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Floride : puisque vous partez en voyage


2 out of 5 stars (2 / 5)

En bobo fanatique de Luchini, je me fais toujours avoir par Philippe Le Guay. Bandes-annonces sympathiques, casting alléchant, critiques positives, chaque fois j’y vais, chaque fois je suis déçue.
Pour Floride, j’étais, disons, un peu moins déçue que d’habitude. Pour une fois, Philippe « Le Guay » plonge dans la mélancolie. Je veux dire complètement. Pas de ces vagues trempettes comme pour Alceste à Bicyclette, doux-amer et finalement raté.
Les Femmes du 6ème étage était cliché bien que solaire.
Il n’y eut que Le Coût de la vie, en 2003, pour m’apparaître comme une bonne surprise. Ce film choral sur l’argent et ses petits tracas était plutôt bien vu même si, déjà, la réalisation laissait à désirer.
Floride, c’est un film de plus qui se veut onirique mais ne le montre nulle part: où est le grain de l’image particulier, le jeu sur les échos, le montage inventif ?
Il faut dire les choses: Floride est mal réalisé et mal monté, sans invention. Encore un film de cinéma qui ressemble à un téléfilm. Je ne connais pas la pièce « Un Père » de Florian Zeller. Le Guay ne verse pas vraiment dans le théâtre filmé, mais en-dehors du jeu d’acteurs (Sandrine Kiberlain et Jean Rochefort sont au cordeau) il n’y pas grand chose à retenir de Floride, si ce n’est une tristesse assumée sur le crépuscule de l’existence et l’impossibilité du deuil.

Jean Rochefort en Papy Daniel

Il y a pourtant de la comédie dans Floride. Jean Rochefort a un côté Tatie Danielle, acariâtre de Chatillez qui tourmentait ses proches de sa méchanceté. Il lui faudra aussi rencontrer une garde-malade qui ne s’en laisse pas compter pour changer d’attitude.


Le personnage de Rochefort est plus malicieux, plus attachant. On met aisément ses réflexions acariâtres sur le compte de la vieillesse et du chagrin.
Mais tout est trop polarisé, les rôles sont caricaturaux. Sandrine Kiberlain en fille dévouée l’est un peu trop pour être crédible.

Un film raté ? (Attention Spoilers)

En réalité, Floride aurait pu faire un très bon film à chute. Hélas, la mort de la fille cadette est trop vite dévoilée. Le Guay aurait pu bâtir une tension tout le long du film, une ambiguïté quant à la fâcherie entre les deux sœurs, un mystère autour de l’Eldorado Floride que Claude affectionne tant.
Il faut croire que les films français récents ont un penchant pour les belles voitures bleues. Les scènes solaires – la virée en voiture et la chanson au piano – sont hélas trop rares. Pour un film appelé Floride, c’est un comble.
Parler d’Alzheimer au cinéma n’est pas chose aisée. Il y a eu le cafardeux Amour d’Haneke, également servi par un superbe duo d’acteurs, mais déprimant au possible. Si dans Floride Le Guay ose la tristesse, il n’arrive pas à la cheville du bouleversant Se Souvenir des belles choses, de Zabou Breitmann, sorti en 2002.
Pas tout à fait raté, mais pas bon, le film de Le Guay se perd dans son propos quand il passe du rêve au réel. La dernière réplique, cependant, montre avec ironie la situation désespérée de Claude, qui décline inexorablement, et ne sera pas sauvé par l’amour de sa fille.
Seule chose pour mettre du baume au cœur: la chanson « Puisque vous partez en voyage, » qui m’a évoqué le duo Hardy / Dutronc (la chanson originale date des années 30) et leurs paroles délicates.


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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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