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Le Mystère Henri Pick : où ça ?

1 out of 5 stars (1 / 5)

 

Il y a des films qui distillent le mystère, et d’autres qui le tuent dans l’œuf. Le mystère Henri Pick et de ceux-là. Point de mystère en effet dans cette pérégrinations luchinienne, accompagnée de Camille Cottin.
 
Je vous fais le pitch, et ça m’agace d’avance :
 
Une jeune et jolie éditrice trouve par hasard un manuscrit dans une bibliothèque où sont empilés tous les romans refusés par des éditeurs. Elle feuillette vaguement un bouquin qui s’appelle « La Masturbation et les sushis » et elle a de la chance dès son deuxième essai. Elle ouvre un dossier rouge. Il contient un bouquin qui s’appelle « Les Dernières heures d’un amour. »
 
Le bouquin est un petit bijou. Un vrai chef-d’œuvre. Et apparemment, il a été écrit par… un pizzaiolo breton nommé Henri Pick.
 
Mais attention. Le grand critique littéraire Jean-Michel Rouche (c’est son vrai nom, oui oui) incarné par l’inénarrable Luchini, se dit qu’un pizzaiolo breton ne peut pas avoir écrit ce roman qui parle si bien d’amour et de Russie.
 

Comme un roman

 
Je vais vous dire une chose. Foenkinos et le réalisateur Rémi Bezançon ont pris l’histoire à l’envers. Je m’apprête à faire comme ces critiques détestables et vous dire ce que le film aurait dû raconter.
 
Le personnage de Luchini aurait dû trouver par hasard un manuscrit magnifique, et se demander qui l’avait écrit. Après une longue enquête dans les hautes sphères littéraires et jusqu’en province, il aurait découvert que le chef-d’œuvre avait été écrit par un petit pizzaiolo breton.
 
Oui, Le Mystère Henri Pick tue le mystère d’emblée. Je vous en prie, chers auteurs et réalisateurs, faites-moi rêver un peu.
 
On ne s’attache pas un instant au manuscrit dont on ne nous lit pas une ligne. On ne sait rien de ce pizzaiolo, vieil homme qui fait la gueule sur une photo en noir et blanc, et on n’en veut rien savoir. Même si sa fille est sympathique –  Camille Cottin fait de son mieux – on peine à la suivre sur les traces d’un père qui effectivement, n’a rien de particulier.
 
Même les acteurs ont l'air de se faire chier le mystère henri pick

Même les acteurs ont l’air de se faire chier.

Amélie, reviens !

 
Devant Le Mystère Henri Pick, on pense à ce passage dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, où Madeleine Wallace reçoit, avec 30 ans de retard, une lettre soi-disant écrite par son défunt mari. C’était en fait une ruse d’Amélie, qui voulait apporter un peu de bonheur à sa voisine. Eh bien ce petit passage de Jean-Pierre Jeunet s’avère bien plus réussi que les deux heures laborieuses de Rémi Bezançon.
 
Yolande Moreau (Madeleine Wallace) dans Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain, de Jean-Pierre Jeunet (2001)

Yolande Moreau (Madeleine Wallace) dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, de Jean-Pierre Jeunet (2001)

 
Je ne sais pas ce que vaut le roman de Foenkinos, mais disons qu’avec ses romans, c’est un peu la douche écossaise : J’ai beaucoup aimé Le Potentiel érotique de ma femme, mais La Délicatesse, son grand succès, m’a laissée de marbre. J’ai beaucoup aimé Charlotte et même son scénario de Jalouse, film sorti il y a deux ans. Mais je dois dire que ses autres romans me laissent un peu froide.
 
Je n’aime pas me répéter et j’ai déjà écrit un long article sur tous les films qui nous parlent de plagiat littéraire. Que vous dire sinon qu’ils sont chaque fois ratés ? Comme si le cinéma ne parvenait pas à nous parler littérature.
 
Le Mystère Henri Pick est aussi mystérieux qu’un téléfilm, et sa fin est digne d’une piètre série policière. On imagine aisément Julie Lescaut dire coucou à la fin du film. Alice Isaaz, si elle est adorable, joue assez faux, et l’acteur qui joue son compagnon également.
 

Le Mystère Henri Pick : un téléfilm ennuyeux

 
Le Mystère Henri Pick possède à peu près le suspense qu’un épisode de Louis la brocante. Autant dire qu’il plairait à ma mère, ce qui n’est pas bon signe, même si c’est une femme charmante.
 
Vous pouvez voir Le Mystère Henri Pick, mais à la télévision, justement, un soir d’ennui. Mais surtout, n’allez pas dépenser douze euros quand vous pourriez vous offrir pour ce prix-là un petit resto. Il faut dire, hélas, que Le Mystère Henri Pick donne une folle envie d’aller au restaurant : il nous laisse terriblement sur notre faim.
 
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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

2 commentaires pour l’instant

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BPublié le 2:41 - Mar 10, 2019

Vous avez lu le livre avant de voir le film ?

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