Slider

Titre

Autem vel eum iriure dolor in hendrerit in vulputate velit esse molestie consequat, vel illum dolore eu feugiat nulla facilisis at vero eros et dolore feugait

La Famille Bélier : de quoi devenir chèvre

1 out of 5 stars (1 / 5)

Mesdames et messieurs, je vous préviens tout de suite, je vais parler pour ne rien dire. Vous allez me dire « s’il n’a rien à dire, il ferait mieux de se taire. » Eh bien non, mesdames et messieurs, quand je n’ai rien à dire je veux qu’on le sache. Je veux en faire profiter les autres.

Cette introduction de Devos va comme un gant à La Famille Bélier. Le film n’a rien à dire. Deux trois choses à chanter, peut-être. Et encore, Louane Emera est loin d’être aussi talentueuse que d’autres passés avant elle par le télé-crochet, mais qui n’ont pas eu la chance d’être boostés par TF1.

La Famille Bélier, simple téléfilm

TF1, parlons-en. Une jeune fille s’occupe d’une ferme avec ses parents, mais rêve de monter à Paris pour chanter. Ça vous semble déjà vu? Déjà entendu ? Il ne manque plus que Joséphine ange gardien pour arranger tout cela. L’ange, c’est un prof de musique désabusé. Eric Elmosnino mérite bien mieux. Ironie facile: engager l’interprète de Gainsbourg pour incarner un vieux prof de musique qui fait chanter la Marseillaise à ses élèves pour les auditions, avant de  leur proposer (imposer, plutôt) le répertoire de Sardou.
Xavier Dolan nous a réconciliés avec Céline Dion, Ozon avec Nicole Croisille. Eric Lartigau ne vous fera pas aimer Sardou. Après La Crème de la crème, c’est un autre mauvais film qui reprend les standards de ce vieux routier de la chanson française.
C’est dommage, des chansons anciennes remises au goût du jour par de jeunes talents, il y en a eu un paquet passés, comme Louane Emera, par la télévision pour se faire connaître.
Petite sélection:



Tous ces jeunes rêvent d’une audition qui changera leur vie, à l’image de Susan Boyle, pourtant plus si jeune, et qui l’a payé cher. Cette ambition d’être célèbre était déjà raillée dans Bugsy Malone, qui date tout de même de… 1976.

Devenir chanteur au cinéma

 
Les films chantants sont pléthore. D’Une Etoile est née à Chantons sous la pluie, de Bugsy Malone à Chicago, nombre de jeunes filles et jeunes gens désireux de réussir dans la chanson rivalisent de rythme et de talent pour convaincre des producteurs sceptiques. L’audition de Paula dans La Famille Bélier ressemble aux premières minutes de Fame, où une timide tentait de pousser la chansonnette, sa mère inquiète dans la salle.


Dans Bugsy Malone, un jeune homme frappe tous les jours à la porte d’un producteur pour qu’il lui laisse sa chance, mais le producteur lui répète sans cesse de revenir demain. Ça a donné une belle complainte où se reconnaissent beaucoup d’artistes.


Les rêves de gloire et l’hypocrisie du show-business étaient dénoncés dans Chicago :


Une vraie chanteuse révélée au cinéma fut Lauryn Hill, remarquée dans Sister Act 2 :



Le schéma est toujours le même. Une jeune fille sans prétention dans une province ennuyeuse, a une passion et se fait repérer par un adulte, sorte de joyeux parent de substitution (pour Billy Elliot, c’était sa prof de danse.) Puis il y a l’audition décisive où l’on arrive toujours en dernière minute et à bout de souffle. Pour Paula, il s’agit de la maîtrise de Radio France.

Le handicap autrement ?

Originalité du film, mais qui tourne court, la surdité de toute sa famille. Comment leur faire partager l’amour du chant ? Hormis deux-trois gags réussis (le père de Paula, merveilleux François Damiens, se présente comme maire et choisit comme slogan « Je vous entends ») la surdité n’est qu’un enjeu de pacotille, prétexte, tout de même, à deux jolies scènes, musicales ou presque.
Karin Viard mérite également mieux que ce triste téléfilm. Le couple des parents reste savoureux, même si certaines scènes sont carrément vulgaires, notamment les premières règles de Paula, devenues un carnaval familial. Ce passage nous fait regretter le désuet mais charmant Diabolo Menthe de 1977.

Anne Weber (Eleonore Klarwein) dans Diabolo Menthe, Diane Kurys (1977)

Zéro pointé côté réalisation, La Famille Bélier peut être vu sans regret à la télévision, un mardi soir d’ennui, avant que de nouveaux films sortent en salles le lendemain.

D’accord, pas d’accord avec l’article ? Postez un commentaire !

Ça peut vous plaire

Avatar
Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

5 commentaires pour l’instant

Avatar

AnonymePublié le 7:24 - Déc 22, 2014

Bonsoir,
Ah les critiques d'art ou de cinéma: ce n'est pas un métier facile, d'ailleurs…est-il utile?
Pour ma part, en général, je ne les lis pas: je vais assister à la représentation/projection et je suis à même de juger si j'y ai trouvé mon compte! Et bien ce film m'a apporté des émotions: oui j'ai pleuré (ce qui n'est pas dans mes habitudes), oui j'ai eu la gorge qui s'est nouée et oui j'ai aimé ce film et tous ses acteurs. J'ai trouvé le jeu de François Damien et Karine Viard très bien exécuté, d'autant plus qu'ils ont du apprendre les signes et cela se sent.
La jeune Louane Emera doit être encouragée, alors qu'elle devait allier des qualités scéniques, un jeu de signes/traduction et du chant, particulièrement pour la scène finale, lors de l'audition ou elle signe en même temps qu'elle chante…avec une grande réussite.
Si un bon film doit être un film qui apporte des émotions, de la joie et du plaisir et bien "La famille bélier" est un bon film, de plus, à voir le nombre de spectateurs qui ont pleuré lors de la projection, je pense que l'émotion et le plaisir ont été partagés.
A bon entendeur salut: mais allez voir ce film et vous jugerez après la projection…..
Bonnes fêtes JLB

    Avatar

    MarlaPublié le 9:26 - Déc 22, 2014

    Je ne sais pas si une critique de cinéma est utile… Suffisamment pour que vous la lisiez et la commentiez, ce qui me va tout à fait !

    Beaucoup de gens ont été touchés par le film, en effet, et la scène que vous citez est sans doute la meilleure, couplée à celle où l'on coupe le son, pour créer l'empathie du spectateur pour les sourds.

    Je conseille toujours à mes lecteurs d'aller voir les films en salles et se faire leur propre idée, même si le film en question n'est pas de mon goût…

    Bonnes fêtes et bonnes séances !

    Marla

    Avatar

    AnonymePublié le 1:20 - Fév 17, 2015

    moi non plus je ne lis pas les critiques et je me déplace en salle pour me faire un avis in situ
    alors là , la seule chose que je n'ai pas regrettée c'est le délicieux esquimau siroté avant le film
    sinon un gros BOF!
    acteurs qui jouent archi-faux et cabotinent à outrance
    la petite de the voice, une gogue parmi tant d'autres
    et Sardou en fond sonore……..

    Heureusement c'était pour faire plaisir à ma petite fille

Avatar

nessaPublié le 10:01 - Jan 23, 2016

Bonjour, je pense que pour appécier ce film (qui ne mérite pas non plus la palme d'or)il faut s'initier à la langue des signes et à toute la culture qui tourne autour… Il y a quelques années comme toi je n'aurais pas aimé car peut-être pas compris, "lire entre les lignes" pas facile quand les subtilités passent par la gestuelle (même avec un sous-titrage) ; donc je disais, aujourd'hui ce film m'émeut car à cause d'une petite fille ou grâce à elle j'ai dû apprendre cette langue plus universelle que l'Esperanto, pour la petite histoire c'était la seule de mon centre de loisirs où j'étais à l'époque directrice adjointe, à ne pas s'exprimer et de fait elle était sourde et muette. Tous adultes et enfants nous nous sommes mis à apprendre pour communiquer pour ne pas la laisser seule dans son mur de silence. J'aurais tant de choses à dire à ce sujet peut-être un article sur le tard quelques 2 ans après sa sortie…

Laisser un commentaire

shares
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial