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Festival Kinotayo 13e édition 2018

Festival du film japonais contemporain Kinotayo : notre sélection

Le 13ème festival Kinotayo se déroule du 17 janvier au 10 février. Il propose une compétition entre dix films, mais également deux séances d’animations et deux séances spéciales. Le festival se déroule majoritairement à Paris mais s’exporte un peu partout en France, notamment à St-Malo. C’est là que j’ai pu assister à quatre des dix films en compétition et l’un des deux films d’animation.

Malheureusement, ces films ne sortiront probablement jamais en salles françaises en dehors de ce festival. Si un des films vous intéresse, profitez du festival pour pouvoir le voir dans votre salle de cinéma la plus proche !

Crimson Star

3 out of 5 stars (3 / 5)

On commence notre rétrospective du festival Kinotayo par Crimson Star. Ce film nous raconte l’histoire de Yô (Miku Komatsu), jeune fille de 14 ans qui tombe amoureuse de son infermière Yayoi (Yuki Sakurai). Yô va apprendre, à sa sortie de l’hôpital, que Yayoi a démissionné. Un an plus tard, Yô retrouve Yayoi, devenue prostituée. Yô va s’immiscer dans la vie de son ancienne infirmière pour essayer de la changer.

Crimson Star est un film très beau, à l’image extrêmement travaillée en toutes circonstances. Sa lenteur peut toutefois en repousser plus d’un. Ce film est très contemplatif, mais également assez dur car son tempo relâché nous fait affronter plus directement des sujets très sensibles.

Crimson Star va poser diverses réflexions sur la prostitution, l’homosexualité, la pédophilie ou l’inceste. Sa thématique principale est pourtant sur la limite assez fine entre l’amour et l’admiration. Aya Igashi, réalisatrice du film, a vécu la même situation : jeune et amoureuse de son infirmière, elle n’a pas réalisé de suite qu’elle ne ressentait qu’une profonde admiration. 

Crimson Star travaille souvent sur la symbolique. Une scène m’a marqué notamment, dans laquelle Yayoi conduit sa voiture pour emmener un de ses clients. On la voit s’arrêter dans un tunnel, avec au bout la lumière. Cette lumière symbolise la libération et c’est à ce moment que le client va se décaler pour embrasser Yayoi, bloquant complètement la lumière du cadre. La scène semble montrer que Yayoi s’est enfermée dans sa propre prison, sans s’en rendre compte. Certaines autres symboliques sont en revanche martelées à longueur de temps. Crimson Star perd alors en subtilité.

Au bout du compte, Crimson Star ne prend pas tout à fait : il est beau et dur, mais manque singulièrement d’émotion. La faute à un gimmick qui consiste a faire hurler ses personnages à la mort dans les moments tristes, ce qui nous sort absolument de la scène. 

Penguin Highway

4 out of 5 stars (4 / 5)

Premier film de Hiroyashu Ishida, Penguin Highway est un film d’animation qui narre les aventures de Aoyama, jeune garçon de CM1 très intelligent qui multiplie les recherches scientifiques. Il se retrouve à résoudre un problème complexe : l’apparition de manchots en plein milieu de la ville, qui semblent liés à une charmante assistante dentaire. 

Penguin Highway est excellent, c’est un vent frais qui met en joie pour plusieurs heures. On s’attache rapidement à l’ensemble des personnages, et donc de proposer de vrais enjeux. En termes d’animation, le film est magnifique, à l’image léchée et à la mise en scène très fluide. 

Penguin Highway semble assez simple à première vue. Il révèle néanmoins une vraie profondeur en traitant ces sujets avec justesse. On se retrouve intrigué et amusé par cette histoire de manchots (tous aussi mignons les uns que les autres au passage).

Si vous voulez retomber en enfance et vous laisser emporter par un flot de joie, vous devez voir Penguin Highway, qui restera comme le pic de bonne humeur du festival Kinotayo. Il vous enchantera au point que vous serez même ravi de le voir foncer en plein dans quelques clichés du film d’animation. Mais soyons honnêtes, Penguin Highway vous arrachera aussi une ou deux larmes à la fin.

Love at Least

2 out of 5 stars (2 / 5)

Kosai Sekine nous présente Love at Least, son premier film après avoir réalisé des clips et des spots publicitaires. Il va nous parler de Yasuko (Shuri), jeune femme souffrant de dépression et d’hypersomnie. Elle vit avec Tsunaki (Masaki Shuda), un compagnon distant et désintéressé. Selon son réalisateur, Love at Least parle d’une sorte de révolte intérieure face à la société.

Love at Least est malheureusement l’un des films les moins exaltants du festival Kinotayo. Il nous dépeint une réalité japonaise (place du travail dans la société, chômage…) d’une manière assez juste, mais patine sur tous les autres plans. La direction d’acteurs est à la ramasse : Shuri est en sur-jeu et Masaki en sous-jeu durant tout le long-métrage. Love at Least n’avance pas. La fin est quasi identique à celle au début, elle annule l’effet de plusieurs évènements pourtant marquants. Nombre d’éléments nous sont présentés pour être in fine mis de côté. 

Au crédit de Love at Least, on notera une très bonne colorimétrie et certains plans intéressants. En somme, ce premier essai n’est pas franchement une réussite pour ce tout nouveau réalisateur.

Inland Sea

3 out of 5 stars (3 / 5)

Inland Sea est un documentaire en noir et blanc de deux heures sur une vieille ville de pêcheurs japonaise. Posé ainsi, ça peut faire peur, mais je vous invite à aller le voir. Kazuhiro Soda, le réalisateur, préfère le nom « film d’observation » à documentaire, et il est vrai qu’avec Inland Sea, on se retrouve plongé dans la vie traditionnelle d’une vieille ville japonaise. La réalisation très épurée de Kazuhiro fait qu’il n’influence pas notre vision de cette ville ou de ses habitants.

Pour observer le vieux Japon et profiter de parcours de vie atypique de certaines de ces personnes âgées. Pour profiter aussi de leur vision plus qu’intéressante sur le monde actuel, Inland Sea doit être vu. C’est tout le mérite du festival Kinotayo de nous proposer une immersion dans la vie de ces gens si peu représentés à l’écran

Shiori

4 out of 5 stars (4 / 5)

Shiori est également un premier film, celui de Yusuke Sakakibara, anciennement physiothérapeute. Il va justement exposer dans son film la difficulté de ce métier avec le personnage de Masaya (Takahiro Miura). Shiori va suivre trois arcs narratifs différents. Le premier suit l’arrivée du père de Masaya dans l’hôpital, qu’il n’avait pas vu depuis longtemps. Il doit être traité pour un cancer du cerveau. Le deuxième suit l’accompagnement d’un rugbyman paralysé des jambes après un accident et sa rééducation à l’aide de Masaya. Le troisième suit un petit garçon atteint d’une maladie rare que Masaya essaye de soigner par la rééducation.

En premier lieu on peut noter une réalisation très inspirée grâce à un format d’image en 4/3 et une caméra à l’épaule. Ce procédé, ici finement utilisé, nous immerge en plein dans les scènes, et nous fait ressentir une profonde promiscuité avec les personnages.

En second lieu, la direction d’acteurs est sublime. La justesse des émotions dans Shiori est tout à fait impressionnante. L’impact émotionnel des multiples scènes fortes du film est sidérant. Shiori vient vous chercher directement dans votre cœur par la sympathie qu’on éprouve pour les patients de Masaya : on espère que ce garçon soit guéri, que ce rugbyman puisse marcher à niveau, car ils sont véritablement touchants.

En bref, ce fut pour moi une belle édition du festival Kinotayo.

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Chopin
Chopin

Breton de 19 ans qui dévore film sur film depuis sa découverte d'Orange Mécanique. Légère tendance à trop intellectualiser les films et plaisir à remater des dizaines de fois ses classiques.

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