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Le Retour de Mary Poppins : une nounou d’enfer

3 out of 5 stars (3 / 5)

 

Faire une suite à Mary Poppins ?


Quand j’ai entendu la nouvelle, je me suis dit que c’était aussi saugrenu que de vouloir réaliser un Titanic 2, avec Leonardo di Caprio « réchauffé par les mers du sud, et qui retrouve Kate sur une île déserte. » Oui, Hollywood a sérieusement envisagé le projet. Il a même proposé à Léo un joli chèque de 50 millions de dollars. Il a décliné, car il ne voulait pas être considéré comme un naufragé toute sa vie. Mais ça n’empêche pas que Titanic 2 existe vraiment (et qu’il a eu les hommages de Nanarland).

 


Will you Mary me ?

Eh bien le pari de faire une suite à Mary Poppins est gagné. Tout en gardant le charme désuet de l’original, Le Retour de Mary Poppins signe également de jolies chansons, calquées sur le premier (les rues de Londres, la berceuse, les allumeurs de réverbères qui remplacent les ramoneurs…)

Le bouchon de la baignoire qui saute et la transforme ainsi en bateau à moteur évoque un autre classique Disney, Les Trois Caballeros, où un pingouin voyageur rejoint le sud ensoleillé dans une baignoire également.

Auto-hommage, encore, avec la participation d’Angela Lansbury qui chante la chanson finale. Elle chantait déjà la version originale de « Histoire éternelle » dans La Belle et la Bête en 91. Sa chanson dans Le Retour de Mary Poppins, « Nowhere to go but up » rappelle, avec ses ballons colorés, la poésie de La-Haut des studios Pixar. La chanson a cette magie des frères Sherman de trotter dans la tête joyeusement, sans que l’on se lasse. Dans L’Ombre de Mary, Walt Disney se réjouissait que la chanson « Morceau de sucre » possédât le même talent.

Avec Le Retour de Mary Poppins, Disney renoue avec ses œuvres d’antan : la scène de la baignoire rappelle ainsi aux fans des vieux Disney la scène aquatique de L’Apprentie sorcière, où les personnages chantent aussi sous l’eau avec aisance. Déjà en 71, il s’agissait d’Angela Lansbury.

 

 

Animation et live-action : pari réussi, encore !

Le morceau de bravoure, comme dans le premier Mary Poppins, est cet alliage magnifique entre film et animation. Il m’avait valu l’émerveillement à l’âge de cinq ans, et m’épate encore aujourd’hui. La scène des aventures dans la porcelaine est étonnante, colorée. Elle fait beaucoup de bien dans ce contexte morose. La berceuse ne vaut pas celle de la vieille dame aux oiseaux et ses fameux deux pence. Mais elle est très bien écrite et traite le thème du deuil avec délicatesse.

L’enjeu du premier volet était de « sauver Mr Banks », comme l’a montré le biopic de l’auteure de Mary Poppins, PL Travers. Le deuxième film se penche sur les enfants de Michael Banks, qui risque fort de ressembler à son père, en plus sympathique tout de même. L’enjeu ici est de sauver la maison familiale. Le film a un ingrédient de plus par rapport au premier : du suspense. Même si Disney nous habitue aux fins heureuses, la scène de Big Ben dans Le Retour de Mary Poppins est formidable d’intensité. Big Ben, symbole formidable du temps au cinéma, obsède décidément Disney. On se souvient de la scène d’anthologie de Peter Pan quand les enfants volent au-dessus de l’horloge.

 
 

Astuce du scénario : mêler l’intrigue du premier et du second épisode. Bonne idée, là encore.

Alors, pourquoi seulement trois étoiles et pas quatre ? La faute à la mise en scène et au montage assez hachés et conventionnels, qui empêchent au Retour de Mary Poppins d’être magistral. C’était pourtant ce que visait son réalisateur, Rob Marshall.


Une mise en scène trop sage

La scène des allumeurs de réverbère (comme chez Saint-Ex, oui) aurait dû être meilleure.

 
 

Dans ce passage, la nostalgie du premier volet empêche l’envol de la scène. En 1964, les ramoneurs étaient filmés en studio, parce que filmer en vrai des danseurs sur les toits de Londres était, disons, casse-gueule.

 
 
 

Or, dans le film de 2018, les allumeurs de réverbère sont toujours filmés comme en studio.

Et moi, pendant la séance, je m’imaginais, avec une telle chanson, à une mise en scène grandiose, carrément dans les rues de Londres qui s’allumeraient au gré des acteurs. Mais si Disney suscite souvent l’imagination, il n’est pas forcément à sa hauteur. A force de respecter l’original, Rob Marshall a raté l’occasion de nous faire une vraie proposition de cinéma. Trop risqué, peut-être, quand une suite est très attendue, d’où le succès mitigé, sans doute, de Star Wars 8


De bons acteurs qui prennent la relève

Quant aux acteurs, ils ont beaucoup de mérite. Emily Blunt succède avec brio à Julie Andrews, même si elle n’est pas chanteuse professionnelle. Mention spéciale pour Lin-Manuel Miranda, rappeur américain de son état, qui chante fort bien. Il reprend le flambeau de Dick van Dyke, en imitant l’accent cockney, celui de la banlieue de Londres, à la perfection. – Ce n’est pas rien quand on est new-yorkais !

Dick van Dyke est lui aussi américain. Vous le verrez dans un rôle sympathique à la fin du film. Bref, vous passerez un bon moment devant Le Retour de Mary Poppins, qui ravira les nostalgiques du classique de 1964 et séduira les plus jeunes.

 

 

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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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