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Jusqu’à la garde : a history of violence


4 out of 5 stars (4 / 5)

Julien ressemble au héros du film de Gus Van Sant dans Elephant.

 
Il est pris entre le marteau et l’enclume, Julien. Parce qu’une juge a cru bon d’accorder à son père la garde partagée, voilà qu’il est coincé entre papa et maman.

 

La maman, c’est Miriam. Elle veut se protéger et protéger ses gosses d’un père violent.

Le père, c’est Antoine. Je ne saurais le décrire ici. Il faut voir Jusqu’à la garde, pour découvrir sa tête de brave homme se transformer en autre chose dès qu’il regarde sa femme et quand, bien sûr, la juge a le dos tourné. 

C’est bien la juge qui commet l’erreur terrible de ne pas écouter Miriam quand elle déclare « Je veux qu’on nous laisse tranquilles. » Ne pas voir la détresse, la peur panique dans les yeux de cette femme, c’est la condamner à vivre de nouvelles violences. C’est condamner ses gosses à des violences potentielles.

Jusqu’à la garde : le génie d’un premier film

Le génie de Xavier Legrand (dont c’est le premier film) est de montrer comment le fils, Julien, va devenir objet de chantage, de pression et d’oppression. Le père fait mal au gosse, mais c’est la mère qu’il vise.
 
Chaque scène est bien vue : les petits jeux du père pour obtenir du gamin ce qu’il veut, le surnom peu flatteur de la mère et la sœur pour le père, « L’Autre », qui lui sied si bien, finalement, car il est devenu anonyme et effrayant.
 
À part quelques ruptures de rythme et le personnage de la sœur qui semble de trop, Jusqu’à la garde est un film diablement efficace sur la séparation brutale d’un couple. La dernière partie rappellera aux cinéphiles le Shining de Kubrick, sans la maestria de la réalisation, même si Legrand nous fait trembler pour la mère et l’enfant jusqu’au bout.

 

 

Legrand choisit une réalisation sobre, mais qui s’échappe, heureusement, des mauvais téléfilms où l’on se contente de plans serrés.

C’est surtout la performance des acteurs que l’on retient dans Jusqu’à la garde. Denis Ménochet  en père abusif et Léa Drucker en mère inquiète sont très convaincants. Mais c’est surtout Thomas, Gioria, dans le rôle de Julien, qui offre une prestation subtile, presque sans dialogues.

L’enfer du divorce décrypté

En somme, allez voir Jusqu’à la garde. Les films intelligents sur le couple, et surtout le divorce, sont rares. Je me rends compte qu’au cinéma, à part dans Kramer contre Kramer, le divorce, on en rit. Papa ou Maman est un brillant exemple. L’Economie du couple proposait une chronique douce-amère. Génial, mes parents divorcent, l’un des films de mon enfance, suggérait que la séparation parentale était une affaire ludique.



Dans les années 90, toujours, la série Julie Lescaut nous racontait qu’un divorce à l’amiable, ça existe, et que des parents qui restent classes après la séparation, c’est possible aussi.

Vous croyez en la vraisemblance de Julie Lescaut, vous ?

Soyons sérieux. La plupart du temps, le divorce, c’est l’enfer.

Parmi les drames réussis sur le divorce, il y eut Faute d’amour, qui a obtenu un César récemment. On avait besoin d’un nouveau film qui nous dise que le divorce pouvait être moche.

Jusqu’à la garde ajoute à cela le drame des violences conjugales, dans un contexte fort a propos, celui de l’affaire Weinstein qui, dans son sillon, a libéré la parole des femmes.


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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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