américaine de combattre la guerre en la ridiculisant.
Côté français, 17 millions de spectateurs ont couru voir La Grande Vadrouille au cinéma (de Gérard Oury, 1966) odyssée hilarante de Louis de Funès et Bourvil dans la France occupée.

Comédie potache ou pamphlet antimilitariste ?

Voilà le problème de Queen and Country: Boorman peine à choisir entre la comédie potache, légère, et le film antimilitariste dramatique. La fin de son film est moraliste et plombe la dimension comique. 
Si l’on veut faire un pamphlet antimilitariste, ça n’a rien de simple. En 1971, Donald Trumbo sortait son unique film et chef-d’oeuvre inclassable, Johnny s’en va-t-en guerre. En pleine guerre du Vietnam, il dénonçait l’absurdité du conflit en le plaçant dans la Première Guerre Mondiale. Johnny s’en va-t-en guerre n’est pas un film de guerre. On voit très peu d’images du conflit. La Première Guerre Mondiale de Trumbo pourrait être n’importe quel combat armé, c’est ce qui fait la force du film.
Un jeune homme engagé volontaire saute sur une mine. Il n’a plus ni bras ni jambes. L’esprit, cependant, reste intact, et nous plongeons dans ses souvenirs, dans son délire de blessé de guerre. L’ironie du cinéma a voulu que Donald Sutherland joue à la fois dans MASH et dans celui-ci, où il incarne rien de moins que… le Christ.
Il faut voir ce film extraordinaire et traumatisant. Le « Blow Up » d’Arte vous donnera à coup sûr envie de le découvrir:
Birdy d’Alan Parker (1984) c’est l’histoire d’un type qui se prend pour un oiseau. Dans sa chambre d’hôpital, il rêve de s’envoler. Le film, qui attaque clairement, cette fois, la guerre du Vietnam, nous fera découvrir le pourquoi de sa folie.

Queen and Country, s’il fait passer un bon moment dans l’ensemble, rate le but qu’il se propose en ne sachant pas choisir entre comique et dramatique. La romance censée servir de fil conducteur tourne court et apparente l’histoire à une bluette.
John Boorman nous a habitués à mieux. Peut-être au prochain film?

D’accord, pas d’accord avec l’article ? Dites-le en commentaire !

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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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