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Quand les séries tuent trop de personnages LGBT : le syndrome Bury your gays

Quand les séries tuent trop de personnages LGBT

Le Binge Doctor revient aujourd’hui sur le syndrome « Bury your gays ». Depuis la mort de la lesbienne Julie Solkin dans la série Executive Suite (1976), les personnages LGBT – et spécialement les femmes LGBT – meurent plus souvent (et de manière souvent maladroite) que les persos hétéros. Cela renvoie un message négatif à la communauté, mais a aussi pour effet de baisser la qualité de la série. Heureusement, des solutions existent. Pour tout savoir sur ce syndrome, cliquez sur la vidéo (transcript ci-dessous)

 

 

Transcript :

Bonjour les addicts ! Bienvenue sur cette nouvelle vidéo. Si tu as envie de tout savoir sur les séries, avec des analyses, des blind tests, des réponses aux questions que tu ne t’es jamais posées, je t’invite à cliquer sur le bouton abonnement et sur la cloche pour ne rien manquer de mes dernières
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Aujourd’hui, une vidéo un p’tit peu plus sérieuse, parce qu’on va parler des morts de personnages LGBT+ dans les séries américaines. Alors, je suis comme toi, je hais les spoilers. Donc si je dois spoiler, je vous mettrai à l’avance des balises qui vous permettront de sauter la partie spoiler.

 

Le syndrome « Enterre tes gays »  dans les séries

Le syndrome « Enterre tes gays » ou « Bury your gays » est la tendance à tuer de manière excessive et ratée les personnages LGBT+ dans les séries.  C’est un cas particulier d’un autre syndrome de séries qu’on appelle « Le syndrome Bonanza »

Alors, si je vous dis ça, votre première réaction va sans doute être « Non, mais ça va, y a beaucoup de persos hétéros qui meurent aussi, hein ! »
Alors oui, y a beaucoup plus de persos hétéros qui meurent que de personnages LGBT+… mais c’est peut-être parce qu’il y a 50 fois plus de persos hétéros que de personnages LGBT+. Non, le problème, c’est qu’un perso LGBT a 4 fois plus de chances de mourir qu’un perso hétéro.

4 fois plus de chances de mourir pour un personnage LGBT+

Selon le rapport du GLAAD (Gay & Lesbian Association Against Diffamation), sur la saison 2015-2016, il y a eu 271 personnages LGBT+ réguliers et récurrents. Or, en 2015-2016, il y a eu 409 séries américaines.

Une série américaine a en moyenne 20 personnages réguliers et
récurrents. Il y a donc eu grosso modo, 271 personnages LGBT et 7909 personnages hétéros (409 x 20 – 271) cette année-là.

Et, c’est là qu’ça commence à puer du cul, mais violent.

Trois journalistes ont compté le nombre de personnages réguliers et récurrents morts durant la saison 2015-2016, en prenant en compte leur orientation sexuelle. Sur 271 personnages LGBT, 29 sont morts. Ça fait à peu près 10.7 %. Sur environ 8000 personnages hétéros, 213 sont morts. Ça fait 2.6 %. Donc 4 fois moins.

 

Bury your gays : un fléau qui touche surtout les femmes

Pire, cette année-là, sur les 29 personnages LGBT morts, 22 étaient des femmes. 3 personnages LGBT morts sur 4 sont des femmes ! D’ailleurs, le premier nom du « bury your gays » était le « Dead Lesbian Syndrome ». Mais pourquoi donc ? Car le patriarcat les considère comme dangereuses.

Et comme par hasard, selon une étude menée par Variety, 3 producteurs américains sur 4 sont des mecs. Pourtant, ces producteurs sont souvent des mecs attachés aux droits des LGBT. Mais je vais revenir plus tard sur ce paradoxe.

 

Le syndrome « Bury your gays » : un impact négatif sur la communauté LGBT+

On peut se dire « Ouais, OK, c’est pas génial, mais ça va, c’est que de la fiction. » Faux !

En 2011, deux chercheurs ont conclu à un lien direct entre la représentation médiatique des LGBT+ et l’impact psychologique sur ce public. Une représentation négative produit un effet négatif sur la communauté. Si en plus vous êtes LGBT+ et non-blanc, c’est pire. Mais alors, d’où vient cette tendance à tuer les personnages LGBT+ dans des proportions suspectes dans les fictions ? Eh ben, elle date pas d’hier. Une mort en particulier a fait parler d’elle, dans Buffy contre les vampires.

 

 

Bury your gays : Le cas Buffy contre les vampires (DÉBUT DES SPOILERS)

Buffy contre les vampires, série fantastique culte, a médiatisé l’un des premiers couples LGBT+ de la télé. A la fin de la saison 4, Willow tombe amoureuse de Tara. Dans l’épisode Orphelines, Joss Whedon convainc la chaîne The CW, pourtant frileuse sur la question, de diffuser un baiser entre les deux femmes. Whedon poussera même plus tard l’audace à suggérer un cunnilingus de Willow sur Tara dans un épisode musical. Voilà un couple lesbien positif et lumineux.

Arrive l’épisode « Rouge Passion » (6.19).


Dans cet épisode, Warren, l’un des méchants, tire sur Buffy avec une arme à feu. L’une des balles la rate et atteint Tara en plein cœur qui meurt dans l’instant. Plusieurs fans s’émurent du traitement réservé à Tara, dont la mort ne sert qu’à donner une storyline de vengeance à Willow.

FIN DES SPOILERS

 

Les LGBT+ ont-ils pris la place des Noirs ?

Quand on y pense, on peut faire un parallèle avec les minorités raciales, notamment les noirs. La tradition de tuer un personnage noir, pour laisser un personnage blanc accomplir sa quête existe encore aujourd’hui, même si c’est moins fréquent. On pourrait dire avec cynisme que les personnages LGBT+ ont pris la place des noirs.

Mais il fallait une mort de personnage LGBT+ particulièrement ratée pour réveiller le grand public sur la question. Et ce triste privilège est revenu à la série The 100.

 

Bury your gays : Le cas The 100 (DÉBUT DES SPOILERS)

Le 3 mars 2016, le 7e épisode de la saison 3 de The 100 est diffusé sur The CW. Dans cet épisode, Clarke et Lexa, l’un des couples favoris des fans, fait l’amour pour la première fois. Quelques minutes plus tard, Lexa est tuée à bout portant par une balle en réalité destinée à Clarke.

 

FIN DES SPOILERS

The 100 : Un backlash foudroyant des fans

Et cette mort a déclenché un shitstorm du feu de dieu ! En quelques minutes, le hashtag #LGBTfansdeservebetter est en trending, un site portant le même nom voit le jour, les réseaux sociaux commentent négativement l’événement, fans hétéros, homos, bi, trans, etc. se retrouvent tous pour dénoncer une mort mal écrite et nuisible. Les fans lèvent même des fonds pour le projet Trevor, qui soutient les LGBT en détresse psychologique. La réaction a été aussi épique que la série. Mais alors pourquoi cette mort a été si mal reçue ?

 

Bury your gays : Des morts spectaculaires pour un effet facile

Dans son article sur l’historique du « Bury your gays », Haley Hulan y voit un exemple de plus de « mort LGBT montée en spectacle ». C’est le gros problème du « bury your gays » : les personages LGBT+ dans les séries meurent souvent de manière spectaculaire et choquante, c’est pour ça que non seulement elles sont mal écrites, mais en plus, il y en a trop.

Jason Rothenberg, le créateur de The 100, s’est défendu en invoquant que dans sa série « tout le monde peut mourir ». (Attention, lien spoiler). Ouais ma couille, c’est le cas ! Mais cette mort sonne trop forcée pour être convaincante. Mais il y a pire !

Cet acharnement sur les personnages LGBT est hélas très commun. Pour ne citer que des séries populaires, Vampire Diaries, Blindspot, Boardwalk Empire, Supernatural… sont devenus des tombeaux pour des personnages LGBT+. Pourtant la plupart des auteurs sont certes hétéros mais gay-friendly. Alors pourquoi, souvent, ça pue la merde quand ils tuent un perso LGBT ? Ben, y a 2 raisons.

 

Les raisons du Bury your gays

1. Une mort de perso LGBT+ aura plus d’impact qu’une mort de perso hétéro.

Faites le calcul : les LGBT+ vont être émus de la disparition d’un de leurs représentants. Tandis que les hétéros gay-friendly, conscients des oppressions que subissent les LGBT+ dans la vie réelle, seront paradoxalement encore plus émus encore que si c’était un personnage hétéro.

2. La romantisation absurde des morts des personnages LGBT+.

Les auteurs ont tendance à romantiser leur mort. Oh, la balle perdue qui tue une lesbienne, oh ce suicide déchirant… Tout ça, c’est de la romantisation de mes deux ! Bon ok ok je râle. Mais il existe des solutions.

 

Les solutions au syndrome Bury your gays

La première solution au « Bury your gays », c’est, ben, simplement, arrêter de bâcler les morts de personnages LGBT+. La répartition des morts sera plus égalitaire, et l’histoire sera meilleure.

Et puis il y a des techniques toutes bêtes. Si vous faites une série où tout le monde peut mourir, ben, on ne va pas s’étonner qu’un perso LGBT meurt, du moment que sa mort est bien écrite (ex. Game of Thrones).

Ou alors vous proposez une série avec un cast LGBT, dans ce cas, l’orientation sexuelle d’un perso décédé n’a plus d’importance (ex. Orange is the New Black).

Et puis, la mort n’est pas forcément nécessaire. On peut faire disparaître un perso sans le tuer. Une série comme MI-5 a aussi bien maîtrisé les morts que les départs de personnages.

Et puis, il y a la production. Si on met plus de showrunners LGBT+ dans les séries, eh ben le risque sera moins grand. J’ai dit moins grand parce que ça n’immunise pas. Les fans de l’Arrowverse savent de quoi je parle.

Si vous voulez en débattre, si vous voulez partager vos propres exemples de morts LGBT+ ratées, je vous invite à en parler en commentaires. Quant à moi, je vous dis à une prochaine vidéo. Salut !

 

Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

 

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Clément
Clément

Docteur en binge watching. Donne les Réponses aux Grandes Questions sur les Séries, les Films, l'Univers et le Reste (mais surtout les Séries et les Films).

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