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Deux Fils, de Félix Moati : le coeur des hommes


1 out of 5 stars (1 / 5)

Je suis emmerdée. J’ai vu Deux Fils en avant-première à l’UGC des Halles, en présence de toute l’équipe. Problème : j’adore Félix Moati, son visage mignon et son air de grand naïf. Je l’avais découvert avec plaisir dans Télé Gaucho.
 
Félix Moati dans Télé Gaucho, de Michel Leclerc (2011)

Félix Moati dans Télé Gaucho, de Michel Leclerc (2011)

 
Avant la projection de Deux Fils, j’avais apprécié le discours de remerciements de Moati devant la salle comble, où il apparaissait ému et fier. J’ai un faible pour Anaïs Demoustier, et j’avais été touchée par sa collaboration avec Félix Moati dans À Trois on y va. J’admire Vincent Lacoste, surtout depuis Amanda.
 
J’aurais préféré défendre Deux Fils. Il est des premiers films réussis, comme Guillaume et les garçons à table, Les Combattants, Elle l’adore, ou plus récemment Les Chatouilles
 

Un problème de réalisation

 
Et puis il y a les autres premiers films. Ceux faits avec sincérité, mais dont les créateurs n’ont pas assez travaillé le scénario, ou pas assez aiguisé leurs techniques filmiques. Vous me direz que la critique est facile. Certes. Mais même moi, avec mes vidéos amateur, je sais qu’il faut filmer un sujet avec un peu d’espace au-dessus de sa tête, histoire qu’il soit cadré correctement. Or, Félix Moati semble ignorer cette règle de base de la réalisation. Il a peut-être tenté l’effet de style, avec ses très gros plans. Si c’est le cas, l’effet est raté. Je pense qu’il a voulu faire comme Jean-Pierre Jeunet. Lui a un goût pour les focales courtes (à l’exemple de Kubrick) sauf qu’il les maîtrise à la perfection.
 
Les plans de Deux Fils sont parfois flous. Souvent, le premier plan est tout juste correct et le deuxième plan est brouillé, par exemple lors d’une simple promenade dans un parc. Pendant une balade à Opéra, j’ai vaguement reconnu mon ancien quartier malgré les devantures floues des magasins.
 
Une réalisation débutante ne m’a jamais vraiment dérangée. On se souvient du film Divines avec une scène clé filmée avec les moyens du bord. Allez savoir pourquoi, avec le rythme du film et sa fougue, ça ne gênait pas vraiment.
 
Mais s’il n’y avait que cela d’embarrassant dans le film de Félix Moati…
 

Film choral raté

 
Deux Fils aurait pu se contenter de sa bande-annonce. Un père en crise existentielle qui, de médecin, souhaite devenir écrivain. Deux frères qui ont leur amitié mise à mal.
 
On repère déjà un problème. On ne saura jamais pourquoi les deux frères ne sont plus de grands copains. Au moment d’un dialogue entre eux qui aurait dû être intéressant, Félix Moati coupe la scène juste après la question du grand frère au petit, qui aurait pu déboucher sur un dialogue intéressant :
 
On était potes. Que s’est-il passé ?
 
 
Cette réplique, on l’avait aussi entendue dans American Beauty. C’était la demande du père à sa fille, qui effectivement ne s’entendaient plus.
 
J’ai vu Deux Fils surtout pour Benoît Poelvoorde. Or, son talent est largement sous-exploité dans Deux Fils. De même pour celui d’Anaïs Demoustier, charmante et quasi inutile au milieu de ce trio masculin.
 
Ce « film choral » se contente de trois hommes et s’avère raté. Dommage, l’affiche créé par Floc’h, grand complice de Resnais, annonçait un film d’auteur sympathique.
 
Affiche du film Deux Fils, par Floc'h
 

Adopte un scénario

 
Cependant, Félix Moati ne parvient pas à choisir entre plusieurs trames : faut-il raconter l’histoire du père dépressif ? Celle de deux frères qui étaient amis dans le temps ? L’amour naissant d’un adolescent pour l’une de ses camarades de classe ? Le deuil d’un jeune adulte pour son amour perdu ? Ou alors la rivalité entre deux frères pour l’amour d’une jeune femme ?
 
À vouloir trop dire, Deux Fils ne dit pas grand-chose. Il lance les promesses sans en tenir une seule. On n’obtient hélas qu’un téléfilm à regarder sur France 2 un soir d’ennui.
 

Deux Fils : un film trop fade

 
Est-ce parce que j’avais vu, juste avant Deux Fils, La Favorite, superbement réalisé même si le scénario, là aussi, laissait à désirer ? Est-ce parce que je suis habituée aux premiers films français détonnants ? Dans cette génération qui révélera peut-être d’autres réalisateurs de talent, Félix Moati apparaît un peu fade.
 
Quoi qu’il en soit, même si la sincérité de Félix Moati est touchante, et que ses potes acteurs se sont prêtés au jeu, dans tous les sens du terme, devant sa caméra, le résultat n’est pas au rendez-vous.
 
Il faudra peut-être attendre son prochain film. Après tout, c’est en filmant qu’on devient cinéaste.
 
 
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Marla

Ancienne prof de cinéma en fac, je partage sur Marla's Movies mes analyses de films depuis 2014. Je sais parler de Shakespeare et de Harry Potter dans la même conversation. Je pleure devant les vieux films français et les animations Pixar. Venez discuter cinéma et séries, je vous aime d'avance.

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