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Dead Pixels : les gamers dans les séries

Dead Pixels : les gamers dans les séries

4 out of 5 stars (4 / 5)

Dead Pixels, épatante sitcom britannique sur 4 joueurs de MMORPG, vaut le coup d’oeil. Entre humour irrésistible, vision acide et réaliste des gamers, et références à foison, la série fonctionne très bien. Je vous dis quelle est sa place en regard des autres séries sur les jeux vidéo, et ses qualités propres dans cette vidéo (transcript ci-dessous) :

 

Transcript : 

Bonjour les addicts ! Bienvenue sur cette nouvelle vidéo. Je suis un fan de jeux vidéos. Et c’est donc en tant que gamer que j’ai aussi envie de vous parler de cette série qui est Dead Pixels.

Dead Pixels, c’est une sitcom britannique en 6 épisodes de 25 minutes. Elle a été créée par Jon Brown, elle a été diffusée sur la chaîne E4, mais on la trouve très facilement en streaming.

Dead Pixels raconte les journées de 4 joueurs de MMORPG, Meg, Nicky, Usman et Russell, le petit nouveau, qui jouent à Kingdom Scrolls, un MMORPG (fictif) qui fait fureur. Ils ne font que ça de leur vie, et ils en sont fiers. Et c’est à mourir de rire. Sérieusement, c’est la série
qui m’a fait le plus rire depuis le début de l’année. Si toi aussi, tu es un gamer ou si tu as juste envie de te taper une bonne grosse poilade, Dead Pixels, c’est LA série à voir.

 

Les premières séries sur les jeux vidéo

Mais si j’ai envie de parler de Dead Pixels, c’est aussi parce que pour moi, elle est révélatrice de comment les séries voient les gamers. En fait, il y a deux manières d’approcher les jeux vidéo dans les séries. La première manière c’est de faire une série qui se déroule dans un jeu vidéo fictif.

Il y a eu d’abord l’épisode d’X-Files « Maitreya », sur des joueurs prisonniers d’un RPG pouvant les tuer pour de vrai. Maitreya a d’ailleurs été co-écrit par William Gibson, le fondateur du courant Cyberpunk. Mais c’est à partir
de 2002 qu’il y a eu des séries consacrées au jeu vidéo, dont pas mal dispo sur Youtube. Si ça vous intéresse, je vous mettrai les liens en description. Il y a eu le manga Sword Art Online, la websérie française Lost Levels, dont la géniale Noob est le reboot. Et plus connu peut-être, Code Lyoko, que tous les ados des années 2000 ont dû voir sur France 3. Mais, vers le milieu des années 2000, il y a eu comme un revirement.

 

Les gamers, héros de webséries

On a commencé à parler davantage des gamers que des jeux vidéo. Et c’est à cette dernière catégorie qu’appartient Dead Pixels. Alors, je n’ai jamais été très convaincu en général par les séries qui prétendent parler des
gamers.

L’une des toutes premières, je crois que ça a été Nerdz, l’une des webséries-phares de la chaîne Nolife. Ah, Nolife… Dans Nerdz, les héros ne font que glandouiller dans leur appart, rivés sur leur écran, du moins dans les premières saisons. C’est très caricatural, notamment avec le perso assez lourd de Régis-Robert. Et puis, ce sont des persos assez mous. Je ne sais pas vous, mais moi, quand je joue à un jeu vidéo, je me sens excité en permanence, que je joue seul ou à plusieurs.

En fait, c’est plutôt The Guild qui est la série-modèle pour les gamers. The Guild suit un groupe de joueurs de MMORPG tantôt in-game tantôt IRL (In Real Life). Contrairement à la très potache Nerdz, The Guild a un regard tendre envers la communauté gamer. Les persos sont drôles, décalés, surexcités. C’est de l’humour bienveillant, qui marche très bien.

Il y a aussi VGHS, qui se passe carrément dans une école de gamers, mais qui pour le coup, est dans l’inverse : elle est efficace, mais manque d’empathie. Et c’est là que Dead Pixels vient tuer le game dans le genre.

 

Dead Pixels : un regard double sur la communauté gamer


Dead Pixels a un double regard, enthousiaste et critique. Tendre et acide, et c’est toujours drôle. Les dialogues sont totalement pétés, c’est rapide, c’est trash, c’est brillant, ça marche du tonnerre de Zeus.

Dead Pixels semble d’abord copier The Guild. Surtout au niveau des personnages. On a la nana volubile en manque d’affection, le nerd asocial, le parent qui oublie sa famille, le nouveau-venu concon. Mais Dead Pixels est bien plus vachard.

Il y a pas mal de scènes de Dead Pixels qui sont des reflets perturbants de ce que j’ai vécu, moi, en tant que gamer. Et que ça engueule les joueurs AFK (Away From Keyboard : qui s’absentent du jeu), et que ça bouffe de la merde en ligne, et que ça fait du livestreaming pour tenter de s’faire un peu de thunes… Et quand on s’emmerde, on aime bien trucider 326 vaches rien que pour le plaisir.

On rit non-stop, et en même temps, on grince des dents devant certaines réactions de joueurs aussi violentes que débiles. Il y a aussi des scènes qui révèlent le snobisme de certains joueurs. Il y a aussi une scène où Meg démolit une nana au look geekette alors qu’elle ne l’est pas. Parfois, cela
rappelle la sitcom Spaced, Les Allumés, avec ses geeks asociaux totalement frappés.

Mais Dead Pixels va assez loin quand elle parle d’un fléau qui touche pas mal de nolifes, vous savez, ces personnes qui sont H24 sur leurs passions (quitte à ne plus avoir de vie sociale). Eh bien, ce fléau, c’est la déconnexion au monde réel. Et Dead Pixels le fait sans être moralisatrice. Chacun des joueurs tente de trouver dans le jeu vidéo un remède au vide existentiel qu’il ressent. Un vide existentiel qui existait déjà bien avant le jeu.

 

Dead Pixels : Par des geeks, pour les geeks


Pourtant, Dead Pixels est une ode aux gamers. Jon Brown, le créateur, est un geek fini. On aime les personnages malgré tout. Surtout, les gamers ont construit leur propre culture, qui n’est pas la culture mainstream. Le quatuor d’héros a donc forcément une distance, voire une indépendance face aux normes sociétales. C’est très bien montré dans le 3e épisode qui reprend le ton des comédies romantiques Hollywoodiennes, mais qui en subvertit absolument tous les codes, y compris le happy end. Il y a aussi un autre épisode où Meg se lance dans un monologue incroyable où elle fustige
le mépris des non-gamers. Pour elle, la réalité du jeu vidéo vaut bien la « vraie réalité », d’autant plus qu’elle est bien plus active et créative dans le MMORPG que dans le monde réel. On est dans la morale inverse de Ready Player One et son « Only reality is real ».

Les gamers qui m’écoutent, vous n’avez jamais eu la sensation que l’espace de quelques heures, la réalité ce n’était pas la Terre ? C’était Warhammer, Gaïa, Nirn, ces mondes qui nous ont tant enchanté… Eh bien, tous ceux et celles qui pensent comme ça, Dead Pixels vous entend et vous salue.


Voilà, pour tout cela, regardez Dead Pixels, c’est fun, c’est à se rouler par terre, les acteurs sont déchaînés. Et on tient enfin, ce que je pense être la première série réaliste sur les gamers.

 

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Clément
Clément

Docteur en binge watching. Donne les Réponses aux Grandes Questions sur les Séries, les Films, l'Univers et le Reste (mais surtout les Séries et les Films).

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