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LONDON HOUSE : LA MAIN SUR LE BERCEAU

Tout dans London House est pompé sur Rosemary’s Baby de Polanski : le générique filmé de droite à gauche, dans un  travelling qui mène à la maison. La berceuse entêtante. Clémence Poésy pâlit comme Mia Farrow, fatiguée de sa grossesse. La voisine Theresa adopte même, au cœur du film, la coupe courte de Rosemary.

N’est pas Polanski qui veut

Oui, David Farr s’est bouffé Polanski, et ça se voit. Jusqu’aux fringues bourges façon sixties quand la trame est censée se dérouler de nos jours. Jusqu’à la photo, mi-Polanski, mi-Hitchcock. London House met aussi en scène un huis-clos pour deux couples, comme dans Carnage, du même Polanski.

Les deux couples dans Carnage, de Polanski (2011)
Les deux couples dans Carnage, de Polanski (2011)

Les deux couples dans London House, de David Farr (2016)

La scène du dîner est calquée sur ceux, gênants, de Rosemary avec ses voisins dans le film de 68. Le titre original de London House, The Ones Below (ceux du dessous) fait jeu de mots avec le peuple des enfers, quand Rosemary’s Baby, déjà, parlait de voisins de palier envoyés par Satan.

Mais n’est pas Polanski qui veut. La réalisation de David Farr n’est pas mauvaise, mais quelque chose cloche : comme une fausseté dans le jeu des acteurs, un manque dans leur direction. Clémence Poésy a beau rappeler les héroïnes hitchcockiennes (avec une coiffure à la Grace Kelly, entre autres) la mise en scène ne la sublime pas comme l’aurait fait le maître britannique.

Clémence Poésy dans London House
Clémence Poésy dans London House

Les plans à la Hitchcock ne suffisent pas (remplacez le téléphone par le baby phone : bingo.) La tension est là, mais trop diffuse pour être efficace. La présence du chat, porte-malheur éternel au cinéma, s’avère également cliché. 


Un film peu abouti

Il y aurait tant à dire sur la trouille de devenir mère, la monstruosité de l’accouchement, le désir inassouvi de grossesse, le baby blues, différent pour chaque femme. Il existe autant de mères que de manières d’en parler. Piquer leur style à d’autres cinéastes ne vaut jamais grand-chose.

Le jeu de suspense sur la chambre du bébé est aussi pompé sur Le Secret derrière la porte, de Fritz Lang, qui remonte à 1948.


Un thriller qui tombe à plat (Attention Spoilers)

De nombreuses critiques ont salué le final de London House, et pourtant il est cousu de fil blanc. Le moment-clé où la voisine jette le bébé à l’eau est raté : on remarque qu’il n’y a point de bébé et que seul le tissu atterrit dans le fleuve (la Tamise, autre cliché).

London House, en somme, est un thriller parano qui tourne court et tombe à plat. Son scénario n’alimenterait pas un téléfilm de M6.

Si la série The Night Manager est prometteuse, David Farr fait des débuts timides au cinéma, et se contente de picorer chez d’autres grands cinéastes – Polanski et Hitchcock en tête – le style qu’il n’a pas encore.

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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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