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IMITATION GAME: BENEDICT CUMBERBATCH, GÉNIE DU JEU

Connaissez-vous l’ancêtre
de l’ordinateur ?
Machine de Turing dans Imitation Game, de Morten Tyldum (2015)
Pendant la Seconde Guerre
Mondiale, le public était loin de se douter que dans l’ombre, une
équipe d’experts britanniques cherchaient à déchiffrer le code
d’Enigma, machine de communication cryptée de l’armée allemande. Alan Turing,
bien avant les ordinateurs, avait pensé à une machine qui décorderait
les machines.

Turing, premier hacker de l’Histoire

Turing, comme de nombreux génies, est un handicapé social. Une scène
toute simple révèle sa dimension autiste. L’un de ses collègues
dit tout haut « On va prendre un sandwich » et
Turing ne répond rien. Il lui faut un temps appréciable et des
explications pour saisir que « on va prendre un sandwich » signifie implicitement que ses collègues l’invitent à se joindre à
eux pour déjeuner.
Comme de nombreux génies,
encore, il a été tyrannisé dans l’enfance par ses camarades. Il
semble venir à la même conclusion que Ghandi : ôtez le
plaisir à la violence, il ne reste plus rien. Il suffit de ne pas
réagir face aux agresseurs comme ils le souhaitent. Ainsi, ils s’arrêtent d’eux-mêmes.
Cette intelligence
supérieure a permis rien de moins que la victoire des Alliés en
1945. 70 ans après la victoire, un cinéaste rend hommage à
l’illustre inconnu qui en sauva des millions d’autres.
Pour les oscars 2015,
c’est le festival des biopics sur les héros de notre temps, et
Turing est célébré dans Imitation Game au même titre que
Stephen Hawking dans
Une merveilleuse histoire du temps, Chris Kyle dans American Sniper et Martin Luther King dans Selma.
Que des grands hommes. Comme l’expliquait Vanessa Lapa, réalisatrice
de Heinrich Himmler, The Decent One, on préfère souvent les
biographies de héros à celles des criminels.
Voici donc l’histoire des
premiers hackers, « Anonymous » au sens littéral : Turing ne sera
reconnu que longtemps après ses exploits, et l’on connaît à peine
son équipe.
Imitation Game… Drôle de titre. Cependant, l’idée que le décodage est un jeu, y compris dans un contexte aussi
sérieux que la guerre, n’est pas nouvelle au cinéma.

Les décodeurs au cinéma

Souvenez-vous de
Inception, où Leonardo di Caprio demande à Ellen Paige,
« dessine-moi un labyrinthe, » histoire de juger de ses
capacités d’architecte. Elle s’exécute, et l’on voit bien que le
seul dédale efficace est celui qui n’entre pas dans les cases,
propre à l’expression chère aux Américains de « thinking
outside the box. »
Rien d’étonnant à ce
que Apple ait choisi « Think Different » comme slogan
pendant des années (vous me direz que c’est aussi le slogan de
Pepsi. Arf.)
Autre film de décodeurs,
Cube. Une geek accro aux maths repère des
chiffres sur les différentes salles et pense percer le mystère du
labyrinthe mortel grâce aux nombres premiers.

Côté séries, dans
l’excellent The Wire, l’un des policiers parvient à percer le
code des dealers parce qu’il est doué pour… les mots-croisés.

The Wire, série télévisée de David Simon (HBO)

Imitation Game
s’avère passionnant pour les linguistes. Enigma ressemble à une
immense pierre de Rosette que l’on déchiffre à plusieurs.

Un film à oscars

Je n’ai pas encore parlé
de Benedict Cumberbatch. Je laisse toujours le meilleur pour la fin,
et il se trouve que Cumberbatch est l’un des acteurs les plus doués
de sa génération. 

Benedict Cumberbatch dans Imitation Game

Si l’on regarde Un Eté à Osage County
puis Imitation Game, il ne s’agit tout simplement pas du même
homme. L’ironie a voulu qu’il incarne récemment au cinéma un autre
hackeur, Julien Assange, créateur de Wikileaks. Dans le film de
2013, il était aussi méconnaissable.

Il mérite l’oscar, ça
crève l’écran, même s’il aura fort à faire face à Eddie
Redmayne, émouvant Stephen Hawking dans le mélo sorti récemment.
Keira Knightley est
charmante et pleine d’élégance dans le rôle d’une jeune fille
brillante qui trouve en Turing un frère d’âme. Elle est également
nommée pour l’oscar du meilleur second rôle.
Matthew Goode a aussi un
physique et un charisme prometteurs, et il est agréable de le voir
ailleurs que dans la bluette The Leap Year, où il campait un
Irlandais cliché.

Matthew Goode dans Imitation Game

La photographie sépia du
film est très réussie. Le portrait nuancé de Turing évite
soigneusement l’hagiographie, et s’avère très instructif, mais il
reste sage, trop sage. La réalisation manque d’audace. 

En plus de Cumberbatch, le
film a une chance d’obtenir la fameuse statuette, mais il faut avouer que Wes
Anderson et Clint Eastwood sont meilleurs cinéastes que Morten Tyldum.
Whiplash, très aimé du public, et le déroutant Birdman
peuvent aussi créer la surprise. La sélection, cette année, est comme
Imitation Game : un vrai casse-tête.

Alan Turing (1912-1954)

D’accord,
pas d’accord avec l’article ? Dites-le en commentaire !

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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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