Slider

Titre

Autem vel eum iriure dolor in hendrerit in vulputate velit esse molestie consequat, vel illum dolore eu feugiat nulla facilisis at vero eros et dolore feugait

LES FILLES D’AVRIL : VUE SUR LA MÈRE

Méfiez-vous des quinquagénaires brisées par un divorce qui veulent à tout prix s’offrir une seconde jeunesse. C’est ce que semble nous dire le film Les Filles d’Avril, sorti le 2 août. Dans le dernier film de Michel Franco Emma Suàrez incarne Avril. Son prénom dit d’emblée son refus de laisser le printemps derrière elle.

Quand elle apprend que Valeria, sa fille de 16 ans, est enceinte, elle court à sa rescousse dans une belle maison au bord de la mer. 

Une vie volée


Voilà le topo : le mari d’Avril l’a quittée pour une femme beaucoup plus jeune. Quand Karen, bébé de Valeria et Mateo, est mise au monde, Avril est prise d’une idée folle : adopter la petite et partir avec le jeune homme. Voler, en un mot, la vie de sa fille, pour avoir droit à une seconde chance.

Michel Franco est sans complaisance : lâcheté masculine,  mensonges, tromperies, et la folie (il n’y a pas d’autre mot) d’Avril, tout est montré crument, dans un film qui affiche un malaise certain. Les films dérangeants sont rares, et celui-là est réussi.

Le talent du réalisateur mexicain est d’adopter le point de vue d’Avril, et laisser au spectateur le soin de s’inquiéter pour l’adolescente, qui vient à la fois de perdre son bébé et son homme. 

Valeria (Ana Valeria Becerril) et Karen dans Les Filles d’Avril, de Michel Franco (2017)

Ce parti pris est courageux, mais reste manichéen. Le film aurait gagné en subtilité si Avril avait paru plus attachante, si l’on comprenait, autrement que par allusions, le pourquoi de ses choix. En même temps, Michel Franco fait confiance au spectateur pour faire le lien entre les scènes, remplir les blancs, et c’est tout à son honneur. Le personnage de Clara, autre fille d’Avril, aurait aussi mérité d’être plus fouillé. 


Les mères séductrices au cinéma

Devant Les Filles d’Avril, difficile de ne pas penser au Lauréat, et à la fameuse Mrs Robinson, qui séduit le petit copain de sa fille. Anne Bancroft incarnait dans le film de 1967, une bourgeoise étouffée d’ennui et de convenances, qui séduisait le jeune Dustin Hoffman jusqu’au chantage. 

J’ai aussi une pensée pour Kathleen Turner dans Serial Mother (1994), qui se servait de ses charmes pour échapper à la justice. Elle joue Beverly, parfaite bourgeoise façon Bree Van der Kamp, qui a un hobby particulier : tuer les voisins qui la font chier. 

La mère dans White Bird, incarnée par Eva Green, est splendide et discrètement cruelle.

Eva Green dans Whitre Bird, de Gregg Araki (2014)
Eva Green dans Whitre Bird, de Gregg Araki (2014)

Toutes ces drôles de mères sont inspirées des marâtres de contes de fées, attirantes et secrètement sorcières (dans Blanche-Neige et Raiponce, pour n’en citer que deux.) Même la Reine de la nuit chez Mozart, avec sa voix envoutante de soprano, se place du sombre côté de la morale.

Les Filles d’Avril : déprimant mais réussi

Les Filles d’Avril possède une dimension déprimante, même s’il finit sur une note d’espérance. Il n’est donc pas pour tous les publics, mais mérite vraiment d’être défendu. Emma Suarez est convaincante, même si elle n’est pas aussi bouleversante que dans Julieta. La réalisation est à saluer, notamment la première séquence, où l’on découvre la jeune Valeria, nue et enceinte, face à la mer, avant d’affronter la sienne. 

 Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !

Ça peut vous plaire : 





     

Avatar
Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

Laisser un commentaire

shares
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial