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MICROBE ET GASOIL: MON POTE, MA CAISSE ET MOI

Par Lucas

Michel Gondry, réalisateur atypique

Atypique est sans doute
le premier adjectif qui vient à l’esprit de celui qui connaît
Michel Gondry.
Français, il a été adopté par le cinéma américain, notamment depuis
son oscar du meilleur scénario original en 2004 pour Eternal
Sunshine of the Spotless Mind
C’est sur cette terre d’accueil
qu’il a réalisé la plupart de ses longs-métrages.
Connu pour son côté carton-pâte et le do it yourself
qui caractérise ses productions, il revient, deux ans après L’Écume des Jours, et un an après Conversations avec Noam Chomsky, pour son onzième film :
Microbe et Gasoil

Road-movie décomplexé

L’un est surnommé Microbe parce qu’il est petit pour son
âge, l’autre Gasoil parce qu’il sent l’essence à tant travailler sur des voitures. Les deux collégiens se mettent en tête une idée folle: construire un véhicule, et partir
ensemble sur les routes de France pendant les vacances. 
Road-movie décomplexé, Microbe et Gasoil n’hésite pas à flirter avec le délire complet. Le tout est très amusant à voir et assez jouissif (que celui qui n’a jamais eu
envie de faire pareil enfant me jette la première pierre). Gondry a expliqué que le film avait une part autobiographique: Microbe et Gasoil est un véritable hommage à sa propre enfance, et surtout à l’inventivité.
On voit pendant une bonne partie du film les deux amis se débrouiller
seuls et obtenir le nécessaire pour construire… une maison qui
roule, fonctionnant avec un moteur de tondeuse à gazon. 
Microbe et Gasoil dans leur voiture de bric et de broc
Microbe et Gasoil dans leur voiture de bric et de broc
On retrouve la patte Gondry et son côté carton-pâte. Mais l’originalité du film, c’est qu’il n’est non pas fait de, mais sur le
carton-pâte. 
Pour ne pas se faire remarquer des gendarmes sur
la route, la maison-voiture possède une planche de bois qui
tombe pour cacher les pneus à leur passage. 

Et en plus, ça marche.

Un fin portrait de l’âge difficile

Mais le film ne se résume pas à un
concept farfelu: il dresse un portrait de la jeunesse à l’âge
difficile de treize / quatorze ans. 
Chez les ados, cruels et intolérants entre eux,
ceux qui sortent des rangs deviennent victimes des autres, et sont affublés de petits noms méchants. C’est le cas de Gasoil, qui n’hésite pas à réagir. Il jette aux voyous des remarques d’une grande
maturité, et détonne au milieu de ses camarades. Tout, dans ce personnage, sort de l’ordinaire : sa façon de parler, son comportement, ses
connaissances en terme de mécanique ou d’écriture… 

Théo, dit Gasoil, dans le film de Michel Gondry
Théo, dit Gasoil, dans le film de Michel Gondry

Gasoil (Théo) contraste ainsi
avec sa famille: sa mère, à la masse pondérale
aussi impressionnante que son accent; son père, qui l’exploite sans
considération pour ses études; son frère (accro à la drogue et l’alcool) parti faire l’armée. 
Cette opposition aurait pu être
soulignée, et devenir l’un des éléments forts du film, mais ce n’est
pas le cas. En situant son action à Versailles, dans un collège
ni très aisé, ni très modeste, c’est de la classe
moyenne dont Gondry peint le portrait. Le film ne cherche pas, cependant, à
tenir un propos sur l’inégalité sociale.
Ici, la seule
opposition est celle des familles de Microbe et Gasoil, mais sans
véritable lecture, sans vision.
Celui qui contraste avec Théo, c’est Daniel (appelé Microbe): peu sûr de lui, timide maladif face à la fille qui lui plaît, il grandira grâce au voyage.
Microbe et Gasoil dans le film de Michel Gondry
Microbe et Gasoil dans le film de Michel Gondry

Microbe et Gasoil trouvera-t-il son public ?

Avant tout, il s’agit d’une œuvre sur les jeunes, qui n’est pas sans rappeler un autre de ses films, The We and
The I
(2012) qui se dé-roulait dans un cadre tout autre: un bus américain, dans le
Bronx, après le dernier jour de cours. 
Dans ce cas aussi, le film
mettait en scène presque uniquement des adolescents, dont Gondry proposait déjà
un tableau, tout en distillant des éléments de sa propre enfance. Il reprenait le jargon, les manières, la façon d’être de ces jeunes. 
Mais si The We and the I arrivait à trouver son
public à travers sa dimension technique (il s’agit d’un huit-clos épatant
dans un bus), on est droit d’être inquiet pour Microbe
et Gasoil
qui, sans être un chef-d’œuvre, est de bonne qualité. Il risque d’avoir peine à convaincre les spectateurs en plein été, face aux énormes machines hollywoodiennes. 

On espère donc que le nouveau Gondry arrivera à leur tenir tête
parce que ces temps-ci, les bons films sur l’adolescence sont rares.

D’accord, pas d’accord avec l’article ? Dites-le en commentaire !
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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

1 commentaire pour l’instant

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AnonymePublié le 6:31 - Juil 14, 2015

Un très bel article, sur un film splendide!
@HavaForEver

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