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JEUX INTERDITS: LA GUERRE ET L’INNOCENCE



Les notes de guitare ont fait le tour
du monde. La musique, langue universelle, a permis qu’une guitare espagnole devienne la bande originale d’un classique français.



Les premières images de Jeux Interdits ont une valeur quasi-documentaire, tant René Clément donne l’impression de filmer sur le vif. Le film se déroule en juin 1940. C’est la débâcle dans l’armée française, mais aussi dans la population fuyant les bombes allemandes.


Une petite fille perd ses parents dans un bombardement.
C’est Paulette, elle a cinq ans. 

La petite Parisienne rencontre un gosse de
village. C’est Michel, dix ans, peut-être. Il a le sens pratique de
la campagne, et sa famille a le verbe du pays.



En temps de guerre, on joue comme on
peut. Michel se joue de ses parents avec malice, pour garder Paulette
et éviter son problème de maths. 



Puis ils jouent tous les deux à
un jeu interdit.






René Clément peint un tableau de la France pré-collaborationniste: Pétain serrera la main d’Hitler en octobre de la même année. Le réalisateur dénonce, comme Clouzot dans Le Corbeau, les mesquineries villageoises, et fait naître en leur cœur un amour d’enfance. 


Clouzot raillait une France délatrice sous l’Occupation, dans une parabole villageoise qui attaquait avec virulence la lâcheté des êtres sous le régime de Vichy.





Dans Jeux Interdits, René Clément se moque à sa manière des adultes de la France profonde, qui ne pensent qu’à se quereller lorsque les blés sont sous la grêle.

Paulette sera par ailleurs envoyée à Clermont-Ferrand, où le gouvernement français s’installera avant de rejoindre Vichy, ce fameux mois de juin.

Mais avant cela, elle rencontre Michel. 


Telle Antigone, Paulette ne peut supporter les morts sans sépulture. Son soldat inconnu, c’est cet animal de compagnie qu’elle enterre avant tous les autres. Puisqu’elle ne peut empêcher que l’on enterre les hommes comme des bêtes, elle enterrera des bêtes comme des hommes.


Les enfants des pays en guerre jouent souvent à la réalité. Quand on a cinq ans, que peut-on comprendre des combats, de la mort, de la folie des hommes ?


Malgré le drame, dans le film de René Clément, le bonheur éclate par endroits, les fusées lumineuses ce sont les visages de Brigitte et Georges, dont Jeux Interdits a immortalisé l’enfance.







Brigitte Fossey a depuis joué sous la direction de Bertrand Blier et Truffaut, dit les mots de Molière et de Cocteau au théâtre, et a même tenu des rôles notables à la télévision.


Georges Poujouly, lui, a fait une courte apparition dans Les Diaboliques (toujours de Clouzot) et tenait le rôle du voyou dans Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle (1958)








Mais l’on se souviendra de lui surtout comme Michel Dollé, jeune garçon amoureux.








Chaque plan est une photographie de
l’époque, une merveille de cadrage et de lumière. Il faut du génie
pour faire croire à la simplicité.




Truffaut disait : « Le
bonheur se raconte mal. » La beauté aussi. 



Mais la chance a
voulu que le chef-d’œuvre de René Clément ressorte en salles le
23 juillet.



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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

7 commentaires pour l’instant

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Jean-Pascal MatteiPublié le 1:39 - Juil 26, 2014

On peut préférer le volatile et le village français de Clouzot à la guitare et aux larmes de Clément, plus intéressant lorsqu'il filme la séduction du Mal (mâle) dans "Plein Soleil"… Curieusement, l'imagerie et la thématique du film résonnent avec "Children Shouldn't Play with Dead Things" de Bob Clark, lui-même auteur d'une parabole très réussie sur la guerre (du Vietnam) d'après "La Patte de singe" de Jacobs, "Le Mort-vivant", et d'un autre adieu, à l'adolescence, cette fois-ci, avec le mélancolique et atmosphérique "Black Christmas".
http://lemiroirdesfantomes.blogspot.fr/2014/07/black-christmas-les-inconnus-dans-la.html?view=classic
PS : votre blog apparaît désormais dans la liste du mien.

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    MarlaPublié le 2:14 - Juil 26, 2014

    Bonjour Jean-Pascal,

    Je ne trouve pas que Clément fasse dans le mélo. je suis à ce titre de l'avis d'Olivier Père (j'ai vu que vous aviez commenté son article également): http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere/2014/07/23/jeux-interdits-de-rene-clement/

    Vous avez vu tant de films, Jean-Pascal. Dormez-vous la nuit ? 🙂

    Bonnes séances !

    Marla

    PS: Je vais vous ajouter en site partenaire avec plaisir également.

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    Jean-Pascal MatteiPublié le 4:25 - Juil 26, 2014

    Bonsoir Marla,
    Merci pour la liste.
    Oui, je dors la nuit, mais je partage l'avis de Cioran – "Le sommeil est une mauvaise habitude" – et celui de Fassbinder : "Je me reposerai quand je serai mort"…
    Quant aux larmes de cinéma, détrompez-vous, il m'arrive de les goûter aussi, et je loue fort les mélodrames signés par Sirk (tous), Moretti ("La Chambre du fils"), Cronenberg ("M. Butterfly") ou la regrettée Christine Pascal ("Le Petit Prince a dit"), parmi beaucoup d'autres. Si le genre demeure encore largement sous-estimé, comme l'horreur, il n'en constitue pas moins avec lui, à notre sens, l'une des meilleures expressions de la catharsis d'Aristote (faire éprouver au spectateur la terreur et la pitié) – on peut donc dire qu'il s'agit bien de deux formes essentiellement tragiques.
    Bons films également et à bientôt sur nos blogs !

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    MarlaPublié le 7:39 - Juil 26, 2014

    Oh, "Le Petit prince a dit" ! Qu'il est joli, ce film ! Je l'ai vu à la télévision il y a bien longtemps. Je ne suis jamais contre un bon mélo avec Bette Davis dedans. J'ai été émue par "La Chambre du fils" moi aussi. Je pleure devant trois films, seulement: "Jeux Interdits," "La Vie est belle" de Benigni, et "Cinema Paradiso." (je sais, vous n'êtes pas fan, mais cette scène de retrouvailles d'amour sur la musique de la fille de Morricone ! https://www.youtube.com/watch?v=0D_3c0T60GI&list=PLBCF21477CAACF667&index=6

    A bientôt!

    Marla

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    Jean-Pascal MatteiPublié le 8:13 - Juil 27, 2014

    Oui, Morricone père et fils collaborèrent à bon escient, sur ce film récompensé ou l'émouvant "Lolita" et l'éprouvant "Syndrome de Stendhal", l'un des meilleurs Argento.
    Un mélodrame avec Bette Davis ? Votre vœu exaucé ici :
    http://lemiroirdesfantomes.blogspot.fr/2014/07/linsoumise-bette-davis-eyes_7.html?view=classic

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    MarlaPublié le 12:05 - Juil 27, 2014

    Ah, oui ! Andrea Morricone est un garçon ! Le jeune homme dans La Chambre du fils s'appelle également Andrea. Pour Le Syndrôme de Stendhal, je sais qu'Asia joue dedans. Argento a-t-il aussi un fils ?

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    Jean-Pascal MatteiPublié le 5:39 - Juil 29, 2014

    Non, mais une seconde fille, demi-sœur aînée d'Asia et dessinatrice de mode, joliment prénommée Fiore, torturée en ligne par papa dans "The Card Player" – sacré Dario…

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