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Ma vie avec John F. Donovan : le nouveau bijou de Xavier Dolan

5 out of 5 stars (5 / 5)
 
Ma vie avec John F. Donovan est un grand film. J’ai eu la chance de le voir au Louxor dans une salle prestigieuse.
 
On est immédiatement happé par la beauté des plans. Une femme frappe à une porte, espérant trouver dans son appartement John F. Donovan, acteur à succès. Le plan est net d’abord, puis flou à mesure qu’elle avance.
 
Le film de Xavier Dolan commence par la mort de John F. Donovan, D’où le titre original The Death and Life of John F. Donovan.
 
Malgré ce titre, la vie de John F. Donovan restera un mystère pour le spectateur.
 

Si j’existe, ma vie, c’est d’être fan

 
C’est surtout un petit garçon fan de l’acteur, Rupert, que l’on suit tout le long de la trame.
 
 
Rupert est supérieurement intelligent et rêve de devenir acteur, comme son idole, John F. Donovan. Il aimait la star avant tout le monde, Rupert. Aussi ce n’est pas une surprise pour lui quand cet acteur de série devient la star montante de Hollywood.
 
Rupert, avant que John ne devienne célèbre, lui a écrit une lettre. John y a répondu. Puis il y eut plusieurs autres lettres. Près d’une centaine.
 
Cette amitié entre le petit garçon et l’acteur vont permettre à Xavier Dolan de nous parler de la vocation de comédien ainsi que de ses thèmes fétiches habituels : le rapport mère-fils, l’enfant prodigue qui revient parmi les siens pour un dîner, l’homosexualité.
 
Beaucoup de spectateurs ont reproché au film de ne reprendre que les obsessions de Dolan. Or, le réalisateur parvient une nouvelle fois rebattre les cartes et nous présenter ces thèmes sous un œil neuf.
 

Ma vie avec John F. Donovan : un beau film sur la solitude des artistes

 
Le parallèle entre Rupert et John est remarquablement construit et mis en scène. Le film n’est pas, contrairement à ce que l’on a voulu nous vendre, une histoire sur la célébrité et la poursuite des rêves. Ça, c’est du bla-bla marketing pour vous faire venir en salle. Ma vie avec John F. Donovan est en réalité un film sur la solitude et l’incapacité des gens ordinaires à comprendre les artistes.
 
Doit-on en déduire que le public du festival de Toronto était peuplé de gens ordinaires ? Possible. Disons que le film est difficile à saisir si l’on n’a pas soi-même une âme créative ou une âme d’enfant. Bien des artistes se reconnaîtront, je pense, dans John et son rapport complexe à la famille, ou dans  Rupert, un peu trop intelligent pour son âge et harcelé par ses camarades.
 
Dolan avait déjà abordé le thème de l’artiste en famille dans Juste la fin du monde. John, comme Louis dans le film de 2016, revient auprès des siens pour repartir très vite. Juste le temps de comprendre le fossé qui les sépare.
 
Le coup de génie de Dolan dans son dernier film est de se mettre également du côté des gens ordinaires. Nombre de mamans d’artistes ou d’enfants surdoués se reconnaîtront dans les rôles de Susan Sarandon et Nathalie Portman.
 

Des clins d’œil méta formidables

 
Xavier Dolan se sert justement de la notoriété de ses acteurs pour nous offrir des clins d’œil méta.
 
Par exemple, la maman de Rupert, jouée par Nathalie Portmann, l’avertit sur le miroir aux alouettes de la célébrité. Cette scène est d’une ironie mordante lorsque l’on sait que Natalie Portman a elle-même été une enfant star dans le film Léon de Luc Besson.
 
 
 
Autre clin d’œil méta formidable, celui de Michael Gambon dans le rôle d’un vieux bibliothécaire. Il vient expliquer à John, dépressif, le sens de la vie.
 
 
 
Dolan, fan de culture populaire, a embauché l’acteur de Dumbledore dans la saga Harry Potter pour jouer en quelque sorte son propre rôle. En effet, quand il s’adresse à John, il tient un discours proche de la sagesse du vieux sorcier. De plus, il s’adresse à John, acteur qui jouait justement un jeune sorcier dans une série télévisée. Cette scène est d’une grande finesse, surtout lorsque l’on découvre l’aspiration de John à aire l’expérience d’une renaissance. La fin de Harry Potter revient alors en mémoire, l’un des rares personnages, justement, à revenir à la vie au sens littéral.
 

Vive la pop culture !

 
La passion de Dolan pour la pop culture transparaît également dans son choix de BO, comme dans Mommy. Le générique de fin n’est autre que Bittersweet Symphony de The Verve, déjà générique de fin de Cruel Intentions, teen movie dont il a confié être admirateur. 
 

 
La référence à Jumanji par Rupert va dans le même sens. Le petit garçon établit en effet un parallèle entre le rapport père-fils conflictuel dans le film de 1995, et sa relation à sa propre mère.
 

Rupert, porte-parole de Xavier Dolan

 
Une manière sans doute pour Xavier Dolan de faire de Rupert son porte-parole. Le fan, en premier lieu, c’est le réalisateur lui-même.
 
Xavier Dolan profite également de Rupert adulte pour fustiger le snobisme de certains journalistes. Il réhabilite là aussi l’impact de la pop culture dans nos vies et du star-system en général.
 
Ma vie avec John F Donovan est en filigrane un film sur le malentendu. Il s’agit d’un petit garçon qui croit dur comme fer que son idole a une vie fabuleuse, et d’une idole des foules qui, à chaque instant, joue un rôle.
 

Une fin pleine d’espérance (Attention Spoilers)

 
La renaissance sera celle de Rupert lui-même. La mort de John F. Donovan permet en effet à Rupert de devenir un homme. John était un homo refoulé ? Rupert sera un gay bien dans sa peau. Dolan nous offre ainsi une fin à la Virginia Woolf. dans Mrs Dalloway, le poète, alter ego de l’héroïne, meurt à sa place afin qu’elle puisse renaître.
 
 
 
N’écoutez pas les mauvaises critiques et nous vous fiez pas au flop de Ma Vie avec John F. Donovan au festival de Toronto. Ce dernier Dolan est un grand film. Ne le ratez pas.
 
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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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