Slider

Titre

Autem vel eum iriure dolor in hendrerit in vulputate velit esse molestie consequat, vel illum dolore eu feugiat nulla facilisis at vero eros et dolore feugait

LE LABYRINTHE: SA MAJESTÉ TUE-MOUCHES

Le Labyrinthe Affiche

Vous
pensiez que Hunger Games était pompé sur Battle Royale ?
Détrompez-vous. Les deux auteurs ont en réalité copié un roman
jeunesse des années 50, devenu une référence de la dystopie
adressée aux jeunes lecteurs. Sa Majesté des mouches
de William Golding est en effet étudié dans les écoles
depuis des décennies. 
sa majesté des mouches golding livre
Suzanne
Collins, auteur de Hunger Games, avait au moins l’honnêteté de
dire que sa trilogie s’inspirait à la fois de Golding et
d’Orwell.
Schéma de Golding : mettre des enfants seuls sur
une île, livrés à eux-mêmes, et raconter ce qui se passe. Dans
Battle Royale
, l’auteur transformait l’idée de Golding en combat à
mort organisé par les écoles japonaises. 

affiche battle royale
Suzanne Collins en faisait
un jeu télévisé dans de nouvelles arènes romaines.
katniss hunger games 3 snow tv

Et Le Labyrinthe… n’en fait rien. On reprend
Golding, on insère vaguement une histoire de labyrinthe avec des
monstres dedans, et on ajoute une fille à la bande de gars, car il
ne faudrait pas vexer le public féminin : il rapporte autant,
voire plus, que les garçons. Et puis, il faut bien saupoudrer le tout de romance pour créer un suspense à faire soupirer les jeunes
filles.

De
Lord of the Flies à « Lord of the Fleas »

Tout ressemble à la trame de Golding. On assiste à la
guerre des chefs attendue et à des rituels barbares. Golding
prouvait déjà que des enfants livrés à eux-mêmes, après avoir
tenté un semblant de civilisation, revenaient vite à l’état
primitif. Le Labyrinthe n’invente rien, ne va pas plus loin
que l’œuvre de Golding, et la ferait même régresser. Le petit
obèse, Chuck, est une réplique exacte du Piggy de Golding, si ce
n’est qu’il n’est pas martyrisé par ses camarades. 

Chuck (Blake Cooper) dans Le Labyrinthe
Chuck (Blake Cooper) dans Le Labyrinthe
Piggy face à Ralph dans le Sa Majesté des mouches de 1963, réalisé par Peter Brook
Piggy face à Ralph dans le Sa Majesté des mouches de 1963, réalisé par Peter Brook
 

La photographie
du film, ses couleurs estivales et ses décors pseudo-sauvages sont
un copier-coller de l’adaptation cinéma de Harry Hook, L’Ile Oubliée, sortie en 1990.

L’indigence du scénario de Le Labyrinthe et l’impossibilité de
s’attacher aux personnages change cette majesté des mouches (lord of
the flies) en majesté des puces (lord of the fleas.) Je veux dire
par là que le film gratte, qu’il agace, et se contente de sautiller.
 
Les
nouveaux enfants perdus
En réalité, il faut remonter plus loin que Sa Majesté
des mouches
. Il faut revenir à d’autres enfants perdus sur une île.

Dans Le Labyrinthe, quand une jeune fille arrive enfin dans ce camp pour garçons (appelé le Bloc) ils la regardent comme les enfants perdus de JM Barrie considéraient Wendy.

 

Les enfants perdus dans Peter Pan, de PJ Hogan (2003)
Les enfants perdus dans Peter Pan, de PJ Hogan (2003)

L’acteur qui joue Newt, avec son air mutin, est très
proche de la description originale de Peter Pan.
Thomas Brodie-Sangster est Newt dans Le Labyrinthe
Thomas Brodie-Sangster est Newt dans Le Labyrinthe





Couverture d'une édition de Peter Pan
Couverture d’une édition de Peter Pan

En passant, vous reconnaîtrez peut-être, dans ce
visage d’ado qui a gardé ses traits d’enfants, le petit garçon
amoureux dans Love Actually :

Thomas Brodie-Sangster dans Love Actually, de Richard Curtis (2003) petit garçon amoureux newt labyrinthe
Thomas Brodie-Sangster dans Love Actually, de Richard Curtis (2003)

Un cinéma formaté

Si le film pille allègrement les classiques, il
n’oublie pas d’intégrer dans sa trame des éléments qui ont fait le
succès des films récents pour la jeunesse.

Le choix des acteurs, d’abord.

Dylan O'Brien est Thomas dans Le Labyrinthe
Dylan O’Brien est Thomas dans Le Labyrinthe
Brenton Thwaites est Jonas dans The Giver
 Brenton Thwaites est Jonas dans The Giver 
Kristen Stewart, héroïne de Twilight
 Kristen Stewart, héroïne de Twilight 
Kaya Scoledario est Teresa dans Le Labyrinthe
Kaya Scoledario est Teresa dans Le Labyrinthe
Ajoutez à cela l’éternelle figure du Noir sage et sacrificiel (Alby) le « bully » (petit dur qui martyrise les plus faibles) représenté par Gally, une méchante peu crédible, pourtant interprétée par l’excellente Patricia Clarkson, perdue ici, on ne sait pourquoi. Meryl Streep, dans The Giver, est meilleure, mais guère plus. On retrouvait une méchante dans Divergente, sous les traits de Kate Winslet.
Cette ressemblance troublante entre les héros du Labyrinthe et ceux des dystopies récentes n’est pas due au hasard: elle prouve que le cinéma pour adolescents est de plus en plus formaté, qu’il cherche, davantage qu’à faire réfléchir, à faire recette.
C’est peut-être la plus grande hypocrisie de ces films: prôner la rébellion, la différence, l’anti-conformisme (c’est le cas dans Divergente, qui reprend pourtant tous les codes de la publicité) tout en proposant un produit lisse, ultra-codifié, sorte de préfabriqué cinématographique.
  

Un labyrinthe peut en cacher un autre

Au-delà des personnages, on découvre d’autres éléments du Labyrinthe empruntés aux œuvres récentes pour la jeunesse.

Le plus évident est peut-être Harry Potter.

Le labyrinthe comme troisième épreuve des champions dans Harry Potter et la coupe de feu, de Mike Newell (2005)
Le labyrinthe comme troisième épreuve des champions dans Harry Potter et la coupe de feu, de Mike Newell (2005)

Les murs du labyrinthe de Thomas et ses amis bougent, comme le escaliers de Hogwarts dans la saga Potter.

Mais ils bougent de façon mathématique, ce qui permet aux coureurs de savoir comment la grande machine fonctionne.

Les jeunes sont enfermés aux portes d’un labyrinthe sans savoir pourquoi. Le slogan du film pourrait être « Ne cherchez pas une raison. Cherchez une issue. » Ah, non. Ce slogan-là est déjà pris.

affiche de cube

Dans Cube, film claustrophobique et ingénieux (décor unique, utilisé avec brio) six
personnes se réveillent prisonnières d’un cube géant, dédale
meurtrier dont il faut sortir à tout prix. 

Les personnages parlent des créateurs du Cube à coup de « ils » et de « eux. » On ignore pourquoi ils sont jetés là.

Dans Le Labyrinthe, ce sont à nouveau les adultes qui tuent les enfants, comme dans Hunger Games.

Alby dit à Thomas de se souvenir de l’ennemi véritable, et c’est le conseil de Haymitch à Katniss dans le deuxième volet de Hunger Games. On retrouve dans le teen movie de Wes Ball la valeur courage, mise en exergue dans toutes les dystopies de ces dernières années.

La quête d’un juste au cœur d’un labyrinthe n’est pas neuve: cela remonte à Thésée dans la mythologie. Cette épreuve a largement été reprise dans les jeux de rôle et l’heroic-fantasy (Tolkien, entre autres.)
Il est même un film, déjà intitulé Labyrinthe, où une jeune fille de seize ans affrontait mille dangers pour retrouver son petit frère.

Le labyrinthe imaginé par Jim Henson pour son film de 1986
Le labyrinthe imaginé par Jim Henson pour son film de 1986

Le
labyrinthe pseudo-sombre de Wes Ball peut enfin rappeler Le
Labyrinthe de Pan
, sans lui arriver à la cheville.

Ofelia (Ivana Baquero) aux portes du labyrinthe de Pan, dans le film de Guillermo del Toro (2006)
Ofelia (Ivana Baquero) aux portes du labyrinthe de Pan, dans le film de Guillermo del Toro (2006)

Oh, les grosses bê-bêtes

Tout est pompé, donc, dans Le
Labyrinthe. Jusqu’aux monstres du dédale, les Griffeurs.  
monstre griffeur le labyrinthe
Il s’agit en réalité de plusieurs monstres en un seul:
l’araignée géante de Harry Potter, Aragog:
 

un soupçon d’Alien:

monstre alien film

Et un côté monstre-robot dans Edge of Tomorrow, lui-même copié sur les extra-terrestres de Starship Troopers:

monstre starship troopers
Alors pourquoi mettre des monstres dans
le  labyrinthe ? Pour ajouter du suspense à une histoire
creuse ? Pas seulement. Les monstres sont là pour que les
garnements se tiennent tranquilles, et c’était déjà
l’idée-phare du film de M. Knight Shyamalan, Le
Village
 (2004):   

 

En
somme, Le Labyrinthe est une énième dystopie adolescente, et
elle est ratée. Vraiment ratée. Mal interprétée et bourrée
d’incohérences. Si l’on espère que le bouquin est meilleur,
on n’ose plus trop tenter le coup après ces deux heures
laborieuses d’un scénario qui sent le déjà vu à plein nez.
 D’accord, pas d’accord avec l’article ? Postez un 
commentaire !
Ça peut vous plaire:
         
Avatar
Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

5 commentaires pour l’instant

Avatar

Mes Mots En 16/9Publié le 1:37 - Oct 22, 2014

Plutôt d'accord avec ton article, on sent vraiment toutes les influences possibles et imaginables des derniers Teen Movies cinés et séries. Si on prend le film en lui même, j'ai trouvé les passages de cette "communauté" dans le bloc plutôt moyen et très peu crédible, par contre les scènes dans le labyrinthe sont quand même bien foutues et le mystère qui entoure cet endroit (un peu à la façon Lost) ainsi que l'histoire de façon générale sait attiser notre curiosité. maintenant là ou Hunger Games dresse (ou prétexte) un portrait critique de la société, Le labyrinthe lui, n'a aucun message de fond, pour le moment en tout cas, peut être que cela sera amener dans la suite du film.

    Avatar

    MarlaPublié le 6:38 - Oct 22, 2014

    Je n'ai jamais regardé la série Lost, mais on m'en parle beaucoup. Beaucoup de ceux qui aiment les livres m'ont conseillé de m'y mettre, ou d'attendre les films suivants… A suivre, donc.

    Bonnes séances !

    Marla

Avatar

AnonymePublié le 6:16 - Nov 22, 2014

Avant de dire que le film pompe d'un peu partout faut peut être lire les livres, tous vient de là ! C'est vraiment chercher la petite bête partout ! Je trouve que la critique est dure, c'est vrai qu'il y a des éléments de ressemble de temps en temps mais il n'allait pas refaire un film complétement différent du live juste pou que, par exemple il n'y est pas de ressemblance avec "Le Village". De plus, c'est dans les prochain volume que l'histoire devient plus qu'intéressante que l'on commence à voire se dessiner de vraies problématiques sur la société. Bref je trouve simplement que votre article est un peu là juste pour critiquer mais je respecte votre avis. Sur ce,. bonne fin de journée

Avatar

AnonymePublié le 10:45 - Fév 24, 2015

Plutôt d'accord avec ton analyse, mais – dans le genre film pour ado – j'ai trouvé Le labyrinthe plutôt bien joué et distrayant contrairement à Hunger Games…
Marcorèle

    Avatar

    MarlaPublié le 3:31 - Fév 25, 2015

    Tiens, c'est drôle, je préfère de loin Hunger Games. Les deux premiers films sont pas mal du tout, mais le dernier opus est ennuyeux au possible.
    Le 1er livre était prometteur, le. 2nd l'était moins mais le film était meilleur, plus politique.
    Quant au 3ème livre, il est vraiment écrit avec les pieds, manque de contenu. C'est donc une grave erreur de l'avoir coupé en deux. Mais la machine à fric hollywoodienne n'a pas de limites…

Laisser un commentaire

shares
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial