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Marie Stuart, Reine d’Écosse : le trône de fer

2 out of 5 stars (2 / 5)
 
Bon, j’admets. En allant voir Marie Stuart, reine d’Écosse, je l’ai confondue avec Marie Tudor, cette reine catholique terrible qui massacra les protestants d’Angleterre.
 
T'as confondu Marie Stuart et Marie Tudor. Franchement, Marla.

T’as confondu Marie Stuart et Marie Tudor. Franchement, Marla.

Ciel, quelle Marie ?

 
Du coup, avant d’aller voir le film, je m’en suis fait un dans ma tête : Saoirse Ronan va jouer Marie la sanglante – la fameuse Bloody Mary qui donna son nom au cocktail. Ella va enfermer la pauvre Margot Robbie –Elizabeth 1ère –dans un cachot. À la fin du film, Elizabeth reviendra triomphante et apparaîtra comme l’ange salvateur des Anglais de l’époque.
 
Tu t'es encore gourée.

Tu t’es encore gourée.

 
 
Margot Robbie en reine Elizabeth 1ère dans Marie Stuart, reine d'Écosse, de Josie Rourke (2019)

Margot Robbie en reine Elizabeth 1ère dans Marie Stuart, reine d’Écosse, de Josie Rourke (2019)

 
Voilà.
 

Elizabeth 1ère, reine manipulatrice

 
Et voici que je découvre le destin de l’autre Marie. Au lieu de voir Elizabeth 1ère en ange salvateur, je la découvre en Cersei, reine manipulatrice de Game of Thrones
 
Cersei Lannister dans Game of Thrones

Cersei Lannister dans Game of Thrones

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Bon, je vous résume : si Elizabeth 1ère a passé 45 ans sur le trône, ce n’est pas sans faire quelques sacrifices. Sa cousine, Marie Stuart, était techniquement une héritière légitime du trône d’Angleterre.
 
Comment se débarrasser de la gêneuse ? Facile. Il suffisait de déclencher dans l’ombre une guerre civile en Écosse afin de fragiliser la rivale. Se révèle alors une Élisabeth Ire prompte au complot et à la trahison de sa cousine.
 

Marie Stuart, reine d’Écosse : une peinture féministe bien vue

 
Marie Stuart, reine d’Écosse vaut surtout pour sa peinture intelligente de la condition de la femme de l’époque. Pas n’importe quelle femme, bien sûr puisqu’il s’agit de deux reines. 
 
Le rapport entre Marie Stuart et Lord Darnley est très éclairant. La demande en mariage, résolument féministe, montre une Marie Stuart qui souhaite se choisir un époux mais certainement pas un maître.
 
 
Marie Stuart suivie de Lord Henry dans Marie Stuart, reine d'Écosse

Marie Stuart suivie de Lord Darnley dans Marie Stuart, reine d’Écosse

 
Si l’on montre la rivalité entre les deux femmes, les manigances politiques laissent malheureusement place assez vite à un double portrait, qui ne nous enseigne pas grand-chose sur l’époque. Les complots politiques sont cités sans être explicités, ce qui enlève au film une certaine richesse. C’est décevant de la part de Beau Willimon, créateur de House of Cards, formidable série, justement sur les coulisses des manigances politiques.
 
Les deux reines se ressemblent et se retrouvent dans un environnement d’hommes extrêmement hostiles.
 

Deux reines dans un monde d’hommes

 
Marie Stuart, reine d’Écosse a le mérite de montrer qu’une femme n’avait pas 36 moyens d’acquérir le pouvoir à l’époque, y compris en étant reine de naissance.
 
Elle pouvait se marier, mais ainsi courir le risque de se retrouver sous la coupe d’un homme. Le film illustre bien le refus catégorique d’Elizabeth de se marier pour cette raison. Reste la possibilité de faire un enfant. Ce sera le choix de Marie, qui fera de son fils un objet de pouvoir. Avec succès. C’est en effet Jacques Ier qui succédera à Elizabeth sur le trône d’Angleterre et unira justement les deux royaumes.
 
Beau Willimon a aussi le talent de démontrer que ce sont tant les manœuvres politiques que le slut shaming qui sera à l’origine de la chute de Marie Stuart. La vie sexuelle de la reine sera en effet raillée par ses opposants, dans une violence verbale sans égale.
 

Quand parle-t-on politique ?

 
Même si le versant féministe du film est réussi, on peut déplorer dans Marie Stuart, reine d’Écosse un manque de profondeur pour ce qui est de la complexité politique. Déclencher une guerre civile en Écosse, oui, mais comment ? Comment ce conseiller d’Elizabeth 1ère s’y est-il pris pour orchestrer la chute de Marie Stuart ? À  qui s’est-il adressé ? On ne le aura pas dans Marie Stuart, Reine d’Écosse.
 
Dommage. Il eût été bien venu de nous raconter l’histoire de l’Angleterre et de l’Écosse avant le fameux Royaume-Uni, dont l’existence est menacée en ce moment même par le Brexit.
 
La fameuse réplique du film répétée plusieurs fois
 
How did it come to this?
Comment en est-on arrivé là ?
 
aurait eu d’autant plus d’impact.
 
La reconstitution, par ailleurs, est assez sage. Les deux actrices sont fabuleuses, bien sûr, mais les rôles secondaires sont totalement éclipsés. Vous me direz que c’est bien naturel, puisque les hommes n’ont que peu d’importance dans ce combat. C’est exact. Mais j’aurais préféré que les ennemis masculins de Marie soient davantage mis en avant, et encore une fois, plus fouillés.
 
Marie Stuart, reine d’Écosse reste un bon film à grand spectacle, couronnant deux actrices lumineuses.
 
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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

1 commentaire pour l’instant

camarade totoff

camarade totoffPublié le 3:55 - Mar 19, 2019

Excellente critique que je partage entièrement. On a un peu de contexte historique au départ et à la fin (du coup, on n’est pas largué) mais, effectivement, c’est simpliste autrement ! Ce qui m’a gêné également c’est la partialité envers Marie Stuart. Bien sûr que c’est elle l’héroïne mais elle a plutôt montré à son avantage alors qu’elle enchaîne les bourdes ! Il y a tout de même un rôle masculin qui sort du lot, c’est John Knox interprété par David Tennant et qui tonne du haut de sa chaire contre la reine.

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