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Les Malheurs de Sophie : les bêtises de Christophe Honoré

1 out of 5 stars (1 / 5)

En CM2, j’ai reçu un cadeau de la maîtresse.

Drôle d’idée que d’offrir aux enfants sages des livres qui leur donneront plein d’idées de bêtises : couper les rideaux du salon, laver les disques vinyle comme on fait la vaisselle, mettre le chat dans le micro-onde pour le faire sécher… les trouvailles ne manquent pas.

Les lectures traumatisantes

Les Petites filles modèles est tout simplement le premier livre que j’aie lu, à sept ans.
Un livre long et assommant, aussi chiant qu’il en a l’air.
Est-ce ma faute si l’on donne aux enfants des lectures malheureuses ? Orphelins de Dickens, vagabonds d’Hector Malot, il n’y eut guère que Charlie et la chocolaterie pour me mettre du cœur à la lecture.
J’avais horreur de la bibliothèque rose. Mon truc, c’était l’aventure. Allons-y Robinson, Capitaine Nemo, Achab, Crochet, en avant les pirates et autres chercheurs d’or !
Dans l’enfance et encore aujourd’hui, les bêtises de Sophie me paraissent sages, et l’adaptation de Christophe Honoré n’a rien arrangé. Le texte guindé récité par les jeunes acteurs manque d’entrain, de modernité, de naturel. Les petits animaux animés sont une fausse bonne idée, tant ils jurent dans le décor : le film d’Honoré n’a pas la fluidité des films de Disney.

Avec cette technique, Honoré tente peut-être d’imiter Le Petit Poucet de Boisrond (1972) où des objets animés se mêlent aux images filmées.

Les Malheurs de Sophie : un film figé

La musique est gnan-gnan (le nom de Sophie, répété de temps en temps dans un soupir exaspérant) les acteurs sont figés, comme le texte de la Comtesse de Ségur qui n’a pas bénéficié ici d’un coup de jeune. Les monologues face à la caméra, qui créent une complicité factice avec le spectateur, finit de ringardiser cette version pour en faire une pièce de théâtre scolaire.
D’accord, je l’admets, je n’aime pas Christophe Honoré. Je trouve ses films ennuyeux à mourir. Avec Ozon (dont j’aime pourtant 5X2 et Sous le sable) je pense que c’est un réalisateur surfait, trop vanté.
Le metteur en scène a gardé de la Comtesse de Ségur le conservatisme écœurant,  la bonne moralité bourgeoise, chrétienne, que l’on enseigne aux enfants qui connaissent leur catéchisme, vont chez les scouts et les jeannettes, et font leur prière le soir.
Sophie, énième orpheline victime d’une marâtre de conte, a tout de même un caractère bien trempé et une force à imiter.

Les acteurs sauvent le film

Ce sont les acteurs, peut-être, qui sauvent le film. La jeune actrice qui joue Sophie, Caroline Grant, a l’espièglerie qu’il faut, et déjà du talent.

Caroline Grant dans Les Malheurs de Sophie
Caroline Grant dans Les Malheurs de Sophie

Celle qui joue sa mère, Golshifte Farahani, a un charme certain et donne une certaine prestance à la lisse Mme de Réan du roman.

J’ai cependant de grosses réserves pour Anaïs Demoustier, qui semble collectionner ces derniers temps les rôles guindés, quand elle est formidable au naturel.

Une Muriel Robin étonnante

Celle qui étonne, dans ce conte trop sage, c’est Muriel Robin, convaincante dans ce rôle à contre-emploi.

Muriel Robin en Madame Fichini dans Les Malheurs de Sophie
Muriel Robin en Madame Fichini dans Les Malheurs de Sophie

Sans imiter Alice Sapritch, elle a une dureté qui sied au personnage, ajoutée à une mélancolie du regard qui donne une profondeur à l’archétype. Son imitation du perroquet est inoubliable.

L’idée de Paul venu consoler Sophie en ombre fantomatique est également une jolie idée du film.

D’autres films sont à privilégier

Les enfants de la salle semblaient trouver l’histoire trop triste, et il est vrai que le cinéma, y compris pour enfants, manque de joie.

En réalité, Christophe Honoré n’ajoute rien à la version Jean-Claude Brialy sortie en 1981. Cette adaptation était plus solaire, plus douce, et on peut largement s’en contenter.

À titre personnel, je préfère Fantaghiro et sa fronde, qui casse les poupées de ses sœurs pour savoir ce qu’il y a à l’intérieur (du creux, ça va de soi) et devient guerrière pour défendre son royaume.

Alessandra Martinez en Fantaghiro dans La Caverne de la rose d'or (1991)
Alessandra Martines en Fantaghiro dans La Caverne de la rose d’or (1991)

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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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